Charles Sannat
Notre sympathique président (béni soit son saint nom, et, voulant
conserver mon modeste gagne-pain, je ne peux pas avoir de mots négatifs
au sujet de notre sainteté du Palais ni de notre reine mère) vient tout
de même de se faire doublement ratatiner par ses collègues du G8.
Le G8, c’est là où siègent tous nos mamamouchis.
Sa « saigneurie » M² – oui, rien n’est trop flatteur pour notre
président de la République, donc pour être un bon fayot (vous avez
remarqué tous les fayots qu’il peut y avoir ces derniers temps), j’ai
décidé de fayoter au carré. À la puissance deux pour ceux qui ont des
souvenirs des cours de math.
Alors M² c’est Manu Macron… M² quoi.
Bon, bref, M² vient de se faire recadrer par Trump qui a dit, après
l’attaque sur la Syrie, qu’il n’avait pas besoin de M² pour savoir quoi
faire.
Mais ce n’est pas tout.
La Merkel, la mamamouchette allemande, vient aussi de lui planter un
poignard dans le dos, que dis-je, vu la taille, c’est carrément une
machette….
Angela Merkel rejette le projet de réforme du fonds monétaire européen
Angela Merkel a soutenu la ligne dure de son parti à propos de la
création d’un fonds monétaire européen, rejetant le projet soutenu par
Emmanuel Macron avant le déplacement du président français à Berlin
cette semaine en vue d’injecter un nouvel élan dans les efforts de
réforme de la zone euro.
Dans un discours au groupe parlementaire de son bloc CDU / CSU,
Angela Merkel a néanmoins approuvé l’idée de transformer le mécanisme
européen de stabilité, le fonds de sauvetage financier de la zone euro,
en une version régionale du FMI.
Mais elle a affirmé que ce projet devait voir le jour via une
modification de traité, un processus qui, selon les critiques, pourrait
prendre beaucoup trop de temps.
La chancelière a émis des réserves quant à une proposition de la
Commission européenne de créer le fonds en invoquant l’article 352 du
traité de l’Union européenne, une sorte de clause activable en cas
d’urgence qui l’amènerait sous la direction de la commission plutôt que
des gouvernements de la zone euro. La FME, selon Mme Merkel, doit rester
une institution « intergouvernementale », comme l’ESM.
Traduction ? M² pas touche grisbi teuton !
Notre sympathique Angela, qui n’en a strictement rien à faire de la
construction européenne, vu que son pays, l’Allemagne domine sans
partage l’Europe, pourquoi voulez-vous qu’elle tire une balle dans le
pied de son pays ?
Il n’y a qu’en France ou presque que nos élites vendent
consciencieusement notre pays petit bout par petit bout, miette à
miette.
Alors que M² a d’immenses « ambitions européennes », la Merkel vient à
son tour de lui rabattre son caquet européiste (ce qui me va bien) et
l’Allemagne a déjà fait savoir qu’elle ne souhaitait pas créer un poste
de ministre du Budget et des Finances de la zone euro, du moins pas à
court terme….
Pas de ministre de Budget, pas de budget européen au-delà de ce qui
est déjà fait, pas de FME ou de fonds monétaire européen
fondamentalement différent de ce qui existe déjà, c’est-à-dire rien,
puisque comme nous l’avons vu hier, dans l’article consacré à l’euro qui a déjà éclaté, c’est chaque banque centrale nationale qui prend les dettes de son propre pays dans son propre bilan…
Vous assistez donc, sous l’amicale pression de nos amis Allemands, à
un phénomène d’anticonstruction européenne, et à un échec français
patent.
Hollande n’est arrivé à rien.
Macron ne fera guère mieux.
Réinstaurer un rapport de force avec l’Allemagne
Il faut avoir les moyens de nos ambitions.
Notre modèle économique ne doit pas avoir pour seule ambition d’aller
faire les poches aux Allemands comme un enfant irait quémander dans le
porte-monnaie de maman.
Pour avoir les moyens de nos ambitions, il ne faut pas se leurrer :
il faudra soit d’énormes efforts collectifs pour redresser la barre de
nos finances, et je peux vous dire que les Français sont très loin
d’avoir compris ce que signifiait dans les faits redresser les finances
publiques, ou alors il conviendra de changer de cadre en retrouvant
notre souveraineté monétaire pour rendre les choses plus supportables.
L’Allemagne sait très bien qu’elle ne pourra sauver ni la France ni l’Italie, et quand bien même, elle ne le souhaite pas.
L’Allemagne tentera de préserver l’euro le plus longtemps possible
car c’est une prison pour les autres pays européens et un outil de
domination pour l’Allemagne. Quand ce ne sera plus tenable, l’euro
éclatera. Un pays comme la France connaîtra une crise profonde. Nous
mettrons au moins 10 ans à nous en remettre.
L’Allemagne, elle, poursuivra sa course en tête.

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