christophecroshouplon
L'histoire de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) commence le 1er janvier 1938, date de l'entrée en vigueur de la convention du 31 août 1937 portant sur la création de la SNCF.
À partir de cette date, celle-ci se confond pratiquement avec l'histoire des chemins de fer en France, puisque la SNCF reprend la concession de la quasi-totalité du réseau ferré français, à l'exception des lignes secondaires (VFIL), jusqu'à la création de Réseau ferré de France (RFF) en 1997. Une nouvelle réforme du système ferroviaire français, entrée en vigueur le 1er janvier 2015, réunifie la SNCF et RFF au sein d'un groupe public ferroviaire unique.
La SNCF est créée sous la forme d'une société anonyme d'économie mixte dont l'État possédait 51 % du capital. Elle reprend l'actif et le personnel des grands réseaux privés (Compagnies du Nord, Paris-Lyon-Méditerranée, Paris-Orléans, du Midi, de l'Est) ou publics (chemins de fer de l'État, chemins de fer d'Alsace-Lorraine).
Dès les premières années de son existence, la SNCF est soumise à l'épreuve de la Seconde Guerre mondiale
au cours de laquelle elle subit d'immenses destructions. La France
coupée en deux rattache de facto une part de régions à l'occupant. En
2006, la SNCF se verra trainée en justice pour avoir facturé le
transport de juifs, tziganes et homosexuels dans des trains à bestiaux –
ce dernier point ayant selon les plaignants été décidé de son propre
chef.
L'après-guerre recentrera, au travers d'une entreprise organisée en
six régions hexagonales, la mission dite de service public, avec l'Etat
en stratège comme ce fut le cas pour toutes les entreprises publiques de
l'époque. Loin de parler investissements à l'étranger ou ouverture du
capital, la SNCF remplissait vaille que vaille mais de mieux en mieux le
maillage national afin de permettre à tout-un-chacun de se déplacer sur
le territoire – l'aérien étant, à cette époque, hors de portée de bien
des bourses, et surtout pas encore rentré dans les moeurs.
Parallèlement, des projets industriels d'envergure furent développés,
donnant lieu à la mise sur le marché en 1983 du fameux TGV, qui
révolutionnera à la fois le traffic interne et le marché sur le plan
international.
C'est cet équililbre, imparfait certes, qui depuis hier grace à
l'Assemblée, va a son tour, après La Poste, Air France, l'ANPE, France
Telecom et tant d'autres, lentement imploser. Il ne s'agit évidemment
point d'une première entorse – à ce titre l'année 2017, avec sa
fermeture de lignes, de guichets et de gares fut riche en coups de canif
– à la mission dite de service public payée par les francais pour
eux-mêmes, mais, et la longévité de cette grêve qui n'en finit pas est à
ce titre parlante, l'assaut le plus fort des intérêts privés jamais
intenté depuis la création de la SNCF contre elle – et donc contre nous.
L'affaire dite des cheminots n'en constitue qu'un épiphénomène, que
ceux-ci me pardonnent, mais économiquement nous sommes davantage dans le
symbole – casser un régime spécial né de luttes sociales anciennes –
que dans une mesure de bonne gestion – tant les erreurs de gestion
commises par l'équipe Pépy se sont multipliées en 15 ans. On pourra au
passage remercier les têtes de pont des syndicats internes d'avoir su
aussi intelligemment contribuer au désastre, et autant s'être servis au
passage – au détriment de leurs affidés…
La mise en concurrence sur le sol francais – le souhait de Bruxelles
l'apatride – est la mise à mort des acquis de nos grands parents. La
notion même de service public est de ce seul fait la cible. On peut
garder en vie la bête et tuer l'esprit et la lettre, ce qui advient en
parfaite connaissance de cause. Autrefois pilotée par des ingénieurs
gestionnaires, l'entreprise publique est dorénavant livrée à des
financiers avides de diversification et de profits à court terme.
L'hyper segmentation de la structure juridique composée par l'ensemble
des 185 filiales permet le flou et donc toutes les manipulations. RFF –
la filière maintenance – en est un exemple flagrant.
426 députés vendus auront donc signé des deux mains oui à ce
démantèlement qui certes se fera par palliers mais se fera. Ce qu'on
nous vend par devant – la baisse des prix des billets – donnera lieu aux
mêmes arnaques que le cout des télécommunications, une entente sous le
tapis d'oligarchies multinationales se mettant d'accord sur le gateau à
se partager et fermant volontairement toutes les lignes non rentables.
La ruralité de facto sera livrée à l'abandon, les compagnies de bus
de notre ancien locataire de Bercy, actuellement à l'Elysée, se révélant
pour beaucoup des flops. Le consommateur acheteur sur internet de
billets électroniques se verra confronté encore davantage à une offre
plétorique aux ramifications invisibles ou – pire qu'aujourd'hui – la
promotion sur l'aller sera compensée par un doublement du billet retour
et une impossibilité de recours faute de personnel.
Dans les trains eux-mêmes – point besoin de revoir quelques films
d'anticipation – l'intelligence artificielle prendra demain ses
quartiers. Déjà les controleurs et les prestations de restauration
diminuent. Demain – on parie – des trains qui s'autoconduisent par
ordinateurs sur un réseau dit intelligent – les voitures sans conducteur
existent déjà. Un surveillant du tableau de bord en cabine de pilotage,
une madame pipi pour 20 rames, deux vigiles d'une société de sécurité
privée, une 1ère classe avec 50 prestations de luxe– épicetou.
Voilà. Voilà le sens de cette réforme qui est – comme toutes les
réformes imposées par l'ultralibéralisme triomphant – une immense
régression sociale et sociétale. Un jeu de bandes ou le haut palpe bien
davantage au détriment de tous, avec l'assentiment de tous les
politiciens en exercice tant à Bruxelles qu'à Paris. Le lent massacre
programmé d'un bien commun. Un de nos plus beaux fleurons.
Dont ( merci
les attentats, les antifas, les black-blocks du 1er mai, la
communication elyséenne en guise de cache-sexe, Mamadou, à présent la
Coupe du Monde de Foot ) on aura si peu parlé en définitive, ou alors
par le petit bout de la lorgnette avec l'ami Pernault et ses pauvres
voyageurs se lamentant à ses micros complaisants.

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