samedi 16 novembre 2024

Marine Le Pen, ça va, ça vient (II)

Bernard Gensane

La grande affaire de Marine Le Pen a été et restera l'immigration. D'abord comme principale cause de l'insécurité. 


Le 20 février 2003, elle déclare dans La Croix : Même si ce n'est pas la seule, l'immigration est incontestablement la cause principale de l'insécurité. C'est tout aussi évident que logique : lorsque vous êtes un immigré en situation clandestine, vous ne pouvez que tomber dans la délinquance. Ce phénomène est quasiment automatique puisque vous n'avez pas les moyens de vivre légalement ! La carte de la délinquance est celle de l'immigration se superposent. Il n'est pas admissible que les Roubaisiens subissent des concerts de klaxons tous les samedis ; ils ont droit à la tranquillité. Il est temps d'abandonner l'intégration et de revenir à l'assimilation qui a été appliquée aux Polonais, Italiens, Espagnols et Portugais avec un grand succès. Or depuis un certain nombre d'années On est confronté à une délinquance bien plus dangereuse car amorale conséquence de l'effondrement des règles morales et civiques, de l'incurie de l'éducation nationale à en imposer les bases et, il faut bien le dire aussi, de l'inassimilation revendiquée de certains fils d'immigrés ».

L'immigration est pour Marine Le Pen néfaste sur le plan économique et social. Dans son livre Á contre flots  (https://www.amazon.fr/À-contre-flots-Marine-Pen/dp/2733909576), Elle estime que Jean-Marie Le Pen fut le premier à ressentir que l'immigration, telle qu'elle était envisagée, entraînerait des conséquences néfastes sur le plan économique et social. « En réalité, pour précoce et peu agréable à entendre qu'elle fût, l'analyse de mon père s'est trouvée, depuis, hélas, justifié par les faits. » Dans le même ouvrage, elle écrivait également que « La carte d'identité distribué aux premiers venus n'est plus un honneur chèrement mérité. Ce n'est plus que l'attestation plastifiée d'une simple situation administrative qui ouvre droit à des prestations au même titre que la carte vitale ou la carte Orange. »

Depuis longtemps Marine Le Pen propose un moratoire sur l'immigration. Elle explique que ce moratoire contribuerait à « empêcher que pèse sur notre système de protection sociale toute une série de gens que nous ne pouvons plus payer. Elle affirme que 95% des gens qui entrent en France aujourd'hui de manière légale n'ont pas de contrat de travail. » Et la France n'est pas seule : « L'ensemble des pays européens sont soumis à une pression migratoire, mais aussi les États-Unis, la Russie. Les premières vagues d'immigration qui ont été accueillies par la France se sont assimilées à la communauté nationale. Parce qu'elles respectaient profondément les valeurs de la France, elles se sont assimilées par le travail. On voit bien la difficulté avec les vagues d'immigration postérieure : ça a d'abord été leur masse et l'État français n'a pas mis en avant les valeurs qu'il entendait voire respectées, la laïcité, l'égalité, et on l'a dit : “ ne vous assimilez pas, ne vous fondez pas dans la communauté nationale, ” et on a commis là une erreur dont on paye aujourd'hui lourdement les conséquences. Il y a des lois républicaines dans ce pays, il faut que tout le monde les respecte. Cela recouvre probablement une véritable misère humaine, c'est pour cela que le Front National n'a jamais dit qu'il fallait s'en prendre aux immigrés à titre personnel, c'est le processus d'immigration contre lequel nous nous battons et contre les gouvernants qui l'ont laissé se mettre en place. Je peux concevoir qu'il y a des pays bien moins agréables que la France dans le monde, mais à ce rythme-là nous accueillerons 3 milliards de personnes. »

Est-elle visionnaire ? Le fait est que Marine Le Pen a choisi depuis un bon moment Trump et Poutine. En mars 2017, elle reçoit des mains d'une jeune nationaliste russe un tableau la représentant aux côtés de Donald Trump et de Vladimir Poutine. « Ce triptyque représente une nouvelle conception géopolitique ou le monde unipolaire devient multipolaire », explique Maria Katasonova, la fan russe n°1 de Marine Le Pen. « C'est ça. C'est exactement la ligne qui est la nôtre. C'est vraiment superbe », souligne Marine Le Pen, reçue la semaine précédente par le président russe Poutine.

Marine Le Pen déplore que l'identité nationale passe au second plan derrière l'identité religieuse, régionale, et sexuelle. Toujours dans son ouvrage Á contre flots, elle explique que « Chaque communauté revendique aujourd'hui, en cultivant un statut victimaire, une protection particulière et la loi s'adapte à n'en plus finir, créant autant de cas particuliers. C'est l'affaiblissement du modèle général qui permet la fragmentation de la nation, l'identité nationale passa alors au second plan derrière l'identité religieuse régionale, sexuelle etc. Il existe des textes pour tous et surtout pour chacun : les homosexuels, les femmes, les juifs, les obèses, les handicapés, les descendants d'esclaves, chacun doit pouvoir arguer d'une protection spéciale en fonction de son âge, de sa nationalité, de ses opinions politiques, de son appartenance syndicale. »

Ah, les syndicats ! Le 13 octobre 2010 dans “ Question d'info ” sur LCP, Marine Le Pen prétend que les manifestations contre la réforme des retraites étaient « encadrées par des syndicats complices de la situation. Ils ont défendu le traité de Lisbonne ils étaient pour l'ouverture totale des frontières qui a multiplié les délocalisations et fait exploser le chômage. Ils ont tous soutenu et ils sont là pour canaliser la colère. Il faut donc créer de nouveaux syndicats libres, éventuellement proche du Front National. »

En 2021, sur Youtube, Marine Le Pen estime que les Français « ont été dépossédés par toute une série de dispositif de ce qui est spécifique de la France, donc c'est le problème de l'identité nationale. C'est essentiel de défendre nos valeurs, la laïcité, nos modes de vie, nos mœurs, nos codes qui sont en réalité bousculés en permanence par le laxisme de nos gouvernants face à des revendications incessantes de minorité à qui il faut dire à un moment donné stop, on siffle la fin de la récréation. »

 

Pour finir, Marine Le Pen se demande si la France restera la France : « La France sera-t-elle emportée dans le torrent non maîtrisé de gigantesques flux migratoires qui balaieront notre culture, nos valeurs, nos modes de vie, et avec lui la physionomie de nos villes et de nos paysages, les conditions d'existence de nos enfants ? »

Bernard Gensane 

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