Depuis quelques jours un violent incendie précipite des dizaines de
milliers de personnes sur les routes et détruit des dizaines de milliers
d'hectares de forêt dans une région déjà ravagée par l'exploitation des
sables bitumineux. Une catastrophe sans précédent au Canada.
L'incendie qui a commencé dimanche avait déjà brûlé une centaine de
milliers hectares de forêt de l’Alberta vendredi matin. Les pompiers
canadiens qui tentent de le maîtriser le déclaraient toujours
incontrôlable alors qu’il a atteint les faubourgs de la ville de Fort
McMurray, cité qui se trouve au centre de la zone où sont exploités les
sables bitumineux qui font la richesse de cette région et le désespoir
des écologistes canadiens.
Une grande ville en feu
Dans la journée de mercredi, les autorités ont donc ordonné et tenté
d’organiser l’évacuation complète des 100.000 habitants, dont les 80.000
de Fort McMurray, qui vivent dans la région. Pour qu’ils puissent
échapper à une catastrophe qui a déjà détruit plusieurs centaines de
maisons et provoqué l’explosion des stations service qui jalonnent
l’autoroute 63, la seule route qui relie cette cité à la capitale
Edmonton qui se trouve à 440 kilomètres au sud-ouest de la zone en
flammes.
L'incendie a déjà ravagé, sans pour l’instant avoir fait de victimes,
l’essentiel de la petite ville de Lac La Biche : ses 2.500 habitants ont
été totalement évacués dès mardi, avant que la plupart des maisons en
bois soient carbonisées par le front du feu. Un feu qui consume déjà
également les faubourgs de Fort McMurray marqués mercredi soir par des
nombreuses explosions dont les débris retombent parfois sur les voitures
s’enfuyant vers la capitale de l’État.
Tous les habitants de la zone touchée ont dû fuir, après un préavis
de quelques minutes, en abandonnant leurs effets personnels et leurs
animaux domestiques, avant de parcourir des routes bordées par des
flammes d’une dizaine de mètres de hauteur et surtout envahies d’une
épaisse fumées qui limite la visibilité à quelques mètres. Une
situation, racontent les médias canadiens, qui provoque un gigantesque
embouteillage sur les quelques voies carrossables de la région. Ceci en
dépit de l’intervention de nombreux pompiers et militaires appuyés par
des dizaines de bombardiers d’eau. Des sauveteurs adjurent les fuyards
de ne plus prendre des chemins de traverse où le feu peut les encercler
d’un moment à l’autre.
Conséquence du réchauffement climatique
Bien que les autorités restent discrètes sur l’origine de ce sinistre
sans précédent, il semble bien, rapportent les journalistes canadiens,
qu’il se soit déclaré sur la bordure d’un site de sable gorgé de pétrole
en cours d’exploitation, et qui n’a pas été combattu efficacement par
ses responsables. Lesquels n’ont pas tenu compte des circonstances
météorologiques qui marquent depuis des mois la province de l’Alberta.
En effet cette partie du Canada, comme d’autres, est affecté par une
sécheresse exceptionnelle liée aux changements climatiques dont presque
tout le pays souffre depuis des années. Au point que l’Alberta a déjà
connu plusieurs incendies spectaculaires en 2015 et en 2016. De plus, au
cœur d’une vague de chaleur inhabituelle, un vent violent et erratique
s’est levé sur toutes la zone, rendant dangereuses les opérations des
pompiers au sol. Au point que ces derniers ont renoncé à sauver des
flammes la moitié de la ville de Fort Mc Murray déjà touchée par
l’incendie qui a franchi l’autoroute la desservant. Avec un bilan social
lié à l’ampleur des déplacements et des pertes de maisons et immeubles,
et un bilan écologique, du point de vue de la faune et de la flore,
sans précédent dans une région déjà sinistrée par les exploitations
pétrolières.
Les écologistes canadiens ont déjà protesté contre le manque de
précautions qui a marqué l’histoire récente d’un pays ayant renoncé
officiellement depuis des années à prendre au sérieux les menaces du
changement climatique. Souvent sous l’influence des milliardaires
américains de l’énergie qui font pression sur la presse. Au point
d’avoir entraîné récemment une protestation collective d’une majorité
des scientifiques canadiens. L’arrivée récente au pouvoir du nouveau
président, Justin Trudeau, n’a pas encore effacé ce déni collectif.
politis.fr

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