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mercredi 4 juillet 2012

Demain, c’est aujourd’hui

Jean Saint-Vil

Demain, c’est aujourd’hui,
Avec les inconnues
De l’équation de la vie,
Souvent sans solution,
Les yeux sur l’avenir
Brillant comme les lumières
D’une nuit d’étoiles filantes
Qui fait perdre le nord
Même à l’étoile polaire
Quand on ferme les yeux.
Demain, c’est aujourd’hui,
Pour faire d’une pierre deux coups,
Et devenir le champion
Du jeu de gagnant-gagnant
De l’équation de la vie,
Qui dit vice versa,
Comme une égalité :
Aujourd’hui, c’est demain.

Jean Saint-Vil

dimanche 27 mai 2012

Le temps nouveau

Jean Saint-Vil

Le temps nouveau est très trompeur
Comme un rêve empreint de cauchemar
Et qui fait que la nuit fait peur.

Le temps nouveau n'est que retour
Des récurrences des temps passés
Que l’on croyait morts oubliés.

Le temps nouveau n’est que gadget
Dans la gamme de ses faux-départs
Qui prennent les rêves pour le réel,
Et vice versa pour ne pas dire recto verso.

Le temps nouveau n’est que feu de paille
Et cendres qui couvent sous les braises
En attendant le vent qui souffle
Pour de nouveaux retours en force.

Jean SAINT-VIL
le 20 mai 2012

dimanche 29 avril 2012

Des larmes aux yeux

Jean Saint-Vil     


Il est des larmes aux yeux qui coulent
Comme des caprices au ton très haut,
Sans sourciller et qui annoncent
Les couleurs d’une saute d’humeur.
Il est des larmes aux yeux qui coulent,
Si abondantes qu’elles montent à tort
Et à travers comme des torrents
Qui font le plein de leurs lits majeurs.
Il est des larmes aux yeux qui coulent,
Tellement salées qu’on les croirait
Venues du cœur qui ne pardonne pas
Des profondeurs de l’océan.
Il est des larmes aux yeux qui coulent,
Et si amères comme la bile
Qui éclabousse de long en large
Dans son osmose jusqu’au lointain.
Jean SAINT-VIL
le 26 avril 2012

mercredi 22 juin 2011

La vie tourne sur pied de guerre

Jean Saint-Vil

Lentement, sûrement,
La vie tourne pour tous sur pied de guerre,
Que l’on perd plus souvent qu’on ne gagne,
De bonne guerre ou de guerre lasse,
Sautant toutes les haies sur son passage,
Comme les vagues dans leur course tout droit,
À grands pas vers la mort
Qui des hommes apaise les souffrances.
Lentement, sûrement,

La vie tourne pour tous sur pied de guerre,
Dans le sens d’un tourbillon,
Qui bascule et bouscule à tout va
Sans qu’on sache sur quel pied démarrer
Danser sur sa lancée,
Tout en sachant qu’au pire
Seules les haies doivent tomber,
Et la vie de plus belle, chaque fois,
Continue en meilleur ou en pire.

Jean SAINT-VIL
le 15 juin 2011

mercredi 20 avril 2011

Le point final

Jean Saint-Vil

Il a l’air bien banal,
Et ne paie pas de mine
Comme ses frères d’un même texte.

Et pourtant il ne pèse pas plus lourd
Dans la balance des signes,
Qu’une virgule ou un point à la ligne.

Il peut prendre bien des formes,
Soit interrogative ou même exclamative
Avec tous les suspenses

De poésies, de romans
Qui sont longs comme des fleuves,
En quête d’un exutoire
Vers des mers de plaisirs.

Seule sa place en dit long
Sur son rôle capital
Où l’on pousse des oufs
En fin de course,
Dans un texte intégral
Dont il signe l’arrêt de mort.

Jean SAINT-VIL
le 17 avril 2011

samedi 9 avril 2011

Dialogue de sourds

Jean Saint-Vil

Tu persistes,
Moi, je signe.
Tu t’excites,
Moi, de marbre.
Tu décides,
Je dessine,
Tête baissée,
Vers ma feuille
Qui s’emballe,
Dans le droit-fil
De ma plume.

Quand tu ris,
Moi, je pleure.
Quand tu chantes,
Je fredonne.
Quand tu parles,
Je me tais.
Quand tu penses,
Moi, j’agis.

Tu dis oui,
Je dis non.
Tu exultes,
Je me fâche.
Tu me regardes,
Je me retourne,
Pour te dire
Tête baissée,
Ce qui te plaît,
Moitié faux,
Moitié vrai.

Jean SAINT-VIL

vendredi 1 avril 2011

Mon enfance joue sans cesse

Jean Saint-Vil

Mon enfance joue sans cesse,
Les va-t-en-guerre des étoiles
Pour faire battre d’extase
Les cœurs des femmes en liesse dans mes bras.

Mon enfance joue sans cesse,
Dans ses allers-retours en force,
Cherchant en vain mes dents de lait
Comme des fruits d’un arbre tombés.

Mon enfance joue sans cesse,
Des titato*, tolalito*
Lago cache*, cache-cache Lubin*,
Danser coller, couper coller.

Mon enfance joue sans cesse,
En flashback atypiques
Des chronos casse-gueule
Dans des tours et détours de manèges casse-cou.

Mon enfance joue sans cesse,
Près du but de la mort sûre
Qui de tout son tranchant
Coupe les vies en deux.

* Lago cache et cache-cache Lubin sont les termes créoles équivalents du jeu de
Colin-maillard en Haïti.
* Le titato est un jeu pour deux personnes qui se pratique sur un cadre
rectangulaire divisé en huit parties à partir du point central, soit huit angles
de 45 degrés et huit sommets. Il consiste à déplacer ses pions jusqu’à ce que
l’on coince l’adversaire.
* Le tolalito consiste à faire tourner en bourrique un des joueurs dans une
partie du jeu de chat.

Jean SAINT-VIL

vendredi 18 mars 2011

Écrire des lettres de noblesse

Jean Saint-Vil

Écrire des lettres de noblesse
Avec des phrases toutes enflammées
Et des césures qui cherchent place
Entre les lignes et les points-virgules.

Écrire des lettres de noblesse
Qui portent la marque de l'éloquence,
Qui portent le sceau de l'éternité,
Qui portent aux nues les sentiments.

Écrire des lettres de noblesse
Qui tirent à vue à cœur ouvert
Pour le bonheur des mots sautant
Et gambergeant sur une page blanche.

Écrire des lettres de noblesse,
En dribbles terribles des mots de passe
Qui font rêver tout en flash-back
Des passés de tous les dangers.

Écrire des lettres de noblesse
Dans des enveloppes couleur design,
Sur tous les tons,
Qui tantôt tuent comme rage de dent,
Qui tantôt montent comme des colères,
Qui tantôt baissent comme l'eau qui dort,
Qui tantôt fêtent comme les amours,
Qui tantôt pleurent comme les madeleines,
Qui tantôt soufflent des bougies
Comme des printemps gorgés de fleurs.

Jean SAINT-VIL

le 15 mars 2011

mercredi 9 mars 2011

La nuit passera

Jean Saint-Vil

La nuit passera,
Comme un faisceau
D’éclairs en fête
Pleine des jouissances
À l’infini
Des actes en boucle
De nos amours.

La nuit passera,
Ponctuée de silences
Entre les délires
Et les sanglots
Qui donnent les teintes
Au camaïeu
Des chants d’amour.

La nuit passera,
Avec son goût
De recommencer,
Mine de rien,
Une guerre-éclair
Du fond de mon âme
Qui ouvre en flash
Le fond de ton âme.

Jean SAINT-VIL
le 6 mars 2011

samedi 5 mars 2011

J’aime le midi qui brille

Jean SAINT-VIL

J’aime le midi qui brille
Et qui tape à l’œil nu,
Jusqu’aux cils et paupières,
Pleurant de ses lumières
Au point de non retour
Du soleil au zénith.

J’aime le midi qui brille,
Sous le filtre des nuages,
Toujours fous dans leur course,
Dans leurs télescopages,
Et leurs carambolages
Dans l’autoroute du ciel.

J’aime le midi qui brille,
Même dans le clair-obscur
Des temps les plus maussades,
Et qui ne riment à rien
D’autre que les ombres mortes
À l’écran des regards.

J’aime le midi qui brille,
Pendant que le vent tourne,
Et que les jupes s’envolent
Dans les airs surchauffés,
Comme des missiles sol-air
Prêts au tir vers leur cible.

Jean SAINT-VIL
le 2 mars 2011

samedi 26 février 2011

SI...

Jean Saint-Vil

Si mes lèvres vers tes lèvres
S'envolent comme des ailes
Qui s'ébattent pour prendre pied
Sur une branche dans le vent,
Comme pour faire une moue
Qui créera la surprise
D'un sourire explosif.

Si mes mains vers tes mains
Font des pas de géant
Vers la Terre promise
D'une belle nuit d'amour
Dans le feu des étreintes
Qui ne jamais s'éteint
Même en plein couvre-feu.

Si mon corps vers ton corps
Avance à petit pas,
Pour sauter à la corde
Comme pour faire des vagues
De grenouilles dans les mares
De l'amour, face à face,
Qui prend corps dans la nuit.


Jean SAINT-VIL
le 24 février 2011

jeudi 17 février 2011

État d'amour

Jean Saint-Vil

J'avais le bonheur
Au bout des lèvres
Comme un feu rouge
Vif sur les joues.

J'avais le coeur
Tout en battements
Contre ton coeur
Qui s'envolait.

J'avais le feu
Vert du désir
Des deux côtés
De notre amour.

J'avais l'étreinte
Au bout des bras,
Une belle folie
Au coeur de l'âme.


Jean SAINT-VIL
le 11 février 2011

mercredi 9 février 2011

Les baisers qui se suivent

Jean Saint-Vil



Les baisers qui se suivent

Sur les lèvres qui attendent

Un baiser de retour

Au point de non retour

De l'échelle du désir,

Pressant un bouton d'or,

À la clé de l'amour.


Les baisers qui se suivent

Et qui pleuvent sur les lèvres,

Jamais ne se ressemblent,

Ni dans leur profondeur,

Ni dans leurs longueurs d'onde,

Ni dans leurs points d'impact,

Invisibles à l'oeil nu.


Les baisers qui se suivent

Jusqu'au bout de la langue,

Comme des trains en gare,

Tout le long d'une voie

Et qui parlent d'une même voix

Sans jamais dérailler

Le long de leur parcours.


Jean SAINT-VIL
le 6 février 2011

jeudi 3 février 2011

Le temps me dribble

Jean SAINT-VIL


Le temps me dribble
À la vitesse de la vieillesse
Qui à mes dépens prend du gallon
Comme un vent fort qui tourne mal
Dans les tempêtes de métastases

Qui font la pluie et le beau temps
Dans les déserts de solitude,
À bout des grands tourments d’amour.


Le temps me dribble
Dans le sens inverse
Des aiguilles de ma montre
Qui ne joue plus que les arrêts de jeu
Dans les sommets enfarinés
Des paysages poivre et sel

Très escarpés de fin de partie
Gloutonne et chaude de ma vie.

Jean SAINT-VIL
le 1er février 2011

jeudi 27 janvier 2011

Les seins de femmes

Jean SAINT-VIL

Je les aime tièdes
Comme des œufs durs
Au petit matin,
De la brillance
Des œufs de Pâques,
Ces chocolats
Plutôt ovales,
Dont je suis friand
De jour, de nuit.

Je les aime durs,
Doux dans mes mains,
Comme du coton
Qui prend la forme
Des vases d'amour
Qui les contiennent,
Au bout tout tremblants
De mes doigts.

Je les aime mûrs,
Plutôt pointus,
Comme des fruits
Bien attachés,
Aux bras des arbres,
Qu'ils soient de face
Ou de profil,
À fleur de l'âge,
À fleur de mes pores,
Dans le vaste champ,
De l'univers
De mon regard.

Je les déteste,
Au silicone,
Qui cache leur âge,
Qui, à mes yeux
Curieux à souhait,
De leur beauté,
Comme des breloques
Sur leurs poitrines,
Et qui pour moi,
Donne le coup de grâce
À la poule aux œufs d'or.

Jean SAINT-VIL
le 23 janvier 2011


mardi 25 janvier 2011

Parce qu'un homme arriva

Jean SAINT-VIL

Une colère lointaine
Éclata soudainenent,
Parce qu'un homme arriva
D'un avion de Paris.
"Un dictateur malade",
Aussi vieux qu'un vieux rat.
Et tout le monde, en arrière
Remontant les temps durs
D'une dictature féroce,
Le temps des vieux macoutes,
Qui semaient la terreur
Pire que le choléra.
Plus d'un les larmes aux yeux,
Pour leurs morts en série,
D'autres qui crient justice,
Leurs peines encore bien fraîches,
Malgré le temps qui passe
Souvent pour rien ici.
Pourtant que de complices
Feignant de ne rien savoir
D'un voyage ficelé
Au passeport périmé,
Qui vint faire la une,
En un temps très spécial
Où les yeux sont braqués
Sur Micky, Manigat
Et sur Jude Célestin !
Une colère qui passera,
On en a vu bien d'autres,
Souvent pour rien ici.

Jean SAINT-VIL
le 19 janvier 2011

mercredi 19 janvier 2011

Je veux de nuit une femme

 Jean SAINT-VIL
Je veux de nuit une femme
Dans un lit de jouissances
Qui coule à plein régime
Comme un fleuve en pleine crue.
Je veux de nuit une femme
Pleine de l'eau de l'amour
Dont j'abreuve ses lèvres,
Au compte-gouttes de baisers.
Je veux de nuit une femme
Que je serre et j’enserre
Jusqu'au coup de gong du jour
Qui sonne le glas de l'amour.
Jean SAINT-VIL

mardi 11 janvier 2011

Et l'amour devint fou

Jean SAINT-VIL

Et l'amour devint fou,
Comme un beau feu grégeois
Qui leur brûla les lèvres,
Qui fit couler de l'encre,
En toute transparence,
De filets qui s'étirent
Sur les bouts de leur langue,
Et qui jeta de l'huile
Sur le feu des points chauds
Des frissons de leurs pores,
Au point de non-retour
Du souffle de l'orgasme.

Jean SAINT-VIL
le 8 janvier 2011

vendredi 31 décembre 2010

Chocolat, chocolarum

Jean SAINT-VIL

Chocolat, chocolarum
Pour des siècles et des siècles
De bonne chère, à toute heure
Crises de foie, qui attestent
Les folies, en pleine fête,
Qui envoient tous K.O.

Chocolat, chocolarum,
Un arôme qui fond vite,
Sur le bout de la langue,
Qui perd tout son latin
Avec du rhum qui coule,
En gouttes de plaisir.

Chocolat, chocolarum,
En plaquettes ou en crottes
En super papillotes,
Qui envoient au plus haut
Dans les cieux, en pleine fête,
En vapeurs de champagne.

Jean SAINT-VIL

le 30 décembre 2010

vendredi 19 mars 2010

Amène-moi au loin

par Jean Saint-Vil


Amène-moi au loin


Amène-moi au loin,
Au pays des lucioles
Où essaiment les étoiles,
Dans les beaux cieux sans nuages
Où l’on rêve de bonheur.

Amène-moi au loin,
Aux merveilles éclatantes,
Où brûlent et brillent les feux
Dans les voyages qui marquent
Comme des odyssées.

Amène-moi au loin,
Au-delà des chimères,
Qui pas à pas se dégradent
Comme les enzymes gloutons
Dévorent les cellules mortes.

Amène-moi au loin,
Plus loin que les navettes
Qui ont perdu leur route
Dans le flou de l’espace,
De trou noir en trou noir.

© Jean SAINT-VIL
le 4 mars 2010
Source image : http://triple-nerdz.over-blog.com/