UJFP
L’histoire bégaie. En 1938, des milliers de Juifs allemands et autrichiens tentent de fuir les pays nazis.
La Suisse ferme sa frontière. Le commissaire de police Paul Grüninger
qui fournira des faux papiers aux proscrits sera suspendu et jamais
réhabilité.
Du 6 au 16 juillet 1938, la conférence d’Évian débat du sort des
Juifs demandeurs d’asile. Il y aura consensus. On ne fera rien. Tous les
pays occidentaux expliquent « qu’ils n’ont pas les moyens » et « qu’ils
ne peuvent pas assumer ce fardeau ». Toute ressemblance avec la période
actuelle n’est bien sûr pas fortuite.
Un an plus tard, des centaines de milliers d’antifascistes espagnols
fuient la barbarie franquiste. Pour eux, la France construira Gurs,
Argelès, Le Vernet, Saint-Cyprien et bien d’autres camps de
concentration où les troupes hitlériennes n’auront plus qu’à les
cueillir.
Ces années sont celles des grands bateaux remplis de Juifs fuyant le
nazisme et dont personne ne veut. Les cas les plus emblématiques sont
ceux du Saint-Louis refoulé du continent américain et dont la plupart
des passagers subiront l’extermination, et du Struma, rempli de Juifs
roumains, refoulé de Turquie et finalement coulé « par erreur » par les
Soviétiques. Il y aura un seul survivant sur 770 passagers.
Les années ont passé et les pratiques restent les mêmes. Le 18
janvier 1995, le « décret Balladur » impose des conditions draconiennes
aux Comoriens désirant se rendre à Mayotte (qui fait partie des Comores,
l’annexion par la France étant illégale). À peine élu, le 4 juin 2017,
le Président Macron aura cette plaisanterie qui en dit long : « le
kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent ». En
2012, un rapport sénatorial évaluait entre 7 000 et 10 000 le nombre de
victimes des naufrages survenus en conséquence du décret Balladur. Six
ans plus tard, ce chiffre est largement dépassé.
À l’UJFP :
La polémique entre la France et l’Italie sur l’Aquarius est une honte
absolue. Les politiciens au pouvoir dans ces deux pays rivalisent
d’ignominie sur le dos de ceux que leur politique a déjà fragilisés.
Nous proclamons que le droit de voyager et de rechercher des conditions de vie décentes est inaliénable.
L’UJFP salue celles et ceux qui ont choisi de rester humains, d’être
solidaires et de ne pas démissionner face à la détresse que notre monde
crée.
Nous saluons l’association « SOS Méditerranée » et les personnes du
bateau l’Aquarius qui ont sauvé des milliers de vies quand les autorités
européennes ont volontairement retiré tout bateau de sauvetage.
Nous saluons les « délinquants solidaires » qui, à Briançon comme à
Breil-sur-Roya, accueillent les réfugiés quand notre police et les
milices identitaires, protégées ignominieusement par le gouvernement de
Macron, les pourchassent.
On célèbre aujourd’hui celles et ceux qui, au péril de leur vie, ont
sauvé des proscrits pendant la deuxième guerre mondiale. Leur exemple
nous impose d’être totalement solidaires aujourd’hui de celles et ceux
qui frappent aux portes de l’Europe.
Dans ce contexte, nous dénonçons le silence assourdissant du CRIF et
du judaïsme officiel qui se tait quand d’autres subissent aujourd’hui
les persécutions que leurs parents ont subi hier. Ils ne veulent "plus
jamais ça" pour eux, nous ne voulons "plus jamais ça" POUR PERSONNE.
L’UJFP est engagée aux côtés des délinquants solidaires et continuera
à se battre contre la déshumanisation et pour une vie décente pour
tou.te.s.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire