Gilles Devers
Les
mecs de Daech doivent bien rigoler devant la facilité avec laquelle
l’opinion occidentale – personnel politique, presse, opinion majoritaire
– répond à ses manipulations. Au quart de tour, on se déchaîne sur le
bouc émissaire désigné. Où est passée l’intelligence... doublée par ces esprits binaires et primates, façonnés par leur grand gourou George W. Bush, avec pour horizon indépassable « la guerre contre le terrorisme ».
Les frappes allaient être la solution : deux mois plus tard, on voit le résultat.
Daech
n’est pas exactement né de l’opération du Saint-Esprit. Depuis
l’invasion de l’Afghanistan (2001) et de l’Irak (2003), les Etats-Unis (Amérique du Nord, territoire indien occupé) se
préoccupent avec méthode de faire exploser les pays du Moyen-Orient,
pour prouver que si tous ces pays peuvent être divisés, la Palestine
aussi. CQFD. Quatre pays ont été minés par des guerres terribles, qui
ont déstabilisé toute la région : l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et la
Libye. Le dynamiteur a été les Etats-Unis, alors que ce territoire ne
connaissait que les grandes prairies des Indiens quand ces quatre grand
pays étaient déjà ceux de civilisations millénaires. C’est l’histoire du
sale gosse qui crache à la figure de son aïeul.
Vous
n’aimiez ni les « talibans », ni Saddam Hussein (pendu par des sauvages
le jour de l’Aïd), ni Bachar El-Assad, ni Kadhafi ? Oki. C’étaient des
dictateurs ? Oki. Mais ils seraient encore là, auriez-vous Daech ?
Daech est le fruit de la déstabilisation de la région, avec les services
saoudiens qui assurent la sous-traitance.
Au lieu de ricaner, avec Le Monde (occidental) devant
l’image affaiblie de Bouteflika, posez-vous la question de savoir
pourquoi le pays qui a le plus souffert de l’islamisme – l’Algérie – a
refusé de rejoindre la pseudo coalition contre Daech. Les soldats
algériens à côté des mercenaires saoudiens, et sous commandement de
l’OTAN ? Ce n’est pas pour demain.
Au lieu de glousser avec Le Monde (occidental) devant
les intrigues de palais à Alger, saluons l’intense, discrète et
efficace, action de ce pays frère pour que, des décombres de la Libye,
ne naisse un deuxième Daech dans la grande Afrique du Nord. Notre
sécurité, et donc nos libertés, sont entre les mains de l’Algérie. C’est
là que ça se joue, et la maîtrise algérienne de l’armée et du
renseignement, à des années-lumière des ricanements du Monde (occidental), est le rempart de notre avenir.
Alors, Maxime Hauchard ?
Hier,
toute l’opinion s’est déchainée contre l’incarnation du mal absolu, ce
jeune normand de 22 ans, un bon p’tit gars de l’école de
Bosc-Roger-en-Roumois (Eure), converti. Il était sur la vidéo de la
bande criminelle qui a assassiné, dans des circonstances inhumaines et
dégradantes, dix-neuf personnes. Des crimes comme cela, c’est tous les
jours, mais s’il n’y pas d’images, notre vaillante télé n’en parle pas.
Janine,
la voisine, a tout de suite reconnu le p’tit gars : « J’ai pleuré. Et
puis j’ai eu de la peine pour ses parents et sa petite sœur. Avoir un
gamin comme ça je ne le souhaite à personne ». Que Janine se rassure,
c’aurait pu être pire si elle avait été la voisine de Bush ou d’Obama,
qui ont tué bien plus de civils innocents que son piètre voisin de
Maxime.
Le
procureur près le tribunal de grande instance de Parsis a immédiatement
ouvert une enquête préliminaire pour ces faits contraires au Code
pénal, et commis à l’étranger. Parfait. Nul doute qu’il le fera dans
toutes les circonstances similaires…
Ce
qui est plus problématique, c’est le déchaînement contre ce pauvre
criminel de Maxime. Pas si simple de dézinguer Daech ne réussirait rien
si elle ne bénéficiait pas du métier de hauts cadres de l’armée de
Saddam Hussein, rendus à la misère par les ordres débiles des
envahisseurs US, du soutien de la population sunnite, éreintée par le
pouvoir vengeur d’al-Maliki, et des mafieux qui achètent le pétrole sous
licence Daech. Et puis si Daech tombe, la Syrie retrouve son
territoire… fâcheux…
Si
on veut comprendre ce qui arrive à notre concitoyen de
Bosc-Roger-en-Roumois, il faut bien se mettre dans la tête que Daech est
dirigé par une équipe de haut niveau, et que nous sommes intoxiqués par
une propagande destinées à des cerveaux genre poules pondeuses.
La
semaine dernière, toute la presse a repris, sans la moindre
vérification, qu’Abou Bakr al-Baghdadi, le leader de Daech, avait été
zigouillé par des raids US dans le Nord de l’Irak. Avec en appui le
défilé des « experts » expliquant que les US étaient vraiment très
forts en n’envoyant pas de troupe au sol, mais décimant les chefs de
l’organisation. Sauf que tout était bidon, et Abou Bakr al-Baghdadi est
venu lui-même le dire à la télé.
Quelques jours plus tard, il a poussé son avantage, sachant que tous les faiseurs d’opinion allaient aboyer comme il faut.
Ce
qui arrive à Maxime Hauchard, c’est ce qu’ont vécu, et de tous les
temps, les idiots qui vont côtoyer les criminels. On place l’idiot dans
la pire des situations, on l’expose, et on est sûr d’en faire un soldat,
car le monde entier veut désormais sa peau. C’est la méthode ancestrale
des mafieux. Les chefs crapules, bien planqués, choisissent le
bourreau, qui accepte ou se fait dessouder. S’il accepte, il sera en
situation de non-retour.
Ancré
dans leur degré zéro de réflexion, tous les leaders d’opinion ont foncé
sur le chiffon rouge tendu par Abou Bakr al-Baghdadi.
Abou
Bakr al-Baghdadi comptait sur les faiseurs d’opinion pour se déchaîner
sur Maxime, pour qu’il devienne le criminel absolu, occultant tout autre
réalité et comptant sur cet écran passionnel pour continuer à
renforcer son pouvoir.
Les buses ont réagi au quart de tour : objectif rempli. Daech les remercie.

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