Victor Ayoli
- Oh ! Loulle, t’as mis le drapeau toi aussi ? Non, pas toi… Ca y
est, c’est reparti, pendant un mois, les me (r) dias vont nous bassiner
avec les « exploits » de grands garçons, souvent à demi analphabètes,
payés des millions d’euros pour taper dans un ballon. C’est déprimant.
- Ne sois pas grognon, Victor. Tu bades bien devant les matchs de rugby, alors respecte les amateurs de foot !
- C’est un peu vrai Loulle. Le rugby, comme le foot, est né dans
l’esprit tracassé mais plein d’humour des Anglais. Ils étaient enracinés
à leur village, à leur ville, à leur nation. C’était deux villages,
deux villes, deux nations qui s’affrontaient à travers des équipes très
représentatives dans un simulacre pacifique de guerre. Ce n’est plus le
cas, Loulle. Le professionnalisme – le culte et la dictature du pognon -
est passé par là. Et le rugby, hélas, suit l’exemple lamentable du
foot. Aujourd’hui ce sont des mercenaires achetés comme des bestiaux sur
un « mercato » international. Ils ne représentent en rien la ville ou
la nation qui les emploient.
- Ça fait tchatcher Victor. Le foot est un moyen de sociabilité, de convivialité, de création de liens, de conversation.
- Mouais… Comme sujet de débat, ça va pas chier bien haut. Le foot
n’a plus grand-chose à voir avec le sport, c’est devenu le premier
spectacle international et un business aussi opaque que juteux. C’est un
moyen astucieux qu’ont trouvé les oligarques qui nous manipulent pour
abrutir l’opinion publique et la détourner des véritables enjeux : casse
sociale tous azimuts, privatisations des bijoux de famille, flicage
généralisé, invasion migratoire organisée par les oligarques, etc. Le
foot fabrique des idoles de consommation courante, présente une version
ridicule du patriotisme avec ces braillards saccageant leur hymne
national. La coupe du monde de foot, c’est un évènement tonitruant et
insignifiant. Panem et circenses – du pain et des jeux - avaient déjà compris les Romains.
- Eh bien oui, Victor, que ça te plaise ou pas, le foot rassemble et transcende les foules. C’est comme ça.
- Pourquoi pas. Mais voir des stades emplis de dizaines de milliers
de gens vociférants, qui éructent des onomatopées pittoresques - « OHISSE enculé ! »
- qui font souvent preuve du racisme le plus dégradant avec des cris de
singe, je t’avoue que ça me laisse dubitatif sur l’évolution humaine :
peut-on être adulte et se comporter ainsi ? Le foot est le seul
« sport » qui suscite des comportements racistes, qui expriment à
travers des clubs de « supporters » des idées ouvertement fascistes, qui
déchaîne des bagarres, voire des émeutes, qui génère des mouvements de
foule qui tuent, comme au Heisel en Belgique où des bagarres entre
supporters ont fait 39 morts et des centaines de blessés.
- C’est pas tous les jours ça, Victor…
- Mais enfin, tu les as vus, Loulle, les bandes de « supporters » à
l’œuvre : rappelle-toi les émeutes, les affrontements bestiaux entre
« supporters » Anglais et Russes lors d’un match de l’Euro de foot à
Marseille. Tu les as vus, ces bedonnants plein de bière, peinturlurés et
qui agitent comme des trophées leurs fanions de clubs ou leur drapeau
national avant de se foutre sur la gueule. C’est de l’abrutissement
collectif. T’en voudraient des clients pareils ?
- Sûrement pas. Mais,… teng ! T’es pas tendre Victor.
- Le milieu du foot est pourri, Loulle. Encore pire que les Jeux
Olympiques. C’est le business le plus opaque : une Fédération
internationale (Fifa) aux pratiques plus que louches ; des dirigeants et
propriétaires de clubs qui ne sont pas sans rappeler des mafieux ; sans
oublier évidemment les très nombreux matches truqués : le monde
footballistique est pourri jusqu’à la moelle. Et que dire de la manière
dont le plus grand raout politico financier qu’est la coupe du monde de
foot attribue son organisation : la prochaine, après l’actuelle en
Russie, aura lieu au Qatar ! Un pays qui finance à la fois le plus grand
club français et les assassins du djihad… Tout ce pognon, ces montagnes
de fric, ces milliards qui proviennent pour une bonne partie du
recyclage d’argent sale, ne profite qu’à une petite mafia de
footballeurs, d’entraîneurs de grands clubs, d’intermédiaires véreux,
d’agents de joueurs douteux, d’oligarques propriétaires de clubs, de
chaînes de télé et de marchands de vent que sont les publicitaires. Et
ce qui est le plus désolant, c’est que cette névrose collective suscite
des dépenses inutiles de la part des classes sociales les moins
favorisées, achats de télé grand écran, voyages de supporters, etc... Et
que dire des détournements de fric que le foot engendre…
Le foot est une arme de destruction massive de la citoyenneté qui
participe à l’appauvrissement, à l’abrutissement et à l’asservissement
de la société.
- Eh ben dis donc ! Tu leur as taillé un sacré maillot aux fouteux !
Tè, bois un coup, ça te passera. Allez les bleuuuuux, Allez les
bleuuuuuux !

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