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mercredi 10 juin 2020

La maison


Gaëtan Pelletier

C’était une maison de mille montres
Une maison de mille horloges

C’était une maison toute illuminée
Et les yeux étaient comme des fenêtres…

C’était une maison qui pouvait danser
On y entendait des airs intérieurs…
De l’extérieur…

C’était une maison qui pleurait
Et de ses fenêtres coulait
La pluie…

C’était comme un grand sablier rose
De sable habité
Qui coulait parfois en jours moroses

C’était la maison d’un seul invité…
L’âme…

C’était un corps…
Qui est encore…
Et qui s’en ira
Quand s’en iront
Toutes les roses horloges
Qui le font, le logent….


Gaëtan Pelletier

lundi 20 août 2018

Un homme, ça pleure pas


Carland

Un homme ça pleure pas
Et pourtant
Sans bruit il pleure
Des larmes qui coulent
Aussi silencieuses
Que les machines
Tout est silence dans l’usine
Tout s’est arrêté
Les machines sont à l’arrêt
Le silence est devenu roi
Le chômage est venu le chercher
Les camions sont venu chercher les machines
Il regarde ses mains
Elles sont belles ses mains
Elles sont devenues inutiles
Alors les larmes coulent
Sur ses joues de plus très jeune
C’était pas la belle vie
Juste une certitude
La certitude est partie en camion
Lui, s’assoit
Un homme ça pleure pas
Et la tête dans les mains
Ces doigts sont tout mouillés.

bellaciao.org


mercredi 25 mai 2011

Ce qui compte, c’est la révolution !

Libre plume

« Ce qui compte, c’est la révolution, Tout le reste n’est que littérature », dit-il.

A-t-il oublié que, sans la littérature,
Tulipes rouges et lilas blanc
ne seraient que des fleurs ?

Elle porte la révolution même en elle !
Et je la vois, tulipe rouge et lilas blanc.

Car enfin, pourquoi la révolution dans le sang ?
Elle se trouve plutôt dans les fleurs,
Comme le coton tissé aux doigts de Gandhi.

Une révolution tranquille,
choisie par le plus grand nombre,
dans la vérité de leur conscience,
Une révolution votée !

Fragile tels les pétales de ma tulipe.
Oui, il ne faut point de vies perdues,
Puissante tel le lilas blanc qui, une fois
éclot, expose sa tranquille certitude.

Je la vois au fil des mots,
Pamphlets, discours enflammés,
Rêves d’une juste société
où la couleur de peau devient dérisoire.

La révolution comme une brise,
Comme un ouragan pacifique.
Des visionnaires qui haranguent les
foules pour dessiner un autre monde.

Cotonnades,
Tulipes rouges et lilas blancs.

La gratuité comme les senteurs
d’un lilas blanc,
Don intemporel, universel.

Lumière enivrante
du rouge lumineux de la tulipe,
La littérature tel un partage.

La laïcité en creuset commun,
Croyants et athés,
Agnostiques,
Politiques,
Laisser tomber les stéréotypes !

Voilà, j’ai cousu les mots
au coeur de ma liberté de ton,
Romantique,
Critique,
Idéaliste,
Utopique,
Jamais cynique.
Des mots comme un pistil
au centre d’une fleur …
peut-être trop simpliste.

Mais comment imaginer une révolution
sans littérature ?
C’est absurde !
Dictature.

Cotonnade,
Tulipe rouge et lilas blanc.

Oulala

lundi 11 avril 2011

Lettre d’informations « Couleurs Poésies » N° 54

Jean Dornac

Les nouveautés de la semaine

Lundi 4 avril

« Et coule la vie… », de Jean Dornac
Et coule la vie,
Jamais fleuve tranquille,
Le long des rives du mystère,
Trop pleine d’écueils
Et de questions sans réponses…

Mardi 5 avril

« A l’infini du point de fuite », de Ode
À l'infini du point de fuite
il y a la plage,
les galets de l'enfance
Itinéraire des grands oiseaux

Mercredi 6 avril

« Par un simple éclat de matière », de Michel Bénard
Par un simple éclat de matière
Ouvrir un passage à la lumière,
Un espace jaune orangé
Ponctué de touches bleues s’offre
A nous comme un point de mystère.

Jeudi 7 avril

« Révolution », de Dominique Dupuy
Poésie malmenée,
Musique de l'amour,
Mots dérisoires emportés
dans le fracas des guerres.
Ruines affreusement silencieuses.

Vendredi 8 avril

« Lorsque j’étais », de Mouloudi Mustapha
Lorsque j’étais un homme
Je défiais les gommes
J’avais ma petite pomme
Et où oser un somme.

Samedi 9 avril

« Le jeu », de Denise Bernhardt
« Dans ce monde-là, il est désormais acquis
Que les hommes survivent
Plutôt qu’ils ne vivent,
Que les enfants s’amusent, nus,
Parmi les immondices
Charriées dans les ruelles aux fétides odeurs.

Dimanche 10 avril

« Le silence pâlit », de Victor Varjac
Le silence pâlit
et retourne à l’exil…
le noir…
… toujours plus fort


Bonnes lectures
Jean Dornac