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jeudi 28 novembre 2024

Macron et sa caravane au Maroc : la honte

Rorik Dupuis Valder

Fin octobre, notre cher et vénérable président Emmanuel Macron était au Maroc pour une visite d’État de trois jours, accompagné de son professeur de théâtre particulier Brigitte (JMT pour les intimes) ainsi que d’une délégation de ministres, d’industriels et de « personnalités » (hum) du monde de la « culture ».

Pour l’occasion, on avait hissé de beaux drapeaux tricolores dans les rues de Rabat, repeint à la hâte (un jour de pluie, signe du destin) les façades des immeubles des pauvres gens sur le parcours du convoi officiel, végétalisé tout aussi précipitamment les terrains vagues pour leur donner des allures de charmants parcs familiaux (les plantes ont crevé depuis), et garni les bords de route de gueux, d’écoliers et d’handicapés braillards pour convoquer l’instinct grégaire avant toute forme de réflexion chez la populace en mal de divertissement. Bref, le folklore habituel.

Il fallait bien un tel ramdam pour accueillir celui qui allait conclure pas moins de 22 accords de partenariat économique avec le roi Mohammed VI et reconnaître officiellement devant le Parlement le plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara occidental. Des investissements, nous rassure Macron Ier (« Makroun al awal » pour les arabophones facétieux), qui évidemment « bénéficieront aux populations locales » (évidemment).

Mardi 29 octobre, la princesse Lalla Hasnaa et notre Première dame Brigitte Macron, alias JMT, inauguraient, main dans la main, le Grand Théâtre de Rabat (qui, géographiquement, se situe à Salé, dans la commune voisine, mais chut, Salé est une ville de parias, ça ferait tache), celui-ci restant inexplicablement fermé depuis des années au désespoir des amoureux (fortunés) des arts et du spectacle vivant. La « démocratisation » de la culture attendra encore un peu. Œuvre de l’architecte anglo-irakienne Zaha Hadid, le bâtiment de style futuriste est au moins une réussite esthétique, faisant élégamment rayonner ses courbes crayeuses dans la vallée du Bouregreg.

En revanche, on ne peut franchement en dire autant de la nouvelle « tour d’affaires » (Tour Mohammed VI) façon pétromonarchie qui, à quelques encablures de là, se dresse comme un immense suppositoire de béton et d’acier, dénaturant scandaleusement l’environnement, tant naturel qu’historique, je pense aux sites de la tour Hassan et du Chellah qui, à proximité, surplombent la vallée. Un projet conçu à l’origine par un milliardaire fassi (banquier de son état) pour les salariés du groupe BMCE. Mais peu importe, il paraît qu’on finit toujours par s’habituer au mauvais goût des autres. Et il n’est pas trop tard pour démonter le tout et récupérer les matériaux afin de construire de nouvelles écoles, par exemple. C’est moins spectaculaire, certes, mais ça soulagera peut-être un peu les profs et leurs élèves qui s’entassent à cinquante dans les salles de classe.

Dans la soirée, le roi Mohammed VI organisait un dîner d’État en l’honneur de Macron Ier, où l’on vit toute la fine fleur de l’intelligentsia française sur le retour, de Bernard-Henri Lévy à Élisabeth Guigou en passant par Jack Lang ou Éric Dupond-Moretti (vomissons tous en chœur), éminents représentants de la civilisation judéo-chrétienne en terre amazighe. Seul le valeureux Achraf Hakimi semblait se demander ce qu’il faisait là. Ne manquait plus au tableau que l’écrivain officiel Tahar Ben Jelloun pour nous expliquer que tout va très bien, Madame la Marquise, ou qu’il faut se débarrasser des méchants antisémites et des complotistes covido-sceptiques, ennemis de la concorde nationale. Bref, pour conclure nous dirons qu’en matière de décolonisation (des territoires et des esprits), il y a encore du boulot.

Tiens, je vois qu’un grand chantier se prépare dans mon quartier de parias, sur l’emplacement d’un parking où les gamins ont l’habitude de jouer au foot. Je m’approche pour lire les détails du projet, qu’est-il donc prévu ? Un parc ? Une bibliothèque ? Pour nous, pauvres ploucs de Slaouis ? Un gymnase ? Un centre de loisirs ? Oui, ce serait super pour occuper enfin les jeunes qui passent tout leur temps voûtés sur leur téléphone. Ah non, une mosquée. Quelle bonne idée. 

Ça ne sera que la douzième du quartier.

Le Grand Soir

samedi 9 novembre 2024

Le bon, la brute et le truand

Olivier Cabanel

Ce western culte signé Sergio Leone, pourrait bien s’appliquer aux élections américaines qui viennent de s’achever avec le résultat que l’on sait…

S’il n’est pas très compliqué de mettre un nom sur celui qui serait « la brute », il n’est pas trop difficile non plus de trouver celui qui jouerait le rôle du « truand »... mais qui serait « le bon » ?

« La brute  », c’est à l’évidence celui qui « attrape les femmes par la chatte »... ainsi qu’il l’avait déclaré en 2015lien

Récemment, il a assumé complètement sa violence, proposant, s’il est élu, de promouvoir « une journée de violence policière », ce qui, d’après lui mettrait un terme immédiat à la criminalité. lien

Comme l’écrit la rédaction de NPA le 7 novembre dernier : « cette élection reflète le recul du débat public au profit de la violence politique, des fake news et des anathèmes ; elle reflète la brutalité des rapports sociaux et de la méthode politique que porte l’extrême droite ». lien

Cette violence assumée peut expliquer en partie sa victoire présidentielle, sachant que ce pays est un pays violent, où le contrôle des armes à feu est quasi absent, où les tueries de masse sont fréquentes, où certaines villes comme Chicago connaissent plusieurs meurtres par jour, comme l’écrit Michel Lebel dans les colonnes du « Devoir ». lien

On pourrait aussi s’interroger sur le programme que le nouveau président américain veut appliquer à l’immigration, puisqu’il veut lancer la plus vaste opération d’expulsions d’immigrés en situation irrégulière de l’Histoire américaine. lien

En effet, n’est-ce pas ces immigrés qui, par le passé, ont permis la richesse des américains ?

Et pour arriver à ces fins, n’ont-il pas dépossédé les américains d’origine, afin de s’en accaparer les richesses ?…

Un dessinateur, Willem en l’occurrence, a résumé cette situation avec quelques coups de crayons assassins.

Pourtant un autre qualificatif s’applique au nouveau président américain, celui de mafieux, ainsi que l’a déclaré le sociologue Olivier Alexandre dans le 6/9 de France Culture, lors d’une intervention ciblée sur la Silicon Valley, rappelant les liens étroits qui existent entre plusieurs représentants essentiels de cette institution et le milieu mafieux...lien (curseur à 7h20)

Ça n’a pas échappé à plusieurs politologues, tels celui du « New-York Times » qui a remarqué la fascination qu’exerce le tristement célèbre Al Capone sur Trump (lien), ou au journaliste d’investigation Fabrizio Calvi, spécialiste de la pègre américaine, pour qui Trump, prolongeant les activités de son père, et de son grand-père, s’est appuyé sur la mafia new-yorkaise, puis russe, pour bâtir et protéger son empire immobilier. lien

D’autres preuves de cette collusion entre Trump et la Mafia existent, comme cette photo, ou il pose en compagnie d’une figure du crime organisé, Joseph Merlino, dit « skinny Joe », même si Trump affirme avoir été « piègé »...

D’ailleurs, cerise sur le gâteau, un biopic est sorti en octobre dernier sur le passé mouvementé de celui qui a pris la présidence aux USA, lorsqu’il découvre les ficelles du pouvoir aux coté de l’avocat Roy Cohn, lequel est étroitement associé à la mafia new-yorkaise. lien

Passons au « truand »…C’est Jean-Michel Cosnuau, l’ex roi de la nuit moscovite qui a tiré le premier en publiant « dans l’œil du FSB  » (édition le seuil ».

Tout a commencé le 17 juillet 1996, lorsque sa femme a trouvé une fin tragique dans l’explosion d'un Boeing... l’ex publicitaire quitte alors son agence américaine installée à Paris « Léo Burnett » direction Moscou.

Il va y monter un empire de la nuit, à coup de restaurants, de clubs de strip-tease, où va s’empresser toute une « clientèle friquée et frivole »...jusqu’à ce que Poutine, qu’il qualifie de « chef de camp mafieux », commence à s’y intéresser, et il ne devra la vie sauve qu’à sa fuite. Lien

« Mafieux », le mot est lâché...Et il sera repris plus d’une fois…

en effet, c’est maintenant le journaliste François Bonnet qui précise les choses...dans un article titré « Poutine, la guerre et le crime », il décrit « un dirigeant pris dans un réseau complexe de dépendances personnelles et économiques » ajoutant : « le régime absolutiste de Poutine est soutenu par un petit nombre d’hommes qui lui ont juré une loyauté inconditionnelle, laquelle est fragile et doit être constamment renouvelée, par des postes influents et beaucoup d’argent  ».

Et le journaliste d’enfoncer le clou : « Poutine est un criminel déguisé en homme politique (…) il s’agit du plus grand braquage de l’histoire de la Russie ».

« Le réseau de Poutine est la plus grande organisation mafieuse du monde  » avait déjà martelé le martyr Alexeï Navalny.

Navalny faisait référence aux milliards issus du commerce des matières premières qui ont atterri dans les poches d’oligarques fidèles au Kremlin, à leurs villas de luxe, à leurs méga-yatchs, et à leurs immenses fortunes à l’abri dans des comptes secrets, dans les paradis fiscaux.

Finalement, cela explique peut-être les liens privilégiés que celui-ci entretient avec Trump.

Donc voilà pour « la brute et le truand  », qui, rappelons le, sont dans une logique d’alliance… puisqu’ils sont soutenus par les hommes les plus riches de la planète.

En effet, n’oublions pas que le grand gagnant de l’élection américaine serait plutôt Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, lequel a boosté la campagne de Trump, allant jusqu’à distribuer un million de dollars par jour aux électeurs qui s’engageaient pour son poulain. Lien

Il y a un coté paradoxal à cette élection, car d’après de nombreux politologues, déjà en 2017, ce seraient surtout les pauvres, les classes populaires blanches, soit 90 millions de personnes en 2015, qui auraient donné la victoire à Trump...ainsi que s’interroge Corentin Sellin dans le site IFRI  : « Trump candidat des pauvres, président des riches ? ». lien

Or cette tendance s’est renforcée en 2024, ainsi que l’expliquait le site « les éclaireurs » sur l’antenne d’Europe1 : « pourquoi Donald Trump est-il toujours le champion des pauvres petits blancs américains ? ». lien

Et puis, est-ce polémiquer que d’essayer de comprendre pourquoi l’extrême droite française se frotte les mains devant les succès politiques de Trump et Poutine ?

Alors, finalement faut-il conclure que 2 des pays les plus puissants de la planète seraient dans les mains de puissances mafieuses ?..

L’avenir nous le dira, car comme dit mon vieil ami africain : « demande conseil à ton ennemi, et fais le contraire ».

agoravox.fr

mardi 5 novembre 2024

Alliances néocoloniales

Mustapha Aggoun

Emmanuel Macron, en affichant son soutien à la politique expansionniste du Maroc, confirme une continuité qui, loin de surprendre, alarme et indigne. 

Son geste, loin d'être une simple expression de diplomatie, résonne comme un écho direct du colonialisme français, une ombre persistante qui semble imprégner chaque étape de l'histoire moderne. La France, malgré les décennies passées et les révolutions dont elle s'enorgueillit, reste marquée par ce penchant ancré pour la domination, incapable de s'aligner sur les aspirations des peuples qui, eux, luttent pour l'indépendance, l'autonomie et la liberté. Ce soutien conditionné par une porte ouverte à la France et aux Français, la position marocaine sur la question du Sahara Occidental représente plus qu'une simple position politique. Il incarne un déni flagrant du droit des Sahraouis à décider de leur propre destin, droit pourtant consacré par le droit international et soutenu par des résolutions de l'ONU. En méprisant ces résolutions, Macron s'inscrit dans une longue tradition française de complicité avec des régimes qui, pour protéger leurs intérêts, n'hésitent pas à réprimer les aspirations de leurs propres populations. Ce mépris affiché pour les revendications des Sahraouis, un peuple qui endure depuis des décennies l'exil, la séparation et l'oppression, rappelle tristement les pires heures du colonialisme, lorsque la France s'acharnait à maintenir son emprise sur des territoires réclamant leur liberté. La visite de Macron et ses déclarations devant le Parlement européen renforcent cette impression : au lieu de défendre des valeurs universelles de liberté et de justice, il défend des alliances qui se moquent des droits des peuples. Une fois de plus, le président français apporte son soutien à un trône, celui du Maroc, qui, loin de représenter un modèle démocratique, a toujours été étroitement lié à une soumission historique aux puissances occidentales. Depuis Mohammed V jusqu'aux relations actuelles, le Makhzen a constamment choisi de privilégier les intérêts des puissants, au détriment de son propre peuple, acceptant la tutelle étrangère pour assurer sa propre survie. Cette allégeance, remontant jusqu'à la fameuse histoire du «vélo de la soumission», incarne une tradition de dépendance et d'abandon des valeurs de souveraineté. Pire encore, le récent rapprochement du Maroc avec I'entité sioniste marque une inflexion décisive dans sa politique étrangère, où le pragmatisme brutal l'emporte sur la solidarité avec la cause palestinienne. Ce choix révèle un visage sans scrupules : le Maroc, en sacrifiant l'unité arabe pour des gains diplomatiques et sécuritaires avec un État colonial, bafoue les espoirs des peuples opprimés, reniant sa propre histoire et ses engagements régionaux. Depuis la guerre de 1967, ce pays a joué un double jeu, en contradiction avec la position commune des nations arabes, cherchant à récolter des bénéfices par des compromis obscurs. Macron, en soutenant cette politique, participe indirectement à légitimer une diplomatie bâtie sur le renoncement et l'opportunisme. Ainsi, ce soutien de Macron au Maroc apparaît non seulement comme une simple complicité, mais comme un prolongement du néocolonialisme français en Afrique du Nord. Macron, en choisissant d'ignorer les aspirations à l'autodétermination des Sahraouis et en perpétuant une relation étroite avec un régime monarchique controversé, montre que la France, au-delà de ses discours de démocratie et de liberté, reste fondamentalement alignée sur ses propres intérêts. Ce que Macron propose n'est pas une amitié, mais une alliance fondée sur des calculs géopolitiques, indifférente aux souffrances et aux aspirations des peuples. La France, qui se présente comme la patrie des droits de l'Homme, montre ici son double visage : celui d'un pays qui, pour garantir sa position, préfère s'allier avec des régimes répressifs, quitte à fouler aux pieds la dignité et les droits de peuples entiers. En refusant de soutenir les Sahraouis, en cautionnant les politiques marocaines, Macron renforce une relation où la France continue de jouer le rôle du maître, tandis que le Maroc, à travers le Makhzen, accepte et maintient cette soumission, reniant ainsi toute aspiration à une réelle souveraineté. 

Cette politique, loin de favoriser la paix et la justice, exacerbe la souffrance, l'humiliation et l'indignation, rappelant aux peuples colonisés que leurs droits ne seront pas reconnus tant qu'ils se heurteront aux intérêts de l'ancienne puissance coloniale.

Le Quotidien d'Oran 

samedi 2 novembre 2024

Le bon, la brute et le truand

Olivier Cabanel

Ce western culte signé Sergio Leone, pourrait bien s’appliquer aux élections américaines qui viennent de s’achever avec le résultat que l’on sait…

S’il n’est pas très compliqué de mettre un nom sur celui qui serait « la brute », il n’est pas trop difficile non plus de trouver celui qui jouerait le rôle du « truand »... mais qui serait « le bon » ?

« La brute  », c’est à l’évidence celui qui « attrape les femmes par la chatte »... ainsi qu’il l’avait déclaré en 2015lien

Récemment, il a assumé complètement sa violence, proposant, s’il est élu, de promouvoir « une journée de violence policière », ce qui, d’après lui mettrait un terme immédiat à la criminalité. lien

Comme l’écrit la rédaction de NPA le 7 novembre dernier : « cette élection reflète le recul du débat public au profit de la violence politique, des fake news et des anathèmes ; elle reflète la brutalité des rapports sociaux et de la méthode politique que porte l’extrême droite ». lien

Cette violence assumée peut expliquer en partie sa victoire présidentielle, sachant que ce pays est un pays violent, où le contrôle des armes à feu est quasi absent, où les tueries de masse sont fréquentes, où certaines villes comme Chicago connaissent plusieurs meurtres par jour, comme l’écrit Michel Lebel dans les colonnes du « Devoir ». lien

On pourrait aussi s’interroger sur le programme que le nouveau président américain veut appliquer à l’immigration, puisqu’il veut lancer la plus vaste opération d’expulsions d’immigrés en situation irrégulière de l’Histoire américaine. lien

En effet, n’est-ce pas ces immigrés qui, par le passé, ont permis la richesse des américains ?

Et pour arriver à ces fins, n’ont-il pas dépossédé les américains d’origine, afin de s’en accaparer les richesses ?…

Un dessinateur, Willem en l’occurrence, a résumé cette situation avec quelques coups de crayons assassins.

Pourtant un autre qualificatif s’applique au nouveau président américain, celui de mafieux, ainsi que l’a déclaré le sociologue Olivier Alexandre dans le 6/9 de France Culture, lors d’une intervention ciblée sur la Silicon Valley, rappelant les liens étroits qui existent entre plusieurs représentants essentiels de cette institution et le milieu mafieux...lien (curseur à 7h20)

Ça n’a pas échappé à plusieurs politologues, tels celui du « New-York Times » qui a remarqué la fascination qu’exerce le tristement célèbre Al Capone sur Trump (lien), ou au journaliste d’investigation Fabrizio Calvi, spécialiste de la pègre américaine, pour qui Trump, prolongeant les activités de son père, et de son grand-père, s’est appuyé sur la mafia new-yorkaise, puis russe, pour bâtir et protéger son empire immobilier. lien

D’autres preuves de cette collusion entre Trump et la Mafia existent, comme cette photo, ou il pose en compagnie d’une figure du crime organisé, Joseph Merlino, dit « skinny Joe », même si Trump affirme avoir été « piègé »...

D’ailleurs, cerise sur le gâteau, un biopic est sorti en octobre dernier sur le passé mouvementé de celui qui a pris la présidence aux USA, lorsqu’il découvre les ficelles du pouvoir aux coté de l’avocat Roy Cohn, lequel est étroitement associé à la mafia new-yorkaise. lien

Passons au « truand »…C’est Jean-Michel Cosnuau, l’ex roi de la nuit moscovite qui a tiré le premier en publiant « dans l’œil du FSB  » (édition le seuil ».

Tout a commencé le 17 juillet 1996, lorsque sa femme a trouvé une fin tragique dans l’explosion d'un Boeing... l’ex publicitaire quitte alors son agence américaine installée à Paris « Léo Burnett » direction Moscou.

Il va y monter un empire de la nuit, à coup de restaurants, de clubs de strip-tease, où va s’empresser toute une « clientèle friquée et frivole »...jusqu’à ce que Poutine, qu’il qualifie de « chef de camp mafieux », commence à s’y intéresser, et il ne devra la vie sauve qu’à sa fuite. Lien

« Mafieux », le mot est lâché...Et il sera repris plus d’une fois…

En effet, c’est maintenant le journaliste François Bonnet qui précise les choses...dans un article titré « Poutine, la guerre et le crime », il décrit « un dirigeant pris dans un réseau complexe de dépendances personnelles et économiques » ajoutant : « le régime absolutiste de Poutine est soutenu par un petit nombre d’hommes qui lui ont juré une loyauté inconditionnelle, laquelle est fragile et doit être constamment renouvelée, par des postes influents et beaucoup d’argent  ».

Et le journaliste d’enfoncer le clou : « Poutine est un criminel déguisé en homme politique (…) il s’agit du plus grand braquage de l’histoire de la Russie ». « Le réseau de Poutine est la plus grande organisation mafieuse du monde  » avait déjà martelé le martyr Alexeï Navalny.

Navalny faisait référence aux milliards issus du commerce des matières premières qui ont atterri dans les poches d’oligarques fidèles au Kremlin, à leurs villas de luxe, à leurs méga-yatchs, et à leurs immenses fortunes à l’abri dans des comptes secrets, dans les paradis fiscaux.

Finalement, cela explique peut-être les liens privilégiés que celui-ci entretient avec Trump.

Donc voilà pour « la brute et le truand  », qui, rappelons le, sont dans une logique d’alliance… puisqu’ils sont soutenus par les hommes les plus riches de la planète.

En effet, n’oublions pas que le grand gagnant de l’élection américaine serait plutôt Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, lequel a boosté la campagne de Trump, allant jusqu’à distribuer un million de dollars par jour aux électeurs qui s’engageaient pour son poulain. Lien

Il y a un coté paradoxal à cette élection, car d’après de nombreux politologues, déjà en 2017, ce seraient surtout les pauvres, les classes populaires blanches, soit 90 millions de personnes en 2015, qui auraient donné la victoire à Trump...ainsi que s’interroge Corentin Sellin dans le site IFRI  : « Trump candidat des pauvres, président des riches ? ». lien

Or cette tendance s’est renforcée en 2024, ainsi que l’expliquait le site « les éclaireurs » sur l’antenne d’Europe1 : « pourquoi Donald Trump est-il toujours le champion des pauvres petits blancs américains ? ». lien

Et puis, est-ce polémiquer que d’essayer de comprendre pourquoi l’extrême droite française se frotte les mains devant les succès politiques de Trump et Poutine ?

Alors, finalement faut-il conclure que 2 des pays les plus puissants de la planète seraient dans les mains de puissances mafieuses ?..

L’avenir nous le dira, car comme dit mon vieil ami africain : « demande conseil à ton ennemi, et fais le contraire ».

agoravox.fr

dimanche 27 octobre 2024

Cuba, la crise et le blocus

Antoine Manessis

Cuba a subi l'effondrement du système électro-énergétique national, la déconnexion totale du système. 

Les causes de cette situation résident dans les niveaux d'usure des unités qui font fonctionner le système de production d'énergie à Cuba, des centrales de diverses origines, de divers pays. Le principal problème  est qu' il est nécessaire d’acheter des pièces de rechange auprès d’entreprises de ces pays. Or du fait du blocus étasunien, Cuba n'a pas pu investir dans ces usines. L'inclusion de Cuba sur la liste des États soutenant le terrorisme a considérablement aggravé la situation de l'île et l'a empêché d'accéder aux systèmes financiers internationaux. Le gouvernement des États-Unis fait pression sur les entreprises et les Etats pour qu'ils ne vendent plus de pièces détachées à Cuba exerçant un chantage commercial et financier, menaçant de rétorsions sur le marché étasunien ceux qui oseraient enfreindre la loi de l'Empire.

Les États-Unis étranglent Cuba, l'asphyxient de façon que l'île n’ait plus de carburant, d’électricité ou de moyens de transport, et que son économie s’effondre. L'impérialisme étasunien n'a jamais accepté la présence sous son nez, à quelques kilomètres des côtes de Floride, d'un Etat qui ne lui fut pas soumis. D'autant que, pendant des décennies, Cuba a été un exemple pour les peuples d'Amérique latine en lutte contre des dictatures soutenues pas Washington.

Le blocus c'est, par exemple, des navires chargés de produits alimentaires achetés par Cuba, qui sont à Cuba et qui n'ont pas pu être déchargés parce que le gouvernement cubain n'a pas trouvé de banque vers laquelle transférer l'argent qu'il a engagé auprès des entreprises d'approvisionnement. C’est-à-dire que, bien qu'ayant l'argent, Cuba n'a pas la possibilité d’obtenir de la nourriture du fait du blocus financier et du chantage étasunien sur le système financier international.

À cette situation politico-économique dramatique s'est ajoutée une tempête tropicale qui a provoqué des catastrophes, des glissements de terrain, des inondations et six morts.

Des manifestations d'exaspération ont eu lieu, bien compréhensibles après tant d'années de difficultés, de crises, de pénuries.

Face à  cette situation le gouvernement cubain a demandé à être associé aux BRICS. Il y voit une manière de lutter contre l'hégémonie étasunienne dont il ressent le nœud coulant autour de sa gorge.

L'exécutif de Joe Biden n'a en rien amélioré ses relations avec Cuba. Donald Trump est une ennemi fanatique de l'île qui a considérablement durci le blocus. Il ne semble pas que Kamala Harris veuille apporter un changement positif à cet égard même si une fraction progressiste des démocrates expriment une volonté de relâcher l'étau criminel contre Cuba. 

Cela ne signifie pas que les orientations et les choix politiques des gouvernements cubains n'aient pas une part de responsabilité dans la situation de l'île. Cela ne veut pas dire que les aspirations démocratiques du peuple cubain soient pleinement satisfaites. 

Mais quels que soient les critiques vis à vis du pouvoir issu de la révolution de 1959, ce qui est incontestable et incontournable est l'exigence de lever le blocus étasunien contre Cuba. La levée du blocus est même une condition de l'amélioration de la situation sur l'île tant du point de vue social que démocratique. 

Le comportement de la Maison blanche à l'égard de Cuba est condamné par la communauté internationale, l'assemblée générale des Nations-Unies, à la quasi l'unanimité, seuls les États-Unis et Israël ont voté contre la levée du blocus.

Antoine Manessis

lundi 21 octobre 2024

Soudan : entre richesses et souffrances

Mustapha Stambuli

Le Soudan, terre aux richesses inestimables, est aujourd'hui plongé dans une crise humanitaire dévastatrice. Comment un pays avec un tel potentiel peut-il être le théâtre de tant de souffrances ? Quels sont les enjeux qui alimentent le conflit et comment les Soudanais, malmenés par la pauvreté et la guerre, peuvent-ils espérer un avenir meilleur ?

Cet article explore les atouts stratégiques du Soudan, les causes profondes de son instabilité, et propose une réflexion sur les voies possibles vers la paix. Pour compléter cette analyse, un poème poignant évoque la réalité quotidienne de ce peuple résilient, appelant à la solidarité et à l'empathie. Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette situation tragique et comment pouvons-nous agir pour faire entendre la voix de ceux qui souffrent ?

Introduction

Le Soudan, situé à la croisée des chemins entre l’Afrique et le Moyen-Orient, possède des atouts stratégiques considérables qui le placent au centre de l’échiquier régional. En plus de ses vastes ressources naturelles tels que le pétrole, l’or et des terres arables fertiles, le pays dispose également d’autres richesses tels que le cuivre, le fer et le gaz naturel, faisant de lui une destination attrayante pour les investisseurs internationaux. De plus, le Soudan bénéficie d’une main-d’œuvre abondante et relativement peu coûteuse, ce qui en fait un lieu propice pour le développement industriel et économique.

Sa position géographique privilégiée en tant que carrefour commercial entre l’Afrique et le monde arabe en fait un point névralgique pour les échanges commerciaux internationaux. Les routes commerciales historiques traversant le Soudan lui confèrent une importance stratégique dans le commerce transcontinental, attirant l’attention des acteurs économiques du monde entier.

En outre, le Soudan possède un riche patrimoine culturel et historique, avec des sites archéologiques fascinants telles que les [pyramides de Méroé-https://fr.wikipedia.org/wiki/Méroé], qui témoignent de la grandeur passée de ce pays. Cette richesse culturelle attire les touristes du monde entier et offre des opportunités de développement dans le secteur du tourisme.

En somme, le Soudan est un pays dont les nombreux atouts naturels, géographiques, économiques et culturels devraient un acteur clé non seulement dans sa région, mais également sur la scène internationale. Son potentiel de croissance et un rôle dans les échanges commerciaux mondiaux en feraient un partenaire précieux pour les puissances étrangères cherchant à renforcer leur présence et leur influence dans la région.

Contexte du Conflit

La crise actuelle au Soudan continue de ravager le pays, avec des répercussions dévastatrices sur la population. La lutte pour le pouvoir entre les généraux rivaux Abdel Fattah al-Burhan et Mohamed Hamdan Dagalo, également connu sous le nom de Hemedti, a plongé le pays dans un conflit fratricide sans fin. Les racines de cette lutte sont profondes, en raison d’un contexte politique chaotique où les efforts de transition vers un régime civil ont échoué, laissant le pays dans un état de désarroi.

En arrière-plan de ce conflit, on trouve également des intérêts étrangers qui exacerbent la situation. Des pays comme l’Égypte, l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis interviennent en soutenant différents acteurs au Soudan, dans le but de favoriser leurs propres agendas stratégiques. L’Arabie Saoudite et les Émirats cherchent à contrer l’influence de l’Iran dans la région et à établir des alliances économiques et militaires pour consolider leur pouvoir.

L’Égypte est également impliquée dans la crise, car elle cherche à maintenir la sécurité de sa frontière sud et à prévenir une crise migratoire qui pourrait affecter sa stabilité. Sissi soutient des clans pour garantir un gouvernement qui lui est favorable, tout en essayant de stabiliser la région pour éviter des répercussions sur son propre pays.

En plus des luttes de pouvoir entre factions rivales, le Soudan est également aux prises avec des milices et des groupes armés, tels que les Janjawids, qui poursuivent leurs propres intérêts au détriment de la population civile. La combinaison de rivalités internes, de facteurs socio-économiques tels que la pauvreté et le chômage, crée un climat propice aux affrontements violents et à l’instabilité politique.

Dans ce contexte de chaos et de conflit, la population soudanaise continue de subir les conséquences tragiques de cette crise prolongée, avec des pertes en vies humaines, des déplacements massifs de populations et une détérioration de la situation humanitaire. Il est impératif que la communauté internationale s’engage sérieusement pour trouver une solution pacifique et durable à la crise du Soudan, afin de mettre fin à la souffrance du peuple soudanais et de restaurer la stabilité dans la région.

Conclusion

Au cœur de cette tragédie, environ 18 millions de Soudanais souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, conséquence directe de la violence et de l’instabilité. Cependant, une esquisse de sortie de crise soutenue par la communauté internationale pourrait émerger par le biais d’un dialogue inclusif entre les différentes factions, Des initiatives de médiation, associées à des efforts pour améliorer les conditions socio-économiques jointes à la promotion des droits humains pourraient ouvrir la voie à une paix durable. Le potentiel stratégique du Soudan, s’il est correctement exploité, pourrait également jouer un rôle clé dans la reconstruction du pays et sa réintégration au sein dans la communauté internationale.

Le drame au Soudan n’est pas simplement un conflit pour le pouvoir, il s’agit également d’une crise humanitaire qui requiert une réponse immédiate de la part de la communauté internationale. Face à cette réalité poignante, il est crucial de susciter la compréhension et l’empathie. Afin de mieux appréhender la douleur et l’espoir de ce peuple, voici un poème qui illustre sa lutte quotidienne, ses aspirations déchues, mais aussi la lueur d’un avenir prometteur.

Soudan, Terre de Larmes

Dans les plaines dorées où le Nil s’étire,
Un peuple rêve, mais la guerre le déchire.

Des cris de détresse, des cœurs en émoi,
Sous le poids des conflits, ils cherchent la foi.

Les enfants jouent, mais leurs rires s’éteignent,
Leurs yeux, des miroirs où la peur se traîne.

La pauvreté danse, spectre affamé,
Dans les ruelles sombres, l’espoir émoussé.

Des familles déracinées, en quête d’un abri,
Errent sans repos, la nuit comme un cri.

Des rêves brisés, des souvenirs envolés,
Dans ce chaos cruel, que reste-t-il à aimer ?

Les terres jadis fertiles, aujourd’hui désolées,
Rendent hommage aux âmes qui ont tant pleuré.

Au cœur de la tempête, qu’une lumière jaillisse,
Appel à l’union, à la paix qui se tisse.

O monde, entends-tu ces voix qui s’élèvent ?
Unissons nos forces, pour que l’espoir s’achève.

Pour ce Soudan meurtri, pour son avenir,

Que la solidarité puisse enfin fleurir.

Le Grand Soir

samedi 19 octobre 2024

Trump, Harris...that is the question

Antoine Manessis

Sur Fox News, le 13 octobre, Donald Trump a estimé que le plus grand problème auquel les États-Unis sont confrontés est "l’ennemi de l’intérieur", soit l’alliance des "gens malades et des fous de la gauche radicale". 

Selon lui, "cela devrait être facilement pris en charge, si besoin, par la Garde nationale, et si c’est vraiment nécessaire, par l’armée". L’armée est invitée à pourchasser les opposants politiques.

Voilà ce que dit celui qui sera peut-être demain le président de la 1er puissance mondiale.

Certes il n'y a rien à attendre de Kamala Harris. Et ses positionnements récents ne sont guère encourageants. Elle reprend la campagne centriste d'Hillary Clinton qui avait abouti à la victoire de ...Trump. Elle est même sur certains dossiers plus à droite que Biden.

Pourtant quel est le choix des Etasuniens?

Entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen en 2002 qu'a fait la gauche? Le "front républicain" et elle a voté Chirac. A-t-elle eu tort ? Si on se souvient du positionnement de Chirac lors de la guerre du Golf, du discours de son ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin à l'ONU, certainement pas.

Chaque élection est un cas particulier et rien n'oblige à rien. Mais dans certains cas le moindre mal est ...le moindre mal. Il nous semble qu'entre Harris et Trump il n'y a pas photo. Certes c'est choisir un adversaire plutôt qu'un autre. Mais choisir son adversaire c'est important.

La politique du pire n'est jamais un bon choix et c'est toujours les mêmes qui paient la facture. Pas les doctrinaires du tout ou rien, mais les masses.

Antoine Manessis 

vendredi 18 octobre 2024

Vous avez dit humanité ?

 Antoine Manessis

Un camp de rétention pour immigrés a été ouvert en Albanie après un accord entre les gouvernements italien et albanais. Le gouvernement social-démocrate albanais et le gouvernement néo-mussolinien italien.

Appelés "centres d'accueil" en novlangue fascistoïde. Signe de la décomposition politique en cours dans tous les pays et de la mutation fascistoïde de certaines fractions de la social-démocratie. Mutation encouragée par la Commission européenne d'Ursula von der Leyen (CDU) qui s'est rapprochée de Giorgia Meloni.

L’Italie a transféré ce lundi 14 octobre un premier groupe de migrants,16 hommes originaires d’Égypte et du Bangladesh, vers les centres qu’elle gère en Albanie.  Quand on connait la situation sociale et politique de ces pays, il est difficile de s'étonner que des personnes qui en sont originaires tentent d'immigration. Ces hommes seront transférés vers le camp d’enregistrement situé sur le port de Shëngjin puis vers celui dans lequel doivent être hébergés les hommes arrêtés en mer alors qu’ils tentaient de rejoindre les côtes européennes, sur une ancienne base militaire à Gjader. Les femmes et les enfants, ne sont pas concernées, ce qui implique que les familles seront séparées.

Ils passeront d’abord par le port, où des bureaux ont été installés dans des préfabriqués posés derrières de hautes grilles, pour être recensés. Ils seront ensuite envoyés à Gjader où ils attendront de savoir si leur demande d’asile est acceptée ou non. Dans des préfabriqués de 12 m² entourés de hauts murs et de caméras et surveillés par la police, ils seront retenus en vertu d’une mesure de rétention administrative décidée par le préfet de Rome. Tout ce qui se passe dans l’enceinte du camp est sous la responsabilité des Italiens, tandis que la sécurité extérieure est assurée par les albanais.

Le traitement des demandes d’asile pourra prendre jusqu’à quatre semaines. Pour les hommes à qui l’asile serait refusé, des cellules ont été installées dans le camp. En attendant une expulsion vers le pays d'origine. Plus de 300 militaires, médecins et juges italiens sont engagés dans cette opération.

Hormis le gouvernement néofasciste de Meloni, l'Allemagne et la Hongrie sont intéressées par cette "externalisation" les demandes d'asile et les procédures d’expulsion . Une proposition qui pourrait être discutée au sommet européen des 17 et 18 octobre à Bruxelles. Cela à l'heure où la Commission européenne veut faciliter les expulsions s'alignant sur les positions des extrêmes-droites européennes. Où l'Allemagne social-démocrate, la Hongrie fascisante et une quinzaine d'États membres ont déjà proposé de multiplier et généraliser ce type d'accord.

Des années d'une propagande raciste insidieuse, au soubassement colonial, relayée par les grands médias et le néofascisme, ont perverti des fractions de l'opinion. Au point que les droites d'abord, puis certains secteurs droitiers de la social-démocratie ont adopté des discours et des pratiques gouvernementales qui légitiment le néofascisme et lui offrent le pouvoir.

Au point que la simple humanité s'efface. Comment ces misérables de notre temps qui arrivent en Europe ou en Amérique du Nord peuvent-ils ne pas être immédiatement entourés par notre solidarité? Comment expliquer que Ukrainiens ou Afghans ils ne soient pas accueillis de la même façon?  Comment les cris de terreur des enfants perdus dans la Méditerranée n'éveillent ils pas davantage nos consciences? Comment en arrivent-on à parler "d'externaliser la question migratoire" déshumanisant des femmes et des hommes qui sont nos égaux et nos semblables? Comment accepter ces idées nauséabondes et potentiellement criminelles d'un parti qui recueille 30% des voix et un ministre qui osent dire "l'immigration n'est pas une chance pour la France" alors que son peuple est constituée depuis toujours de vagues d'immigration. Depuis toujours. Alors que la perspective ici et partout est la créolisation chère à l'écrivain antillais Edouard Glissant et qu'elle est irréversible et souhaitable.

Liberté, égalité et fraternité pour toutes et tous.

Antoine Manessis  

mercredi 9 octobre 2024

7 octobre

NBH

Rappelons quelques faits de base qui semblent oubliés par certains. 

La résistance

La résistance à l’occupation est un droit international. Un droit politique, un droit moral. Elle est chaque fois désigné comme "terroriste" de Vietnam à Algérie, de l'Argentine à l'Afrique du Sud comme en Palestine. Mandela fut un terroriste. Les combattants du FLN aussi. Missak Manouchian aussi. Les combattants de l'IRA aussi.

Contextualisation

On sait depuis Manuel Valls que chercher à expliquer et donc à comprendre un événement consiste à l'excuser. Cette interdiction de penser est révélatrice des limites, de nature de classe, de la relation entre bourgeoisie et démocratie.  Mais Valls et les siens ne peuvent pas nous empêcher de penser et donc de faire de la politique.

"L’assaut palestinien du 7 octobre n’est pas apparu dans la nuit du 6 à l’aube : il fermente depuis un siècle." écrit Joseph Andras. Tout est dit. La colonisation de la Palestine, le nettoyage ethnique de celle-ci avec son cortège de massacres, la Nakba, puis les décennies de poursuite de la colonisation, de l'occupation, de l'établissement d'un Etat sioniste pratiquant l'apartheid, les prisons où les Palestiniens peuvent pourrir sans raison donnée et sans procès ("détention administrative"), les check-points, les humiliations, les murs, le vol des terres, les maisons des familles des résistants que Tsahal fait sauter, les ratonnades subies par les Palestiniens de la part de colons fanatisés, la violence récurrente contre les Palestiniens par vagues de massacres de masse environ tous les 2 ans et les massacres encore contre les voisins d'Israël bombardés  comme des cibles à la foire et les boucheries toujours des enfants et des femmes comme à Sabra et Chatila.

Mais les crimes du colonialisme sont ceux de la civilisation contre la barbarie. Israël est un îlot blanc et donc civilisé dans un océan d'Arabes et donc de barbares. Alors les dommages collatéraux...Mais en fait il n'y a pas de "dommages collatéraux", il n'y a que le déploiement inéluctable de l'horreur et de la terreur coloniale.

Crimes des mouvements de libération

Dans un monde parfait Robin des bois ne tue pas les méchants. Un coup de pied aux fesses, au pire. Zorro ne tue pas, juste un Z sur le ventre des méchants. Dans la vraie vie une bombe explose dans un café et des enfants, des femmes meurent. L'IRA pose une bombe qui tue de braves gens. L'ANC et  Umkhonto we Sizwe (MK), La lance de la Nation, frappe à Amanzimtoti, l'attentat causa la mort de 5 personnes dont 3 enfants et fit plus de 40 blessés. Au Vietnam croyez-vous que lors de l'offensive héroïque du Têt il n'y eu pas des exactions et des crimes de guerre ? Les charniers découverts après disent le contraire. La lutte de Libération est aussi une guerre civile. Et les 50 soldats allemands prisonniers du maquis de Corrèze et fusillés par les partisans, n'est-ce pas un crime de guerre ?

Alors oui soyons clairs : la mise à mort des civils est un crime

Le Hamas et ses alliés ont commis des crimes mais se réveiller le 7 octobre 2023 pour ne condamner que les crimes du Hamas, c'est être aux côtés du colonialisme et du processus génocidaire d'Israël. Au moins son complice.

Le 7 octobre c'est un événement qui a plusieurs significations. Comment ne pas voir que depuis le 7 octobre le monde, et le monde militant tout particulièrement, s'est réveillé d'un trop long silence. De la Palestine, de la situation du peuple palestinien nié, étouffé et régulièrement massacré par la colonisation et l'occupation sioniste. Cela ne faisait plus la une ni des médias, ni des consciences. On s'habituait à la disparation  des Palestiniens de l'actualité avant de s'habituer à leur disparition réelle rejoignant les Incas, les Sioux et les Héréros. Avant le 7 octobre rien n'allait bien.

Le mouvement national palestinien n'est pas, dans sa totalité, exactement comme nous le souhaiterions. Et cela devrait nous empêcher d'être solidaire de la lutte du peuple palestinien contre l'occupation et la colonisation sioniste ? En aucun cas.

Notre génération disait le FNL vaincra et FNL à Saigon ! Et nous avions raison. Ce qu'est devenu le Vietnam aujourd'hui regarde le peuple vietnamien. Mais Saïgon s'appelle Ho-Chi-Minh-ville.

Nous militions contre l'apartheid et soutenions le "terroriste" Nelson Mandela et ses camarades de l'ANC. Nous avions raison.

Nous soutenons la lutte de libération nationale du peuple palestinien et nous rêvons d'un Etat démocratique et laïc de la mer au Jourdain où Palestiniens et Israéliens vivront à égalité de droit. Et nous avons raison.

NBH