Le Destin et le Temps
par Abdellatif Benchehida
Le mausolée élève, au destin antique
La grâce de ses arcs nus et lancéolés
Dont l’ombre rafraîchit les tertres désolés
Sur qui semble pleurer l’ogive du portique.
Triste, la pierre garde un silence pudique
Sur les êtres chéris ou peut-être immolés,
Car, effacés au fil des siècles envolés,
Leurs noms dorment au sein des siècles fatidiques.
Reine adorée ou prince enlevé tout enfant,
Savant, poète, ascète ou guerrier triomphant,
Ce n’est qu’un souvenir qu’ici la terre embrasse.
Pensant frôler une âme on s’arrête, parfois
Croyant voir les tombeaux des humbles et des rois
S’abîmer dans le Temps qui nivelle et qui passe.
Abdellatif Benchehida
- L’Arabiade,éditions Enal - 1986
par Abdellatif Benchehida
Le mausolée élève, au destin antique
La grâce de ses arcs nus et lancéolés
Dont l’ombre rafraîchit les tertres désolés
Sur qui semble pleurer l’ogive du portique.
Triste, la pierre garde un silence pudique
Sur les êtres chéris ou peut-être immolés,
Car, effacés au fil des siècles envolés,
Leurs noms dorment au sein des siècles fatidiques.
Reine adorée ou prince enlevé tout enfant,
Savant, poète, ascète ou guerrier triomphant,
Ce n’est qu’un souvenir qu’ici la terre embrasse.
Pensant frôler une âme on s’arrête, parfois
Croyant voir les tombeaux des humbles et des rois
S’abîmer dans le Temps qui nivelle et qui passe.
Abdellatif Benchehida
- L’Arabiade,éditions Enal - 1986
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Abdelatif Benchehiada : poète.
Un commentaire de Abderrahmane Zakad
Benchehida chante dans ses poèmes, les exploits et les épopées de ceux qui ont fait la mémoire de l’orient et du Maghreb
Ses poèmes s’inscrivent dans une longue tradition arabe et maghrébine, tradition inspirée par l’alliance étroite de la science, de l’histoire d’une part, avec la poésie d’autre part.
En Occident certes, et depuis des millénaires, c’est l’histoire générale, l’histoire des hommes qui est souvent unie à la poésie. Les termes mêmes de poésie épique, d’épopée en témoignent comme aussi, dans l’antiquité gréco-latine, l’illiade et l’Enéide et, pour la France la poésie du XVI ET XVII siècles.
Benchehida, tout au contraire, fait de l’histoire et de la poésie des compagnons de route qui ne cessent d’échanger des méthodes, leur action, qui ne cesse de s’entraider. Lui-même est à la fois avocat et poète, homme d’expérience et érudit, fils respectueux de la civilisation à laquelle il appartient et ouvert à tous les courants du monde.
Il a construit une œuvre très originale, alliant le rêve à la réalité, la rigueur didactique à l’imagination. Il nous montre que la poésie nous apporte une clé permettant de pénétrer dans les demeures longtemps obscures. Il met en valeur les évènements importants en les chantant. Il exalte les hautes vertus de héros un peu oubliés.
En suivant la métrique, c’est un véritable cantique qu’apporte Benchehida, un cantique arabe et maghrébin, très original puisque chaque vers est fondé sur une forte référence historique ou légendaire. Ainsi, tout au long de sa poésie, nous sommes conduits de la théologie à l’histoire, de la botanique au minéral et des limites étroites d’épopées de conquêtes à l’ouverture vers l’universel.
De son œuvre nous avons choisi trois quatrains sur le thème des instruments de musique dans la musique orientale *:La flûte
Fille du roseau frêle avide de soleil
Le fer pur tisonné façonna son entraille
Et la coudée adulte en mesure la taille
Dont fut percé huit fois le corps lisse et vermeille
Le Rebab
Ancêtre du rebec, qu’aux mains du troubadour,
Autrefois, mainte dame à la grâce hautaine,
Ecoutait en rêvant à la terre lointaine
Où se croisait l’amant dont tardait le retour
Le luth
Lorsque le cœur en peine est triste comme un pleur
Et saigne doucement en sa désespérance
Pour l’âme qui gémit, l’indicible souffrance,
Le luth comme un écho, la dit avec douleur
Abdelatif Benchehida, décédé en 2000, est né en 1905 à Mostaganem ; après des études secondaires, il fait des études de lettres à la faculté d’Alger et le droit à Oran ; Il a exercé comme avocat depuis 1926 ;
Lorsque le cœur en peine est triste comme un pleur
Et saigne doucement en sa désespérance
Pour l’âme qui gémit, l’indicible souffrance,
Le luth comme un écho, la dit avec douleur
Abdelatif Benchehida, décédé en 2000, est né en 1905 à Mostaganem ; après des études secondaires, il fait des études de lettres à la faculté d’Alger et le droit à Oran ; Il a exercé comme avocat depuis 1926 ;
Passionné de poésie, il s’y consacre en même temps que ses activités de défenseur dont les plaidoiries ont toujours impressionnées ses collègues ;
Autant dans la poésie arabe ou française ses textes ont impressionnés par l’harmonie du rythme et la sonorité des rimes ; il avait le don de puiser dans des thèmes historiques ou légendaires en y développant des images iconographiques de beauté audacieuse et de rêves diaphanes dans un délire romantique qui le rapproche des poètes occidentaux du XIX eme siècle ou ceux orientaux de la qacida ; d’une modestie qui agrandit sa poésie, il cisèle les vers à l’image d’un tableau d’enluminure où l’or et l’argent couleraient des mains d’un Racim de la grande période ;
Dans son dictionnaire, Achour Cheurfi nous apprend que certains des poèmes de Abdelatif Benchéhida sont rassemblés dans un recueil intitulé « Les sahariennes » et ont été publiés dans le quotidien « La république d’Oran », le 13 AVRIL 1968, et qu’il était membre de la Société de géographie d’Oran où il a donné plusieurs conférences.
Benchehida a également écrit en arabe « El maqâdir », Enal- 1986
Il me semble qu’il serait plus conforme d’utiliser ce terme, bien que ces instruments étaient connus aussi bien chez les andalous que dans l’occident médiéval. La vulgarisation de ces instruments, tels que nous les connaissons aujourd’hui, s’était faire dans les pays des deux fleuves ainsi qu’en Perse, bien que les instruments à cordes aient été connus chez les grecques et les pharaons.
Abderrahmane Zakad


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