Évidemment, ils ont fait tout le contraire
de ce qu’il aurait fallu. Mais pouvait-on attendre autre chose de fous
furieux dépassés par les événements… quand ils ne sombrent pas, et c’est
beaucoup plus grave, dans des collusions ahurissantes, par bêtise ou
calcul d’imbéciles, avec les forces des ténèbres qu’ils prétendent
combattre ?
Passons sur leurs pitreries à gorges
déployées pour abuser la galerie. Comme cette recrudescence de
bombardements aveugles, menés sans préparation par deux ou trois avions
esseulés, perdus à plus de 10 000 mètres de hauteur, et qui, depuis plus
d’un an qu’ils durent, se sont révélés parfaitement impuissants.
Passons sur ce Congrès réuni en grandes pompes outragées le 16
novembre 2015 à Versailles où députés et sénateurs écoutèrent
religieusement un discours présidentiel boursouflé d’insipides lieux
communs, avant d’entonner en chœur une Marseillaise aussi martiale que
caricaturale.
N’ont pas manqué de prendre, sans souci de feu la Constitution, les
mesures d’exception répressives habituelles dans ce genre de situation,
sans doute moins pour effrayer l’ennemi — celui-là ne demandait
probablement que ça — que pour unir autour d’eux une population
terrorisée, et décourager les oppositions.
Ont fait donné leurs prêcheurs médiatiques pour rallier les foules à
leurs desseins absurdes. J’ai regardé un soir pour voir le vingt-heures
de TF1. Franchement, il fallait un mental en acier blindé pour ne pas
succomber au déluge de stress, d’émotions exacerbées, d’images
glaçantes, déversés par tombereaux sur les téléspectateurs.
Et de fait, les premières enquêtes révèlent bien une opinion très
majoritaire, transie de peur, prête à sacrifier Liberté, Égalité et
Fraternité sur l’autel poisseux d’une Sécurité illusoire.
Ils n’auront évidemment ni l’un, ni l’autre, sauf la honte. Leur bataille est naturellement perdue d’avance.
En d’autres temps, ils auraient été bons pour le peloton d’exécution
Mais il y a pire, bien pire. Par leurs attitudes inconséquentes,
irresponsables, coupables, nos “autorités” ont fini par choquer et
révolter leurs propres services de sécurité qui se sont mis, écœurés, à
ruer dans les brancards. À ce sujet, on ne remerciera jamais assez Olivier Berruyer, du site les-crises.fr,
pour avoir rassemblé un incroyable dossier à charge contre ces
dangereux abrutis qui gouvernent notre pays vers une inéluctable
perdition.
- Il y eut d’abord le témoignage de Bernard Squarcini, ancien chef du renseignement français, qui révéla comment Manuel Vals, alors ministre de l’Intérieur, refusa la liste des djihadistes français présents en Syrie, au prétexte que celle-ci lui aurait été présentée par Bachar el-Assad moyennant une réouverture d’une ambassade française à Damas. Faut-il rappeler que la plupart des terroristes coupables d’attentats et de djihadisme sanglant sont nés en France, de nationalité française ? Faut-il rappeler que la plupart des pays de l’Union européenne, Allemagne en tête, ont tout naturellement rétabli leurs ambassades en Syrie, soucieux, eux, des intérêts bien compris de leurs populations en matière de sécurité ?
- Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, confirmait sans fards les accusations de son collègue :
« À ces minorités syriennes menacées, l’Occident, France en tête, n’a opposé que la condamnation sans appel et l’anathème parfois hystérique tout en provoquant partout –- politiquement et parfois militairement -– l’accession des intégristes islamistes au pouvoir et la suprématie des États théocratiques soutenant le salafisme politique. »
- Enfin, un officier des services de renseignement français, Éric Dénécé, directeur actuel du Centre français de recherche sur le renseignement, enfonçait le clou de la honte pour la bande à Hollande (et à l’équipe des bras cassés sarkoziens du quinquennat précédent) :
« Les attentats d’hier à Paris montrent que malgré notre soutien irresponsable à l’opposition djihadiste de Bachar el-Assad et notre silence sur la guerre d’agression de l’Arabie saoudite au Yémen, les terroristes frappent quand même la France. C’est l’illustration horrible mais parfaite des errements complets de notre politique étrangère qui est sans vision, sans compréhension. »
Faut-il dire qu’en d’autres temps, ces implacables accusations, confirmées
avec une joie mauvaise par le “dictateur” Bachar el-Assad, auraient
valu à nos ganaches un définitif passage devant un peloton d’exécution ?
Ce qui est en train de se passer dans ce pays est absolument sidérant.
Trop tard pour faire ce qu’il aurait fallu faire
Après ça, on peut gloser autant que l’on veut sur ce qu’il aurait fallu faire :
- Couper les ponts avec les véritables ennemis que sont l’Arabie saoudite et le Qatar.
- Prendre ses distances à l’égard de la Turquie et de ses liens plus qu’ambigus avec les forces des ténèbres.
- Sevrer l’État islamique de ses gigantesques moyens de subsistance, d’approvisionnement et d’armement.
- Reconstituer à l’intérieur de notre pays cet indispensable Contrat social, façon Jean-Jacques Rousseau, depuis trop longtemps battu en brèche par de tristes contrats précaires privés à durée aussi tristement déterminée que tristement aléatoire.
Trop tard. Ça ne sert à rien. C’est trop tard. Nos dirigeants
irresponsables, que dis-je, coupables, ont tout réduit à néant. Y a-t-il
eu le moindre écho à ces gravissimes accusations dans les médias du
microcosme ? Non, rien, absolument rien[1]. Silence de plomb sur toute la ligne du front de leur propagande.
Maintenant, ils vont pouvoir soufller, vous allez voir qu’ils vont
essayer de donner le change en polarisant l’attention des citoyens
déboussolés, affolés, sur les prochaines élections régionales. Peuvent
aller se faire voir !
Note
[1]
On notera cependant quelque très rares exceptions, comme cette
remarquable enquête menée par Benoît Collombat et Jacques Monnin pour
l’émission de Matthieu Aron, “Secrets d’info”, sur France Inter,
décryptée par l’équipe d’Olivier Berruyer et que je reproduis ici sur ce blog dans la rubrique “Les mots des autres”.


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