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mercredi 27 juillet 2011

La bande du Fouquet’s, oligarchie française

Olivier Bonnet

La bande du Fouquet’s s’est-elle vraiment régalée à la table du sarkozysme, pendant ces quatre ans ? Disons qu’elle n’a pas eu à regretter son soutien (rien que pour le bouclier fiscal), même si ses rêves les plus fous n’ont pas été exaucés, résume Libération. Qui précise que pas moins de 16 membres de cette bande ont été décorés de la Légion de la honte d’honneur, mais s’attarde moins sur les colifichets que sur les affaires : Prenons quatre gros dossiers politico-industriels du début du quinquennat.

1) Nicolas Sarkozy a bataillé durant des mois pour faire la fusion entre GDF et Suez, quitte à renier son engagement de ne pas privatiser GDF.

2) Il a placé le groupe d’électronique de défense Thales sous le contrôle de Dassault.

3 et 4) Il a supprimé la publicité sur les télévisions publiques et légalisé les sites de jeu et de poker en ligne.
À chaque fois, le gouvernement a dit avoir de bonnes raisons de faire ce qu’il a fait.
À chaque fois, un (ou plusieurs) membre «de la bande Fouquet’s» en a directement profité. En toute légalité.
La fusion GDF-Suez ? Elle a bien sûr ravi le premier actionnaire privé du groupe, le milliardaire belge Albert Frère, allié fidèle de Bernard Arnault.
Le rapprochement Thales-Dassault? Serge Dassault, patron propriétaire du groupe homonyme et du Figaro, a pu imposer ses conditions.
La fin de la publicité à France Télévisions ? Le coup a fait cette fois deux heureux. Martin Bouygues, d’abord, dont le groupe avait comme par hasard suggéré la bonne idée, dans une note transmise à l’Élysée fin 2007. (…) Alain Minc est à la manœuvre. En soufflant l’idée au chef de l’État, Minc avait en tête de permettre à son protégé Stéphane Courbit (et vieux copain de Sarkozy) de racheter la régie publicitaire de France Télévisions. Joli coup double, donc.
Enfin, derrière l’ouverture du marché des jeux et du poker en ligne, on retrouve une belle brochette d’intérêts : le même Stéphane Courbit, Dominique Desseigne (le patron du Fouquet’s), Bouygues et Arnault. Tous ont mis de l’argent (à des degrés divers) dans le secteur. Merci qui ?
Sauf qu’à l’exception de la fusion GDF-Suez, rien ne s’est passé comme prévu. Thales traverse, depuis la prise de contrôle de Dassault, une grave crise de management.
La publicité supprimée sur France Télévisions n’est pas (ou si peu) allée dans la tirelire de TF1 et de M6, mais dans les caisses des chaînes de la TNT.
Et le supposé eldorado du jeu en ligne français s’est révélé, pour l’instant en tout cas, un pauvre mirage. Avant de gagner, il faut bien jouer.
Et pour l’instant, le croupier Sarkozy ne porte pas franchement chance. Et en plus il est nul !

Conclusion rime avec Mélenchon (présidons !) : « Nous sommes tous prêts, aujourd’hui, à clamer notre admiration pour la révolte des Égyptiens, des Tunisiens pour la démocratie, mais personne n’a l’air de se rendre compte que, chez nous, nous avons aussi une oligarchie qui s’appelle la bande du Fouquet’s »*.

*Sur Europe 1.

Plume de Presse

lundi 25 juillet 2011

Carnage en Norvège : à tous ceux qui prétendent renvoyer extrêmes droite et gauche dos-à-dos

Olivier Bonnet

Anders Behring Breivik s’appelle ce beau jeune homme, bien blond aux yeux bleus comme il faut. Il pense que, franchement, les musulmans n’ont rien à faire en Europe.

Comme tous ces bouffons de « la droite populaire », avec les Zemmour, Guéant, Sarkozy et bien sûr les frontistes et identitaires de tout poil. Ceux qui geignent à longueur de temps : « on ne peut plus rien dire, à cause des bobos bien-pensants, dehors les bougnoules, on est chez nous (sic) ! »

Anders Behring Breivik est allé au bout de ses idées, de ces idées : les bien-pensants bobos droits-de-l’hommistes, il leur tire dans le tas. Enfin, il descend leurs mômes. Flingués méthodiquement, comme des lapins, des pigeons d’argile. Au moins 80 gamins. Ils avaient entre 14 et 19 ans, venus participer au camp d’été des jeunes travaillistes norvégiens. Anders Behring Breivik déteste-t-il plus les Arabes ou les gauchistes ? Et Le Pen ? Et nos apprentis-sorciers UMPistes ?

À tous ceux qui prétendent renvoyer extrêmes droite et gauche dos-à-dos, juste ceci : ce n’est pas un militant du NPA ni du Front de gauche qui serait capable d’accomplir une saloperie pareille. Mais bien un dégénéré de cette extrême droite bien propre sur elle, anti-basanés, qui dénonce le « péril islamique », qui exploite les peurs, les colères et les haines jusqu’au sein du gouvernement de la République, jusqu’au sommet de l’État français.

Plume de Presse

samedi 23 juillet 2011

2012 : notre invite à Valérie Pécresse

Olivier Bonnet

2012 : Pécresse demande de la responsabilité en période électorale, titre 20 minutes. V’là aut’ chose.

« La campagne électorale à venir ne doit pas fragiliser le redressement des finances publiques ou les réformes structurelles car ils garantissent l’avenir de la France dans une période de crise, a déclaré ce dimanche la ministre du Budget, Valérie Pécresse. «Il y a des politiques et des réformes qui sont d’union nationale. Je sais qu’on va rentrer en année électorale, je sais que malheureusement, les années électorales ne sont pas propices à l’esprit de responsabilité d’union nationale. Si on pouvait dépasser les clivages partisans l’année prochaine (…), ce serait merveilleux.» Allons bon, des réformes d’union nationale ? Lesquelles ? « Outre les engagements français de réduction du déficit public à 3% du produit intérieur brut en 2013, elle a cité la réforme des retraites, la politique fiscale, le non remplacement d’un fonctionnaire partant en retraite sur deux et l’autonomie des universités, des mesures que le Parti socialiste pourrait remettre en cause s’il arrive au pouvoir en 2012. » Ah vraiment, la Pécresse dit encore n’importe quoi ! L’ « union nationale » et la « responsabilité » imposeraient de ne surtout pas toucher à l’inique politique fiscale, qui couvre d’or les privilégiés et les actionnaires du Cac 40, ni à l’abjecte réforme des retraites, véritable spoliation des salariés – toujours au bénéfice des mêmes, cette oligarchie qui vampirise les richesses. Ni au saccage organisé du service public par les scandaleuses suppressions de postes. Gonflée la ministre de choisir des exemples aussi criants.

Si on la suit, attaquer cette politique serait donc irresponsable : commode façon d’interdire tout débat ! Irresponsable que de revendiquer un meilleur partage des richesses : pas touche aux riches, silence, les pauvres, Union nationale pour une Minorité de Privilégiés. Comme si cette politique antisociale était incontestable, alors qu’elle est en train de mener l’Europe entière droit dans le mur.

L’aveuglement et la mauvaise foi des libéraux est incroyable. 2012 : Pécresse demande de la responsabilité en période électorale, titre donc 20 minutes. Notre réponse : pour 2012, plumedepresse demande à Pécresse de fermer sa gueule !

Plume de Presse

jeudi 10 juin 2010

Garden party : l’Elysée ne se refuse rien


Olivier Bonnet

Toujours plus cher Une sauterie à plus de 730 000 euros

"Le dernier rapport de l’Elysée évoque une réduction du coût par personne de l’ordre de 11% en se gardant bien, tout comme l’année précédente, de donner le nombre d’invités ainsi que le coût global, qui n’a jamais été aussi élevé. Décidément, à l’Élysée, c’est toujours plus" : la phrase est du député apparenté socialiste René Dosière, spécialiste quasiment monomaniaque des dépenses gouvernementales, cité par Le Post. Il a obtenu les chiffres précis de la garden party de juillet 2009 et la douloureuse atteint la somme de 732 826 euros. En cause, l’augmentation continue du nombre des invités* de Sa Majesté : "5 500 en 2007, 7 050 en 2008 et 7 500 en 2009", dénombre Veilleur de jour. René Dosière conclut avec une amère ironie : "Depuis qu’il a été élu, Nicolas Sarkozy dit qu’il fait des économies, que les dépenses de la présidence baissent. En réalité, c’est toujours plus pour l’Élysée alors que, dans le même temps, c’est toujours moins pour les fonctionnaires !"

*Va-t-on évoquer, pour justifier cette hausse, l’augmentation de l’espérance de vie ?

Olivier Bonnet

http://www.plumedepresse.net/spip.php?article1432