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lundi 2 décembre 2024

Le grand mensonge des voitures électriques

Bernard Gensane

Les batteries ne créent pas d'électricité, mais elles stockent l'électricité produite ailleurs, en particulier à travers le charbon, l'uranium, les centrales naturelles ou les générateurs.
Donc l'affirmation selon laquelle une voiture électrique est un véhicule à émission zéro n'est pas du tout vraie, car l'électricité produite provient des centrales électriques et beaucoup d'entre elles brûlent du charbon
Donc 40% aujourd'hui ? certaines voitures électriques sur la route sont à base de carbone.
Mais ce n'est pas tout.
Ceux qui sont enthousiastes par les voitures électriques et la révolution verte devraient regarder de plus près les batteries, mais aussi les éoliennes et les panneaux solaires.
Une batterie typique de voiture électrique pèse 450 kg, environ aussi grande qu'une valise. Il contient 11 kg de lithium, 27 kg de nickel, 20 kg de manganèse, 14 kg de cobalt, 90 kg de cuivre et 180 kg d'aluminium, d'acier et de plastique. Il y a plus de 6000 cellules au lithium-ion individuelles à l'intérieur.
Pour fabriquer chaque batterie BEV, vous devrez traiter 11 000 kg de sel pour le lithium, 15 000 kg de minéral de cobalt, 2.270 kg de résine pour le nickel et 11 000 kg de minéral de cuivre.
Au total, il faut extraire 225000 kilogrammes de terre pour une batterie.
Le plus gros problème avec les systèmes solaires est les produits chimiques utilisés pour convertir le silicate en gravier utilisé pour les panneaux.
Pour produire suffisamment de silicium propre, il faut le traiter au chlorure, à l'acide sulfurique, au fluorure, au trichloroéthane et à l'acétone.
En outre, le gallium, l'arséniure, le disélénurure de cuivre-indien-galium et le tellurure de cadmium sont nécessaires, qui sont également très toxiques.
La poussière de silicone est un danger pour les travailleurs et les carreaux ne peuvent pas être recyclés.
Les éoliennes ne sont pas plus ultra en termes de coûts et de destruction environnementale.
Chaque moulin à vent pèse 1 688 tonnes (l'équivalent du poids de 23 maisons) et contient 1300 tonnes de béton, 295 tonnes d'acier, 48 tonnes de fer, 24 tonnes de fibre de verre et des terres rares difficiles à obtenir.
Chacune des trois pelles pèse 40 000 kg et a une durée de vie de 15 à 20 ans, après quoi il faut les remplacer. Nous ne pouvons pas recycler les pales de rotor usagées.
Certes, ces technologies peuvent avoir leur place, mais nous devons regarder au-delà du mythe de la liberté d'émission. Passer au vert peut sembler être un idéal utopique, mais si vous regardez les coûts cachés et embarqués d'une manière réaliste et impartiale, vous constaterez que « Passer au vert » fait plus de dégâts à l'environnement terrestre aujourd'hui qu'il n'y paraît.
Je ne suis pas contre les mines, les véhicules électriques, l'énergie éolienne ou solaire. Mais la réalité n'est pas si idyllique.

Source Monica Gobatto

Bernard Gensane 

dimanche 3 novembre 2024

Interdire les SUV et sortir du « tout auto »

NPA

Le conducteur de SUV qui a délibérément roulé sur Paul Varry, jeune militant de 27 ans de « Paris en selle », a été incarcéré et mis en examen pour meurtre. Ce drame survenu à Paris le 16 octobre a suscité de nombreux rassemblements de solidarité et même des actions de dégonflage de pneus de SUV, comme à Toulouse.

Les tensions entre automobilistes et cyclistes sont fortes mais ce sont bien ces dernierEs qui seulEs sont en grande vulnérabilité, en danger de mort même.

SUV, chars urbains, vecteurs du virilisme

À l’heure du dérèglement général du climat, Renault, Stellantis et tous les autres constructeurs produisent massivement des SUV (plus de 40 % des immatriculations), ces monstres énergivores, toujours plus longs, plus larges, plus hauts, plus lourds, plus puissants, plus connectés et plus confortables ! Ils transmettent un sentiment de surpuissance et symbolisent si bien la schizophrénie de l’époque de rupture que nous vivons. 

Vélo : retour en force d’un mode de déplacement

Nous voyons une explosion de la pratique régulière du vélo. Depuis le dernier confinement en raison du covid, une augmentation de près de 40 % est enregistrée. Plus exclusivement sportif ou de loisir, le vélo tend à redevenir cette grande pratique populaire qu’il a été au début du 20e siècle, comme moyen de transport. Mais nous sommes encore loin de l’âge d’or de « la petite reine ». Cette évolution reste malheureusement un phénomène urbain, duquel les quartiers populaires sont écartés pour des raisons d’urbanisme. Mais, malgré son essor actuel, moins de 5 % des déplacements s’effectuent à vélo. Quelques villes font de gros efforts, Strasbourg notamment qui reste pourtant avec ses 12 % loin derrière Copenhague (25%). À l’extérieur des villes, le phénomène reste marginal, verrouillé par la casse du rail. La dépendance vis-à-vis de la voiture y reste totale.

Développer le vélo et les transports en commun gratuits

Le rail et la marche aussi ! Il s’agit de briser l’emprise de l’auto, du « système auto » ! En France 40 millions de voitures pour 70 millions d’habitantEs ! Rapporté à la planète, ce serait plus de 4 milliards de voitures (entre 1 et 2 milliards actuellement) ! L’impasse est totale ! Dans l’immédiat, il faut imposer la réalisation du « plan vélo 2023 » (2 milliards d’euros) que Barnier veut jeter. Engager une révolution culturelle autour des transports, interdire la pub pour les voitures, former les enfants. Dans les cités populaires, créer en bas de chaque immeuble les abris à vélos sûrs, accessibles, gratuits, les ateliers de réparation qui vont avec… 

Et dans l’immédiat, interdire l’usage et la production de ces SUV ! 

NPA

mardi 29 octobre 2024

Afrique : Hausse des températures… et des conflits

Paul Martial

Parmi les nombreuses conséquences du changement climatique, figurent l’aggravation des hostilités actuelles et de nouvelles dégradations environnementales liées à « l’industrie verte » des pays industrialisés.

D’un côté des pluies torrentielles provoquant des inondations au Mali, Burkina Faso, Tchad ou Nigeria, de l’autre la sécheresse frappant les pays d’Afrique de l’Est et australe. Les conséquences du réchauffement climatique, si elles sont diverses, occasionnent de nombreuses victimes et contribuent à détériorer une situation sécuritaire déjà instable. C’est ce que souligne notamment le rapport « Évaluation des risques liés à la sécurité climatique en Afrique » ­commandé par l’Union Africaine.

Rivalités entre communautés

Il confirme ce que l’on savait intuitivement. Les changements climatiques exacerbent les dissensions existantes, notamment pour l’accès aux ressources qui se font de plus en plus rares, c’est le cas pour l’eau, ou dégradés par la désertification ou l’acidité des sols. Ainsi les affrontements entre agriculteurEs et pasteurEs autour des terres et des points d’eau augmentent en violence. Mais de nouveaux antagonismes apparaissent aussi avec les pêcheurs.

L’utilisation à outrance du potentiel hydrique pour les activités industrielles au détriment des populations prend une plus grande ampleur. Comme par exemple avec le pompage des nappes phréatiques par les mines d’uranium exploitées par la société française Orano (ex-Areva) au Niger. Les antagonismes apparaissent à l’intérieur même des communautés. Le vol de bétail traditionnel avait des conséquences économiques très marginales. Il s’agissait de quelques têtes de bétail. Aujourd’hui, les vols sont à grande échelle, pouvant entraîner une profonde modification de la façon de vivre dans les campagnes, comme à Madagascar.

Opportunité pour les groupes armés

Autre conséquence de la raréfaction des ressources, le déplacement des populations vers les villes. Ainsi l’Afrique connaît un mouvement d’urbanisation des plus importants. Les municipalités n’y sont pas préparées et n’ont pas les moyens d’accueillir ces nouveaux et nouvelles arrivantEs. Ils et elles se retrouvent dans des conditions d’habitat indignes et de grande pauvreté. Une situation qui engendre la formation de gangs souvent formés par des très jeunes qui n’ont pas d’autres perspectives que la violence.

Si ces catastrophes climatiques mettent en relief les incuries de l’État, elles sont exploitées par les politiciens locaux qui accentuent les divisions entre communautés. Un terrain propice pour les groupes armés qui dans certains cas pallient les carences des États. Ainsi en Somalie le groupe djihadiste Al-Shabaab a apporté une aide financière et humanitaire aux populations victimes de la sécheresse, renforçant ainsi leur base sociale. Dans le centre du Mali, la Katiba Macina, affiliée à Al-Qaïda, s’est substituée à l’État en instaurant une justice efficace permettant de régler notamment les conflits entre agriculteurEs et éleveurEs.

Compétition entre États

Le changement climatique a des répercussions négatives sur les relations entre les communautés et également entre les États. Ainsi, la gestion des réserves en eau est source de conflictualité. Le Grand Barrage de la Renaissance, construit en amont du Nil par l’Éthiopie pour la production hydroélectrique et l’irrigation des cultures, impacte négativement l’Égypte et le Soudan. Pour le bassin du fleuve Zambèze, des tensions existent entre les huit pays riverains d’Afrique australe.

Le dérèglement du climat pousse les principaux pays industriels du Nord global à favoriser des marchandises à émission de gaz à effet de serre faible ou nul comme les voitures électriques. Les conséquences sont importantes et néfastes pour les pays africains dont les sous-sols regorgent de minerais nécessaires à ces productions. Des effets indirects de la crise climatique mais bien concrets pour les populations expulsées de leur terre ou victimes d’une dégradation environnementale préjudiciable à leurs sources de revenus ou leur santé.

Une problématique qui est malheureusement relativisée dans les mobilisations écologiques des pays occidentaux.

NPA 

lundi 9 septembre 2024

Attaque violente en cours contre les opposantEs à l’A69

NPA

À partir du 1er septembre, certaines coupes d’arbres sont autorisées jusqu’à la mi-novembre. Période cruciale pour défendre les arbres qui empêchent le passage du chantier de l’A69 entre Castres et Toulouse. 

Le 30 août, l’État a frappé très fort, mobilisant 300 gendarmes au service du bétonneur Atosca, pour déloger les opposantEs qui occupent la ZAD de la Cal’Arbre. 

Tentes lacérées, constructions abattues, objets personnels détruits... Ce lieu occupé depuis février 2024 a été entièrement saccagé. Ce déchainement de violence met en danger la vie des grimpeurEs qui résistent au sol et dans les chênes centenaires, derniers obstacles physiques à ce projet mortifère. UnE des camarades, sous pression policière, a fait une chute de 8 mètres : iel souffre de plusieurs fractures de la colonne vertébrale.

La préfecture du Tarn a mis tous les moyens pour faire avancer le chantier, malgré l’illégalité des interventions sur la zone où se trouvent des espèces protégées (grand capricorne, dont les larves vivent dans les troncs des vieux chênes ; trèfle écailleux, qui prospère dans la prairie alentour). Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées ont demandé « au procureur et à l’Office français de la biodiversité une intervention en urgence absolue » car le concessionnaire n’a réalisé aucune des mesures limitant les conséquences des travaux, demandées par un arrêté préfectoral.

Passage en force et irrégularités

Au fil des mois, le climat local s’est durci, comme à Sivens précisent plusieurs opposantEs. Insultes, menaces par les vigiles d’Atosca, intimidations par des groupes pro-autoroute. Si les médias locaux — notamment la Dépêche du Midi, soutien inconditionnel de l’A69 — relaient avec complaisance l’incendie du coffrage d’un pont ou celui d’une voiture de police, ils restent muets sur les agressions dont sont victimes les opposantEs. Le 13 août, à Bacamp (camp de base), un commando a incendié la voiture et la tente d’opposantEs. Dans la nuit du 25 août et celle du samedi 31, plusieurs départs de feu ont eu lieu au Verger de Verfeil, mettant en danger la famille qui résiste aux pressions d’Atosca.

Le moratoire réclamé par les associations, inscrit dans le programme du NFP, doit permettre à la justice de se prononcer sur les irrégularités commises par le concessionnaire à toutes les étapes du projet. Les courriers échangés entre l’administration et Atosca, révélés par Mediapart, documentent le passage en force pour déboiser des zones protégées. Trois nouvelles plaintes ont été déposées cet été : destruction et atteinte à la conservation d’espèces en dehors du cadre autorisé avec la circonstance aggravante de la bande organisée ; trafic d’influence et prise illégale d’intérêt visant le député Terlier, président de la commission d’enquête parlementaire ; entrave au libre écoulement d’un cours d’eau — concernant un risque d’inondation dans la vallée du Girou déjà en tension à cause de la sècheresse.

Abandonner le projet et soutenir les opposantEs

Ce modelage du territoire et de nos vies par le tout-camion et le tout-voiture artificialise les sols, accélère l’urbanisation et le développement des métropoles, menace les ressources en eau et la biodiversité, contribue massivement aux émissions de gaz à effet de serre responsables du chaos climatique.

Sur les chantiers, tout change très vite, d’heure en heure : l’action policière est brutale, la résistance est déterminée. Il est urgent de rester informé et de renforcer (y compris financièrement) les opposantEs de la Cal’Arbre, de la Crem’Arbre, du Verger pour bloquer ce projet qui doit être abandonné.

NPA 

mardi 23 juillet 2024

Mégabassines : une lutte anticapitaliste

Antoine Manessis

Malgré la macronie et ses gendarmes, 10.000 personnes ont manifesté contre les mégabassines ce week-end.

Malgré la police qui harcèle et provoque. Nasse et gaze. Charge et blesse. Flics et militaires ont chargé les cortèges, avec tirs de grenades lacrymogènes et coups de matraque.

Malgré le traumatisme de Sainte-Soline, la manif violemment réprimée à coups de LBD et de grenades de désencerclement : 200 blessés dont deux dans le coma chez les manifestants.

Malgré la peur donc, car tel est le but des violences policières, effrayer, dégoûter, décourager.

Malgré les insultes de Darmainin contre les "écoterroristes" et ses menaces annonçant "des actes d'une très grande violence".

Malgré les tentatives liberticides du pouvoir qui voulait interdire Les Soulèvements de la Terre. En vain, la justice n'a pas suivi.

Des miliers donc ont dit non à la privatisation de l'eau. La privatisation des biens communs, une grande spécialité des droites. Ici comme partout. Les grands acteurs de la filière céréalière accaparent l'eau pour augmenter leurs profits avec la complicité de la FNSEA vendue à l'agro-capitalisme.

Quant aux "violences", elles sont le fait des forces du désordre, CRS et gardes mobiles. Comme l'a dit une manifestante "La violence n'est pas du côté de quelques éclats de verre sur le sol ou d'un mur recouvert de peinture, mais de ceux qui répriment et qui ont empêché pendant une semaine toute forme d'expression citoyenne, pacifiste."

Le préfet dénonçait "un déferlement de violence", sans doute faisait-il référence aux comportements des gendarmes et policiers. Le représentant du pouvoir agitait la "main de l'étranger", il y aurait des Belges et des Italiens parmi les manifestants...Et peut-on savoir en quoi un Belge ou un Italien ne serait pas attaché à ce que l'eau reste un bien commun, ici, ailleurs et partout ? À moins que le préfet ne nous suggère que c'est Poutine qui manipule les Soulèvements de la Terre...

Faut-il ajouter que les médias chiens-de-garde s'en sont donnés à coeur joie, reprenant les éléments de langage du pouvoir, sur les supposés "blacks blocks" et même des étrangers semeurs de troubles (JT de 20h de France2).

La sympathie des habitants de La Rochelle et de nombreux agriculteurs qui saluaient et applaudissaient les "écoterroristes" au passage des manifestants anti-mégabassines, montre que rien n'est perdu et qu'en triomphant de la peur et du mensonge on peut créer un rapport des forces qui imposera l'intérêt général contre "les eaux glacées du calcul égoïste" des accapareurs.

Antoine Manessis 

lundi 22 juillet 2024

Ce train qui vide nos poches

Olivier Cabanel

On le sait, le Lyon-Turin, ce projet pharaonique de plus de 33 milliards d’euros ne fait pas que coûter un pognon de dingue, il a provoqué un déluge, en toute discrétion, en 2019, suite aux percements divers et variés, en crevant une énorme poche d’eau.

Le scandale avait été caché par les promoteurs du projet, mais fort heureusement, la vérité vient de sortir du puits, grâce a une indiscrétion, que Médiapart a publié. lien

C’est un document interne d’EDF qui l’a révélé : les creusement opérés par TELT (Tunnel Euralpin Lyon-Turin) ont vidé, en avril 2019 et en quelques minutes, de toute son eau, un pan de la montagne dans la vallée de la Maurienne, en Savoie, accélérant l’affaissement d’un barrage, celui du Pont-des-chèvres, faisant baisser drastiquement le niveau de l’eau du barrage, provoquant l’effondrement des massifs rocheux.

Un ingénieur d’EDF, rédacteur du document, a estimé à 150 mètres la distance perdue par le niveau d’eau dans la montagne, de l’eau qui s’est déversée à une vitesse folle, environ 50 litres d’eau par seconde, suite au percement d’une galerie pour le tube sud du tunnel à proximité du barrage, provoquant l’arrêt du chantier.

Il ajoute : « c’était un tronçon très compliqué à creuser, avec une géologie chahutée et pleine de failles, qui bouge beaucoup  ».

Un hydrogéologue qui tient à rester anonyme pour ne pas être catalogué « opposant au projet  » précise : « le creusement de cette galerie est en train de vider la montagne (…) la roche est pleine d’eau, si des failles dans cette roche viennent à communiquer avec la galerie percée, elles vont drainer l’eau depuis le massif vers le tunnel ».

C’est manifestement ce qui s’est passé…

Et il ajoute : « cette eau est perdue pour toujours dans ce secteur ».

On comprend mieux dès lors que des communes voient leur ressource en eau baisser, voire disparaître, comme ça a été le cas pour Villarodin-Bourget, qui n’a pu que constater la mort des fontaines du village, suite au tarissement des sources entraînant la fin de l’approvisionnement d’eau potable.

Après Macron Jupiter, voici donc venu Macron des sources

Philippe Delhomme, ex-maire adjoint de la commune, ne peut que constater les dégâts : « les fontaines du village ont arrêté de couler. C’est un phénomène connu lorsqu’on creuse la montagne, car le chemin de l’eau (…) est dévié. Les sources sont donc captées par le tunnel (…) cela a forcément ému la population car l’eau est une ressource vitale  ».

Pour compenser cette perte irrémédiable, il a fallu construire une conduite de 5 km, et un réservoir souterrain, afin d’alimenter le village, ce qui a coûté 1,2 million d’euros.

Mais ce n’est hélas qu’un début, puisque d’après le rapport de TELT10 points d’eau sont abîmés par le creusement des galeries, dont 4 sont complètement asséchés...mais cette étude est largement incomplète, car sur les 51 points d’eau du village, seulement 10 ont été pris en compte.

D’ailleurs un rapport européen de 2006 a révélé que les galeries creusées recevront un flux cumulé d’eau souterraine (…) comparable à l’alimentation en eau nécessaire à une ville d’environ 1 million d’habitants. lien

Entre le permafrost des Alpes en train de fondre suite au changement climatique, et les poches d’eau percées, pas étonnant que des éboulements se produisent de temps à autre, comme celui qui s’est produit récemment dans le même secteur. lien

Par contre, l’argent lui, coule à flot…malgré l’appel de 150 personnalités et élus qui appelent à arrêter tout ce gâchis. lien

Alors que le financement global des 33 milliards du projet n’est toujours pas acquis, l’Europe a encore mis la main à la poche, en attribuant 765 millions supplémentaires à TELT (lien) destinés à financer une partie des études concernant la partie internationale, c’est à dire le tunnel de base, soit 57,5 km par tube (il y en a deux) soit donc 115 km à percer…auxquels il faut ajouter tous les kilomètres supplémentaires des galeries de reconnaissance...

Si TELT, le promoteur du projet, fait croire aux populations concernées que le tunnel est en cours de percement, il s’agit d’un pieux mensonge, car en réalité, ce sont surtout les galeries de reconnaissance qui sont creusées, et qui font partie des études.

On pourrait aussi évoquer la question des tunneliers, les 2 premiers (Géa et Federica) devraient être remplacés par un nouveau, que l’on assure plus performant, et qui est en fait le premier destiné au creusement du tunnel de base. Il serait acheminé sur site par 130 convois spéciaux en provenance d’Allemagne. lien

Revenons un peu en arrière…

Auparavant, l’Europe avait fixé la date du 31 décembre 2023 pour boucler le financement des études, puis l’a repoussé au 31 janvier, puis fin février afin de tenter de trouver un accord entre les deux états, et l’Europe…puis mi-juillet 2024 pour compléter le financement des études...

Au dernier moment, les autorités régionales se disaient prêtes à engager 45 millions d’euros, dont 33 pour la région Auvergne-Rhône-Alpes...alors que les collectivités n’ont pas compétence en matière d’infrastructures ferroviaires, et à fortiori internationales. lien

On se souvient aussi que l’ex-premier ministre Édouard Philippe, invité par les élus chambériens pour évoquer le financement du Lyon-Turin, leur avait affirmé : « pour le Lyon-Turin, et pour l’état, ce sera zéro en terme de financement », provoquant le désappointement des élus. lien

Le témoignage de cette déclaration a été porté par l’un des élus présents ce jour là.

...alors que le même Édouard Philippe avait déclaré un certain 21 juin 2017 : « vous pouvez être assuré de mon soutien pour faire progresser le projet de ligne ferroviaire Lyon-Turin  ». lien

Plus tardle 23 février 2023, Élisabeth Borne, a douché un peu plus l’enthousiasme des promoteurs du projet en repoussant la livraison des voies d’accès françaises à 2045lienCe qui fait dire à certains que, pour ce projet, la France procrastine, fait du surpplace, évoquant une administration qui fait comme si ce projet n’était qu’un mythe… lien

Il est tout de même étonnant que malgré tout, l’Europe continue à financer les études, sachant les dommages que le chantier a déjà provoqués en terme de nuisances à l’environnement...et sachant que la liaison Lyon-Turin existe déjà, tout en étant fortement sous-utilisée, alors que la ligne a été rénovée à hauteur d’un milliard d’eurosEn effet, la ligne actuelle Lyon-Turin pourrait permettre un volume de fret de 10 millions de tonnes par an, alors qu’elle en transporte moins de 3 millions. lien

Quand un pays, lourdement endetté de plus de 3000 milliards d’euros, continue à dilapider l’argent public pour des projets dévastateurs de l’environnement, et de plus inutiles, on peut légitimement s’inquiéter de la santé mentale de ses dirigeants, d’autant que personne n’est d’accord avec le coût du chantier. lien

Comme dit mon vieil ami africain : « si tu parles à quelqu’un qui ne t’écoutes pas, écoute-le, tu comprendras pourquoi il ne t’écoute pas  ».

mercredi 29 mai 2024

Toute la pluie tombe sur moi

Olivier Cabanel

C’est une litote, mais la pluie n’en finissant pas de tomber, certains s’amusent en se gaussant du réchauffement climatique, vu les températures basses pour ce mois de mai... et pourtant.

Au départ, il y a une confusion dans les esprits, car il y a une différence notable entre les termes « réchauffement climatique », et ceux du « changement climatique », certains s’amusant à constater qu’en terme de « réchauffement », ce serait plutôt « refroidissement » qu’il faudrait utiliser…Or, les deux sont pourtant liés.

Je vous explique.

Comme l’écrit Emmanuel Clevenot, dans les colonnes de « Reporterre » : «  les fortes précipitations du printemps en France s’expliquent par le réchauffement de l’atmosphère et cette situation devrait se reproduire à l’avenir, accompagnée d’étés de plus en plus secs ». lien

Or qui dit « pluie » dit en même temps, baisse des températures…D’ailleurs le climatologue Robert Vautard assure que ce printemps très mouillé n’est pas en contradiction avec le changement climatique, «  car bien au contraire, c’en est même un symptôme  », d’après la loi physique formulée par Clausius-ClaperonCelle-ci prédit la vitesse à laquelle la pression de vapeur augmente par unité d’augmentation de la température, et l’équation de Clausius-Claperon donne la relation quantitative entre la pression de vapeur d’une substance et de sa température. lien

En conséquence, si la température augmente d’C, l’humidité de l’atmosphère augmente de 7 %, et plus le climat se réchauffe, plus la vapeur d’eau stockée au dessus de nos têtes augmente...provoquant les pluies que nous subissons actuellement amenant un abaissement sensible de la température. En résumé plus le changement climatique s’accélère, plus les précipitations sont fréquentes.

En effet, contrairement aux apparences, le printemps 2024 est l’un des plus chaud jamais enregistré en France, les températures observées du 1er mars au 20 mai sont les septièmes les plus chaudes depuis le début des relevés dans les années 1930, provoquant une sensible augmentation de l’humidification de l’atmosphère. lien

La France n’est évidemment pas le seul pays touché, et les scientifiques du World Weather Attribution ont constaté qu’en Angleterre et en Irlande, le changement climatique anthropique a augmenté de 20 % les précipitations d’automne et d’hiver et ils ont déclaré : « les jours de tempête, les pluies sont devenues 30 % plus intenses, par rapport à un climat préindustriel plus froid de 1,2 °C  ». lien

Cette réflexion est portée par ce que l’on appelle « la science de l’attribution », laquelle était déjà mentionnée par les experts du GIEC, et elle permet une meilleure communication entre les évènements météorologiques et le climat. Lien

Le Royaume Uni n’est pas le seul à subir le changement climatique, on le sait, et en 2022 il a rendu les canicules meurtrières en Inde et au Pakistan 30 fois plus probables. lien

La ville de Jacobadad a subi une température de 50°C.

Certains taquins n’hésiterons pas à écrire qu’il fasse chaud aux Indes n’a rien d’extraordinaire, et ils auront tort, car en 2022, les Hindous ont vécu le mois de mars le plus chaud depuis 122 ans…

Et ce ne sont pas les promesses de nos dirigeants qui vont changer quelque chose, car pour se mettre les électeurs dans la poche, ils ont décidé de faire porter le chapeau aux « empêcheurs de tourner en rond » que seraient les écolos…

Sarkösi avait lancé le mouvement avec son « l’écologie, ça commence à bien faire »...et Macron suit le même chemin, comme on peut le constater dans cet échange musclé.

Comme le constatent, entre autres, Greenpeace, « écologie et climat, le bilan catastrophe d’Emmanuel Macron »...ce président est passé en quelques mois de « champion de la Terre » à « champion des promesses », constatant qu’il continue a faire toujours le contraire de ce qu’il dit, finissant par subir la sanction ultime (inaction climatique) prononcée par les instances européennes, mais aussi par le Conseil d’Étatlien

Macron ne respecte pas ses engagements climatiques, il n’a pas respecté la promesse de fermer la totalité des centrales à charbon avant la fin de son mandat, il a accordé des dizaines de milliards d’euros aux énergies fossiles, il n’a pas respecté sa sortie du glyphosate, reculant sur les dérogations accordées aux néonicotinoïdes, il a continué à défendre un modèle productiviste et agro-industriel polluant, faisant stagner les émissions de gaz à effet de serre dans ce secteur, et son quinquennat est marqué par une répression d’une ampleur inédite à l’encontre des mouvements écologistes, ainsi que le constate Greenpeacelien

Notre Dame Des Landes, et les militants contre les bassines ne l’ont pas oublié...

Comme dit mon vieil ami africain : « les promesses sont cause de mensonges ».

agoravox.fr

samedi 18 mai 2024

Des batteries en or

Olivier Cabanel

Depuis que des obstinés s’acharnent à nous faire abandonner le moteur thermique de nos véhicules, sous des prétextes environnementaux, on s’aperçoit que tout n’est pas si simple, et qu’il y a une fragilité de taille... les batteries.

On le sait, la question de la durée de ces batteries est l’un des points faibles, car d’une part, elles ne peuvent supporter plus de 7 000 charges et décharges, et d’autre part, elles utilisent le lithium, minerai rare... et cher, qu’il faut aller souvent chercher à l’autre bout de la planète... avec son lot de pollution.

En effet, alors que la voiture électrique est présentée comme une solution « écologique », la réalité est tout autre. Pour son extraction, le lithium demande des quantités d’eau pharamineuses, mais aussi des procédés énergivores, tel le broyage, la purification et la transformation chimique, laquelle entraîne la pollution chimique des sols, des eaux environnantes, et des nappes phréatiques.

De plus, les ouvriers qui travaillent à l’extraction du minerais sont exposés à des risques pour leur santé suite à l’inhalation des produits chimiques, sans parler de la gestion délicate des déchets produits. lien

Quid de ces 40 000 enfants africains qui ruinent leur santé dans les mines du Katanga, pour quelques centimes, sans protection suffisante, afin de nous permettre d’avoir ce lithium indispensable à nos voitures électriques ? Lien

Ne parlons pas des mesures de préventions qu’il faut prendre pour le stockage des dites batteries : locaux ventilés, résistants au feux, à l’écart de matériaux combustibles. lien

En février dernier, un incendie a détruit 900 tonnes de batteries au lithium en Aveyron, dégageant une importante pollution. lien

Comment ne pas s'inquiéter quand un récent article du Monde révélait que, suite aux 24 700 analyses effectuées dans nos nappes phréatiques, 28 % révélaient un dépassement problématique en pesticides, nitrates, hydrocarbures et compagnie...

Et ce n’est pas tout, car il semble que depuis quelques temps, ces batteries au lithium se mettent à flamber, pour des raisons diverses, court circuit, choc, surchauffe…Il faut savoir que lors d’une surchauffe, la température peut passer de 100°C à 1000°C en une seule seconde, raison pour laquelle, il est déconseillé d’utiliser des véhicules électriques lors de canicules…De plus ces incendies sont quasi ingérables, car s’il faut 7,5 mètres cubes d’eau pour venir à bout de l’incendie d’une voiture traditionnelle, il en faut dix fois plus pour éteindre le feu d’une voiture électrique…sans oublier les éventuels morts ou les blessés. lien

Depuis 2019, juste à New York, ce sont 12 décès et 260 blessés que ces incendies ont provoqués. lien

Il y a pourtant une solution qui semble avoir été totalement occultée, l’or. Tout le monde connaît l’histoire de la tarte Tatin, due, parait-il, à un accident, ou celle des fameuses bêtises de Cambrai dont un apprenti confiseur est à l’origine : dans la famille Afchain, le fils, Émile, apprenti dans cette entreprise de confiseurs, fit la bêtise de mettre trop de caramel dans la préparation, et se fit copieusement engueuler...mais les colériques parents ne pouvant se résoudre à jeter la production du fils, la proposèrent à la clientèle, et contre toute attente, ses bonbons se vendirent bien mieux que les productions habituelles...lien

Ce n’est donc pas une nouveauté lorsque le hasard fait bien les choses...nous en avons une nouvelle preuve puisque des scientifiques de l’Université de Californie d’Irvine ont fait, en 2016, une découverte qui pourrait bien demain révolutionner la fabrication des batteries. En effet une des étudiantes de cette université, Mya Le Thai, qui travaillant avec d’autres chercheurs, cherchait une alternative au lithium en utilisant des fils d’or microscopiques. Sauf que ces chercheurs se trouvaient dans une impasse liée à la fragilité de ces fils d’or.

C’est là qu’un miracle hasardeux a permis de trouver une parade à cette fragilité. Mya Le Thai manipulait les nanofils avec un gel provenant d’une opération d’électrolyse sur les mains, et elle a découvert qu’ainsi protégées, ces batteries étaient capables de tenir des centaines de milliers de cycles près de 30 fois plus longtemps que les batteries au lithium.

Et donc, partant de cet accident, l’équipe des chercheurs à installé le nanofils d’or dans une enveloppe conçue en dioxyde de manganèse, remplaçant le lithium par un gel électrolyte de type plexiglas, (lien) et après de nombreux tests, ils ont confirmé que cette nouvelle technologie permettaient aux nouvelles batteries de garantir 200 000 cycles avec une détérioration de seulement 5 %lien

Ces résultats ont été publiés dans une étude que l’on peut découvrir iciLes chercheurs pensent que la matière gluante plastifiant l’oxyde métallique de la batterie, lui confère une flexibilité qui empêche ainsi les fissures. lien

Voici une explication en vidéo.

On peut s’interroger sur le fait que cette invention reste aujourd’hui sans suite, quand on sait quelles difficultés nos entreprises affrontent pour se procurer ce lithium si problématique ?

En attendant Mya Le Thai et Reginald M. Penner ont déposé le brevet sous le numéro 11610742 avec comme intitulé « dispositif de stockage d’énergie à nanofils tel qu’une batterie à nanofils ou un condensateur comportant une cathode comprenant une pluralité de nanofils et une anode comprenant une pluralité de nanofils de la cathode, et noyés dans un électrolyte en gel de PMMA ». lien

On lui souhaite un bel avenir, car ce type de batterie serait de nature a révolutionner bien au-delà de nos voitures, mais aussi les ordinateurs, les smartphones, les appareils électroménagers, voire les engins spatiaux.. lien

Comme dit mon vieil ami africain : « qui vit longtemps voit la danse de la colombe ».

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