« Moi, tu vois, quand je l’entends parler, Patrick Cohen, j’me
dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage. »
Les journalistes de Radio
France se sont indignés de cette plaisanterie macabre de Dieudonné contre leur
confrère. Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France écrit à
Valls pour faire taire Dieudonné. Le lendemain, le spectacle est interdit. Le
footballeur Anelka en remet une louche avec sa « quenelle », et France Info fait
tourner l’information en boucle.
On aimerait que les mêmes soient aussi vigilants sur ce qui se passe
actuellement à Kiev. Mais le CRIF n’a rien à dire là-dessus. Quant aux
journalistes de Radio France (comme ceux de tous les autres grands médias), ils
adorent les manifestants de la place Maïdan, qu’ils présentent systématiquement comme des
« démocrates pacifiques et pro-européens », victimes de la brutalité des
policiers du « régime autoritaire favorable à Moscou ».
Non seulement ils oublient de dire que l’accord libre-échangiste refusé
par le Parlement ukrainien aurait ruiné l’économie du pays en mettant son
industrie en concurrence « libre et non faussée » avec celle des pays de
l’ouest, bien plus développée ; non seulement ils négligent les quatre millions de signatures recueillies par
le Parti Communiste
d’Ukraine pour un référendum sur cet accord néolibéral ; non seulement ils
détournent les yeux quand ce sont les manifestants « pacifiques » de Kiev qui
attaquent les policiers et les bâtiments publics ; mais encore, les envoyés de
Radio France ne voient pas ce qui est pourtant aussi visible que la moustache
sous le nez d’Adolf : ce sont les néo-nazis qui mènent le bal à Kiev !
Les militants politiques les plus nombreux et les mieux organisés de la place
Maïdan sont ceux de Svoboda («
liberté » en ukrainien), parti membre du Front National Européen, où l’on
retrouve les néo-nazis d’Aube Dorée, du Nationaldemokratische Partei
Deutschlands, de la Phalange espagnole… Son chef Oleh Tyahnybok
a été invité en France par Jean-Marie Le Pen il y a quatre ans. Svoboda est né
en 2004 avec la « Révolution orange » – un mouvement financé par les États-Unis
– qui s’en vantent !
Avant, Svoboda s’appelait Parti National-Socialiste Ukrainien. Il a
lissé son image et est devenu la troisième force du pays aux élections. Son
emblème est une main à trois doigts dépliés en signe de victoires répétées, mais
ses militants arborent sur un brassard le symbole d’origine : la rune Wolfsangel (« Croix de Loup » en
allemand), insigne de la division SS « das Reich » et des unités de partisans Werwolf (Loup-Garou), créées par
Himmler en 1945. Ils honorent la mémoire de la division SS galicienne et du
collabo Stepan Bandera. Ce sont eux qui ont déboulonné la statue de Lénine aux
cris de : « à terre, vermine communiste ! ». Et bien évidemment, ils
sont homophobes, racistes et anti-Juifs. Cette année, Svoboda a protesté contre
la « gay pride » de Kiev et contre le fait qu’une métisse a représenté l’Ukraine
à l’Eurovision. En 2004, le chef du parti, Oleh Tyagnybok , s’est fait exclure
de son groupe parlementaire pour avoir dit que le pays était dirigé par une
« mafia judéo-moscovite ».
Décidément, le bortsch (soupe traditionnelle ukrainienne) de la place
Maïdan a une drôle d’odeur… et pourtant, il fait les délices de certains !
Quelle est donc la qualité essentielle de Tyahgnybok qui manque à Dieudonné ?
C’est que lui, au moins, manifeste sous le drapeau de l’Union Européenne ! Que
Dieudonné en fasse autant : Radio France, le CRIF et Valls lui pardonneront
alors toutes ses blagues !
Franz Lieber
Résistance Politique


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire