Paul C.
Combien de mutilations, de vies brisées, de morts à venir ?
Quand je pense que je viens de boucler notre déclaration d’impôts et
que l’argent que nous allons verser à l’Etat (ou que nous avons déjà
versé) afin de pourvoir au bien commun va peut-être servir à réprimer, à
blesser, ou à tuer, des gens qui dénoncent simplement les injustices
dont ils sont victimes et œuvrent pacifiquement à la construction d’une
société nouvelle. Face aux cheminots, aux étudiants, aux Zadistes, à
tous ceux qui ne supportent plus la suprématie idiote de l’argent
facile, la répression a été particulièrement violente ce printemps. Il
n’est pas facile de dresser la liste de tous ceux qui ont payé une
lourde facture simplement à cause de leur présence en un lieu où le
pouvoir ne voulait pas qu’ils soient, mais elle est longue ! Ne
comporterait-elle d’ailleurs qu’un ou deux noms, elle serait de toute
manière trop longue. Blessures aux yeux, aux visages, mains arrachées,
traumatismes divers… sont devenus des séquelles d’une banalité navrante
après chaque rassemblement. Dans les années qui ont suivi les événements
de Mai 68, la répression provoquait l’indignation et faisait la une des
journaux. Actuellement, on annonce une centaine de blessés plus ou
moins graves et plusieurs centaines d’interpellations brutales comme un
simple fait divers… « La police a eu la main lourde ; mais ce sont des
casseurs ma bonne dame ! » Jeunes, vieux, hommes, femmes, agriculteurs,
paysans… Tous sont logés à la même enseigne et les bavures policières
sont systématiquement excusées. On peut tuer un agriculteur d’une balle
dans le dos sans que cela ne perturbe le traintrain quotidien. Beurk ! Le ministre de l’Intérieur apprécie en connaisseur « le travail » accompli à NDDL… sans commentaires !

Une solution pour le recyclage Monsieur Hulot ?
Dix-sept millions d’euros pour des grenades et des fusils lanceurs…
alors qu’on annonce la suppression de milliers de postes dans feu les
services publics pour lutter contre les dépenses inutiles ! Va-t-on en
arriver à employer les méthodes du gouvernement israélien qui envoie des
tireurs d’élite abattre les manifestants palestiniens comme des chiens,
n’hésite aucunement à tuer ou à blesser gravement ceux qui tentent de
les soigner ? Cinquante ou cent morts à Gaza, cela occupe autant de
place dans les journaux dits d’information qu’une coulée de boue à
Trifouilly les oies ou un sac à main arraché. Ce gouvernement est-il
prêt à faire régner la paix sociale en envoyant des commandos d’élite
sur les toits pour abattre les soi-disant agitateurs professionnels que
sont les responsables syndicaux ou les écologistes (les vrais, pas ceux
qui écologisent à la télé) ? On se gargarisait de politique
« vertueuse », de modèle suédois ou finlandais… Va-t-on opter pour le
modèle israélien ou brésilien ?
« La République en marche » se dirige droit vers le XIXème siècle, l’âge d’or où il n’y avait ni protection sociale, ni retraites, ni éducation supérieure pour les couches populaires. À quand la durée du travail portée à 60 h et l’âge de la retraite fixé à 80 ans ? On sent bien qu’il est tendu notre bon président… Casser un ensemble de mesures sociales et de services que le bon peuple a mis des dizaines d’années à construire, c’est difficile à faire passer ! C’est plus simple de parader à l’étranger ou d’organiser des garden-parties ! Les véritables casseurs c’est lui et toute la bande de financiers qui dictent sa politique savamment planifiée. Mais c’est le prix à payer pour rester le serviteur des gros portefeuilles ; même les représentants de commerce ont parfois plus de liberté. Le politicien, lui, est là pour faire avaler coûte que coûte les pilules amères du traitement qu’ont ordonné les chercheurs d’or. L’art du bateleur c’est de faire croire que tout cela c’est pour le bien commun, pour protéger la France de tous ces populistes qui en veulent à la « démocratie », oui mais laquelle ? Celle de la matraque ? Beurk deux fois !
« La République en marche » se dirige droit vers le XIXème siècle, l’âge d’or où il n’y avait ni protection sociale, ni retraites, ni éducation supérieure pour les couches populaires. À quand la durée du travail portée à 60 h et l’âge de la retraite fixé à 80 ans ? On sent bien qu’il est tendu notre bon président… Casser un ensemble de mesures sociales et de services que le bon peuple a mis des dizaines d’années à construire, c’est difficile à faire passer ! C’est plus simple de parader à l’étranger ou d’organiser des garden-parties ! Les véritables casseurs c’est lui et toute la bande de financiers qui dictent sa politique savamment planifiée. Mais c’est le prix à payer pour rester le serviteur des gros portefeuilles ; même les représentants de commerce ont parfois plus de liberté. Le politicien, lui, est là pour faire avaler coûte que coûte les pilules amères du traitement qu’ont ordonné les chercheurs d’or. L’art du bateleur c’est de faire croire que tout cela c’est pour le bien commun, pour protéger la France de tous ces populistes qui en veulent à la « démocratie », oui mais laquelle ? Celle de la matraque ? Beurk deux fois !
Tiens, prends ça dans ta gueule !
Quand je pense que, non content de payer mes impôts pour envoyer des
missiles sur la Syrie et des blindés sur les bergeries de Notre Dame des
Landes, j’ai le triste privilège de connaître des gens qui ont voté
pour ce pantin cynique soi-disant pour nous protéger du péril blond ! Je
suis fier de faire partie de ceux qui ont décidé qu’ils ne
participeraient pas à ce Monopoly à trois sous. Je suis inquiet car je
crains que la vague bleu marine ne prenne d’autres couleurs pour revenir
en force quand les exactions de ce gouvernement auront porté
l’exaspération du bon peuple à son comble. D’autant que d’ici là, nos
médias bêlants auront bien réussi à convaincre une tranche
supplémentaire de la population que ce sont les zadistes, les migrants
et les chômeurs qui sont responsables de tous leurs maux. Il est
difficile à la fois de pousser son caddy, de le remplir et de réfléchir,
quand on a huit ou dix heures de turbin dans les jambes… Plus facile de
taper sur plus petit que soi.. L’ordre public se mérite : quelques
milliers de grenades, quelques vies brisées, quelques années de prison
distribuées à la volée… Un domaine pour lequel on ne va pas lésiner sur
les dépenses : caméras de plus en plus sophistiquées, logiciels de
reconnaissance faciale de plus en plus élaborés, tests et fichages ADN à
qui mieux mieux coûtent une fortune. La société que nous promettent Mr
Macron et ses homologues européens sera de plus en plus policière. Une
évidence : plus l’écart entre les fortunes va se creuser, plus il sera
nécessaire de contenir les révoltes populaires. Des jeux idiots, des
grenades meurtrières, mais de moins en moins de pain. En avant !

C’est très exagéré ! La France vend aussi du Sparadrap…
Mais rassurez-vous, les armes françaises ne sont que minoritairement
destinées à estropier des manifestants bien de chez nous. La majorité de
nos engins sont testés loin d’ici, de préférence sur des populations
pas trop fréquentées par les médias… Notre glorieuse république peut
s’enorgueillir d’un autre chiffre mirobolant : 8,3 milliards d’euro de
ventes d’armes à l’étranger pour la seule année 2017. Les contribuables
français reconnaissants remercient les enfants yéménites (entre autres)
pour leur sanglante et involontaire participation au redressement de la
balance des comptes du berceau mondial des droits de l’homme et du
citoyen. Peut-être pourrions-nous faire un geste et octroyer la
nationalité française à l’un de ces gosses estropiés par les armes
vendues à l’Arabie Saoudite, qui – pensait-on – ne devaient en aucun cas
servir à faire la guerre !

Bon, ça y est, je vous ai cassé le moral ? Allez donc lire dans le
dernier numéro de l’excellente revue « l’âge de faire » le reportage
consacré à l’étonnant GAEC de la Fournerie. Cette bande de jeunes
paysans délinquants ne propose ni grenades, ni matraques, mais offre un
impressionnant échantillonnage de produits bios maison… Fonctionnement
coopératif, salaires égaux, décisions prises collectivement… On est bien
loin du monde jupitérien. Informez vous sur l’histoire de Scopti,
branchez vous sur le réseau REPAS et ses entreprises solidaires… et
restez à l’affût de ce qui se passe à Notre Dame des Landes…
Il faut
construire, mais aussi défendre ce à quoi nous tenons. Dans
l’indifférence et le silence médiatique, la répression devient plus
sournoise et plus terrifiante aussi… Face à nos rêves, leurs grenades
mortifères !


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