Gilles Devers
Je me contrefiche du foot, et j’ai donc découvert que l’entraineur des Girondins de Bordeaux s’appelle Willy Sagnol en lisant ce vomi de bourrin raciste :
« L’avantage du joueur typique africain, c’est qu’il est pas cher quand
on le prend, c’est un joueur prêt au combat généralement, qu’on peut
qualifier de puissant sur un terrain. Mais le foot, ce n’est pas que ça.
Le foot, c’est aussi de la technique, de l’intelligence, de la
discipline. » Pas mal… Tout le mythe de l’esclave africain pas cher et
costaud, qu’il faut compléter par des White, plus chers certes, mais qui sont techniques, intelligents et disciplinés.
Deux
cents ans après, on n’en est pas sorti… Toute la pourriture raciste en
trois lignes. En réaction, c’est la jolie bisounours-party bien rodée :
on sort une indignation millimétrée de Thuram, cette marionnette genre
SOS Racisme du foot, deux encravatés de la fédération disant qu’on a mal
compris, et Sagnol verse une larme, en nous assurant qu’il a des potes africains, donc la preuve… L’incident est clôt, on passe vite à autre chose.
Le
racisme est une infraction. Cette omniprésence du racisme dans le foot –
cris de singe, bananes, déclarations de Blanc, de Frèche… – est un vrai
problème, dont les instances se contrefichent car les joueurs blacks,
dénués de la moindre conscience politique, se la ferment. Hélas… Il y a
des procès qui se perdent.
Mais
le problème est plus profond, car il s’agit d’une ramification du
racisme français contre les Blacks, serein et tranquille, totalement
métabolisé. Pour d’autres groupes sociaux ou ethniques, c’est
l’intolérance viscérale, et ça se voit. Pour les blacks, c’est le mépris
institutionnalisé, et ça passe.
C’est la culture de notre dictateur en chef Naboléon qui, en 1802,
avait rétabli l’esclavage dans les colonies, et dont le nom illustre
encore tant de lieux publics en France. Le crime s’affiche…
C’est la gloire factice de notre II° République, qui a aboli l’esclavage en 1848 (voir art. 5)…
en versant des indemnités aux maîtres dépossédés de leur biens, et pas
aux esclaves, victimes d’un crime contre l’humanité. Déjà, le fric
commandait… En 1848, le modèle économique qu’était le colonialisme
esclavagiste des Antilles, fondé sur l’exploitation de la canne à sucre,
était dépassé. L’heure était à la création du grand empire français, et
à l’évidence, un noir salarié pour quatre sous était plus rentable
qu’un esclave. Il fallait donc conforter le pouvoir économique et
plonger dans la dépendance les nouveaux affranchis… seul moyen
permettant d’éviter une insurrection qui ruinerait le pouvoir des
blancs, comme à Saint-Domingue en 1794.
Et en plus, cela permettait au pouvoir économique de se mettre dans la
poche une Eglise peu regardante, qui allait œuvrer pour le bienfait de
la civilisation…
En 2001, le Parlement, jouant le grand cinéma, avait voté la loi dite Taubira reconnaissant la traite négrière transatlantique comme crime contre l’humanité, que c’était beau… Sauf que depuis, la Cour de cassation,
sans être contredite par Taubira, a jugé que cette loi
déclarative n’avait pas de valeur normative – donc, c’est du vent –, et
qu’à laconférence de Durban en
septembre de la même année, conférence de l’ONU qui allait qualifier
les transferts de population de crimes contre l’humanité, le
représentant français a refusé de prendre la parole. Bande de
faux-culs !
Alors,
gloire et honneur aux soldats africains venus en 1914 dans la Marne
défendre la France, qui les exploitait deux cent cinquante ans ? Il aura
fallu une condamnation par le Conseil constitutionnel le 28 mai 2010 pour des pensions militaires leurs soient versées…
Chaque
fois, c’est le même cirque… Il faut savoir tourner la page… On aime
bien, les noirs… Tu ne vas pas nous ramener l’esclavagisme… Comme dans
les familles qui cachent le crime incestueux, il ne faut rien dire, avec
ce silence qui permet la perpétuation du crime.


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