mercredi 21 juin 2017

François Ruffin ou la relève insoumise à gauche

le_depute_Francois_Ruffin.jpgPierrick Tillet        

Un mouvement n’a aucun avenir s’il n’envisage pas à temps sa relève dans le temps. Jean-Luc Mélenchon — il aura 70 ans en 2022 — avait selon moi (et beaucoup d’autres !) un successeur désigné : François Delapierre. La maladie a emporté trop tôt celui-ci. Retour à la case départ avec quelques têtes insoumises émergentes.

Incontestablement, de nouvelles têtes passionnantes se sont imposées lors de cette succession de campagnes, présidentielles d’abord, législatives ensuite :Charlotte Girard, Manuel Bompard, Alexis Corbière, j’en passe et des meilleurs… Mais sans relativiser les mérites de ceux-là, un nouveau venu dans le genre est particulièrement sorti du lot : François Ruffin.
L’auteur de Merci Patron !, ex-collaborateur de Daniel Mermet sur France Inter, directeur du journal Fakir, à l’origine du mouvement Nuit Debout, se distingue des autres jeunes pousses de la France insoumise en ceci que son discours touche un public dépassant largement la sphère militante.
Dans sa 1ère circonscription de la Somme, François Ruffin a réussi l’exploit de déjouer les pronostics statistiques en l’emportant assez largement au second tour des législatives sur son rival LREM, grâce à une campagne pugnace et après avoir su mobiliser les milieux jeunes et populaires. François Ruffin, père employé chez Bonduelle, mère femme au foyer, sait d’où il vient et n’a pas rompu les amarres.
François Ruffin a une autre qualité essentielle : il passe bien dans le poste ou à l’écran. Il n’a pas son pareil pour déjouer les pièges des éditocrates médiatiques et leur imposer son discours. N’est-ce pas, monsieur Apathie ? Vidéo 6'23 ICI.
Enfin, François Ruffin est un personnage qui sait prendre des risques et se remettre en question par fidélité au programme pour lequel il s’est fait élire. Sauf erreur de ma part, il est le seul député Insoumis à avoir annoncé son intention de se contenter d’un SMIC à l’Assemblée nationale et à avoir proposé les conditions de sa propre révocation populaire :
«  Si 25% des inscrits de ma circonscription souhaitent que je dégage, eh ben je m’en irai. »
Bref, François Ruffin me paraît être la quintessence du personnage insoumis tel qu’on l’imagine en leader d’opinion dans les années, et même peut-être les jours prochains, à venir.  À suivre de très près.

Le Yéti

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