Le false flag, expression anglo-américaine, encore inconnue pour beaucoup de
gens dans le monde il y a à peine quelques années, est entré dans le langage
courant. Presque tout le monde peut maintenant en citer au moins deux, trois,
et, probablement plus, tant la Syrie a étoffé le catalogue des false flags.
Qu’est-ce que c’est un false flag ? Officiellement, c’est une action de
l’ennemi devant laquelle on ne peut rester les bras croisés et qui appelle une
réaction punitive immédiate. Mais les blogueurs complotistes, eux, voient le false
flag comme une opération dont l’auteur est celui qui va se servir pour légitimer
son action punitive. En résumé on aurait à peu près ceci : un état fort a envie
d’attaquer un petit état, mais ce petit état, très sage et très prudent fait
tout pour raser les murs et ne se décide pas à aller chercher des noises au
grand. Comme la loi et la morale interdisent d’attaquer sans raison, le grand
organise une mise en scène de sorte que toutes les apparences désignent le petit
comme coupable. Il n’y a plus qu’à enclencher les représailles punitives au nom
de la morale, de la justice et des droits de l’homme.
La caractéristique d’un false flag est que, quel que soit le déroulement des
évènements qui en découlent, son auteur doit officiellement paraître un saint.
Il n’est pour rien dans l’action indigne qu’il a subie. Jusqu’ici, les choses se
passaient plutôt bien. On faisait son false flag, suivi d’une bonne guerre et,
au bout de quelques années, on pliait bagage et l’on rentrait chez soi préparer
le false flag suivant. À aucun moment la sincérité de l’auteur ne pouvait être
mise en doute.
Mais depuis quelques temps, ça marche de moins en moins. L’information
circulant à grande vitesse, les false flags sont devenus de plus en plus
visibles, et ce, parfois quelques heures seulement après l’opération. Que faire
sans la possibilité de faire quelques petits false flags de temps en temps et
qu’on est un grand pays ?
C’est là qu’entre en scène la France. N’ayant pas le puritanisme moraliste
des anglo-saxons, elle n’a que faire des apparences. Elle veut aller droit au
but en prenant le problème à l’envers. Puisque pour justifier des représailles,
définies d’emblée comme légitimes, la loi exige des circonstances motivant ces
représailles, il suffit de les créer. Le bon vieux false flag abrité derrière
des terroristes ou provocateurs, c’est ringard. Assez d’hypocrisie, maintenant
il n’est plus besoin de se cacher ou alors il faut créer une loi permettant, le
temps d’une opération contre une personne, de régler le problème. C’est ce qu’a
dû penser celui qui en a lancé l’idée (ou à qui on a chargé de lancer l’idée),
Arno Klarsfeld. Aussitôt après sa prestation, suivie par une préparation musclée
par l’artillerie lourde des grands médias, le ministre pouvait passer à
l’offensive. Désormais ce n’est plus seulement un citoyen (pas lambda du tout)
qui préconise le nouveau type de false flag, c’est l’état français lui-même qui
en entérine l’idée, aussitôt suivi par certains maires. C’est ce qu’on peut
appeler une opération parfaitement synchronisée, tellement bien synchronisée que
cela s’est passé en quelques jours seulement, comme si chacun des acteurs
attendait son tour derrière le rideau.
Même Bonaparte et Hitler se sont crus obligés de faire leur false flag dans
les règles de l’art, c’est-à-dire en maquillant leur forfait. Pourtant l’un a
été qualifié de tyran et l’autre de dictateur. Comment la fine équipe de
Hollande sera-t-elle qualifiée par l’Histoire ? Seul l’avenir le dira, puisque
les contemporains ne voient jamais rien de ce qui se passe sous leurs yeux.
Avic


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