Réforme du code du travail : les vidéos du Syndicat des avocats de
France vous présentent ce qui nous attend sur sa chaîne YouTube « L’Arme
du Droit »!
Le 28 juin sera présenté en conseil des ministres le projet de
loi d’Habilitation devant autoriser le gouvernement à prendre des
« mesures pour la rénovation sociale ». Il a été transmis depuis le 14
juin au Conseil d’Etat.
Ce projet de réforme par Ordonnances se révèle ainsi au grand
jour, confirmant que les documents parus dans la presse avant les
élections législatives étaient bien à prendre au sérieux…
6 pages, 9 articles, donnant plus de détails sur le programme
de campagne d’Emmanuel Macron, et y ajoutant encore de mauvaises
surprises… au détriment des salariés et des représentants du personnel…Pour en savoir plus : ICI
Et notamment sur quelques thèmes clés
Barémisation des indemnités prud’homales
Sauf en cas de licenciement intervenu dans un contexte de
harcèlement ou de discrimination, les juges seront tenus par un plancher
et surtout un plafond à ne pas dépasser pour indemniser le préjudice
des salariés licenciés abusivement.
Licenciement économique facilité dans les filiales des groupes internationaux
Retiré du projet de loi El Khomri, en 2016, c’est le retour de
la réduction du périmètre d’appréciation du motif économique dans les
groupes internationaux afin de faciliter les licenciements dans leurs
filiales en France...
Réduction des délais de recours des salariés
Déjà réduit à un an il y a quelques années, il est question de
réduire de nouveau drastiquement le délai laissé aux salariés pour
saisir le conseil des prud’hommes pour contester leur licenciement… et
mettre ainsi plus vite les employeurs à l’abri du contrôle des juges…
Vers la fin du CDI ?
Il est prévu « d’adapter par convention ou accord collectif de branche » les
dispositions sur les CDD et l’intérim, ouvrant la voie à un
assouplissement des motifs de recours, de leur durée, de leur succession
sur un même poste ou avec un même salarié… Le recours aux CDI de
chantier va être par ailleurs développé, faisant ainsi droit à une
revendication patronale ancienne… . Et des dispositions seront prises
aussi pour sécuriser et favoriser « le prêt de main-d’œuvre à but non lucratif entre un groupe ou une entreprise et une jeune entreprise ».
Elargissement du champ des accords d’entreprise
Dans l’exact prolongement de la Loi El Khomri, il est prévu d’étendre encore la « place centrale » de la négociation collective d’entreprise dans le champ des relations individuelles et collectives de travail qui
va pour l’essentiel primer sur les accords de branche, sur la loi et
même sur les contrats de travail, laissant la main aux entreprises pour
forger leur propre droit du travail au service de leurs intérêts.
Référendum pour contourner les syndicats
Les employeurs seront autorisés à organiser des référendums
d’entreprise s’ils ne parviennent pas à convaincre suffisamment de
syndicats de signer les accords qu’ils proposent, alors que la Loi El
Khomri avait réservé cette initiative aux syndicats.
Fusion des instances représentatives du personnel
Les 3 instances de représentation du personnel élues (délégués
du personnel, comité d’entreprise, CHSCT) vont être fusionnées en une
seule, satisfaisant, là encore, une revendication patronale bien ancrée,
pour réduire drastiquement le nombre de représentants du personnel, en
ignorant la spécificité et l’importance des missions de chacune de ces
instances…
mediapart.fr

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