Affichage des articles dont le libellé est Chroniques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Chroniques. Afficher tous les articles

jeudi 4 juin 2020

Chronique enthousiaste : Gilet-jaunisation aux USA


Jean-Luc Mélenchon

Hourra ! Le peuple des États-Unis est en ébullition. 

Eh ! Vous ! Ceux qui avez trouvé la révolution citoyenne au Soudan trop exotique pour vous concerner, la révolution citoyenne à Beyrouth et à Alger trop arabes, celle du Chili trop latino, celle de Hong-Kong trop asiatique pour vous représenter ! Vous qui ne savez pas qu’il existe des synchronies discrètes mais avérées entre l’Argentine ou le Chili et la France, entre les Caraïbes et l’Île-de-France, entre Dakar et Paris, voyez ! Voyez ! L’ère du peuple joue de la grosse caisse à Washington et la révolution citoyenne est dans les rues de New York. La gilet-jaunisation est entrée au cœur de l’Empire. Voici que surgissent des millions de chômeurs, des abandonnés privés de tout accès aux réseaux collectifs sans lesquels la vie est impossible, humiliés à longueur d’année par des flics racistes, manipulés par des politiciens sans conscience. Ils forment désormais un volcan qui vient de faire sa première éruption. Et ce n’est que le début d’une histoire qui va durer.
Non, les USA ne sont pas le roc qu’ils donnent à voir. Remontent en moi les souvenirs. Ma génération a pu voir les USA quitter leur ambassade à Saïgon dans une totale débandade, jeter à la mer hélicoptères et avions par-dessus bord de leurs navires de guerre parce que leurs collaborateurs locaux avaient tout envahi. Nous avons vu les USA qui avaient promis de « ramener le Vietnam à l’âge de la pierre » selon l’expression de l’abject général Westmorland, les USA vaincus à plate couture par l’inflexible patriotisme du petit peuple et de ses bodoïs, gazés, napalmisés, massacrés en masse et en détail. Le peuple américain peut tout lui aussi.
Bon d’accord, je ne retiens pas ce rire moqueur qui me vient. C’est celui d’un « Frenchie surrender », putois notoire et ses French fries. Car c’est ainsi que nous avons été caricaturés aux USA depuis notre refus de participer à leur lamentable deuxième guerre du Golfe. L’état d’esprit anti-français se déchaina alors jusqu’à l’absurde : vider des bouteilles de vin dans les égouts et vouloir rebaptiser les frites, de « French fries » en je ne sais quoi. Oui la rigolade : voir la Maison blanche s’éteindre pour devenir invisible pendant que le président Trump se cache à la cave ! « Salut Trump tu as le bonjour de Cuba, de Venezuela, de Salvador Allende, de Patrice Lumumba, et même du Che » ! Sans oublier Edgard Snowden, Julian Assange et les torturés de Guantanamo, les asphyxiés du waterboarding, le supplice de la baignoire, qui ne serait pas une torture puisque l’actuelle cheffe de la CIA la pratiquait elle-même il y a peu ! À son tour : à la cave ! Le persécuteur des peuples dans le noir ! Ce n’est pas cher payé pour l’instant.
Retenez ceci comme un avis d’observateur de longue date : tout ce qui advient aux USA arrive ensuite chez nous dans la décennie qui suit. Parfois plus vite. Qu’il s’agisse des modes, de la politique ou de faits sociaux. Le fin tissu qui nous unit n’est pas seulement économique, militaire ou ce que l’on voudra. Il est continuellement alimenté par les séries télévisées, le cinéma, les matrices narratives, les images de référence. Que cela plaise ou non, qu’on soit d’accord ou pas, il s’agit d’un effet de système profondément ancré. On peut ne pas s’être rendu compte que toutes les social-démocraties européennes répétaient soudainement les mantras clintonistes, ne pas avoir vu Sarkozy répéter en boucle à Rome et à Ryad les absurdités du « choc des civilisations » et ne pas savoir que l’autrice qui écrivait les discours, Emmanuelle Mignon les recopiait directement de Samuel Huntington, ne pas avoir vu le sommet du quai d’Orsay virer néo-conservateur. Mais quand les émeutes urbaines ont éclaté en France, quand on a vu Halloween et Black Friday occuper des millions d’esprits superficiels qui voudraient vivre comme dans une série US ? Non : rien ? Peut-être même qu’il en est encore pour ne pas savoir que Cédric Chouviat est mort d’un geste de policier comme celui commis contre Georges Floyd et que personne n’a été ni suspendu ni inculpé de quoi que ce soit. Et Adama Traoré et… et… Zineb Redouane, vieille dame abattue à sa fenêtre et qui est morte parait-il non de la grenade qu’elle a reçue dans la figure au quatrième étage à Marseille mais d’un arrêt du cœur imprévisible sur la table d’opération !… Peut-être d’autres n’ont-ils pas remarqué que les éborgnements de manifestants ne sont pas des bavures mais un fait désormais universel.
Au fond, peu importe. Aucune alerte, aucune mise en garde n’aura jamais rien produit dans notre pays à part des heures de prêchi-prêcha haineux contre toute forme d’opposition et de dénigrement personnalisé contre les fortes têtes pourchassées sans répit les Jérôme Rodriguez, Taha Bouhafs, Drouet, Dufresne, Wamen et ainsi de suite et pour finir avec Camélia Jordana. Je ne sais comment dire combien cela me désole. Car la suite est écrite. Et ceux qui me lisent savent la lire.
Aux USA, le fil des révolutions citoyennes est resté net : fermentation politique longue depuis Occupy et les Anonymous, évènement fortuit (la mort de Georges Floyd), union sans parti ni représentant, revendication égalitaire (« la vie des Noirs compte »), mobilisation universaliste, non communautaire pour la première fois depuis longtemps, mot d’ordre polysémique fédérateur (« je ne peux plus respirer »). Oui mais voilà : il s’agit des USA et de la première saison de l’après Covid-19. Elle ouvre la crise sociale monstrueuse qui va déferler. Les USA déjà désemparés, inondés de dollars de planche à billets, sans projet collectif, labourés par les socs contraires du petit peuple social et du petit peuple facho. Les USA paralysés par la gélatine du parti démocrate qui a eu la peau de Sanders pour ce néant qu’est Joe Biden. Les USA où les latinos seront dans une poignée d’années la plus importante minorité devant les afro-américains et les beaux blancs protestants. Les USA où le catholicisme sera bientôt la première religion chrétienne du pays modifiant ainsi la matrice spirituelle d’un pays où la religion est sur chaque billet de banque avec la formule « in God we trust ». Les USA et leur dollar bidon, leur État fédéral bringuebalant. Bref, les USA chancelant vont faire vaciller le monde. Trump voudrait interdire les anti-Fas, pendant que des miliciens d’extrême-droite en armes défilent dans les rues. Ils contrôlent ici ou là et les passants, comme nos identitaires dans le métro de Lyon et dans des bus à Lille pendant que les castors pyromanes pérorent loin de toute réalité « faire barrage ! faire barrage ! ».
Les événements nord-américains sont décisifs. Ils nous obligent à faire un point réaliste. Si l’extrême droite « suprémaciste » l’emporte aux USA, ce sera bien autre chose que ce qu’elle a déjà fait en Pologne, Hongrie, Autriche, au Brésil, en Inde ou aux Philippines. Si les nôtres se donnent une expression politique capable d’être majoritaire, tout devient possible dans la civilisation humaine. 

Ayez grand soin de vous monsieur Bernie Sanders ! L’Histoire ne ferme jamais boutique. 

Jean-Luc Mélenchon

mercredi 27 mai 2020

Chronique définitivement confinée en l'honneur du framboisier et de mon chat


Claude-Marie Vadrot

Il y aura bientôt une cinquantaine d’année que j’ai commencé à bêcher mon jardin des environs de Gien, dans la Loiret, je ne savais pas grand-chose de la terre, ayant oublié ce que j’avais vu et essayé dans la ferme morvandelle de mes grands parents.

J’ai vite compris que je me créais une addiction qui dure encore et qui m’a servi d’antidote à chaque retour de couverture journalistique d’un conflit armé lointain, de la guerre du Bangladesh aux Balkans en passant par la Tchétchénie ou le Rwanda. Le jardin potager et fruitier, c’est une ascèse, un remède, un plaisir et une façon de se nourrir. Alors que les cerises sont mures il est temps de se déconfiner définitivement et de revenir aux sujets futiles comme le climat, la pollution, le chômage et ma détestation viscérale de Macron qui ne sait pas ce qu’est le plaisir au jardin et qu’il y a dans le monde plus d’un milliard de jardiniers.
Pour se quitter sur une note douce, sucrée et parfumée, il faut raconter les framboisiers dont les hampes fièrement dressées prés d’un de mes murs qui lui offre juste ce qu’il faut d’ombre. Depuis ce dimanche matin sont apparus les premiers fruits qui seront murs demain ou après-demain quand ils seront passés du rouge pâle au rouge violacé. Le moment où la framboise se détache sans le moindre effort. Pour une série de bouchées qui sont autant d’émerveillements. Rien à voir avec les fruits fadasses, mous et gonflés par l’irrigation, proposés à prix d’or dans le commerce et notamment dans les grandes surfaces qui ne reculent devant aucune escroquerie, fut-elle gastronomique. Si vous pouvez attendre la fin du mois d’aout pour déguster la production d’un autre fruit de rosacée comme la framboise, vous trouverez des mûres sauvages dans les haies, les sous-bois abandonnés et parfois un petit coin négligé d’un jardin. Douces, sucrées, légèrement acides et laissant des traces noires sur les lèvres ou sur les mains, un marquage enfantin dont des millions d’adultes en gardent le souvenir, ces mures sont un autre régal. À condition bien sur que le massif de ronces ne situe pas le long d’un champ traité par un agriculteur adepte des pesticides, même si à la fin de l’été les épandages sont plus rares.
Cette framboise dont le seul nom suffit à déclencher des souvenirs olfactifs entêtants n’a pas été dérobée à un pays ou à un continent lointain par des voyageurs ou des conquérants. Il y a toujours eu des framboisiers sauvages dans les bois et les friches en France et en Europe. Jusqu’en Laponie ou en Sibérie. Simplement, au début du Moyen-âge, les paysans ont commencé à les cultiver et à les planter prés de leurs fermes.
Dans un jardin, un framboisier donne des fruits au bout d’un ou deux ans après sa plantation et sa production dure une dizaine d’années. Mais, souvent, cette espèce est parfois envahissante parce que ces racines souterraines produisent chaque année des «drageons» (nouveau pied spontané), le framboisier se reproduit tout seul. Sinon, il suffit de mettre la tige et les racines dans un trou et d’arroser pendant quelques jours. Ce petit arbuste fait rarement le difficile. Pour le planter ou le multiplier, le jardinier peut choisir entre les nombreuses variétés donnant des fruits rouges ou celles plus rares qui offrent des framboises jaunes comme la sucrée de Metz, la Golden Everest ou la falygold. Toutes aussi gouteuses et parfumées.
Le plaisir gustatif du jardinier peut facilement se compléter d’autres petits fruits en les mélangeant en cuisine la framboise, avec des groseilles (roses ou rouges), la groseille à maquereau plus grosse et également rose ou rouge, le cassis noir et acide, ou une relativement nouvelle venue dans les jardins, la casseille qui est compromis hybride entre la groseille rose ou rouge et la groseille à maquereau dont elle a perdu les épines redoutable. C’est facile car tous murissent à la même période. De plus il est possible de les «mettre en réserve par une congélation qui ne les abîmera pas.
Donc tous ces arbustes à fruits prennent facilement place dans un petit jardin. D’autant plus qu’il est facile de les multiplier par des boutures. Il suffit de couper, en automne, sur une trentaine d’une branche de l’un d’eux, de l’enfoncer dans un pot en terre d’une vingtaine de centimètres de diamètre dans un mélange de sable et de terre. Ainsi, sur mes douze boutures effectuées en octobre dernier, neuf on donné des feuilles ce printemps, preuve que des racines s’étaient développées. Plantés dans le jardin à la mi-ombre et régulièrement arrosés, j’ai donc neuf nouveaux pieds qui donnerons quelques fruits au printemps prochain et formeront des touffes très productives au bout de deux ans.
© Politis 
Voilà, c’est fini, rendez vous au prochain confinement…
Voici Euclide l'être étrange qui veille en permanence sur mon jardin....

politis.fr

vendredi 15 mai 2020

Chronique déconfinée du jardin: le navet n'est pas seulement un mauvais film...


Claude-Marie Vadrot

Il a fait son entrée en cuisine loin du pot-au-feu.

Il y aura bientôt une cinquantaine d’année que j’ai commencé à bêcher mon jardin des environs de Gien, dans la Loiret, je ne savais pas grand-chose de la terre, ayant oublié ce que j’avais vu et essayé dans la ferme morvandelle de mes grands parents. J’ai vite compris que je me créais une addiction qui dure encore et m’a servi d’antidote à chaque retour de couverture journalistique d’un conflit armé lointain, de la guerre du Bangladesh aux Balkans en passant par la Tchétchénie ou le Rwanda. Le jardin potager et fruitier, c’est une ascèse, un remède, un plaisir et une façon de se nourrir. Deux fois par semaine je raconterais ce que je fais, ce que cela m’inspire et à quoi cela sert.
Le navet a longtemps mérité de voir son nom affublé à de mauvais films, à des pièces de théâtre médiocres ou plus récemment à des séries télévisées ne laissant pas non plus un souvenir impérissable. Produit de consommation courante depuis des siècles en France après être venu du Proche Orient, d’Inde ou de Chine, le navet et son cousin jaune le rutabaga, figurait depuis le début du Moyen Age, dans les brouets presque quotidiens d’une majorité de Français. Ceux de la campagne et des villes, mais aussi les plus pauvres.
Même accompagnée d’un morceau de lard ajoutant, au fur et à mesure d’une longue cuisson un vague fumet aux légumes, la soupe au navet ne suscitait pas un grand enthousiasme, même si l’on ajoutait quelques feuilles ou même un trognon de choux. Ce légume racine perdit progressivement sa suprématie dans les menus populaires, dés le XIX° siècle quand la pomme de terre le supplanta. À la fois par son goût, par sa faculté d’être cuisiné de mille façons et sa facilité de culture. Sa disparition progressive des menus familiaux coïncida d’ailleurs, à cette époque, à la naissance de l’attribution de son nom aux mauvais spectacles.
La culture du navet est presque aussi facile que celle de la pomme de terre, quelle que soit sa variété et sa couleur qui va du rose au rouge en passant par le jaune. Qu’on le sème en hâtif ou bien d’une autre variété récolté au début de l’hiver et que l’on met au frais en cave et qui se conserve plusieurs mois au frais. Caractéristiques qui expliquent que les familles pouvaient en consommer pratiquement toute l’année. Il y a le navet dit de Milan, le navet boule d’or légèrement sucré, le navet hâtif d’Auvergne ou le navet de navet de Nancy ou le navet mi-long de Croissy. Et le navet fourragé qui sert à alimenter les animaux et qui est également mangeable quand on le récolte jeune. Un petit navet délicieux lorsqu’il est préparé en le cuisant à la poêle.
Pour tous, il faut tracer un sillon de un à deux centimètres de profondeur et y disposer des graines qui sont remarquablement fines. Quand ces semences sortent de terre au bout de deux à trois semaines, selon la température, vient le temps le plus fastidieux de cette culture. Comme il est impossible de maîtriser le semis en raison de sa finesse, il faut, dés que les plantules arborent quelques petites feuilles, éliminer celles qui sont en surnombre en n’en laissant une tous les 6 à 8 centimètres pour que le légume à venir ait la place de grossir. Ensuite tout se passera bien pourvu que l’on ait choisi un endroit pas trop ensoleillé du jardin.
Il y a maintenant une quinzaine d’année, profitant du retour à la mode des anciens légumes sur les étals de maraichers dans les «paniers» des AMAP, le navet a connu un retour en grâce dans les cuisines familiales et dans celles des restaurateurs. Car ce vieux légume, dont il existe maintenant une trentaine de variétés, ne sert pas qu’à décorer un pot-au-feu (et piqué de clous de girofles) dont il absorbe toutes les fragrances de la viande ou de la poule. Désormais il se cuisine. Notamment, dans une poêle profonde, avec de l’huile d’olives, des oignons, quelques carottes et des herbes aromatiques. Tout le reste est affaire d’imagination en cuisine.

Pour ma part, revenant sur l’image insipide du navet, j’ai repris sa culture et sa consommation sans prendre le moindre risque de surpoids car si son apport en vitamines C et B3 est incontestable tout comme son pouvoir diurétique, son apport calorique est très faible.

politis.fr

dimanche 10 mai 2020

La chronique jardin déconfinée ramène sa fraise


Claude-Marie Vadrot

Un fruit facile à cultiver mais trop de fruits frelatés.

Il y aura bientôt une cinquantaine d’année que j’ai commencé à bêcher mon jardin des environs de Gien, dans la Loiret, je ne savais pas grand-chose de la terre, ayant oublié ce que j’avais vu et essayé dans la ferme morvandelle de mes grands parents. J’ai vite compris que je me créais une addiction qui dure encore et m’a servi d’antidote à chaque retour de couverture journalistique d’un conflit armé lointain, de la guerre du Bangladesh aux Balkans en passant par la Tchétchénie ou le Rwanda. Le jardin potager et fruitier, c’est une ascèse, un remède, un plaisir et une façon de se nourrir. Deux fois par semaine je raconterais ce que je fais, ce que cela m’inspire et à quoi cela sert.
Les fraisiers, contrairement à ce que laissent croire les étals garnis de fruits venus d’ailleurs ou des serres plus ou moins chauffées, sont en fleurs dans mon jardin. Une promesse de fraises pour le début du mois de juin. Les pieds de fraisiers se plantent plutôt en automne pour que leurs racines s’implantent avant le printemps. Ils peuvent provenir de pieds vendus par les maraichers mais aussi des stolons produits par des plants déjà en place. Un stolon est une tige émise par le fraisier au cours de l’été et qui s’enracine dés qu’il parvient au contact de la terre ; dés que les nouvelles apparaissent, il faut séparer le stolon en le coupant et le repiquer dans un godet garni de terre. En fin d’hiver il suffit de les repiquer en pleine terre pour obtenir un nouveau fraisier qui fructifiera l’été suivant. En règle générale un fraisier produit pendant six ou sept ans. Ensuite il faut le remplacer par un nouveau pied ou un stolon. Si on n’utilise pas les stolons, il faut les couper et les jeter car ils épuisent le pied-mère.
Comme terre, les fraisiers préfèrent un sol léger ou sablonneux ; il faut les planter en zone mi-ombre mi-soleil ils craignent la sécheresse et doit être arrosés régulièrement. Mes variétés préférées sont la charlotte, l’ostara et la mara des bois qui sont toutes dites «remontantes». C'est-à-dire qui donnent des fruits à la fin du printemps puis à l’automne. Il y a aussi la gariguette mais elle n’est pas remontante, ne portant des fraises qu’une fois par an. Il y a aussi enfin les « reines de vallées », issues de la fraise sauvage, qui offrent tout l’été des fruits à la fois gouteux et minuscules quand on prend soin de les arroser fréquemment elles craignent aussi le manque d’eau.

Un capitaine de la marine nommé Frézier

Cette dernière variété, sous sa forme actuelle, se dissimule dans les sous bois ombragés. La seule qui a toujours poussé sur le territoire français. Mais elle est également étroitement mêlée à l’histoire de la fraise moderne dont sont répertoriés 600 variétés, beaucoup restant ignorées des consommateurs. Leur arrivée en France, puis en Europe est liée au long voyage sur un trois mats que fit en 1712 un capitaine, architecte de la Marine française. Amédée-François Frézier avait été envoyé sur un navire français pour reconnaitre et cartographier les contours (avec leurs ports) de la côte chilienne. Ce qui signifie que cet officier de la Marine était également un agent secret de la royauté.
Cet homme, dont le nom est une simple coïncidence avec le nom du végétal qui lui a valu sa notoriété, découvrit sur une ile côtière du Chili de grosses fraises, souvent presque blanches mais parfois rouges. Et plutôt bonnes. Le retour vers la France approchant, et les vivres s’épuisant, il décida d’en remporter une quinzaine de pieds. Pas facile ce voyage, en partie effectuée en zone tropicale, là ou les voiles ne se gonflent pas en permanence. Le navire étant encalminé dans ce que les marins nomment le « Pot au noir », il dut arroser fréquemment les précieux plants. Ce qui amena l’équipage à protester contre ce gaspillage d’une denrée vitale à bord des longs courriers. Ce conflit récurent, souvent source de tensions d’affrontement, entrainait parfois des affrontements ou des mutineries contre les officiers du bord, lesquels ne partagent pas obligatoirement la passion du ou des naturalistes embarqués sur tous les grands voyages au long cours.
Heureusement pour Frézier, ses plants arrivèrent sains et saufs au port de Marseille. Il fit cadeau de quelques plants aux naturalistes locaux et emporta le reste au Jardin botanique de Brest, la ville prés de laquelle il venait d’être nommé. Les fraises du nouveau monde furent hybridées sur place et à Plougastel où s’installa l’officier architecte, la petite ville abritant des chantiers navals. Ainsi naquirent les grosses fraises rouges que nous connaissons. Elles conquirent peu à peu le reste du territoire. Et des habitants, en reconnaissance envers un fruit qui fit un temps la fortune de la commune et de ses citoyens et de ses agriculteurs ont créé en 1980 un musée de la fraise et du patrimoine.
Pour ceux qui n’ont pas la place de les cultiver, restent les fraises que l’on trouve dans le commerce. Là, c’est une loterie qui n’est pas vraiment liée à la variété mais surtout aux conditions de culture, aux pesticides, engrais utilisés, au recours à des serres, chauffées ou non. La fraise qu’il faut absolument fuir est celle qui se cultive à contre-saison dans le sud de l’Espagne. Un fruit inventé en Californie et dont la grosseur et le gout évoque la tomate. Pour la reconnaitre, elle et ses imitations françaises, en général, autour du pédoncule subsiste une petite zone verte.

Et il ne faut jamais se fier au parfum car trop de variétés ont été inventées en fonction de ce critère pour attirer les chalands…

politis.fr

jeudi 7 mai 2020

Chronique jardin déja déconfinée; la courgette et ses fleurs délicieuses


Claude-Marie Vadrot

Culture facile d'un légume vieux de 10 000 ans.

Il y aura bientôt une cinquantaine d’année que j’ai commencé à bêcher mon jardin des environs de Gien, dans la Loiret, je ne savais pas grand-chose de la terre, ayant oublié ce que j’avais vu et essayé dans la ferme morvandelle de mes grands parents. J’ai vite compris que je me créais une addiction qui dure encore et qui m’a servi d’antidote à chaque retour de couverture journalistique d’un conflit armé lointain, de la guerre du Bangladesh aux Balkans en passant par la Tchétchénie ou le Rwanda. Le jardin potager et fruitier, c’est une ascèse, un remède, un plaisir et une façon de se nourrir. Deux fois par semaine je raconterais ce que je fais, ce que cela m’inspire et à quoi cela sert.
La courgette. Plutôt les courgettes, plutôt même les courges, car les variétés de ce légume qui n’est parfois qu’un « objet » décoratif, sont légion. La courgette, qui n’est qu’une courge immature, il y en a des vertes, des quasiment noires, des jaunes, des blanches ou des rondes dites de Nice. Et puis il y a les potirons, les citrouilles et leurs nombreuses déclinaisons ou encore les potimarrons ou les pâtissons qui ont tous des ancêtres cucurbitacées découverts par Christophe Colomb et quelques autres aventuriers de la vieille Europe. Ils en ont rapporté des graines séchées.
Ce sont ces « pépins » dont taille permet de présumer du type et de la grosseur du fruit à venir qu’il est possible de planter fin avril ou début mai, car ce légume a besoin d’un peu de chaleur. Et surtout, comme la plupart des légumes de printemps, il est gélif, c'est-à-dire détruit ou endommagé par le gel. Une opération aisée car il suffit de les placer à plat dans un petit trou profond de deux ou trois centimètres à arroser régulièrement pour que le pépin germe. Il est également possible de le disposer dans des petits godets biodégradables, ce qui permet ensuite d’enterrer ces pots garnis de terre de semis ; dés que la germination a donné des plants surmontés de deux ou trois petites feuilles, les mettre en terre ; et les fleurs commencent à apparaitre deux mois plus tard. Et peu à peu, le pot se dissout dans le sol. Le concombre, qui est une autre cucurbitacée mais qui est lui originaire des pentes de l’Himalaya et de l’Inde se cultive exactement de la même façon.
Si ce légume qui servait autre fois de réserve d’eau aux voyageurs traversant un désert de pierres ou de sable, a commencé à être cultivé en Asie il y a trois millénaires la culture des courges se pratiquait déjà il y a une dizaine de milliers d’années en Amérique centrale dont les habitants de l’époque, comme les populations découvertes par les conquérants espagnols, n’en consommaient que les graines séchés au soleil. Ce sont elles que les pillards de la péninsule ibérique emportèrent puis avant de les semer et de découvrit que leur chair, assaisonnée, pouvait agréablement se manger. Ce n’est qu’au XVIII° siècle que les Espagnols et les Italiens découvrirent que les courges, cueillies prématurément étaient meilleures, tendre et sans beaucoup de pépins. Ils venaient d’inventer la courgette dont la longueur normalisée, lors de la vente aux consommateurs est en France (sauf si elle est ronde) ne doit pas dépasser une vingtaine de centimètres. D’ailleurs, plus elle est petite, plus elle est savoureuse. Les amateurs de courgettes doivent être attentifs car une fois formées il ne faut que quelques jours pour qu’elles atteignent leurs (petites) tailles optimum.
Restera plus aux gourmets qu’à s’intéresser aux belles et grosses fleurs jaunes. Elles sont plutôt éphémères mettant une journée, au mieux deux, avant de flétrir irrémédiablement, qu’elles soient mâles ou femelles. Seule cette dernière un fruit si elle est fécondée. Quand on veut s’offrir des beignets de courgettes en les plongeant dans une pâte légère (une vraie friandise !) il faut savoir choisir pour ne par compromettre la récolte.

Pas facile, faut s’entrainer en sachant que la mâle se trouve au bout d’une petite tige bien dressée alors que la femelle est plus trapue et que l’on peut distinguer l’amorce du futur fruit. Faut s’entrainer pour ne pas (trop) se tromper…

politis.fr

dimanche 3 mai 2020

Chronique jardin déconfinée : le radis facile à faire pousser rapidement


Claude-Marie Vadrot

Un petit légume pour apprendre à jardiner.

Il y aura bientôt une cinquantaine d’année que j’ai commencé à bêcher mon jardin des environs de Gien, dans la Loiret, je ne savais pas grand-chose de la terre, ayant oublié ce que j’avais vu et essayé dans la ferme morvandelle de mes grands parents. J’ai vite compris que je me créais une addiction qui dure encore et qui m’a servi d’antidote à chaque retour de couverture journalistique d’un conflit armé lointain, de la guerre du Bangladesh aux Balkans en passant par la Tchétchénie ou le Rwanda. Le jardin potager et fruitier, c’est une ascèse, un remède, un plaisir et une façon de se nourrir. Deux fois par semaine je raconterais ce que je fais, ce que cela m’inspire et à quoi cela sert.
Le radis fait partie des légumes que l’on sème dans les jardins d’école, si exigus soient-ils, que les enseignants utilisent pour faire comprendre aux enfants comment poussent les plantes et légumes qu’ils mangent et voient s’aligner en bottes dans les gondoles des supermarchés ou sur les étals des marchés.
Explication : leurs cycles de croissance sont très courts et les mômes, comme les adultes qui apprennent le jardinage dans les jardins partagés qui sont en plus de plus en plus nombreux au pied des immeubles. Ils sont meilleurs que les radis, chargés de nitrates ou pesticides et sans saveur, vendus dans la grande distribution toute l’année.

Semer les radis, roses ou rouges, est très facile pour les enfants comme pour les adultes. On trace un sillon, on place les graines rondes et minuscules dans ce sillon : à un centimètre de profondeur pour les variétés rondes et à deux centimètres pour les variétés longues. Ensuite, il faut les recouvrir d’un peu de terre, et tasser avec la partie plate d’un râteau. Il existe une autre méthode : en utilisant des radis « pré-semés », emprisonnés et espacés dans une fine bande de papier biodégradable placées au fond du sillon (attention au vent). On arrose la bande et on recouvre d’une terre fine. En procédant ainsi, on évite d’avoir à « éclaircir » les semis, opération qui donne aux semences assez de place pour grossir. Eviter éviter de semer les (gros) radis rose de Chine dont l’apparition en France est plus liée à un effet de mode qu’à leur gout : ils sont insipides.

Les radis n’ont pas été dérobé aux Amérindiens puisqu’ils semblent avoir été cultivés depuis des milliers d’années en Mésopotamie et consommé à Babylone, dans les fameux jardins de Babylone non pas dans les mythiques « jardins suspendus » qui n’ont existé que dans la légende, mais sur des terrasses construites dans les limites de la ville, arrosées par un système d’irrigation complexe amenant l’eau de l’Euphrate. Ils ont doucement migré vers l’ouest en faisant une longue halte en dans la Grèce antique où ils étaient dédiés à Apollon. Ils ont été appréciés par les Romains puis les Italiens. Ce qui explique qu’ils aient été apportés en cadeau à la France par la jeune Catherine de Médicis avant son mariage avec Henri II. Les variétés qu’elle apporta furent semées dans l’enceinte du château de Blois.

Des variétés parvenues auparavant étaient connues en France depuis des siècles puisque au IX° siècle, suivant la tradition des Carolingiens, Charlemagne publia un capitulaire (décret organisant la vie du royaume) dressant le liste des « légumes » dont la culture devait être développée ; le radis y figurait en bonne place. Mais les missi dominici de l’empereur n’étaient pas toujours écoutés car les Français ne commencèrent guère à croquer les moins coriaces avant le XVIII° siècle. C’est au siècle précédent que les gros radis noirs furent largement consommés. Les ronds comme les longs, deux légumes-racines . D’autant plus que la tradition, qui perdure, leur prête des vertus médicinales notamment le noir sur la qualité de notre digestion, surtout consommé sous forme de jus. L’avantage du radis c’est sa teneur en vitamines et son faible apport calorique qu’il s’agisse des très gros radis roses dont le gout n’est pas bouleversant ou des radis « 18 jours » qui sont mangeable au bout d’un mois. Pour les petites espèces, il est d’ailleurs conseillé de consommer les fanes (le feuilles) que je mêle souvent à mess soupes de verdure. Celles à base d’oseille, notamment.


Sans oublier que les radis qu’ils furent le surnom, dans les années 30, des radicaux réputés être rouge à l’extérieur, blancs à l’intérieur. Sans que l’on sache clairement d’où vient l’expression « ne plus avoir un radis »…

politis.fr

mercredi 29 avril 2020

Chronique jardin déconfinée: quand les tomates empoisonnaient


Claude-Marie Vadrot

Quand les agronomes réinventent la tomate cerise qui pousse naturellement dans les Andes.

l y aura bientôt une cinquantaine d’année que j’ai commencé à bêcher mon jardin des environs de Gien, dans la Loiret, je ne savais pas grand-chose de la terre, ayant oublié ce que j’avais vu et essayé dans la ferme morvandelle de mes grands parents. J’ai vite compris que je me créais une addiction qui dure encore et qui m’a servi d’antidote à chaque retour de couverture journalistique d’un conflit armé lointain, de la guerre du Bangladesh aux Balkans en passant par la Tchétchénie ou le Rwanda. Le jardin potager et fruitier, c’est une ascèse, un remède, un plaisir et une façon de se nourrir. Deux fois par semaine je raconterais ce que je fais, ce que cela m’inspire et à quoi cela sert.
Tomates : 120 millions de tonnes sont produites et consommées chaque année dans le monde, 7 millions dans l’Union européenne et 830 000 tonnes en France. Sous toutes les formes y compris les «sauces innommables» importées de Chine et parfois d’Italie et n’ayant pas grand-chose à voir avec le légume trônant sur les étiquettes. En France, mais aussi dans une moindre mesure en Italie, la production commercialisée est en baisse depuis quelques années. Les agriculteurs de la FNSEA accusent à grands cris les producteurs espagnols en oubliant que cette diminution est d’abord liée à la production des jardins privés et associatifs dont les propriétaires et usagers augmentent chaque année, la production consommée. Depuis que la plupart des jardiniers amateurs se sont lancés dans la tomate. Parce qu’ils se sont rendus compte qu’elles avaient plus de gout que les tomates de production industrielle et qu’il est très facile de les faire pousser, qu’elle que soit la surface de terrain dont on dispose…

Planter

Deux méthodes donnent de bons résultats. La première consiste à semer dans une pastille de tourbe ou de fibres de coco compressée. Après l’avoir plongée quelques minutes dans l’eau pour qu’elle prenne l’aspect d’un cylindre de trois centimètres de haut, une fois gorgée d’eau. À une extrémité de cette pastille gonflée un petit trou dans lequel on glisse une minuscule graine de tomate. Ensuite mettre les cylindre les uns à côté des autres et au bout de quelques semaine la (promesse de) tomate apparait et grandit. À condition que la chaleur et la luminosité aient été suffisantes. Il est possible d’avoir un meilleur résultat en plaçant les cylindre dans une mini serre électrique chauffante d’une dizaine de watts de puissance et recouverte d’un couvercle dotée de un ou deux orifices d’aération. Exposition mi-ombre mi soleil et en extérieur. Quand la tomate atteint une dizaine de centimètres plante le cylindre en terre sans y toucher. Cette opération se déroule de février à avril et les premières tomates, selon la variété choisie, commencent à murir entre fin juin et fin juillet.
La deuxième méthode (plus onéreuse) consiste à acheter des plants de tomate à un maraîcher en attendant la fin avril pour éviter les gels tardifs. Pour lui donner force et résistance, enterrer un partie de la tige, ce qui permet à des racines supplémentaires de se développer. Comme engrais bio deux pincées de corne torréfiée aident les tomates à pousser et à donner une belle récolte de plusieurs kilogrammes. Y compris sur un appui de fenêtre ou un balcon ; dans de grands pots.

Fruit ou légume

D’abord, un rappel : bien que considérée par la plupart de ses consommateurs comme un légume, tomate est un fruit. Les paysans de la montagne vénézuélienne qui m’ont fait un jour lointain, gouter les petites tomates dont les tiges couraient sur le sol plus de 3000 mètres d’attitude dans la région de Mérida les mangeait comme tels en dépit de leur acidité. Sur toute la façade pacifique, de la Colombie au Chili, on trouvait (et on trouve encore) ce petit légume sauvage se ramasse sur des terres plus peu fertiles. Des années plus tard, en France, je vis surgir sur les étals une « tomate » minuscule vendue fort cher. Des ingénieurs agronomes avaient inventé la « tomate cerise » sans savoir qu’elle existait dans la nature. La légume « volé » comme bien d’autres aux Amérindiens, débarqua en Europe par l’Espagne au début du XVI° siècle, les plus grosses arrivant à la même époque du Mexique. De la péninsule ibérique, la tomate passa en Italie où elle fut bien accueillie. Par contre, les Français la considérèrent comme un poison jusqu’à la Révolution et l’un des premiers catalogues Vilmorin publié une quinzaine d’années plus tôt la présentait comme une plante d’ornement vénéneuse Ce sont les Révolutionnaires marseillais montés à Paris qui en réclamant et le fruit et sa sauce dans les gargotes de la capitale réussirent à briser la méfiance d’une majorité de scientifiques de l’époque. Et la tomate retrouva la pomme de terre qui sauva Paris d’une famine sous la révolution, dans les jardins, les champs, les restaurants et les catalogues.

Les agronomes s’emparèrent du nouveau légume pour créer des tomates de grosseurs, formes et de couleurs différentes. Au point que les spécialistes répertorient aujourd’hui près de 600 «pomme d’amour» officiellement reconnues en France.

politis.fr

dimanche 26 avril 2020

Parmentier n'a pas inventé la pomme de terre venue des Andes


Claude-Marie Vadrot

y aura bientôt une cinquantaine d’année quand j’ai commencé à bêcher mon jardin des environs de Gien, dans la Loiret, je ne savais pas grand-chose de la terre, ayant oublié ce que j’avais vu et essayé dans la ferme morvandelle de mes grands parents. 

J’ai vite compris que je me créais une addiction qui dure encore et qui m’a servi d’antidote à chaque retour de couverture journalistique d’un conflit armé lointain, de la guerre du Bangladesh aux Balkans en passant par la Tchétchénie ou le Rwanda. Le jardin potager et fruitier, c’est une ascèse, un remède, un plaisir et une façon de se nourrir. Deux fois par semaine je raconterais ce que je fais, ce que cela m’inspire et à quoi cela sert.
Après le haricot, voici la pomme de terre aux variétés encore plus abondantes car il s’en crée presque tous les ans. Après des années d’essais, pour le goût, la durée de croissance, la résistance aux maladies et la faculté de se conserver dans une cave jusqu’à la récolte suivante, je m’en tiens à la Mona Lisa, la Yona, la Kerpondy et la Bintje qui fut inventée aux Pays Bas au tout début du XX° siècle. Sans oublier Amandine originaire de l’Ile de Ré que je cultive en primeur en la plantant au mois de février en la protégeant sous une série de petits tunnels rigide qui la mettent à l’abri du gel. Ainsi, en moment (maintenant) où je plante tous les autres, les pieds d’Amandine ont une quinzaine de centimètres de hauteur et seront récoltées début juillet. Au moment où je fini les vieilles en purée.
Pour planter les autres, vers la fin avril, sauf s’il gèle, même procédé, quelle que soient les variétés. Quand on dispose d’un local aéré et lumineux on aligne les plants de pommes de terre dans un cageot sans les entasser. Opération à faire fin janvier- début février. Ce qui permet aux germes de sortir et de se former prêt pour la plantation d’avril. Mais on peut aussi les planter avant cette germination. Et se garder d’acheter des patates pré-germées (n’importe comment) dans une jardinerie. Il ne reste plus qu’à tracer les sillons à (au moins) une quarantaine de centimètres les uns des autres, de faire des trous espacés d’une quarantaine de centimètres et de dix centimètres de profondeur. La pomme de terre supporte assez bien la sécheresse mais apprécie d’être arrosée quand elle fleuri.
Comme d’autres légumes elle a été dérobée (puis mondialisée) aux Latino-américains par les conquistadores. Les débuts de sa culture remontent à au mois une dizaine de milliers d’années mais la patate sauvage n’a pas disparu des haut-plateaux andins qui dominent la ville de Lima et j’en ai trouvé il y a quelques années en montant au dessus de la ville de Cuzco, non loin du « Parc de la pomme de terre » créée par la communauté indienne Quechua à la fin des années 90. Sur une douzaine de milliers d’hectares s’étageant de 3000 à 4800 mètres, dans la Vallée Sacrée des Incas, les communautés villageoises ont pris en charge la conservation et la multiplication d’au moins 600 variétés dont certaines restent autochtones alors que d’autres, comme les terres à la chair bleuâtre, dites d’Artois a été (illégalement) exportée et plantée en France.
Ramenée par les Espagnols et autres pillards, la patate s’installa progressivement en Europe. Sauf en France dont les habitants, les scientifiques et les cultivateurs expliquaient qu’il s’agissait d’un poison. Fable colportée par l’Eglise catholique et les producteurs de céréales, ces derniers y voyant une « concurrence ». Il fallut l’action coordonnée d’Antoine Parmentier, pharmacien militaire qui en avait mangé avec plaisir quand il était prisonnier de guerre en Hollande, et Philippe-Victoire de Vilmorin (1) jeune naturaliste progressiste, pour vaincre la rumeur du tubercule empoisonneur. Ils organisèrent une campagne de relations publiques auprès de Louis XVI, de la Cour et des Parisiens. Bien que rivaux déclarés auprès d’un dame que le second épousa leur opération fut un grand succès et la pomme de terre entra rapidement dans les champs, les jardins et sur les tables des Français de toutes conditions. Car elle était plus simple à cultiver et plus nourrissante.

Mais on était encore loin de la frite surgelée…

(1) Pour en savoir beaucoup plus, lire « La saga des Vilmorin » (Claude-Marie Vadrot, Editions Delachaux et Niestlé).

mercredi 22 avril 2020

Chronique jardin déconfinée: l'épopée des haricots


Claude-Marie Vadrot

Un légume venu  de loin pour coloniser l'Europe.

Il y aura bientôt une cinquantaine d’année quand j’ai commencé à bêcher mon jardin des environs de Gien, dans la Loiret, je ne savais pas grand-chose de la terre, ayant oublié ce que j’avais vu et essayé dans la ferme morvandelle de mes grands parents. J’ai vite compris que je me créais une addiction qui dure encore et qui m’a servi d’antidote à chaque retour de couverture journalistique d’un conflit armé lointain, de la guerre du Bangladesh aux Balkans en passant par la Tchétchénie ou le Rwanda. Le jardin potager et fruitier, c’est une ascèse, un remède, un plaisir et une façon de se nourrir. Deux fois par semaine je raconterais ce que je fais, ce que cela m’inspire et à quoi cela sert.
Cette deuxième chronique s’intéresse donc aux haricots. Le pluriel est de rigueur car les variétés en sont nombreuses mais elles se cultivent à peu près toutes de la même façon. Je les sème une première fois pendant le mois d’avril c'est-à-dire quand la terre est suffisamment réchauffée. Le sol du jardin doit être au dessus d’une dizaine de degré à la plantation et au cours de la dizaine de jours, le temps que le haricot germe et sorte de terre. Règle qui s’applique à toutes les variétés. Les haricots se sèment en ligne séparée d’une quarantaine de centimètres mètre et à deux centimètres de profondeur. Soit je dispose les grains tous les 6 à 8 centimètres les un des autres soit dans ce que l’on appelle des « poquets » espacés d’une de quarante centimètres, des petits trous dans lesquels on dispose cinq haricots. Quand les pieds de haricots nains ont atteint une quinzaine de hauteur, il faut les butter pour renforcer leurs tiges en ramenant la terre de chaque côté de la plante : ce qui les aide à supporter le vent et le poids des gousses. Le jardinier qui aime ce légume peut en semer tous les 15 jours jusqu’à le fin du mois de juillet pour faire des récoltes jusqu’à la fin de l’été.
Mais selon vos gouts et la grandeur du jardin, les haricots seront nains ou à rames (grimpants et s’enroulant sans aides sur un haut tuteur), jaunes (dit beurre), violets (couleur disparaissant à la cuisson), mangetout (comme son nom l’indique), et filet (sans fils si cueilli jeunes). Sans oublier le haricot plat (nain ou grimpant) dont les origines géographiques sont douteuses mais qui est notamment délicieux frit rapidement à la poêle. D’autres variétés mangées sous forme de grains séchés que la tradition populaire a autrefois tous confondus sous le nom de « fayots ». Un terme péjoratif d’argot militaire (pour le haricot et les individus) dérivé de la langue d’Oc. Ces haricots en grain de toutes couleurs qui sont toutes cultivées pour leurs grains frais ou séchés aux couleurs très diverses possèdent des noms d’usage, d’appellation protégée et je me souviens que dans le jardin de Pierre Perret, prés de Nangis, celui-ci ne jurait que par le « lingot » ou le « Tarbais » pour préparer son cassoulet.
Le haricot vient de loin et permit dés sa découverte d’aller loin ; découvert par Christophe Colomb à Cuba au début du XVI° siècle puis par beaucoup d’autres en Amérique du Sud où l’on ne consommait que ses grains. Ils embarquèrent en cale ces haricots secs : comme vivres et pour les montrer dans la vieille Europe. Il y a quelques années, navigant à bord du Belém du Brésil à la France, je remarquais un grand tonneau. Imposant mais vide et lesté pour qu’il ne bascule pas. J’appris alors qu’il était à l’origine d’un dicton, « c’est la fin des haricots » pour signifier une situation difficile. Tout simplement parce qu’à bord, pendant les longues traversée, quand les vivres commençaient à manquer, l’équipage était nourri avec les haricots et que les officiers constataient qu’on atteignait le fond des tonneaux, le capitaine était informé que la situation à bord devenait difficile car c’était la fin des haricots ; et qu’il était donc urgent d’atteindre une terre ou de réduire les rations sous peine de mutinerie. Le haricot devint alors une véritable providence pour l’Europe. Mais il fallu attendre la fin du XVIII° siècle en Italie pour que des jardiniers découvrent que les gousses vertes pouvaient également se manger avec plaisir.
Mais première reconnaissance officielle de succès, a lorsque Catherine de Médicis débarqua à Marseille en 1553 pour se marier à Henri III elle apporta en cadeau un grand sac de ces haricots. 6000 ans après les indiens d’Amérique puis les Aztèques ou les Mayas...

... les Européens adoptaient progressivement les Fabacées sous toute leurs formes.

politis.fr

dimanche 19 avril 2020

Chronique jardin déconfinée: comment semer et planter sans se planter


Claude-Marie Vadrot

Il y aura bientôt une cinquantaine d’années que j’ai commencé à bêcher mon jardin. 

Le jardin potager et fruitier, c’est une ascèse, un remède, un plaisir et une façon de se nourrir. Deux fois par semaine je raconterai ce que je fais, ce que cela m’inspire et à quoi cela sert.
Il y aura bientôt une cinquantaine d’années que j’ai commencé à bêcher mon jardin des environs de Gien, dans le Loiret. Je ne savais pas grand-chose de la terre, ayant oublié ce que j’avais vu et essayé dans la ferme morvandelle de mes grands-parents. J’ai vite compris que je me créais une addiction qui dure encore et qui m’a servi d’antidote à chaque retour de couverture journalistique d’un conflit armé lointain, de la guerre du Bangladesh aux Balkans en passant par la Tchétchénie ou le Rwanda. Le jardin potager et fruitier, c’est une ascèse, un remède, un plaisir et une façon de se nourrir. Deux fois par semaine je raconterai ce que je fais, ce que cela m’inspire et à quoi cela sert.
En ces premiers jours d’avril et en cette quatrième semaine de confinement, ce sont les cerisiers, les pommiers et les poiriers en fleurs qui m’accompagnent. Quant aux pêchers, ils me rappellent que le désordre climatique est une réalité quotidienne car après une apparition précoce des bourgeons, toutes leurs jolies fleurs roses ont gelée en une nuit trop froide succédant à la douceur. Le jardinage, tout comme l’agriculture d’ailleurs, n’est pas une science exacte, surtout quand le froid s’installe quelques jours et que les insectes pollinisateurs manquent à l’appel de la formation des fruits. Cet hiver qui vient, je devrais me contenter de ce qui me reste de pêches au sirop préparées l’année dernière.
Quant aux cerisiers aux fleurs passées tout prêt du zéro, ils ne sont pas encore sauvés. Il est vrai qu’à l’origine, l’Arménie d’où ils auraient été ramenés par un général romain, Lucullus, qui guerroya dans la région quelques années à la fin du premier siècle avant notre ère. Mais cette légende n’explique pas pourquoi il y avait alors déjà des merisiers dans les forêts gauloises et que cet arbre fruitier nait d’un noyau de cerise tombé en terre par le principe de la gravité ou apporté par les oiseaux. Lesquels adorent les merises, mini « cerises » noires au gout à la fois âcre et sucré.

Merisiers

En mon jardin comme dans les autres, si on n’y prend pas garde, ils deviennent envahissants et il faut les arracher pour n’en garder que quelques uns qui deviennent aussi imposants et aussi vieux que les cerisiers. L’année dernière l’un des miens s’est couché sous le poids de ces cerises et la force du vent. On dit dans les campagnes et les jardins que sentant la fin venir les arbres fruitiers produisent une dernière fois à profusion avant de mourir. Venues de très loin, certaines variétés surprennent par leur comportement : il y a de cela une trentaine d’année, je découvrais à la fin du repas, chez un ami cultivant son jardin au bord du Lac Baïkal, un fruit rond jaune à queue courte veiné de rouge. Délicieux. J’en ai rapporté quelques noyaux dont certains, enterrés dans un mélange de sable et de terre m’ont donné une tige fragile aussitôt replantée.
Miracle, dix ans plus tard il a donné ses premiers fruits identiques au « modèle ». Depuis cet arbre devenu imposant et vigoureux offre des « cerises de Sibérie » dont j’ai plus tard apporté un pot aux fruits conservés dans l’alcool. Mais nous n’avons pas expliqué, malgré les avis de multiples spécialistes, pourquoi cet arbre fleurit en mars alors qu’en Sibérie le sol est encore couvert de neige et la température largement négative. Pourtant ses fruits sont murs et sucrés seulement à la fin du mois de septembre, comme dans le jardin du lac Baïkal. Comme une imprégnation qui dure… Quant au partage des cerises et merises avec les oiseaux, nous avons conclu un accord : je cueille la partie basse et ils s’occupent des hautes branches.
À part cela les petits pois mesurent pour l’instant une dizaine de centimètres de hauteur et résistent à la sécheresse en cours, les pommes de terre primeur aussi et les radis restent une minuscule promesse comme la coriandre, que l’on nommait persil arable avant de l’acclimater en France, qui sera cueillable pendant le ramadan. 

Et je viens de remarquer qu’une orchidée abeille vient de surgir dans l’herbe.

politis.fr

mercredi 27 septembre 2017

Quand la baisse des APL déshabille surtout le logement social...

Guillaume Duval

Quel va être le principal résultat de la baisse des APL, qui est de 5 euros par mois cette année et qui pourrait être portée à 50 euros l’an prochain ?

Cela va surtout appauvrir les organismes HLM, qui vont devoir compenser cette baisse pour leurs locataires, dont la grande majorité bénéficie de ces prestations, contrairement à ce qui va se passer dans le secteur privé. Pour les HLM de la ville de Paris, cela représente un trou de 25 millions d’euros par an, selon Ian Brossat, l’adjoint en charge du dossier.
Les organismes HLM avaient par ailleurs déjà vu leurs subventions pour la construction de nouveaux logements sociaux amputées de 185 millions d’euros en 2017, dans le cadre du plan d’économies décidé en juillet dernier. Ce qui aura pour conséquence d’empêcher 12 000 logements très sociaux de sortir de terre.
Ce n’est certainement pas en agissant de la sorte que l’on va réussir à avoir des logements sociaux mieux entretenus pour pouvoir lutter plus efficacement contre la délinquance et les incivilités dans les quartiers. Sans compter que cela ne risque pas d’aider à rénover les logements sociaux plus vite, pour qu’ils soient mieux isolés énergétiquement afin de réduire la facture des locataires tout en améliorant la balance commerciale du pays.
Et ce n’est évidemment pas ainsi qu’on va pouvoir construire les dizaines de milliers de logements très sociaux supplémentaires, indispensables pour pouvoir accueillir (enfin) les quelque 60 000 personnes reconnues prioritaires au titre du droit au logement opposable (Dalo) qui attendent, parfois depuis 2008, que les pouvoirs publics veuillent bien leur trouver un logement...

Alternatives Economiques

mercredi 26 juillet 2017

Jupi t’es rien ?

Jean Ortiz          

"Nous l’avions dit, le réveil sera rapide, brutal, et beaucoup auront la gueule de bois. Nier qu’on y est serait niais ! Jupi t’es de plus en plus « rien ». Alors, tirons tous ensemble sur le pieu (« l’estaca ») !"
Il se prenait pour le roi des dieux, nom de Dieu... rien moins que Jupiter. Le dieu des dieux romains, nom de Zeus, le Grec ! Dès octobre (un bon mois, bolchévisé) 2016, il se proclamait, du haut d’une Olympe aristo-financière, par anticipation, « jupi-terrien ». Quelle modestie !!! Quelle simplicité !! Etre ainsi aussi proche du peuple ! Mais comment rester les pieds sur terre lorsque l’on a disposé, paraît-il, d’un SMIC par jour comme argent de poche ? Jupi-terrien !! Le plus haut, le plus fort, le plus autoritarien, le plus « hors de portée » des pouilleux si terriens, si dissolus. Le roi de la terre, et des cieux, le roi des hommes, le monarque absolu devenu la plus haute divinité... Absolue. Ab-so-lue. La cuisse de Jupiter fait des miracles ... en trompe-l’œil.
Lui et ses marionnettistes de la finance, des médias, ont réussi un coup d’arnaque : avec 15% de vote d’adhésion, ils ont fait main basse sur le peu de démocratie qu’il nous restait. Pour cela, ils n’ont pas hésité à cacher un moment leurs ailes, et à descendre provisoirement de leur Olympe. Mais aujourd’hui, ce sont les chiffres qui descendent en flèche ; les sondages sont au rouge pour le jupiterrien... Deviendrait-il peu à peu un jus pis t’es rien ? 10% de moins en un mois. Belle performance ! En marche arrière toute ! Leur morgue, leur superbe, soudain, brillent moins, baissent d’un ton, et même d’un thon.
Nous l’avions dit, le réveil sera rapide, brutal, et beaucoup auront la gueule de bois. Nier qu’on y est serait niais ! Jupi t’es de plus en plus « rien ». Alors, tirons tous ensemble sur le pieu (« l’estaca ») ! C’est de bonne augure pour le succès de la « Fête de l’Huma », et pour la journée de mobilisation nationale du 12 septembre. Le président « de composition » doit atterrir plus vite qu’ils ne l’avaient prévu, lui et ses mentors. Ils ont menti à tort. « Ne cau pas prener’se per coulhons ».

Le peuple français n’entend pas être sacrifié à Jupiter, tel un veau, une vache, ni même un bœuf ! Mais il est vrai que chez les Rothschild, on ne connaît que le veau d’or.

humanite.fr

dimanche 6 novembre 2016

« Crains qu'un jour un train ne t'émeuve plus »

chronique1barriere.jpgCorinne Morel Darleux

Parce que nos trains le valent bien, une chronique spéciale en trois épisodes consacrée au rail : sa dimension sensuelle et romanesque, la casse qu'en ont fait les politiciens, et enfin, dans le troisième et dernier épisode, un appel au coup de klaxon citoyen.
Voyage, magie, liberté : dans la folie du temps, le train reste une échappée de liberté et de poésie. Dans cette « Ode au rail », notre chroniqueuse célèbre le si beau chemin de fer. (Reporterre)
Moi c'est le sifflet du 23h29. Ce petit coup de brume dans le lointain qui surgit dans la vallée du Diois, se répercute sur les falaises du Vercors, et vient vous rappeler qu'il est l'heure de jeter un dernier oeil à la Lune avant d'aller se coucher. On a tous un souvenir resté dans un train qui s'éloigne ou revient, un attachement de gamin, des envies de transsibérien.
Ces trains de nuit vont et viennent,
brillent et disparaissent,
pareils à des météores
-Henry Miller, préface pour Le train bleu de L C Powell-
Il existe un rapport sensuel et affectif au train, nourri d'imaginaire romanesque. Encore plus fort dans le cas des trains de nuit et des voyages au long cours. Le bruit répétitif des rails, le balancement qui berce les couchettes, les noms évocateurs de « vallée blanche », « palombe bleue », « le train bleu », les images anciennes de voiture-restaurant surannée, les banquettes en skaï, et les paysages qu'on voit défiler. Des voyages profonds, intimes, qui sollicitent le regard, l'ouie, le toucher.
Le train avait ralenti son allure
Et je percevais dans le grincement perpétuel des roues
Les accents fous et les sanglots
D'une éternelle liturgie

-Blaise Cendrars-
Bien sur, les trains d'aujourd'hui sont souvent éloignés de ces souvenirs de sépia papier. Les TGV filent si vite qu'on a à peine le temps de capter les arbres couchés, les fleuves fugaces et les champs floutés par la vitesse. Les vitres sont hermétiquement fermées, le wagon bar aseptisé, et les passagers plantés les uns à côté des autres sans un regard de côté.
Mais certaines lignes de trains régionaux ou d'Intercités en ont gardé les qualités. Il suffit pour s'en assurer de prendre le train de nuit de Paris à Briançon. Embarquer un soir d'hiver gare d'Austerlitz, griller une dernière clope sur le quai, frigorifiée, se glisser dans une couchette en se contorsionnant et là, savourer, les yeux entrouverts, de contempler à travers la vitre rayée les néons du quai, pelotonnée dans trois grammes de couverture SNCF.
C'est vrai que j'suis épais comme un sandwich SNCF
-Renaud, Marche à l'ombre-
Un dedans-dehors qui rejoint presque, un instant, le frisson des bivouacs et le plaisir un peu subversif de dormir à la belle étoile les nuits d'été. Une demie-heure pour s'endormir, une demie-heure pour se réveiller, et en une heure quel que soit le trajet vous vous retrouvez à destination, juste à temps pour le premier café...
Un voyage en train, c'est du temps volé sur le quotidien. Le dernier lieu où l'on lit, faute de wifi, où on s'endort bercée même en plein après-midi, où on laisse le regard planer sur le paysage en laissant divaguer ses pensées. Un des derniers lieux de mixité où se cotoient des familles en loden-mocassins, des passagers clandestins qui jettent alentour des regards inquiets, des personnes agées qui ne savent jamais où mettre leur valise et de jeunes échevelés bardés de sacs à dos.
Le train c'est enfin des images plein la tête de conquête de l'Ouest, des chemins de fer hurlant, l'ére industrielle à vapeur, les wagons blindés, des frayeurs et des yeux écarquillés. Observez n'importe quel gamin au croisement d'une voie ferrée. Lequel d'entre nous n'espère pas encore secrétement que les barrières vont se fermer juste devant, là, vite, pour voir le train passer ? Qui ne s'est jamais exclamé en voyant défiler les wagons sur un paysage de montagnes, Oh regarde ! Le train !
Ô mon amie hâte toi. Crains qu'un jour un train ne t'émeuve plus !
Regarde le plus vite pour toi
Ces chemins de fer qui circulent
Sortiront bientôt de la vie
Ils seront beaux et ridicules
-Guillaume Apollinaire-
Voilà pourquoi on aime les trains. De manière irréfléchie, spontanée, affective et sensuelle. Voilà pourquoi on rêve encore, au fond de soi, de destins de cheminots au long cours, comme de marins sur un cargo. Voilà pourquoi je me suis retrouvée comme une gamine ravie dans la cabine d'un conducteur de train à crever d'envie d'actionner le signal qui projette le coup de sifflet dans la vallée...

- A suivre...

lespetitpoissontrouges.org

mardi 30 août 2016

Valls et Sarko : même combat ? De l’instrumentalisation du « burkini » : « Le burkini et les bourricots ».

AccueilJean Ortiz

Jamais la France n’aura eu un premier ministre aussi provocateur, méprisant, matamoresque, cynique... Comme Sarko et le FN, il a décidé que les prochaines présidentielles porteraient sur « l’identité », la « sécurité », la « nation », à la sauce ultra réact, reléguant ainsi la question des questions : la « question sociale »... 
 
La polémique sans cesse relancée, burinée, sur le « burkini » relève d’une offensive proche de la « révolution nationale » du bon maréchal. Bien qu’elle puisse apparaître burlesque, elle n’en est pas moins dangereuse, instrumentalisée de tout bord ; elle peut se terminer par la mise à mort de la République, alors que nous avons besoin d’une République et d’une laïcité ouvertes, intégratrices, d’inclusion. Mais ces hommes sont prêts à tout, à mettre la France à feu et à sang s’il le faut, comme ceux qu’ils dénoncent, pour asseoir leur ambition personnelle et surtout servir un capitalisme de plus en plus carnassier dont ils sont les hérauts besogneux.
La France est menacée d’éclatement, de fragmentation, oui, par leur politique antisociale, leur inféodation à l’Union européenne et aux Etats-Unis, ravagée par une austérité létale, l’austérité pour « ceux d’en bas ». Ces politicards créent les conditions pour que des jeunes français, ne se sentant pas exister, se retournent criminellement contre leur pays. La révolte populaire est en partie récupérée par le FN et « les islamistes », qu’on le veuille ou non. C’est qu’ils « offrent » des illusions trompeuses et mortelles d’appartenances fallacieuses. Notre pays est orphelin d’un grand pôle de gauche véritable, radicale, révolutionnaire, tribunicienne, et de proposition d’alternative anticapitaliste ; orphelin d’un parti communiste fort, enraciné dans les milieux populaires, internationaliste.
 
Autant de raisons pour réussir une grande et belle Fête de l’Humanité.
 

samedi 30 juillet 2016

Les jeux olympiques du XXI ème siècle : la guerre par d'autres moyens

La tentative d'exclure la Russie des jeux fait partie de ce combat d'arrière-garde de l'administration Obama sur le départ

Un feuilleton dans le droit fil de l'anomie du monde. Les Occidentaux veulent interdire les Jeux olympiques à la Russie pour cause de dopage avéré sous la supervision directe des autorités russes. 

Avant de tenter d'y voir clair nous allons décrire l'histoire des Jeux olympiques, l'avènement du dopage, une ancienne méthode de triche. Ensuite nous expliquerons pourquoi la décision du CIO est injuste, enfin nous ferons le constat de l'anomie du monde.

Les Jeux olympiques symboles de paix
 
Les Jeux olympiques ont accompagné la civilisation grecque. À une période de l'année tous les quatre ans les cités se déclaraient la paix. Ce sont des concours sportifs organisés entre les cités grecques antiques créés au cours du VIIIe siècle av. J.-C. et perdurent pendant plus de mille ans. On fixe traditionnellement les derniers jeux en 393 ap. J.-C. après l'interdiction de l'empereur Théodose sous les conseils de Ambrose l'évêque de Milan. (1)
Tenir mille ans, c'est dire si cette manifestation sportive a eu du souffle. Près de 1500 ans plus tard, les Jeux olympiques ont été réhabilités dans une forme différente Pierre de Coubertin fut l'un de ceux qui participèrent à la réhabilitation. Ce dernier nous dit l'encyclopédie Wikipédia « Fervent partisan de la colonisation » - « dès les premiers jours, j'étais un colonial fanatique » il voit dans le sport, à l'instar de nombreuses élites de la IIIe République, un instrument utile de « disciplinisation des indigènes ». Pour certains, Coubertin est, de surcroît, clairement raciste : « Les races sont de valeur différente et à la race blanche, d'essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance ». Fidèle en cela à une vision inclusive des indigènes ayant l'apanage d'une certaine force physique, dont l'homme occidental lui apprend à se servir. Cette vision du monde ne se limite d'ailleurs pas aux seuls domaines colonial et ethnique ; elle frise parfois l'eugénisme. Pour lui, toute société est divisée entre forts et faibles. « Il y a deux races distinctes: celle au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l'air vaincu. » (1)
Il n'est pas étonnant de ce fait que les Jeux olympiques de 1936 eurent lieu dans une Allemagne hitlérienne et que personne ne trouva à redire quand Hitler ne voulut pas serrer la main de Jesse Owen qui rafla les médailles de la course à pied. On dit aussi que le baron Pierre de Coubertin, y assista fasciné par le Furher qui lui aurait octroyé une pension.

Le dopage dans les jeux: une histoire toujours d'actualité
 
S'agissant du dopage, durant les Jeux olympiques anciens, les athlètes suivent un régime et une hygiène stricts. Initialement, le régime est commun (pain d'orge, de bouillie de froment, de noix, de figues sèches et de fromage frais). Pausanias mentionne qu'au milieu du Ve siècle, l'entraîneur Dromeus de Stymphale, ancien vainqueur olympique, introduit un régime carné plus adapté. L'hygiène de l'athlète consiste à prendre un bain puis s'enduire le corps d'huile d'olive et le saupoudrer de sable afin de régulariser sa température et le protéger du soleil.(1) C'était les premières tentatives d'augmenter les performances musculaires autrement que par l'exercice physique. La disqualification de Ben Johnson provoque donc une sorte de séisme olympique à forte visibilité médiatique, et le monde entier prend soudain conscience du problème du dopage. Pourtant, le dopage dans le sport, et plus particulièrement aux Jeux olympiques, est loin d'être un phénomène nouveau. De tout temps, l'homme a en effet cherché à augmenter ses capacités physiques par l'absorption de diverses substances : ainsi, durant les Jeux de l'Antiquité grecque, les concurrents consommaient de grandes quantités de viande pour augmenter leurs chances de victoire, ce qui était interdit et sanctionné. Les sauteurs mangeaient de la viande de chèvre en raison des aptitudes de cet animal alors que les lanceurs et les lutteurs préféraient la viande de boeuf. » (1)
Pour ce qui est des Jeux modernes, Thomas Hicks, vainqueur du marathon en 1904 à Saint-Louis, ne put rallier l'arrivée que grâce à l'« aide » de son entraîneur qui lui fit deux injections de sulfate de strychnine et lui fit avaler une bonne rasade de cognac français. À cette époque, on ne parle pas de dopage et Hicks est félicité pour sa victoire. On commence à parler de dopage en 1928 : la Fédération internationale d'athlétisme interdit le recours à des substances stimulantes; mais il n'existe ni moyens de contrôle ni règlements spécifiques en la matière ; cette interdiction demeure très symbolique, le respect de celle-ci relevant donc de la seule rigueur morale des concurrents. Une pratique « dopante » se répand dans les années 1930 : comme le déficit en oxygène limite les performances dans les sports d'endurance, les Japonais inaugurent l'inhalation d'oxygène avant les compétitions. Puis les hormones synthétiques s'invitent aux Jeux dans les années 1950. En 1960, le cycliste danois Knud Enemark Jensen décède, prétendument victime d'une insolation, dans la course contre la montre par équipes de 100 kilomètres: l'autopsie révèle des traces d'amphétamines, dont l'absorption est plus sûrement la [...] En 1967, le CIO a interdit l'utilisation de drogues améliorant la performance dans la compétition olympique. Lors des Jeux olympiques d'été de 1968, le CIO officialise les contrôles antidopage et oblige les femmes à se soumettre à des tests de féminité. En 1989, le CIO met en place les contrôles inopinés. Le premier athlète olympique contrôlé positif pour utilisation de drogues améliorant la performance est Hans-Gunnar Liljenwall, un athlète suédois pratiquant le Pentathlon moderne. Lors des Jeux olympiques d'été de 1968, il perd sa médaille de bronze pour consommation d'alcool. Il est le seul athlète à être contrôlé positif pour une substance interdite aux Olympiques de 1968. » (2)
Le cas le plus connu d'usage de drogues est le vaste programme de dopage des athlètes en Allemagne de l'Est de 1970 à 1980. Durant tous les jeux qui se sont déroulés, aucun pays n'est épargné et il est malvenu de donner des leçons. Le CIO prend les devants dans la lutte contre les stéroïdes lorsqu'il crée une Agence mondiale antidopage (AMA) indépendante en novembre 1999. Cette lutte antidopage se ressent dès les Jeux olympiques d'été de 2000 et Jeux olympiques d'hiver de 2002 où alors que les Jeux ne sont pas encore terminés, plusieurs médaillés en haltérophilie et au ski de fond furent disqualifiés en raison d'avoir échoué à un test antidopage. Pendant les Jeux olympiques d'été de 2012, plus de 6 000 contrôles ont été effectués. Les contrôles d'urines tests sanguins ont été utilisés dans un effort coordonné pour détecter les substances interdites et les récentes transfusions sanguines. Avant même le début des Jeux de Londres, 107 athlètes furent écartés. » (2)

Participation de la Russie aux JO de Rio
 
On dit que le CIO soumis à de multiples pressions, surtout de l'Agence mondiale antidopage (AMA) et l'agence américaine antidopage (Usada) a décidé de laisser les fédérations décider à sa place Le CIO a pris une sage décision concernant la suspension ou la participation de la Russie aux JO : cette décision est très flottante sur le plan juridique. Mais comme l'intérêt est ailleurs... le dimanche 24 juillet, le CIO a rendu une décision qui ne plaît pas aux nouveaux combattants de l'intégrité sportive. En voici les éléments les plus intéressants. Dès le début, le CIO reconnaît que l'enquête n'a pas respecté les droits de la défense et n'a que survolé le dossier, en la justifiant par les contraintes liées à l'urgence - ce qui met déjà en doute « l'indépendance » et la pertinence de la commission McLaren. Toutefois, rejetant formellement le principe de la responsabilité collective, le CIO demande aux Fédérations internationales de se prononcer sur la composition des délégations russes par sport. Mais les Fédérations internationales, elles, sont libres d'appliquer la responsabilité collective, comme le fait la Fédération internationale d'athlétisme. »(3)

Le deux poids, deux mesures du CIO
 
Il n'empêche que la décision n'est pas juste : « En rendant cette décision, le CIO, qui s'appuie tout d'un coup sur le droit, viole au passage plusieurs principes juridiques universellement reconnus. Le CIO exige que seuls les athlètes russes n'ayant jamais été touchés par une affaire de dopage puissent participer aux JO de Rio. Même s'ils ont été sanctionnés auparavant et que la durée de la sanction est passée. Autrement dit, un athlète suspendu pour deux ans, par exemple, pour dopage il y a cinq ans, ne pourra pas participer aux JO alors que sa peine a expiré. C'est totalement illégal. Imaginez qu'un homme soit condamné pour vol... et privé de ses droits à vie. Par l'exigence précédente, le CIO viole également le principe d'égalité. Car des sportifs non-russes ayant été condamnés pour dopage et ayant passé le temps de leur disqualification pourront participer aux JO de Rio. Tous les sportifs ne sont donc pas sur un pied d'égalité. La « présomption d'innocence » ne peut donc leur être appliquée dans ce cas. L'affaire sort de la volonté de l'agence américaine antidopage Usada de s'attaquer au sport russe. C'est elle qui lance l'AMA, qui demande par la presse la suspension de la Russie, qui soutient « les transfuges » qu'elle s'est payée en les personnes de Rodchekov et Stepanova. Cette même hargne se voit au sein de la Fédération internationale d'athlétisme dont le président, le Britannique Sebastian Coe, a été changé au bon moment, en 2015, pour lancer toute l'affaire. (...) Même lorsque le verdict est tombé, ils n'ont pas baissé les bras, et l'AMA et l'Iaaf ont proposé immédiatement aux autres fédérations de les aider à bien « choisir » les sportifs russes qu'ils laissent passer ». (3)Il y a à n'en point douter deux poids, deux mesures.

Les Jeux olympiques comme un outil de la nouvelle Guerre froide
 
Il n'est pas étonnant que l'on parle des Jeux olympiques comme outil de la nouvelle Guerre froide : « Le sixième principe fondamental de l'olympisme (non-discrimination de toute nature, y compris sur la nationalité et l'opinion politique) semble être oublié depuis longtemps. Dans la Grèce antique, la compétition des meilleurs athlètes a été en mesure de mettre fin à une guerre et servir comme un pont de compréhension entre deux ennemis récents. Mais au cours du XXe siècle, les Jeux olympiques sont devenus une arme politique. En 1980, les États-Unis et leurs alliés ont boycotté les Jeux à Moscou comme une protestation contre les troupes soviétiques qui étaient entrées en Afghanistan à la demande du gouvernement légitime de ce pays (en revanche, les Jeux olympiques de l'Allemagne nazie de 1936 ont eu lieu comme d'habitude, sous les applaudissements du monde civilisé). Le 8 mai 2016, le programme CBS 60 Minutes a diffusé une émission au sujet du dopage en Russie. Les interviews tournaient autour de l'enregistrement des conversations entre un ancien membre du personnel de l'Agence antidopage de Russie (Rusada), Vitaly Stepanov, et l'ex-directeur du laboratoire antidopage de la Russie à Moscou, Grigory Rodchenkov. Ce programme était le quatrième épisode d'une longue série à propos de la prétendue existence d'un système pour soutenir le dopage dans le sport russe. Quelques jours plus tard, le New York Times a publié une interview avec Rodchenkov. C'est l'ancien fonctionnaire qui affirme qu'un programme de dopage soutenu par l'État était actif aux Jeux olympiques de Sotchi et que la commande de ce programme était venue presque directement du président russe.» (4)

Pourquoi la guerre encore et toujours ?
 
L'hégémonie planétaire des Etats-Unis ne doit jamais être remise en cause. Et ce fait tout sera fait par les vassaux de l'Empire et par les médias mainstream pour maintenir cet état de tension. Dans une contribution remarquable, Paul Craig Roberts parle à la fois de la malhonnêteté des journalistes, mais aussi de la colère de Poutine concernant les boutefeux : «(..) Toute personne informée sait qu'il n'y a pas besoin d'une force de défense contre la Russie dans les pays baltes et en Pologne. Cela mis à part, seul un imbécile total peut penser que 3000 ou 4000 soldats (...) Récemment, le président Poutine a carrément passé un savon aux médias occidentaux prostitués qui attisent les flammes de la Troisième Guerre mondiale en répétant sans les remettre en question les mensonges propagandistes de Washington. Ces mensonges sont irresponsables. Ils mettent en danger toute vie sur la planète Terre. Pendant ma vie, des présidents américains ont travaillé à réduire les tensions entre les deux grandes puissances nucléaires. JFK a travaillé avec Khrouchtchev pour désamorcer la situation dangereuse provoquée par l'installation de missiles américains en Turquie et, en réponse, le placement de missiles russes à Cuba. Le président Nixon a donné naissance à SALT I, le traité de limitation des armes stratégiques et le traité ABM [sur la limitation des systèmes antimissiles balistiques, NdT]. Le président Carter a travaillé à SALT II. Le président Reagan a négocié avec Gorbatchev la fin de la Guerre froide, la réalisation la plus prometteuse du XXe siècle.
Les régimes de Clinton, George W. Bush et Obama ont fait tout ce qui était possible pour exacerber les tensions entre les puissances nucléaires à des hauteurs dépassant celles des jours les plus dangereux de la Guerre froide. Le régime malfaisant de Clinton a trahi la promesse du gouvernement des États-Unis, ruinant ainsi l'honneur de ce même gouvernement, en amenant l'Otan aux frontières de la Russie. Le régime funeste de George W. Bush a retiré les États-Unis du traité ABM et a réécrit leur doctrine militaire afin de faire passer les armes nucléaires d'un instrument de rétorsion à une arme de première frappe. Cet acte insensé a mis les Russes en garde. Le régime diabolique d'Obama vise à placer des missiles nucléaires aux frontières de la Russie, en Pologne et en Roumanie, et a manigancé un coup d'État en Ukraine dans l'intention de priver la Russie de sa base navale dans la mer Noire en Crimée. (5)
Le 18 juillet, le président russe Vladimir Poutine avait exhorté l'Agence mondiale antidopage à présenter des preuves des accusations de dopage à grande échelle. « Nous l'avons dit depuis toujours : le dopage n'a pas sa place dans le sport qualifiant néanmoins de 'dangereuse' l'intrusion de la politique dans le sport. Tous les pays ont à un moment ou un autre triché, notamment les donneurs de leçons. En l'occurrence, il n'y a pas de manu polite (mains propres). Les jeux actuels sont un outil de pression, une arme de l'Empire contre tous ceux qui ne plient pas.

La tentative d'exclure la Russie des jeux fait partie de ce combat d'arrière-garde de l'administration Obama sur le départ. Nous sommes loin de la symbolique des Jeux olympiques tels que la Cité grecque les mettait en oeuvre pour assurer la trêve qui souvent débouche sur la paix définitive. Dans ce XXIe siècle de tous les dangers, les Jeux olympiques, pour paraphraser Carl Von Clausewitz, sont « la continuation de la guerre par d'autres moyens ».

Notes

1.Les jeux olympiques https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_de_Coubertin
2.P. Lagrue,: http://www.universalis.fr/encyclopedie/jeux-olympiques-le-dopage-et-les-jeux/
3.http://russiepolitics.blogspot.fr/2016/07/participation-de-la-russie-aux-jo-de.html
4.http://lesakerfrancophone.fr/les-jeux-olympiques-comme-un-outil-de-la-nouvelle-guerre-froide
5.http://lesakerfrancophone.fr/vladimir-poutine-est-le-seul-dirigeant-qua-loccident


lexpressiondz.com