Je souhaitais revenir sur l’allocution présidentielle de mi-mandat de
la fin de la semaine dernière une fois la poussière retombée et les
commentaires à chaud et bien souvent inutiles, dissipés.
Un président profondément pathétique dans un exercice l’étant tout autant…
TF1, qui sait exceller dans l’art de la télé-réalité, a donc fait un
casting pour sélectionner quelques français. Pas trop quand même. 4,
c’est bien 4. Ils ont posé des questions au président qui a répondu
systématiquement à côté.
Le chômage ? Pas bien, il faut lutter contre le chômage et il s’y emploie blablablablablabla.
Les jeunes. C’est bien d’être jeune et blablablablablabla.
Les vieux ? C’est triste d’être vieux, alors blablablablablabla.
Les jeunes. C’est bien d’être jeune et blablablablablabla.
Les vieux ? C’est triste d’être vieux, alors blablablablablabla.
Les annonces… et la besace du Père Noël !
Tous les journalistes, gentils et plutôt braves gars, nous avaient
prévenus. Le président viendra avec des annonces, il n’aura pas les
mains vides, pensez donc, c’est une allocution de mi-mandat… et quel
mandat !
Alors il a annoncé des trucs comme assister un peu plus encore les
déjà assistés avec l’argent que l’on n’a pas, ce qui l’a logiquement
amené à promettre aux autres que les impôts « promis, juré, craché »
n’augmenteraient plus jamais… foi de socialo. Pendant ce temps, à
l’Assemblée nationale, les députés rivalisent de créativité fiscale avec
une efficacité redoutable.
Je ne suis pas contre l’assistanat, je suis même pour que tout le
monde soit riche, beau, en bonne santé et tout le tralala. Le petit
problème c’est que tout cela doit être financé d’une façon ou d’une
autre, par l’impôt, par la dette ou par la création de monnaie. Quelle
que soit la méthode choisie, il ne faut pas se leurrer, il faut payer à
un moment ou un autre.
La création monétaire et la dévaluation. On ne peut plus puisque nous
avons fermé notre planche à billets pour la refiler aux Allemands
(d’ailleurs, la BCE est en Allemagne, ce qui n’est pas un hasard).
La dette ? On peut toujours essayer d’aller « encore plus loin,
encore plus vite selon la même trajectoire tout en gardant le cap »
comme dirait l’autre nodocéphale élyséen, mais cela semble un peu
compliqué. Bruxelles n’est pas forcément d’accord et les marchés qui
nous prêtent finiront par tousser.
Alors il nous reste les impôts. Cet imbécile économique profond nous
avait promis « l’inversion de la courbe du chômage »… Inversion qui, au
bout de deux ans et demi, se fait toujours attendre avec des résultats
chaque mois de plus en plus déplorables. C’était une évidence économique
que je vous ai à mainte reprises commentée dans ces colonnes. Le
chômage ne peut pas baisser, ne baissera plus ou de façon que très
momentanée, la robolution va débouler sur nous dès 2015, bref, nous
avons définitivement perdu la bataille de l’emploi, avec ou sans
croissance qui ferait son retour, croissance qui refuse obstinément de
revenir depuis maintenant plus de 7 années actant ainsi le fait qu’il ne
s’agit pas d’une crisounette conjoncturelle mais bien d’un changement
complet, radical, de système économique.
Alors notre handicapé des concepts économiques a fait, en étant très
insistant, la plus stupide des promesses qu’il ne fallait surtout pas
faire. Il nous a promis… qu’il n’y aurait plus d’augmentation d’impôts,
une promesse qu’il sera incapable de tenir plus de 6 mois. Effet
d’annonce uniquement ou effet sémantique. Certes, il peut nous expliquer
que créer une nouvelle taxe sur quelques machins que ce soit ce n’est
pas les « impôts sur le revenu », que les taxes locales, régionales,
départementales ne sont pas des impôts et que ce n’est pas sa faute à
lui si tout cela augmente, surtout que l’État se désengage et donne de
nouvelles compétences aux régions dans une hypocrisie évidente, il n’en
restera pas moins que les impôts au sens large ne peuvent qu’augmenter.
Une grande vision pour la France… les JO !
Moi qui écris à longueur de temps que notre pays a besoin d’un grand
projet, d’une grande vision de l’avenir, d’un immense changement de
l’ensemble de ses structures et de son fonctionnement, que nous devons
redéfinir collectivement ce que nous voulons faire croître et ce que
nous souhaitons voir décroître, bref, qu’il faut que nous prenions le
changement par la main avant qu’il ne nous prenne par le cou, je devrais
être content que le président soit conscient de cette nécessité.
Le problème c’est que ce bougre d’âne décidément ne comprend jamais
rien ou que personne autour n’arrive à expliquer à cet autiste
politico-économique habitué génétique des motions de synthèses et du
non-choix qu’une vision pour la France ce n’est pas d’accueillir les JO
ni en 2024 ni plus tard et encore moins de se farcir l’Exposition
universelle.
Il n’y a donc personne pour lui dire qu’il est totalement,
complètement, magistralement à côté de la plaque. C’est quoi organiser
les JO ? C’est 20 milliards d’euros de dette en plus prise en charge par
la collectivité pour construire des équipements dont personne ne se
servira par la suite et permettant au privé de faire tout plein de
bénéfices sur le dos des con-tribuables de la planète entière. C’est
partout dans le monde le même cirque à chaque fois. On commence par un
budget prévisionnel de 3 milliards, cela se termine dans la panique la
veille de l’ouverture avec 28 milliards de dépenses…
D’ailleurs, la « mairesse » de Paris ne s’y est pas trompée, tient
bien à sa réélection et ne souhaite pas tripler l’endettement de sa
ville qui, en outre, a une fâcheuse tendance à augmenter depuis 10 ans…
Enfin, il nous achève avec un « ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye »…
Cet ectoplasme de la finance d’école élémentaire, où l’on devrait
apprendre à simplement tenir le budget d’une famille, n’a toujours pas
compris que l’État, bougre d’idiot intégral, c’est nous. Les moyens de
l’État c’est l’addition des moyens de chaque citoyen et comme on est de
moins en moins nombreux à pouvoir financer vos âneries, eh bien les
moyens de l’État vont devoir connaître une nette diminution… Désormais,
dans notre pays, nous sommes, au sens fiscal du terme, riches à partir
de 2 000 euros net de revenu mensuel. C’est un résultat pitoyable.
Alors François ne voit pas de problème. Lorsqu’il met en place un
nouveau dispositif, il explique doctement à la télé que ce n’est pas
cher, c’est l’État qui paye… Et une grande partie des problèmes de notre
pays vient de cet état d’esprit, de l’absence de respect du bien
commun, de l’intérêt général. Économisons chacun pour que la sécu
perdure. Économisons chacun pour que l’assurance chômage perdure… Mais
non, c’est la gabegie autorisée, puisqu’au plus haut niveau de l’État,
la pensée dominante c’est « ce n’est pas cher c’est l’État qui paye ».
Préparez-vous parce qu’il va vraiment nous mener dans le trou…
Charles Gave s’est fait connaître par un ouvrage dont le titre résume l’histoire de notre pays Des lions menés par des ânes.
Nous sommes des lions et il existe dans ce pays une créativité, une
richesse intellectuelle, conceptuelle, littéraire, artistique, il existe
une main-d’œuvre remarquablement qualifiée. Nous sommes un tout « petit
» pays et pourtant nous maîtrisons toutes les technologies, nos
ingénieurs conçoivent, nos ouvriers œuvrent et fabriquent, nous sommes
capables du meilleur. Dans nos villes, dans nos campagnes, des
solidarités nouvelles se développent, les gens se retrouvent et je vous
incite fortement à vous rapprocher de ce tissu associatif bouillonnant
actuellement. AMAP, monnaie locale, système d’échange, bourses, marchés,
partout dans les villes, les banlieues et les campagnes, c’est la
France qui actuellement se met en mouvement.
Cela est très porteur d’espoir même si nous passerons
vraisemblablement par un effondrement et une forme de chaos plus ou
moins durable. Cette allocution présidentielle doit véritablement vous
faire prendre conscience que malgré toute la sympathie (réelle) que je
peux avoir pour ce bonhomme (le président), il est un âne menant des
lions. Il n’a rien compris et ne comprendra que trop peu et bien trop
tard. Il ne fera rien. Il n’est capable de rien. Il n’est pas le seul.
Ses prédécesseurs, de gôche comme de droâte, n’ont pas plus été à la
hauteur.
Il est déjà trop tard et c’est avec cette phrase que je conclus
depuis quelques temps mes articles. La raison est très simple. Il est
trop tard pour les réponses et les solutions collectives menées et
portées par les politiques au pouvoir, quel que soit leur bord
politique.
Alors mes chers lions, laissez les ânes braire, il est déjà trop tard. Préparez-vous et restez à l’écoute.
Le Contrarien


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire