Les organisations de lutte pour le climat décident de contourner l’état
d’urgence en formant une chaîne humaine géante dans Paris.
Les organisations de lutte contre le changement climatique refusent de se soumettre à la stricte interdiction de manifester, en marge du sommet climatique de Paris.
Depuis l’interdiction de la marche mondiale pour le climat, la
consternation était unanime au sein de la coalition climat 21, qui
regroupe 130 organisations, mais le débat faisait rage sur l’attitude à
adopter. Elle vient finalement de trancher pour une ligne d’opposition
au gouvernement, en appelant à la formation d’une chaîne humaine géante
dans Paris en lieu et place de la manifestation interdite, dimanche 29
novembre à midi.
« Une réponse au terrorisme »
La chaîne humaine « pour la démocratie, la paix et la justice
climatique » devra s’étendre de la place de la République à celle de la
Nation, sans obstruer la circulation sur la voie publique, avec un
double message de solidarité, pour le climat et en hommage aux victimes
des attentats du 13 novembre. Le parcours de la chaîne doit en effet
passer devant plusieurs des lieux du drame. « À tous ceux qui veulent
nous empêcher de nous exprimer, nous répondons : unis et solidaires
nous voulons vivre ensemble sur une terre juste et vivable », lance la coalition Climat 21 dans un communiqué.
Le choix de ce mode de mobilisation permet d’éluder les arguments
sécuritaires, car une chaîne humaine n’est pas plus exposée à des
risques d’attentat que le flot habituel des passants. Elle évite
également le risque de répression, maintes fois ravivé par les
déclarations des autorités qui promettent des poursuites judiciaires à
toute personne interpellée dans une manifestation interdite.
Chaîne humaine à Notre-Dame-des-Landes, le 11 mai 2013.
FRANK PERRY / AFP
En choisissant de braver l’interdiction, les organisations ouvrent
une confrontation qui pourrait agréger les protestations contre l’état
d’urgence et marque une rupture dans leur rapport au pouvoir.
Nombreuses étaient les voix qui dénonçaient déjà un choix
opportuniste du gouvernement de Manuel Valls de faire interdire les
manifestations de la société civile alors que ni les transports en
commun, ni les manifestations sportives, ni le marché de Noël des
Champs-Élysées ne sont frappés d’interdiction.
Un consensus a été trouvé au sein de la coalition pour inscrire cette
action au panel des activités du 29 novembre. Les réticences de
certaines organisations, qui hésitaient jusqu’alors à se confronter à
l’État, sont ainsi dépassées. Certaines organisations membre de la
coalition ne devraient toutefois pas appeler à participer à cette chaîne
humaine en leur nom propre.
Une profusion d’alternatives
Des arrêtés d’interdiction ont été pris partout en France mardi et mercredi.
Les organisateurs appelaient déjà à renforcer tous les cortèges
autorisés en compensation de l’interdiction de la marche parisienne.
Depuis l’interdiction de la marche parisienne, mercredi 18 novembre,
plusieurs initiatives ont été lancées en remplacement. La chaîne humaine
n’a pas vocation à remplacer les initiatives précédentes.
Capture d’écran
Photo : Loïc Venance / AFP
politis.fr


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