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lundi 17 août 2015

Reviens, Solon, ils sont devenus fous !

Maxime Vivas                   

On a tort de s’énerver sur les jeunes immergés dans leurs Smartphones, tablettes et autres écrans accusés de briser les liens sociaux (« De mon temps, on se parlait ! »). En vérité, c’est la calculette du ministre allemand des Finances qui rend autiste et sec. 

J’étais en Grèce il y a quelques semaines et j’y ai vu ce que Wolfgang Schäuble ne saurait voir.
Oradour-Sur Glane ? Ils en ont plus de 900, comme Distomo, village exterminé par la 4e division Waffen-SS. Ne remuons pas un passé presque vieux comme Hérode. N’empêche ! Comment ne pas être bouleversés par l’exposition en vitrine (remember !) de centaines de crânes de suppliciés qui ont péri éventrés, déchiquetés, décapités ? Le plus jeune avait un an.
Je me demande si Angela Merkel ne devrait pas rembourser une dette à la Grèce naguère occupée, martyrisée et pillée.
J’ai vu le défilé des Thermopyles. En août de l’an 480 avant notre ère, avec pour mission (glorieusement réussie) de ralentir la marche de l’ennemi pour laisser à l’arrière du front le temps d’organiser la défense, 300 soldats grecs menés par Léonidas 1er y affrontèrent 10 000 Perses dans un combat de légende qui dura trois jours. Je ne voudrais pas faire une fixette sur l’Allemagne, mais il me revient en mémoire que, dans la Résistance, Roger Vailland développa un réseau de renseignements qu’il baptisa (et ce n’était pas un hasard) « Le réseau Thermopyles », lequel s’avéra d’une extraordinaire efficacité contre l’occupant.
J’ai vu le théâtre d’Epidaure, chef-d’œuvre du génie grec (« Souvent imité, jamais égalé »). Assis tout en haut, j’ai entendu ma compagne, minuscule sur la scène centrale, me chanter une chanson grecque. Je l’ai remplacée pour faire résonner un chant des Républicains espagnols dont on sait qu’ils ont été défaits par les franquistes épaulés par les Allemands de la légion Condor qui s’illustra à Guernica. Encouragé, un jeune français me succéda pour offrir aux 13 000 gradins (vides à 99,99 %) un autre chant républicain (anarchiste) espagnol. Emotion.
Avec un petit groupe, nous avons dîné dans la taverne traditionnelle San Stou Psirri à Athènes en compagnie de Farid Fernandez, ambassadeur de la république bolivarienne du Venezuela, inquiet pour la Grèce, ce « Petit pays par sa superficie, mais grand par son Histoire ». Les événements récents autorisent à inverser : « Grand par son Histoire, mais petit... », hélas ! Nous avons fini la soirée dans un festival antiraciste.
En l’an 640 avant notre ère, quelque part dans une rue avoisinante, était né Solon, un des Sept Sages de la Grèce antique, homme d’État, législateur et poète, vénéré par Xénophon, Platon et Aristote. Il est l’inventeur de la démocratie. Il a aboli une partie des dettes privées et publiques, supprimé l’esclavage pour dettes, faisant passer, pour la première fois au monde, l’intérêt général avant l’intérêt particulier.

J’imagine que Wolfgang Schäuble aurait refusé de se trouver dans la même pièce que lui, non pas parce que Solon était Grec comme Yanis Varoufakis, mais parce qu’il avait probablement contaminé Brecht, Engels et Marx.

Le Grand Soir

jeudi 2 septembre 2010

Albanie, le pays des aigles.

Athanase Vantchev de Thracy

À Arviol Lika

« L’amour est libre comme une main sur le sable » (Primo Shllaku *)

Albanie

Ma tendre Albanie, pays des aigles clairs,

Montagnes vertigineuses, vallées énigmatiques,

Autel illyrien où les seigneurs auliques

Sont morts en défendant tes fanions fiers !



Agron, roi antique, tu peux dormir heureux,

Tes fils ont sauvegardé les limes de ton pays,

Bénis soient saint Paul et l’âme de saint Asti

Pogron et Skanderbeg, Bushati, prince des preux !



J’aime ton ciel vierge, la mer Adriatique,

Tes cimes où dort l’azur, tes lacs et tes forêts,

Les blancs voiliers qui ornent la mer Ionique,



L’arôme de tes fruits, tes hommes, tes chants de paix !

Et le soir venu, sous le murmure des vents

Epris de ta beauté, je sens vibrer ton sang !


Athanase Vantchev de Thracy

Marrakech, le 28 juin 2010

Glose

Albanie : Superficie : 28 748 km2, population : 3 619 778 habitants en 2008, capitale : Tirana.

Les Albanais descendent des Illyriens, peuple indo-européen qui s'est installé dans la région de la côte dalmate au XXe siècle av. J.-C. au nord, au moins jusqu'à Save, à l'est jusqu'à la Morava du Sud, et dans le cours supérieur du Vardar. Le texte le plus ancien mentionnant l'existence des Illyriens remonte à Hérodote, au milieu du Ve siècle av. J.-C.

Un royaume illyrien s’est ainsi étendu de la côte dalmate aux régions côtières de l’Albanie actuelle (incluant la Croatie actuelle, le Monténégro, la Bosnie et le Kosovo) et a atteint l’apogée de sa puissance sous les règnes du roi Agron, et de sa fille, la régente Teuta (dont la capitale Shkodër ou Shkodra, (Scutari en italien), était situé au nord de l'Albanie) au milieu du IIIe siècle av. J.-C. Ce royaume est devenu une forte puissance maritime, mettant ainsi en danger le commerce de la République romaine. En conséquence, en 168 av. J.-C., Rome conquiert l’Illyrie, qui reste sous son autorité pendant plus de cinq siècles. La région est christianisée du Ier siècle au IIe siècle notamment par saint Asti et saint Paul, et demeure majoritairement catholique durant 18 siècles. L'Illyrie devient un centre important reliant Rome et Byzance par la Via Egnatia.

Le nom d'Albanoï apparaît pour la première fois au IIe siècle, dans un texte du géographe Ptolémée. Ce nom réapparaît ensuite régulièrement, à partir du Xe siècle, sous la plume des chroniqueurs byzantins.

À la suite du partage de l’Empire romain en 395, l’Albanie est intégrée à l’Empire d’Orient (Byzance). Les provinces illyriennes sont dévastées par des tribus nomades, les Goths au IVe siècle et les Huns au Ve siècle, les Slaves au VIe siècle et les Bulgares au VIe et VIIe siècles. Craignant d’être submergés, les Albanais, migrent vers le sud et se concentrent dans les régions montagneuses escarpées correspondant au nord de l'Albanie actuelle (presque 3 000 mètres d'altitude) où ils restent sous la tutelle théorique de l’Empire byzantin.

Conquête ottomane

À la fin du XVe siècle, l’Albanie fut conquise par les Ottomans, en dépit d’une farouche résistance nationale rassemblée derrière le seigneur Georges Kastriot Skanderbeg (1403-1468), fils du prince d'Epire Gjon Kastrioti (Jean Castriote). Pendant près d’un quart de siècle, ce héros national - salué par les papes Nicolas V et Pie II du nom de « champion du Christ » - infligea de rudes défaites aux troupes turques, sans pouvoir toutefois les chasser définitivement. Après la mort de Skanderbeg, les provinces albanaises retombèrent dans leurs déchirements féodaux, et le sultan Murat II acheva d’abattre ce "rempart papiste".

De nombreux Albanais fuirent alors vers l’Italie, formant la communauté des Arbërresh, qui existe encore aujourd'hui.

L’histoire de l’Albanie sous l'occupation ottomane, du XVIe jusqu’à 1912, fut marquée par une succession de révoltes qui échouèrent toutes dans le sang ; les plus célèbres furent celle des Bushati à Shkodra (1796), et celle d’Ali Pacha (1822), en Epire. Au cours des XVIe et XVIIe siècles, le pays s’islamisa, peut-être à cause des réductions fiscales accordées aux convertis. Certains d'entre eux devinrent par la suite des soldats ou des fonctionnaires de l’Empire ottoman (on compte notamment plusieurs vizirs et cinq grands vizirs albanais).

La conclusion de la guerre russo-ottomane de 1877-1878 annonça le réveil du sentiment national albanais. En effet, le traité de paix cédait aux états balkaniques victorieux la totalité du pays : le Sud aux Grecs, le Nord aux Serbes et l’Est aux Bulgares. Pour faire face à ce démembrement, les représentants des diverses communautés albanaises se réunirent à Prizren et décidèrent de créer une ligue armée dans le but de se défendre et d’obtenir l’autonomie. Connue sous le nom de Ligue de Prizren, cette union fut dissoute par les puissances européennes mais demeura une étape importante vers l'indépendance.

Indépendance

Indépendante depuis 1912, l'Albanie attendra 1918 pour être fixée dans ses frontières actuelles, alors que la moitié de ses terres est partagée entre le Monténégro, la Serbie, la Macédoine et la Grèce. Elle connaît alors une courte période démocratique (marquée notamment par Fan Noli), avant d'être soumise à un régime autocratique du Président Ahmed Bey Zogu, qui se proclame ensuite roi des Albanais. Cependant, nul ne peut nier les efforts de Zogu pour moderniser l'Albanie. Ainsi, sous son régime, est promulgué un Code Civil, d'après le code suisse, une Banque Nationale est créée, la reforme agraire donne de la terre aux paysans et la presse connaît un essor pendant les années 1920–1930.

En 1939, le pays est occupé par l’Italie; la couronne du Royaume d'Albanie passe alors au roi Victor-Emmanuel III. L’Albanie devient un protectorat italien. La résistance albanaise s'organise autour du Parti communiste d'Albanie, sous la direction d'Enver Hoxha et en liaison avec le mouvement de Tito en Yougoslavie. Le 16 septembre 1942, la première Conférence de libération nationale, à Peza, regroupe les communistes, les monarchistes, les nationalistes républicains du Balli Kombëtar et le mouvement des frères Kryeziu. Cette conférence donne naissance au Mouvement de Libération National - LNÇ (MLN ou en albanais LNÇ, Levizje Nacional Çlirimtare) dirigé par huit membres dont Enver Hoxha et Abaz Kupi. Ce dernier, exclu du MLN en novembre 1943 quand le mouvement passe sous le contrôle exclusif des communistes, fonde le parti de la Légalité (Legaliteti), fidèle au roi.

Dès avril 1943 le SOE (Special Operations Executive - en français : Direction des opérations spéciales) parachute des équipes pour encadrer les maquis de résistance, au départ sans considération politique. La Première brigade de partisans de Mehmet Shehu, celle qui assurera la reconquête du pays à l'automne 1944, est d'ailleurs instruite par Neil McLean, David Smiley et Julian Amery. À partir de la fin 1943, les Britanniques vont essentiellement soutenir la résistance nationaliste et royaliste, comme en Yougoslavie.

La période communiste

L'Albanie connaît un gouvernement communiste stalinien après sa libération totale en novembre 1944. En effet, le leader communiste stalinien Enver Hoxha devient Président d'une république populaire proclamée le 11 janvier 1946 et s'installe, de fait, en dictateur du pays. L'Albanie est dès lors coupée du reste du monde jusqu'en 1990 avec la chute du régime. L'Albanie est cependant reconnue par la France du général de Gaulle dès janvier 1946. La France sera d'ailleurs l’un des seuls pays occidentaux, avec l'Italie, l'Autriche et la Suisse, à entretenir des relations diplomatiques avec l'Albanie communiste.

La Grande-Bretagne et les États-Unis tenteront en 1949–1951, en pleine Guerre froide, de renverser le régime communiste en infiltrant des commandos de réfugiés politiques albanais. Ce projet Valuable échouera du fait de la trahison de l'agent double Kim Philby.

La transition du communisme au capitalisme s’est avérée extrêmement difficile pour la population : des gouvernements faibles et parfois corrompus ayant dû faire face à un très fort taux de chômage (estimé à 40 % après la crise économique de 1989–1992), un chaos consécutif à l’effondrement d’un système frauduleux d’envergure nationale d’investissement pyramidal (mars 1997), une grande insécurité et d’importants mouvements d’émigration (principalement vers la Grèce et l’Italie) puis d’immigration suite au conflit du Kosovo voisin, en 1998-1999.

Note *

Primo Shllaku (né en 1947) : un des plus grands poètes contemporains albanais.

http://www.athanase.org/index.php?option=com_content&view=article&id=552:albanie-francais&catid=1:poesies&Itemid=2

vendredi 13 août 2010

Alger (3)

Aloufok

par La Rédaction

Les troupes de Charles Quint, lèvent l’encre le 2 novembre 1541

Après la bataille de Tunis (1) en 1535 et dans le but de sécuriser ses positions méditerranéennes, Charles Quint (2) décide, lors de la diète de Ratisbonne en 1541, de s'emparer d'Alger qui est devenue une véritable base "corsaire", (au sens du corso méditerranéen) sous la houlette des frères Arudj (3) puis Khayr ad-Din Barberousse (4).
En octobre 1541, l'empereur réunit une flotte de plus de de 65 vaisseaux de guerre, 451 navires de transport commandée par son l'amiral Andrea Doria, quoique ce dernier désapprouve une expédition à pareille époque de l'année. Alger était alors sous l'autorité d'un pacha (5) intérimaire, nommé Hassan Agha, d'origine sarde et fils adoptif de Khayr ad-Din Barberousse, celui-ci étant devenu grand amiral de la flotte ottomane depuis 1538. Hassan Agha, renforce les fortifications, les arsenaux et fait raser les arbres autour des remparts. Après avoir débarqués sur la plage du Hamma, le 23 octobre, l'empereur installe son camp sur les hauteurs sur la colline du Coudiat saboune, au lieu-dit du marabout de Sidi Yacoub (futur Bordj Moulay el Hassen et Fort l'Empereur). La défense de la ville est assurée par mille 1500 janissaires (6) et 6000 morisques (7) réfugiés récemment amenés d'Espagne, alors que l'expédition impériale est composée d'une troupe de 12300 matelots et 23000 combattants : 6000 espagnols et siciliens, 5000 italiens, 6000 allemands, 3000 volontaires de toutes nationalités, 150 chevaliers de Malte (8), 200 gardes de la Maison de l'Empereur, 150 officiers nobles dont le célèbre Hernán Cortés et 2000 cavaliers.
La journée du 24 octobre est marquée par des combats intenses sans qu'un quelconque avantage se dégage ; le 25 octobre, en fin d'après-midi, un orage d'une violence inouïe éclate. La tempête va se déchainer toute la soirée et même la nuit entière. Au petit matin, la pluie ne cessant de tomber, rend inutilisable la poudre pour les canons et les arquebuses (9) ; plus de 140 navires sont fracassés sur la côte alors que des dizaines d'autres ont coulé à pic avec hommes et biens. Les troupes impériales sont alors décimées par les troupes d'Hassan Agha et les irréguliers venus des campagnes environnantes. L'armée impériale bat ensuite en retraite vers le Cap Matifou (10) dès le 29 octobre, sur les conseils d'Andrea Doria (13).
La retraite est désastreuse pour les forces impériales car la route est coupée par une crue de l'oued El-Harrach (11) tandis que les troupes algéroises et irrégulières les harcèlent, leur occasionnant de grandes pertes - plus de 3000 morts. Les survivants arrivent le 1er novembre à Tamentfoust (12), où Andrea Doria (13) s'était mis à l'abri avec la flotte rescapée. Les troupes de Charles Quint, lèvent l'encre le 2 novembre, et se réfugient à Béjaïa (14) (Bougie), alors toujours aux mains des espagnols, qu'ils quitteront le 27 novembre pour l'Espagne. La défaite de l'Empereur sera accueillie avec une joie immense par la France et son roi, Francois Ier, alors ennemi déclaré du Habsbourg.
Après cette débâcle célèbre, qui est connue sous le nom de « désastre d'Alger », la ville va devenir la plus puissante des villes neuves de la Méditerranée. La Régence d'Alger, solidement établie, va durer trois siècles, jusqu'en 1830.
La marine royale, sous le commandement de Abraham Du Quesne, bombarde Alger en 1683.
En 1830, motivé par les ressources agricoles de la "Mitidja" », Charles X (15) envoie un corps expéditionnaire français commandé par le général de Bourmont, ministre de la guerre prendre possession de la ville qui tombe le 5 juillet 1830, trois semaines après avoir débarqué à Sidi-Fredj (16) (Tipaza) situé à 30 km à l'ouest. Simple raid à l'origine, l'occupation française va se prolonger pendant plus de 130 ans, et marquer profondément la cité qui comptait à peine 30 000 habitants à cette époque.
La ville, bâtie en amphithéâtre sur un rocher dont l'inclinaison est tournée vers l'Est, s'étendait alors, dans la partie comprise entre les actuels rue Benganif, boulevard Hahkad, la Casbah (la citadelle) et le port, soit 3 200 mètres de remparts avec cinq portes (Bab El-Oued, Bab Azzoun, Bab Dzira, Bab El Bhar et Bab Jedid) qui enfermaient environs 12 200 maisons de grandeurs diverses contenant toutes une cour d'une plus ou moins grande étendue. Les faubourgs constituaient la campagne avec de belles villas enfouies dans un cadre de verdure et de vastes jardins qui faisaient l'admiration des Européens. La ville haute, le Djebel, constituait la vraie ville avec ses mosquées, ses zaouïas (17) et ses rues étroites.
Au lendemain de la colonisation, la ville est maintenue comme capitale de la nouvelle colonie d'Algérie, où une commission de gouvernement et un conseil municipal institués par Bourmont remplacent l’administration turque. Puis dès 1848, elle devient le siège de la préfecture du département du même nom, permettant ainsi développement rapide, grâce à l'arrivée d'émigrants européens au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, principalement d'origine française, tandis la population locale se concentre plutôt dans une Casbah en voie de taudification.
Afin d'investir la ville, deux ressources s'offrent aux colons : soit celle d'occuper les habitations mauresques, en s'adaptant à leur architecture ; soit celle d'en démolir quelques-unes pour construire des voies carrossables et des places pouvant servir aux rassemblements de troupes et aux marchés.
La topographie de la ville, accidentée dans sa partie ouest et n'offrait qu'une zone basse légèrement plane dans sa partie est, qui en bordure de mer pouvait, grâce au voisinage du port, avoir un plus grand intérêt économique. Ainsi, c'est dans cette dernière zone qu'il y eu le plus de transformations.
On commença par quelques démolitions entre Bab-Azoun et la Marine, ainsi que dans la rue des Souks pour permettre aux chariots de circuler librement. On continue le tracé des rues Bab-Azoun, Bab el Oued et de la Marine qui ont été auparavant simplement élargies. Pour les deux premières, on construit des rues à arcades et on fait adopter l'établissement de galeries, de façon à lutter contre les rayons du soleil. Aussi l'ouverture de deux autres rues est décidée : celles de Chartres et des Consuls afin d'établir une communication entre les portes Nord et Sud au cas où les rues Bab-Azoun et Bab el Oued aient été rendues inutilisables.
À partir de 1840, la ville sortant des limites des fortifications ottomanes et des logiques de défense, le Génie élabore en 1841 un projet d’ensemble de fortifications modernes. L’architecte Pierre Auguste Guiauchain rédige en 1845 un schéma général de voirie et d’alignements concernant les terrains à édifier à l’intérieur de la nouvelle enceinte. Il installe les nouveaux bâtiments publics : Hôtel de Ville, palais du Gouverneur, théâtre, palais de justice, hôtel des postes et du trésor... dans les meilleurs emplacements dominant la mer et prévoit une série de percées transversales destinées à faciliter la liaison entre les nouveaux quartiers du nord et du sud de la ville.
Ce plan qui sera publié en 1848 par Delaroche (18), esquisse les rampes et les escaliers destinés à relier les quais à la ville, quelque 15 mètres plus haut, de même que les liaisons avec la place du Gouvernement au sud. Par étapes successives cette idée aboutira, en 1860, au projet de Frédéric Chassériau, architecte de la ville, qui dessine l’ensemble de la structure soutenant le boulevard et les rampes entre les quais et la ville. Il prend le nom de boulevard de l’Impératrice en honneur de Eugénie de Montijo, l’épouse de Napoléon III (19) qui l’inaugure en 1865 (avant son achèvement) et accueille, au fil du temps, d’importants édifices publics : la Préfecture, le Palais des Assemblées, le Casino, l’Hôtel de ville, etc...
Les Français s'installent principalement dans les faubourgs, dans des maisons qui se trouvent le long des remparts, comme le quartier populaire de Bab El-Oued (20) au nord, tandis que l'on poursuit également l'européanisation de la ville musulmane ; aménager les constructions mauresques semble être le meilleur programme d'utilisation de la cité. Ainsi, dès 1839, la partie basse de la ville tend à disparaître, démolitions et expropriations contribuent à donner un aspect nouveau à ce quartier. L'immigration d'Européens est importante. Tous les nouveaux venus commencent d'abord par occuper les maisons mauresques qui sont transformées pour répondre à des exigences nouvelles. Celles-ci deviennent bientôt des bâtisses insalubres et mal aérées. Lors de son voyage, Napoléon III fait une enquête personnelle qui a pour résultat d'arrêter les démolitions de la vieille ville. Le rapport dit que la haute ville doit rester telle quelle. On commence à s'apercevoir qu'il est difficile de greffer une ville européenne sur une ville musulmane. Le temps seul se charge alors de modifier l'aspect de la cité.
Ainsi, les quartiers d’Alger ressemblent peu à peu à des quartiers parisiens, dignes des travaux haussmanniens, avec les lieux nécessaires à la vie publique (jardin, église, mairie, école). Les anciennes somptueuses villas ottomanes réquisitionnées, sont utilisées comme maisons secondaires par les grandes familles françaises.
La colonisation fait d'Alger une ville à majorité européenne, ceci bien que la population musulmane indigène commence à s'accroître de façon exponentielle à partir de la Première Guerre mondiale, du fait tant de l'accroissement naturel que de l'exode rural.
À partir de 1903, l’administration française demande le respect de la culture indigène, c’est ainsi que le style néo-mauresque est né. (Exemple : grande poste). L’embellissement de la ville est accentué pendant les années 1930 (centenaire de la conquête de l’Algérie). C’est un moyen pour justifier la colonisation et de montrer sa réussite. Pour cela, on construit des musées (musée des beaux arts), des jardins (jardin d’essais), des lieux artistiques (villa abd eltif).
Les transports modernes sont également installés. Ainsi, en 1892 le chemin de fer fait son apparition par la création de la Compagnie des Chemins de Fer sur Routes de l'Algérie (CFRA), dont une partie du réseau est centré sur Alger. Il se compose d'une ligne côtière traversant la ville par les boulevards le long du port. La même année, la Compagnie des Tramways Algériens (TA) est créée afin de constituer un réseau purement urbain dans Alger. Une longue ligne est construite, parallèle à celle des CFRA, mais à l'intérieur de la ville. En complément de la ligne de tramways des TA, une nouvelle ligne de trolleybus est mise en service.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Afrique du Nord française, dont Alger, reste sous les ordres de la métropole, donc à compter de juin 1940 du gouvernement de Vichy. Le 8 novembre 1942 seulement, Alger voit débarquer les forces alliées, dans le cadre de l'Opération Torch (21). À Alger, le succès du débarquement est lié à une opération de résistance de grande ampleur. 400 combattants, dont de nombreux membres de la communauté juive d'Alger, occupent les principaux points stratégiques de la ville la nuit précédant le débarquement, emmenés par Emmanuel d'Astier de La Vigerie (22) et José Aboulker (23). Ce putsch permit d'éviter toute résistance du 19e corps d'armée vichyste, stationné dans la ville sous le commandement du général Juin.
Alger devient le siège du commandement Allié, chargé de préparer le débarquement en Italie sous la direction du général Eisenhower, futur président des États-Unis.
Elle devient surtout la capitale provisoire de la France, lorsque, après un maintien provisoire du régime de Vichy sous l'amiral Darlan (24) et le général Giraud (25), elle accueille le général de Gaulle qui y constitue, avec Giraud, le Comité français de la Libération nationale (CFLN), puis convoque l'Assemblée consultative provisoire. Le 3 juin 1944, le CFLN devient le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), qui siège à Alger jusqu'après la libération de Paris.
Alger joue aussi un rôle décisif durant la guerre d'Algérie (1954-1962), notamment pendant la bataille d'Alger (26), durant laquelle la 10e division parachutiste de l'armée française, à partir du 7 janvier 1957, mena la chasse aux indépendantistes algériens, sur ordre du garde des Sceaux François Mitterrand, qui lui donne tous pouvoirs pour « éliminer les insurgés ». La ville comptait alors 884 000 habitants.
Alger reste marquée par cet épisode caractérisé par une lutte sans merci entre les indépendantistes oeuvrant pour la libération du pays et l'Armée française menant des opérations de police et pratiquant la torture. Des opposants à l'ordre colonial, comme le jeune professeur de mathématiques Maurice Audin (27) ou le leader nationaliste Larbi Ben M'hidi (28) sont maintenant honorés depuis par la municipalité : des artères principales de la ville portent désormais leurs noms. La bataille d'Alger, remportée par le général Massu, reste cependant une réussite mitigée car si au plan militaire, en quelques mois, les principaux dirigeants du FLN sont arrêtés, l'action de ces derniers ainsi que les aspirations du peuple algérien apparaissent sous un jour nouveau aux yeux de l'opinion internationale.
Un an plus tard, les manifestations du 13 mai lors de la crise de mai 1958 (29) y consacrent la chute de la Quatrième République en France, ainsi que le retour du général de Gaulle aux affaires. Dans l'espoir d'une résolution rapide de la crise algérienne, on peut alors voir d'immenses manifestations mêlant dans une liesse commune Européens et indigènes affirmant leur attachement indéfectible à la France et leur foi en la politique du général de Gaulle.
Par les décrets no 59-321 du 24.02.1959 et no 60-163 du 24.02.1960, l'organisation de la commune d'Alger sera réorganisée : le « Grand Alger » est formée en agglomérant au centre ville douze anciennes communes de la périphérie. L'ensemble est divisé en dix arrondissements, dont la gestion est assurée par un administrateur général, par un conseil municipal élu et par des maires et adjoints d'arrondissement.

Mais en avril 1961, Alger revient de nouveau sur le devant de la scène lorsque les généraux Salan, Challe, Zeller et Jouhaud échouent dans leur tentative de soulèvement de l'Armée française contre la politique algérienne du général de Gaulle.
Lors de l'exode de 1962 (appelée aussi l'exode des pieds noirs), Alger verra partir sa population d'origine européenne et juive (350 000 personnes).
Les Algériens célèbrent dans une grande liesse populaire l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet 1962. Dirigée par les militaires, Alger devient une capitale du tiers monde ainsi qu'une ville phare du Mouvement des non-alignés (30) pendant la Guerre froide
En octobre 1988, soit un an avant la chute du Mur de Berlin, Alger est le théâtre de manifestations réclamant la fin du système de parti unique, une véritable démocratie baptisées « le Printemps d'Alger ». Elles sont réprimées par les autorités (plus de 300 morts), mais constituent un tournant dans l'histoire politique de l'Algérie moderne : en 1989, une nouvelle constitution est adoptée qui met fin au règne du parti unique et voit la création de plus de cinquante partis politiques, ainsi qu'officiellement une libération totale de la presse écrite.
La ville devient alors jusqu'en 1992 le théâtre de nombreuses manifestations politiques de toutes tendances. En 1991, une formation politique dominée par des conservateurs religieux, le FIS (31), engage un bras de fer politique avec les autorités qui se solde par des élections législatives qu'elle est en passe de remporter en 1992, à la faveur d'une abstention massive des électeurs algériens désabusés par la tournure des événements. L'annulation du scrutin par les autorités marque le début d'une période de violences opposant les algériens aux ultraconservateurs religieux constitués en groupes terroristes armés, jusqu'en 1999. L'activité économique sociale et culturelle reprend des couleurs à la faveur du calme revenu.
De nos jours, en 2007, Alger veut redevenir une grande capitale africaine et méditerranéenne, envisageant d'avoir un niveau de développement des infrastructures comparable à celui qu'elle avait en 1962. Elle entreprend une ouverture vers le monde en organisant de nombreuses manifestations et colloques internationaux.
Alger attire ainsi depuis quelques années de grandes multinationales telles que la Société Générale, ou encore Siemens. De nombreux grands projets de réalisation d'infrastructures tels que le métro d'Alger, le tramway ainsi que divers projets de restructuration urbaine, de création de nouveaux centres urbains satellites, peinent à voir le jour, quoiqu'ils auraient dû être achevés il y a plus de 15 ans : Alger est en pleine expansion urbaine, motivée par un besoin d'affirmation au plan régional dans sa lutte pour concurrencer les autres villes nord-africaines de Tunisie et le Maroc.

Pour l'année 2007, Alger est capitale de la « culture arabe ».

Alger est le premier pôle économique et commercial d'Algérie et le seul pôle financier important du pays. Néanmoins Alger peine à s'imposer au niveau international, ou même encore à l'échelle régionale. Après 40 années de dirigisme et de centralisme acharné, la lenteur des réformes n'arrive toujours pas à donner à « la Blanche » des airs de grande Métropole. Sur le plan financier, le manque cruel de grandes banques privées , de banques d'affaires bâillonne le secteur des PME-PMI et globalement dégrade l'environnement économique qui est trop dépendant de la rente pétrolière et qui survit à peine lorsqu'il s'agit de domaines non-pétroliers ou non gaziers. De plus l'État de la Bourse des Valeurs d'Alger suffit à lui seul pour lever le voile sur un secteur privé souvent latent voire atonique sur certains domaines (services, assurances, banques, conseil, tourisme, industrie de pointe...). En effet, cette bourse a enregistré une capitalisation dérisoire s'élevant a 67 Millions d'euros contre 5 Milliards d'euros pour la bourse de Tunis et 61 Milliards d'euros pour la bourse de Casablanca, chiffre illustrant parfaitement le manque de dynamisme algerois par rapport aux deux autres capitales économiques des pays voisins. En ce qui concerne l'industrie des loisirs et du tourisme, Alger ne fait guère mieux. Aujourd’hui l’Algérie présente une situation économique extrêmement favorable tant sur le plan interne qu’au niveau externe, suite notamment à l’augmentation très soutenue des prix du pétrole, la croissance économique du pays a suivi une progression constante et stable, passant de 2,1% en 2001 à 5,3% en 2005, avec un pic de 6,8% en 2003, les projections pluriannuelles associées à la loi de finances 2005 tablent sur un taux moyen de croissance de 5,3% par an pour la période 2005-2009. Malgré la présence de surliquidités liée à l’abondance des ressources pétrolières, l’inflation est maîtrisée grâce au strict contrôle qu’exerce la Banque d’Algérie, le taux d’inflation à la fin 2005 était de 1,5% contre 3,6% pour 2004. Sur le plan externe, l'Algérie est la deuxième puissance économique du continent africain avec un PIB de 135 milliards USD, derrière l'Afrique du Sud avec 255 milliards USD, le montant du PIB par tête d'habitant est estimé en 2007 à 3 968 USD.

Les projets quinquennaux de la wilaya d’Alger

La plage Colonel Abbès se situe à l’Ouest d’Alger, à environ 25 km du centre-ville. Le projet touristique comprendra une marina, des appartements hôteliers, des villas de luxe et un centre commercial sur une surface de 109 ha. L’autre projet d’Emaâr, situé sur la baie d’Alger se trouve à 3 km du centre-ville et s’étendra sur 260 ha, pour comprendre des villas de luxe, des appartements, des bureaux, un centre de conférences, une marina, un hôtel et deux grands centres commerciaux. La ville de la santé de Staouéli, à environ 20 km du centre d’Alger, comprend un hôpital privé, une école paramédicale, une école de médecine, un centre de recherche, des appartements meublés, un hôtel thalasso, des villas, des appartements, un campus pour étudiants, un centre commercial et des centres de sport. « Se basant sur la compétence principale d’Emaar en développement, nos projets à usage multiple ont un rôle socio-économique important pour l’Algérie. Emaar Proprieties PJSC est l'une des plus grandes sociétés immobilières du monde et est en pleine expansion pour devenir un fournisseur global de styles de vie de haut niveau. Motivée par sa vision 2010 pour devenir l'une des meilleures sociétés de valeur au monde, Emaar s'élance sur une nouvelle ligne de croissance avec une double stratégie d'expansion géographique et commerciale.
Alger Médina, le nouveau quartier touristique et économique de front de mer de la capitale (projet entrepris par la filiale DAHLI SPA du groupe Arcofina)
Pour combler l'énorme déficit que connaît la ville d'Alger en matière de transports, celle-ci sera équipée d'un tramway qui reliera le centre-ville à Dergana (opérationnel en 2011), d'une ligne de métro Tafourah-Grande Poste-El Harrach (opérationnelle en 2011) et de plusieurs lignes RER Alger-Agha-Thenia, Alger-Agha-El Affroun, Alger-Agha-Zeralda. S'ajoute à tout ceci la restructuration de l'Etusa (Entreprise de transport urbain et suburbain d’Alger), la réalisation de trois nouveaux téléphériques d'ici 2009, la réhabilitation des quatre existants ainsi que le réaménagement de la voirie. Il est également question de la rénovation de la gare d'Alger (Agha) pour accueillir la future ligne LGV Annaba-Alger-Oran.
Par ailleurs, en réponse à l'augmentation toujours croissante du parc automobile, et parallèlement à l'aménagement de voies et ronds-points, des échangeurs et des tronçons d'autoroute ont d'ores et déjà été construits, et d'autres sont en cours de construction afin d'améliorer le trafic dans la métropole. Une deuxième rocade est en cours de réalisation entre Zeralda et Boudouaou via Birtouta, et une troisième sera construite entre Nador, près de Tipaza, et Bordj Menaiel, non loin de Tizi Ouzou, sur une distance de 130 km. Ces deux nouvelles rocades permettront de décongestionner l'actuelle rocade d'Alger, qui est le carrefour de toute l'Algérie.
L'un des projets les plus ambitieux est l'aménagement de la baie d'Alger qui comprendra une rue piétonne de deux kilomètres, l'hôtel Marriott Alger, des espaces de détente, un centre d'affaires avec centre commercial, et enfin, la future grande mosquée d'Alger. Face à la baie d'Alger, la 3e plus grande mosquée du monde après celles des lieux saints de l'islam, la Mecque et Médine, pouvant accueillir 120 000 fidèles, avec un minaret s'élevant à 300 mètres, le plus haut du monde, selon ses promoteurs. Les Algériens doivent découvrir dans les prochains jours la maquette et le style architectural de ce méga projet, dont le coût officiel n'a pas été révélé, mais qui pourrait flirter avec les 3 milliards de dollars, selon des architectes locaux. Le président Abdelaziz Bouteflika a relancé il y a quelques mois ce projet en souffrance depuis près de vingt ans. Il doit choisir lui-même parmi cinq finalistes, le lauréat d'un concours d'architecture auquel ont participé 17 bureaux d'études de 11 nationalités. Cette mosquée sera la deuxième plus grande au monde avec une capacité d'accueil de plus de 40 000 fidèles et dotée d’un minaret haut de plus de 300 mètres de hauteur. Une école — à la fois école coranique et école des sciences — y sera rattachée, bordée d'espaces verts.
Construction de deux stations balnéaires sur le littoral algérois.
Parc des grands vents qui se situe à l'ouest d'Alger : grand d’une superficie de 650 ha ; de nombreuses espèces d'arbres et de plantes y seront plantées.
La nouvelle ville de Sidi Abdellah qui comprendra un pôle technologique et de recherche, ainsi que 20 000 logements.
Dans le cadre du projet d'un million de logements que l'État a lancé, Alger bénéficiera de 35 000 logements supplémentaires au programme de 2001 et 2004, afin de lutter efficacement contre l'actuelle crise du logement.

Notes

(1) La bataille de Tunis est le nom d'une bataille ayant lieu en 1535 entre les troupes l'amiral ottoman Khayr ad-Din Barberousse et les troupes de l'empereur espagnol Charles Quint. Elle se solde par l'occupation espagnole de Tunis qui durera jusqu'en 1574.

(2) Charles de Habsbourg, archiduc d'Autriche, né le 24 février 1500 au Prinsenhof de Gand en Flandre, et mort le 21 septembre 1558 au monastère de Yuste dans la province d'Estrémadure en Espagne, fut duc de Brabant sous le nom de Charles II (1515-1555), roi d'Espagne et de l’Amérique espagnole, sous le nom de Charles Ier (Carlos I), roi de Sicile, sous le nom de Charles IV (Carlo IV) (1516-1556) et empereur du Saint-Empire romain germanique (1519-1556) sous le nom de Charles V (Karl V), nom sous lequel il est passé à la postérité en vertu du plus prestigieux de ses titres (Quint signifiant cinquième en ancien français).
Charles Quint est issu d'une série d'alliances entre de nombreuses familles régnantes d'Europe, ce qui le met à la tête du plus vaste ensemble territorial d’Europe par simple héritage.
Dernier empereur germanique à nourrir le rêve carolingien de la monarchie universelle, Charles Quint voit son ambition d'unité européenne se briser sur la longue résistance à l'hégémonie Habsbourg opposée, entre autres, par les rois de France François Ier et Henri II, mais surtout sur la déchirure religieuse irrémédiable provoquée par la Réforme protestante lancée par Martin Luther à partir de 1517. Pendant son règne, il doit aussi combattre l'avancée turque en Europe centrale et en Méditerranée, et écraser plusieurs révoltes en Espagne, en Allemagne et dans les Flandres.
Désabusé, il abdique ses différentes couronnes (1555-1556), partage ses possessions entre son frère Ferdinand et son fils aîné Philippe et se retire au couvent. L'ensemble trop disparate de ses possessions, qui l'oblige durant tout son règne à d'épuisants voyages, est désormais géré séparément par les Habsbourg d'Espagne jusqu'en 1700 et par les Habsbourg d'Autriche (Habsbourg-Lorraine depuis 1765) jusqu'en 1918.

(3) Arudj Reïs (1464, Lesbos - 1518, Rio Salado) (ou Horuk) dit Baba-Oruç qui par déformation donna Barberousse, est un corsaire ottoman albanais.

(4) Khizir Khayr ad-Dîn (ou Chair ad Din, diminutif: Chaireddin, voire Cheireddin) dit Barberousse, Grand Amiral de l'Empire ottoman, frère cadet d'Arudj Reïs, né en 1466 dans l'île de Lesbos (Mytilène), mort le 4 juillet 1546. Il fut, tout comme Andrea Doria, un grand marin.

(5) Le mot pacha vient du persan padshah ou padeshah qui signifie roi. Il définit un office de haut rang dans le système politique de l'Empire ottoman. Ce titre était typiquement accordé aux gouverneurs de provinces et aux généraux. Il a aussi une valeur honorifique : « Pacha » est un équivalent de « Monseigneur », « Sir » ou « Voïvode ».
Dans la marine, on appelle familièrement le commandant d'une unité ou d'un bateau : "le Pacha".

(6) Les janissaires sont, à l'apogée de l'Empire ottoman, l'élite de l'infanterie. Les janissaires étaient redoutés car ils maniaient aussi bien le mousquet que le sabre. Le haut commandement militaire et politique de l’Empire Ottoman est essentiellement basé sur ce corps des janissaires. Le conseil du sultan ou diwan est principalement composé de janissaires. Le grand vizir, Premier ministre de l’Empire, est un janissaire. La mosquée de Soliman à Istanbul fut construite par Mimar Sinan, janissaire d’origine arménienne, qui s’inspira de la basilique Sainte Sophie de Constantin.

(7) Les Morisques étaient des musulmans d'Espagne convertis de gré ou de force au catholicisme à la suite des édits de conversion de 1502. Ils constituaient une minorité importante dans le Royaume de Valence, la vallée de l'Èbre et l'Andalousie orientale.

(8) L'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, telle est l'appellation complète de l'ordre (catholique) connus généralement comme ordre de Saint-Jean de Jérusalem, mais aussi sous le nom d'ordre de l'Hôpital, d'ordre Hospitalier ou plus simplement les Hospitaliers et en latin : Ordo Hospitalis sancti Johannis Ierosolimitani.
Son origine remonterait au XIe siècle dans l'installation de marchands amalfitains à Jérusalem puis dans la création d'hôpitaux en Terre sainte (d'où le nom d'Hospitalier). À l'image des Templiers, il devient militaire en plus d'être hospitalier pour défendre d'abord les pèlerins malades dans les hôpitaux de l'ordre puis ensuite combattre les sarrasins. Après son expulsion de Terre sainte, l'ordre s'installera à Chypre avant de conquérir l'île de Rhodes. L'Ordre devient alors une puissance maritime pour continuer à être le rempart des chrétiens contre les sarrasins. Expulsé une nouvelle fois, l'ordre deviendra Prince de Malte par le plaisir de Charles Quint. Avec ses chevaliers, l'ordre se transforme en une puissance souveraine qui prend de plus en plus de place en Méditerranée centrale. Le général Bonaparte expulsera le grand maître et les chevaliers de l'île de Malte au nom de la République française. À la suite de cette expulsion, l'ordre se place sous la protection de Paul Ier de Russie. À la mort de celui-ci, s'en suit une période noire pour l'ordre jusqu'à son renouveau. C'est sous le nom d'ordre de Malte que l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem devient l'un des organismes humanitaires les plus actifs[1] mais plus tellement religieux et absolument plus militaire.

(9) L’arquebuse est une arme à feu de portée effective limitée (moins de 50 mètres), assez lourde et encombrante mais dont on pouvait épauler les dernières versions.

(10) Bordj El Bahri est une commune de la wilaya d'Alger située à 20 km à l'est d'Alger. Elle est située sur la rive est de la baie d'Alger (à 14 km à vol d'oiseau du centre d'Alger).

(11) El-Harrach est le XVIIIe arrondissement d'Alger, se situant 8.2 km à l'Est du centre-ville de la capitale algérienne. Son ancien nom est Maison-Carrée. Ses habitants sont les Harrachis.

(12) Sœur jumelle de l'antique Tipaza et Icosium (Alger), la ville de Tamentfoust (s'écrit aussi; Tamenfoust, Tamentafoust ou Tamentefoust aussi anciennement "La Pérouse") est une ville antique dont les origines remontent à l'ère phénicienne et romaine.

(13) Andrea Doria (Oneglia, 30 novembre 1466 - 25 novembre 1560) est un condottiere et amiral de Gênes. Il est le restaurateur de la liberté génoise, un des plus grands généraux et des meilleurs marins de son siècle.

(14) Béjaïa, Vgayet en kabyle (berbère) ( ; Bougie étant l'ancien nom français de la ville (la bougie tire son nom de la ville), Vaga des phéniciens (les ronces, en libyco-berbère) puis Saldae au temps des Romains est une ville d'Algérie. Elle est aussi le chef-lieu de la wilaya (département) du même nom.

(15) Charles X (château de Versailles, 9 octobre 1757 – Görz, Empire d'Autriche, 6 novembre 1836) fut roi de France de 1824 à 1830.
Succédant à ses deux frères, Louis XVI et Louis XVIII, il est celui dont l'avènement à 66 ans et le décès à 79 ans ont eu lieu aux âges les plus avancés. Il était très attaché aux conceptions et aux valeurs de l'Ancien Régime qu'il tendait à rétablir tout en les renouvelant.
Sacré en 1825, il est renversé en 1830 par une nouvelle révolution qui l'oblige à s'exiler et qui permet à son cousin Louis-Philippe d'Orléans (le fils de celui qui avait voté la mort de Louis XVI) de se proclamer d'abord régent du royaume, ensuite d'évincer le dauphin Louis XIX (1775-1844), puis de se faire reconnaître en 1830 roi des Français.

(16) Sidi-Fredj est une presqu'île située à 30 kilomètres de la capitale algérienne Alger. Elle fait partie de la commune de Staoueli.

(17) Une zaouïa, également orthographiée zawiya ou zawiyah, est un édifice religieux musulman. En turc, il est appelé zaviye.

(18) Paul Delaroche, né Hippolyte De La Roche le 17 juillet 1797 à Paris où il est mort le 4 novembre 1856, est un peintre français.

(19) Charles Louis Napoléon Bonaparte, dit Louis-Napoléon Bonaparte (20 avril 1808 - 9 janvier 1873), est le premier président de la République française, élu le 10 décembre 1848 avec 74 % des voix au suffrage universel masculin, ainsi que le troisième empereur des Français (1852-1870) sous le nom de Napoléon III à partir du 2 décembre 1852. Il est donc à la fois le premier président de la République française et le dernier monarque français.

(20) Bab El-Oued (la Porte de la Rivière) est un quartier populaire d'Alger, capitale de l'Algérie. Le quartier de Bab El-Oued est délimité au nord-est par le front de mer (boulevard Mira), à l'ouest par la commune de Bologhine et la colline de Bainem, au sud-ouest par la commune de Oued Koriche (Frais-Vallon) et à l'est par la Casbah. Situé en contrebas de la colline de Bouzareah. Célèbre par sa « Place des Trois Horloges » et par son « marché Triolet », c'est aussi un quartier d'ateliers et de manufactures. Le quartier comptait 99 152 habitants en 2000 et est le chef lieu d'un daïra du même nom.

(21) L’opération Torch est le débarquement des Alliés le 8 novembre 1942 dans les territoires français d'Afrique du Nord (Protectorat du Maroc et Algérie française). Ce débarquement marque le tournant de la Seconde Guerre mondiale sur le front occidental, conjointement avec les victoires britannique d'El Alamein et soviétique de Stalingrad. La prise d'Alger se fait en un jour grâce à la résistance française, alors qu'à Oran et au Maroc, les généraux de Vichy accueillent les Alliés à coups de canon, tout en livrant le Protectorat français de Tunisie aux Allemands sans aucune résistance, déclenchant ainsi la campagne de Tunisie. La reddition des troupes françaises vichystes au Maroc eut lieu le 11 novembre. Des sous-marins allemands, arrivés sur les lieux le jour du cessez-le-feu, menèrent ensuite des attaques devant Casablanca jusqu'au 16 novembre.

(22) Emmanuel d'Astier de la Vigerie, né le 6 janvier 1900 et mort le 12 juin 1969 à Paris, est un écrivain, journaliste et homme politique français.
Grand résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il fonde le mouvement de résistance Libération-Sud, puis devient en novembre 1943 et jusqu'en septembre 1944, Commissaire à l'Intérieur de la France libre.
Il est l'auteur de la chanson la Complainte du partisan écrite à Londres en 1943.
Après-guerre, il sera l'un des "compagnons de route du PCF, puis un gaulliste de gauche".
Il est Compagnon de la Libération.

(23) José Aboulker, né le 5 mars 1920 à Alger, décédé le 17 novembre 2009 à Manosque, est un médecin, homme politique et résistant français. Il est Compagnon de la Libération.

(24) Jean Louis Xavier François Darlan (7 août 1881 à Nérac, Lot-et-Garonne - 24 décembre 1942 à Alger) est un amiral et homme politique français.
Chef de la Marine française au début de la Seconde Guerre mondiale, il est ministre de la Marine du premier gouvernement du maréchal Pétain puis, en février 1941, chef du gouvernement de Vichy où il s'implique dans la politique de collaboration du régime avec l'Allemagne nazie. Remplacé par Pierre Laval en avril 1942, il reste commandant en chef des forces de Vichy. Présent à Alger lors du débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942, il se rallie avec réticences et hésitations aux Alliés. Il est assassiné le 24 décembre 1942.

(25) Henri Honoré Giraud, né le 18 janvier 1879 à Paris et mort le 11 mars 1949 à Dijon (Côte-d'Or), est un général et homme politique français. Il est considéré comme l'une des principales figures de la Libération, bien que sa personnalité et son rôle politique soient controversés.
Une partie de la Résistance intérieure française, les « vichysto-résistants », se réclama de son patronage et de son inspiration, en particulier l'Organisation de résistance de l'armée (ORA) des généraux Frère, Verneau et Revers.
De juin à novembre 1943, il a été, avec le général de Gaulle, co-président du Comité français de la Libération nationale (CFLN)

(26) La bataille d'Alger a opposé, en 1957 à Alger, département français d'Algérie, durant la guerre d’Algérie, la 10e Division Parachutiste de l'armée française aux indépendantistes algériens du Front de libération nationale (FLN). Suite aux nombreux attentats perpétrés contre la population par le FLN, le pouvoir civil délègue alors tous pouvoirs au général Massu, qui opère en dehors de tout cadre légal, pour démanteler l'organisation du FLN et ainsi mettre fin aux attentats, de janvier à mars 1957.
Sur le terrain, la dite « bataille » est remportée par l'armée française qui met au jour des caches d'armes du FLN et obtient l'organigramme complet de l'organisation armée et peut ainsi procéder à l'arrestation de ses membres clés. Cependant, en ce qui concerne l'opinion publique, il s'agit d'une défaite du fait de la perception négative de l'usage de la torture par l'armée française contre des civils afin d'obtenir ces renseignements. L'emploi de tels moyens par les émissaires de la République française soulève une polémique durable en France, essentiellement en métropole qui n'est pas encore touchée par le conflit armée, suite à la révélation de cette pratique par une de ses victimes, le membre du Parti communiste algérien et activiste pro-indépendantiste, Henri Alleg, tandis qu'en Algérie elle contribue à solidariser une partie de la population autour du FLN.

(27) Maurice Audin, né le 14 février 1932 à Béja (Tunisie) et décédé en 1957, est un assistant de mathématiques français à l’université d’Alger, membre du Parti communiste algérien (PCA) et militant de la cause anticolonialiste. Il fut torturé et tué par les services français[1], car il était militant de la cause de l'indépendance algérienne.
Il est le père de la mathématicienne Michèle Audin.

(28) Mohamed Larbi Ben M'hidi (1923-1957), révolutionnaire nationaliste algérien et responsable du FLN durant la guerre d'Algérie (1954-1962). Il est arrêté par l'armée française durant la bataille d'Alger en février 1957.

(29) La crise de mai 1958 marque l'arrivée du général de Gaulle au pouvoir dans le contexte insurrectionnel de création d'un premier comité de salut public à Alger par le général Massu le 13 mai suite à un coup d'État (putsch d'Alger (1958)) et d'un second comité de salut public, cette fois en Corse, le 26 mai par le colonel Jean-Robert Thomazo (Opération Résurrection‎). Un ultimatum expirant le 29 mai est adressé à Paris. De Gaulle apparaît alors comme l'« homme providentiel » pouvant résoudre la crise. « Prêt à assumer les pouvoirs de la République », il forme alors un gouvernement et fait voter une nouvelle constitution, établissant un régime semi-présidentiel taillé sur mesure. En octobre, il propose la « paix des braves », cessez-le feu unilatéral que les indépendantistes du FLN refusent, et amorce le processus d'indépendance de l'Algérie.

(30) Le mouvement des non-alignés (ou plus rare mouvement des pays non-alignés) est une organisation internationale regroupant 118 États en 2008 (17 États et 9 organisations internationales y ont en plus le statut d'observateur), qui se définissent comme n'étant alignés ni avec, ni contre aucune grande puissance mondiale. Le but de l'organisation tel que défini dans la « Déclaration de la Havane » de 1979 est d'assurer : « l'indépendance nationale, la souveraineté, l'intégrité territoriale et la sécurité des pays non alignés dans leur lutte contre l'impérialisme, le colonialisme, le néocolonialisme, la ségrégation, le racisme, le sionisme, et toute forme d'agression étrangère, d'occupation, de domination, d'interférence ou d'hégémonie de la part de grandes puissances ou de blocs politiques » et de promouvoir la solidarité entre les peuples du tiers monde. L'organisation, dont le siège est à Lusaka en Zambie, regroupe près des deux tiers des membres des Nations unies et 55 % de la population mondiale.
Le mouvement des non-alignés comprend des membres importants à l'échelle mondiale, comme l'Inde, l'Algérie, l'Égypte, l'Indonésie, le Pakistan, Cuba, l'Afrique du Sud, l'Iran, la Malaisie, ainsi que la ex-Yougoslavie. La République populaire de Chine a été membre pendant un temps. Le Brésil n'a jamais été un membre formel du mouvement, mais il partage plusieurs de ses vues et envoie régulièrement des observateurs à ses sommets.

(31) Le Front islamique du salut était une formation politique algérienne militant pour la création d'un État islamique. Elle a été dissoute en mars 1992 par le tribunal administratif d'Alger.

http://www.aloufok.net/spip.php?article2238

jeudi 12 août 2010

Alger (2)

Aloufok

par La Rédaction

Déjà au début du Ier millénaire av. J.-C., Alger est un important comptoir phénicien.

Appelée à l'origine Ikosim, nom qui sera latinisé sous la forme Icosium (« l'île aux mouettes »), lorsqu'elle acquit le statut de comptoir phénicien d'importance, la fondation d'Alger est antérieure au IVe siècle av. J.-C.. Des débris de vases campiniens datant du IIIe siècle av. J.-C. y furent découverts dans un puits de vingt mètres de profondeur en 1940.
Déjà au début du Ier millénaire av. J.-C., Alger est un important comptoir phénicien. En 202 avant J.-C., la ville passe sous influence romaine suite à l'alliance scellée entre Massinissa (1) et Scipion l'Africain (2) contre Carthage (3). Le nom d'Ikosim prend sa forme romanisée, Icosium, sous Juba I (4) et Ptolémée (5).
Les tribus Berbères Maghraouas étaient très nombreux dans les environs d'Icosium et Ptolémée de Maurétanie devait les contenir. Ptolémée de Maurétanie (6) fera transférer une partie des Maghraoua vers le chlef. Et il combat les résisitants berbères soulevés par Tacfarinas (7), dans cette même période. Après Tibère (8), Vespasien (9) envoie une colonie vers Icosium pour arrêter les révoltes.
Après la révolte de Tacfarinas, Firmus (général maure) (berbère), natif de l'actuelle Kabylie, détruit Icosium en mettant le feu avec l'aide de toutes les tribus berbères maures (non romanisés) qui vivent dans les montagnes des environs au IVesiècle.
C'est vers le Ve siècle que le christianisme s'introduit à Icosium. En 429, la ville passe sous domination vandale, lors de leur conquête de l'Afrique du Nord. En 442, un traité entre Romains et Vandales (10) permet aux Romains de récupérer Icosium et ce durant les cent ans de présence vandale en Algérie.
Après 533, la ville, à peine contrôlée par les Byzantins, est attaquée par des tribus Berbères.
En 710, la conquête musulmane Introduit l'Islam en Afrique du Nord. Alger était un territoire qui appartenait au Maghraoua, une tribu Berbère Zénète (11). Ziri ibn Menad (12) était vassal des Fatimides. Il prouve sa bravoure à ses derniers lorsqu'il gagne les berbères Zénètes Kharidjites (Maghraoua, Banou Ifren, etc). Et après la mort d'Abu Yazid (13) en 947, Ziri ibn Menad s'empare de la région du centre et il fonde Achir comme capitale des Zirides. D'après Ibn Khaldoun, la région d'Alger fut occupée par les Sanhadja avec la dynastie des Zirides (Les premiers Sanhadji occupaient les régions de M'Sila, de Médéa et d'Alger). Le fils de Ziri ibn Menad ayant l'autorisation de son père, Bologhine ibn Ziri fonde trois villes dont Djzair Beni Mezghenna (Alger), Médéa et Miliana après avoir chassé les Zénètes.
Bologhine ibn Ziri reconstruit Icosium au milieu du Xe siècle en fortifiant et agrandissant le site occupé par les Beni Mezghenna et la baptisa « El Djazair Beni Mezghenna », en 960 d'après.
La guerre continue entre les Zénètes et les Sanhadjas. Ziri ibn Menad est tué en 971 dans une bataille contre les Maghraoua, sa tête est rapportée à Cordoue (14) par les Maghraoua pour qu'ils aient de l'aide pour affronter l'armée des Zirides vassal Fatimides. Et les Zénètes vengent ainsi la mort d'Abu Yazid. À ce moment-là, Moez, Calife Fatimide désigne Bologhine ibn Ziri comme Calife du Maghreb. Ce dernier continue le combat contre les Zénètes. Les Zénètes alors demandent l'aide des Omeyyades (15) de Cordoue pour reprendre leur territoire et leurs villes y compris Alger. Bologhine ibn Ziri prend à ce moment presque tout le Maghreb en suivant les directives du Moez (Calife Fatimides).
Bologhine avait toutes les villes du Maghreb, il avait pour ordre de tuer tous les Zénètes, de ramasser l'impôt des Berbères sous l'emprise de l'épée. Ce qui va provoquer une marche de contestation de la part des autres tribus. Les Kutama (16) vont être jaloux des Zirides et la guerre se fera entre les deux tribus ; Mila et Sétif sont rasées par les Zirides. Les Omeyyades acceptent enfin d'aider les Zénètes à reconquérir les territoires en particulier des Maghraoua. Bologhine ibn Ziri rebrousse chemin en voyant toute l'armée des Zénètes venue d'Andalousie par voie maritime et qui s'installe à Ceuta (17). En 983, Bologhine ibn Ziri mourut. Il s'ensuit une période longue de défaite pour les Zirides. Les Maghraouas regagnent leurs territoires et leur souveraineté dans le Maghreb central et dans l'Ouest grâce à Ziri Ibn Attia (18) issue des Maghraouas. Toutes les villes du centre jusqu'à Tanger redeviennent des villes des y compris Alger. Les Fatimides voulaient prendre l'Andalousie. À la fin, ils décident d'abandonner le projet pour prendre garder l'Égypte et les autres provinces. Les Zirides restent souvrain dans leurs territoires dans l'Est de l'Algérie ainsi que les Hammadides (tribu des Sanhadja). Les Almoravides prennent Alger en 1082 grâce à Youssef Ibn Tachfin (19). Ce dernier défait tous les Zénètes. La première grande mosquée du rite malékiste (20) Djamaa El Kébir ou la Grande Mosquée d'Alger (21) y est construite par Youssef Ibn Tachfin. Les Almoravides (22) n'ont jamais fait la guerre contre les Zirides, les deux tribus sont des Sanhadja. En 1151. Abd al-Mumin (Almohades) (23), est un berbère Zénètes, il reprend Alger des Almoravides et reprend tout le Maghreb et l'Andalousie. Par la suite, Alger fut rattachée aux capitales des dynasties Zianides (24), ainsi que Hafsides (25) et Mérinides (26) pour des courtes périodes. Longtemps la ville fut dépendante de Tlemcen (27) sous les dynasties Ifrenides (28), Almoravides, Almohades et Zianides.
En 1510, Ferdinand le Catholique (29) prend Alger. Les Espagnols l'assiégèrent et bâtirent sur un îlot de la baie d'Alger une forteresse, le Peñón d'Alger, destinée à bombarder la ville et à empêcher son approvisionnement. Salem ben Toumi chef des Beni Mezghenna demandent l'aide des Turcs.
En 1516, Arudj Barberousse (30) devient maître de la ville après avoir assassiné le cheïkh Selim Etteumi, gouverneur de la cité, celui-même qui avait imploré son aide contre les espagnols.
En 1516 et 1518, Alger est attaquée par des expéditions espagnoles commandées respectivement par Diego de Vera et Hugo de Moncade. Deux fois celles-ci tournent au fiasco. En 1529, Barberousse détruit le peñon, et y fait construire la jetée Kheir-Eddine, reliant les îlots à la terre ferme et constituant ainsi le premier abri du port d'Alger. Cette date marque aussi le début de la Régence d'Alger (31), un régime politique d'inspiration ottomane, qui fit d'Alger la capitale d'un etat largement indépendant mais vassal de Sublime Porte (32).
Durant la période de la régence ottomane une guerre éclate contre les Zianides puis plusieurs conflits surgissent avec les saadéens et les tibus du Sahara, aux Aurès ainsi qu' en petite Kabylie. En même temps, une double extrapolation vit le jour. La ville appelée El Djazaïr (Alger et Algérie s'écrivent de la même manière en arabe: El Djazaïr) donna son nom au pays entier et la citadelle perchée en haut de la ville ancienne, appelée la Casbah, donna son nom à la ville. De nos jours encore, Casbah (33) désigne la ville précoloniale. Elle est désormais classée au patrimoine mondial de l'UNESCO (34).

(à suivre...)

Notes

(1) Massinissa est un roi Amazigh et le premier roi de la Numidie unifiée. Son nom a été retrouvé dans son tombeau à Cirta, l'actuelle Constantine sous la forme consonnique MSNSN (à lire MAS-N-SEN, qui veut dire « Leur Seigneur »).
Fils du roi Gaïa (agellid en berbère) (G.Y.Y, inscription punique), petit-fils de Zelalsan et arrière petit-fils d'Ilès.
Il est né vers 238 av. J.-C. dans la tribu des Massyles (Mis Ilès) et meurt début janvier 148 av. J.-C..
À la mort de Gaïa, Massinissa passant dans le camp de Rome, en 203 av. J.-C. contribue à la capture et la victoire sur Syphax roi des Massaesyles par le commandant romain Gaius Laelius. Syphax est alors envoyé à Rome en tant que prisonnier où il meurt en 202 ou 203 av. J.-C. et les Romains accordent au roi Massinissa le royaume de Syphax en remerciement de son aide.
Il contribua largement à la victoire de la bataille de Zama à la tête de sa fameuse cavalerie numide.

(2) Scipion l'Africain (Publius Cornelius Scipio Africanus) est un général et homme d'État Romain, né en 235 av. J.-C., et mort en 183 av. J.-C., à Liternum en Campanie.
Il appartenait à la famille des Scipions, branche de la gens Cornelia. Il est le fils de Publius Cornelius Scipio consul de 218 av. J.-C.

(3) Carthage est une ville tunisienne située au nord-est de la capitale Tunis.
L'ancienne cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font la capitale de la province d'Afrique proconsulaire, est aujourd'hui une banlieue huppée de Tunis regroupant de nombreuses résidences d'ambassadeurs. La ville possède encore de nombreux sites archéologiques, romains pour la plupart, classés au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979.
La municipalité de Carthage, qui compte 15 922 habitants en 2004, abrite le palais présidentiel ou encore la mosquée El Abidine. L'aéroport international de Tunis-Carthage est situé à quelques kilomètres à l'ouest de la ville.

(4) Juba Ier (en berbère Yuba, tifinagh ) (v. 85 av. J.-C. - 46 av. J.-C.), dernier roi de Numidie orientale. Il fut le fils et successeur du roi Hiempsal II. Il est le père de Juba II, son successeur, roi de Maurétanie (52 av. J.-C. - 23 ap. J.-C.).
Il fut roi de 60 à 46 av. J.-C. Allié de Pompée il fut vaincu par Jules César à la bataille de Thapsus.
Avec Petreius Marcus, il voulut se réfugier dans la ville tunisienne de Zama, célèbre pour la bataille qui s'y déroula en 200 av. J.-C., qui lui ferma ses portes.
Ils se donnèrent mutuellement la mort en 46 av. J.-C. dans une maison isolée.
Son royaume fut alors transformé en province, l'Africa nova.

(5) Claudius Ptolemaeus, communément appelé Ptolémée (Ptolémaïs de Thébaïde (Haute-Égypte) vers 90 - Canope vers 168) était un astronome et astrologue grec qui vécut à Alexandrie (Égypte). Il est également l’un des précurseurs de la géographie. Sa vie est mal connue. Son cognomen (surnom) Ptolémée semble indiquer des origines gréco-égyptiennes, et son nomen (nom) Claudius une citoyenneté romaine. Son praenomen (prénom) est inconnu.
Ptolémée fut l’auteur de plusieurs traités scientifiques, dont deux ont exercé par la suite une très grande influence sur les sciences occidentales et orientales. L’un est le traité d’astronomie, qui est aujourd’hui connu sous le nom d’Almageste, La Très Grande, al-Mijisti, mais dont le titre original en grec était Μαθηματική σύνταξις, Composition mathématique). L’autre est la Géographie, qui est une discussion approfondie sur les connaissances géographiques du monde gréco-romain.
L’œuvre de Ptolémée est un sommet et l’aboutissement d’une longue évolution. Avec l’œuvre d’Aristote, c’est essentiellement à travers elle, transmise à la fois par les Arabes et les Byzantins, que l’Occident redécouvrira la science grecque au Moyen Age et à la Renaissance, laissant leurs prédécesseurs dans l’obscurité. Pourtant Ptolémée ne manque pas de faire abondamment référence à ceux-ci dans ses écrits.

(6) Ptolémée de Maurétanie, né vers l'an 1 av. J.-C., règne de 23 à 40 sur la Maurétanie.
Il est le fils de Juba II (52 av. J.-C.–23 ap. J.-C.), lui-même fils du roi de Numidie Juba Ier, et époux de Cléopâtre Séléné (40 av. J.-C.–6 ap. J.-C.), unique fille de Cléopâtre VII et de Marc Antoine. Ptolémée possède donc un héritage à la fois nord africain, grec et romain. Il est cousin germain de l'empereur romain Claude et cousin issu de germain de Néron et Caligula.
Ptolémée et sa sœur Drusilla reçoivent une éducation romaine. En l'an 19, son père le nomme co-monarque. Quatre ans plus tard, Juba II meurt et Ptolémée monte sur le trône. En 24, Ptolémée, avec l'assistance du gouverneur romain, met fin à la révolte des Garamantes et du mercenaire Tacfarinas. Pour cette victoire, le Sénat romain accorde à Ptolémée un sceptre en ivoire et une tunique de triomphe, et le reconnaît comme roi, allié et ami.
Il épouse Julia Urania, dont la tradition fait soit une affranchie gréco-syrienne, soit une membre de la famille royale d'Émèse. Il en a vers 37–39 Drusilla, seul enfant qu'on lui connaît. Elle épousera Antoine Félix, procurateur de Judée, en 52.
En 40, il est invité à Rome par l'empereur Caligula. Ptolémée suscite la jalousie de ce dernier en portant un manteau de pourpre, couleur impériale, pendant un spectacle de gladiateurs : il est exécuté alors qu'il se rend à Lyon et son royaume est annexé par Rome. Ptolémée aura été le dernier de la dynastie des Ptolémées et le dernier roi de Maurétanie.

(7) Tacfarinas (ou encore le Tacfarinois ; « Homme de Takfarin ») est le nom d'un chef de guerre numide de la première moitié du Ier siècle après J.-C.), révolté contre l'Empire romain sous le règne de l'empereur Tibère.

(8) Tibère (latin : Tiberius Caesar Divi Augusti Filius Augustus), né à Rome le 16 novembre 42 av. J.-C. et mort à Misène le 16 mars 37 ap. J.-C., est le deuxième empereur romain de 14 à 37. Il appartient à la dynastie Julio-Claudienne.

(9) Vespasien (latin : Imperator Caesar Vespasianus Augustus) (°17 novembre 9 – †23 juin 79) est empereur romain de 69 à 79. Il est le fondateur de la dynastie des Flaviens qui règne sur l'Empire de 69 à 96. Ses fils Titus, puis Domitien lui succèdent.

(10) Les Vandales sont un peuple germanique oriental.
Lors des Grandes invasions du Ve siècle, leur migration les conduisit successivement en Gaule, Galice et Bétique (en Espagne), Afrique du Nord puis dans les îles de Méditerranée occidentale
Ils fondèrent également le « royaume vandale d'Afrique », ou « royaume de Carthage » (439–533).

(11) Les Zénètes, également appelés Zenata ou Iznaten, forment un groupe de diverses populations amazighes au Maghreb et sont les fondateurs des plusieurs États berbères au Maghreb, en Europe et en Afrique. Ils sont nomades et sédentaires à la fois et ces derniers sont les bâtisseurs des villes. Rachid Bellil déclare « qu'il serait une erreur de dire que les Zénètes sont uniquement nomades, car ils sont les fondateurs des villes de l'Atlas saharien et des oasis » propos qui confirment les écrits d' Ibn Khaldoun. Ce peuple a opéré le plus grand changement du Maghreb, une grande partie des Zénètes s'identifie aux Arabes comme le déclare Poitiron, « Les Zénètes disparaitront vers VIIIe siècle et qui couvraient le quart de l'Afrique du Nord, est un des faits les plus extraordinaires qu'ait connus le Maghreb. La similitude de vie et de domaine amène une arabisation rapide, accélérée par le désir des Zenata de s'anabolir, de paraitre Arabes ». Ils sont arabophones et berbérophones, ces derniers ont comme langue mère le Zénète.
Au Maghreb, les Zénètes sont concentrés de Tripoli jusqu’à Tanger dont la majorité se dit Arabes. Ce qui représente une grande masse humaine sur l’échelle de la population Magrébine.
Les Zénètes sont aussi localisés dans les anciennes villes du Nord du Maroc et l'Algerie et aussi dans le Sahara et plus précisément dans le Tell, Hodna, Haut plateau de l'Algérie (terre fertile du grand Maghreb central). Le Ziban et le Nememcha. Ces territoires et populations faisaient partie du territoire des Gétules situé derrière le limes romain et faisait l'objet d'attaque de la part des Romains. Plusieurs villes gétules étaient le théâtre de batailles entre les deux rivaux. Les historiens récents tendent à confirmer que les Zénètes du Sahara montaient vers le Nord en hiver ils se rendent au désert en été. La tradition fut rompue à l'époque romaine, ce que Benabou écrit dans son livre que Sévère confisquait les terres des nomades et les refoulait. Sévère donnait les terres aux sédentaires en échange. Les Romains ont aussi coupé le mode de vie des montagnards en leur interdisant la plaine qui est devenue la propriété des sédentaires. Ibn Khaldoun révèle que le déplacement des Zénètes au Sud et vers l'Ouest est le produit de la défaite des Zénètes face au Kutama et au Houaras. Et Ibn Khaldoun souligne que toutes les tribus soit Kutama ou Houaras ou Zénètes ou Sanhadja vivaient ensemble au Nord dans les temps reculés. Les études sur le Tifinagh ne sont pas assez développées au Sahara algérien pour confirmer que cette langue est l'écriture spécifiquement zénète, car certains soulignent que le Tifinagh viendrait de Gourara dans la wilaya d'Adrar, région habitée par les Zénètes. Gabriel Camps souligne que le langage Zénète est paléoberbère.
Au Maroc, actuellement, quelques tribus sont zénètes, on les trouve au Nord Est près des frontières algéro-marocaines et dans le Sahara marocain. Il est surprenant de constater comment les Mérinides ont pu se multiplier rapidement dans la région du Za, de la Moulouya, et du désert, après avoir été chassés d'Algérie par leurs adversaires. Et par la suite, ils prennent le pouvoir dans tout le Maghreb. Les Hafsides seront renversés par les Mérinides et que les différentes provinces de l'Algérie actuelle seront vite prises, ce que souligne Ibn Khaldoun.
En Tunisie, la majorité des Tunisiens sont Zénètes et parlent uniquement l'arabe et n'ont aucune idée de leur passé à cause des grands changements subis dans cette partie du Maghreb, ce qu'Ibn Khaldoun confirme et que E.F. Gautier déclare. Mais, pour des raisons que les chercheurs ignorent, les populations zénétiennes n'ont pas fait l'objet d'études sérieuses dans le pays, ce qui a été signalé en 1978, lors des travaux de recherche en Algérie. Au milieu du XIe siècle, lorsque les Hilaliens, envoyés par les Fatimides pour réprimer les Sanhadja en Tunisie furent face en premier aux Zénètes.

(12) Ziri ibn Menad est le père de Bologhine, fondateur de la dynastie des Zirides d'Ifriqiya qui a régné dans une partie du Maghreb (Tiaret, Achir, Béjaia, Ifriqiya, M'Sila, Sétif, Constantine, etc.) durant presque deux siècles et de Zawi fondateur de la dynastie ziride de Grenade.

(13) Abu Yazid, également orthographié Abou Yazid ou Abû Yazîd, de son nom complet Abu Yazid Mukhallad ibn Kayrâd et surnommé « l'homme à l'âne », né en 873 et mort le 19 août 947, est un Berbère zénète de la tribu des Banou Ifren.
Abu Yazid naît chez les Banou Wargu — les Banou Wargu et les Merendjissa appartiennent à la confédération des Banou Ifren — selon les propos rapportés d'Ibn Hazm par Ibn Khaldoun. Mais d'autres sources indiquent qu'il serait né à Gao (Mali). Le révolutionnaire suivit le dogme du kharidjisme (nekkarites) et devint le chef de la plus importante rébellion menée contre les Fatimides au milieu du Xe siècle.

(14) Cordoue est une ville située dans le sud de l'Espagne, en Andalousie. Cordoue est la capitale de la province du même nom.
La ville est située sur le Guadalquivir. Elle compte 321 000 habitants.
Son centre historique est classé depuis 1984 patrimoine mondial de l'UNESCO.

(15) Les Omeyyades ou Umayyades sont une dynastie de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre ʾUmayya, grand-oncle de Mahomet. Ils sont originaires de la tribu de Qurayš, qui domine La Mecque au temps de Mahomet.
Succédant au calife ʿAlī ibn ʾAbī Ṭalib, ils prennent Damas comme capitale et fondent le Califat omeyyade, qui devient le plus grand État musulman de l'Histoire. Renversés par les Abbassides, ils fuient en Andalousie et fondent un nouvel État à Cordoue.

(16) Les Kutama sont une tribu berbères du nord de l'Algérie. La tribu a eu un rôle important du point de vue historique durant l'époque médiévale au centre de l' Afrique du Nord. Il fondent un royaume opposant aux Aghlabides.
Ensuite, ils deviennent des vassaux Fatimides et ils formèrent une dynastie berbère au Sud de l'Italie en Sicile. Ils seront des alliés aux Zirides. Cependant, un point de divergence entre les Zirides et les Kutumas créait un conflit entre ces deux groupes. Les Kutama se déplacèrent vers l'Égypte pour aider les Fatimides et fondèrent Le Caire. Les Siwa sont des Kutama. Regroupés au début du Xe siècle à Ikedjane (de nos jours Beni Aziz), dans l'Est algérien en Petite Kabylie, actuellement Jijel, Mila, Sétif, littoral algérien.

(17) Ceuta, du latin Septum (legio), est une ville autonome espagnole enclavée sur la côte nord-ouest de l'Afrique, en face de la péninsule Ibérique. Cette ville se trouve à environ quinze kilomètres des côtes de la province de Cadix.

(18) Ziri Ibn Attia fut un chef de la tribu de Maghraoua, du groupe berbère des Zénètes. Il sera nommé Vizir par les Ommeyades, mais par la suite prendra partie pour les Fatimides. Ziri Ibn Attia occupera une grande partie du Maghreb. il s'auto-proclamera Émir de tous les Zénètes.

(19) Youssef Ibn Tachfin (1009?-1106), aussi nommé Youssef ben Tachfine était un roi marocain. Sa date et son lieu de naissance sont inconnus.
Il fut le premier roi de la dynastie berbère des Almoravides, qui régna sur une partie du Sénégal et du Maghreb, ainsi qu'une grande partie de l'Espagne et du Portugal jusqu’en 1147. Cet empire portait le nom d'Empire de Marrakech.
Selon Charles-André Julien, il appartiendrait à une des tribus sahraouies de l'actuelle Mauritanie, pays formé suite à la colonisation française au Maghreb. En revanche, pour Bernard Lugan, historien spécialiste de l'Afrique, les Almoravides faisaient partie intégrante de l'histoire du Maroc.
Il était plus précisément issu de la tribu des Lemtouna qui, étant nomades, n'avaient ni territoire fixe ni berceau. Les Lemtouna formaient en effet une branche tribale qui nomadisait entre l'actuel Sénégal et le Sud de l'actuel Maroc et appartenait au grand groupe des Sanhaja dont il existe diverses tribus dispersées à travers le Maghreb et une partie de l'Afrique subsaharienne. En 1048, Les Lemtouna se coalisèrent sous l'impulsion d'un prédicateur malékite marocain, Abdallah Ibn Yasin, et d'un chef local, Abou Bakr ben Omar, et fondèrent le mouvement Almoravide.
Il régna de 1061 à sa mort en 1106. Vers 1062, il fonda sa capitale Marrakech (que les français appelèrent Maroc, de l'espagnol Marruecos, lui-même dérivé de l'arabe Morrakouch ou Marrakch, prononciations venant d'une déformation du nom berbère initial, d'où le nom actuel du "Royaume du Maroc"). C'est à partir de cette ville qu'il mènera ses campagnes, notamment en Espagne. Le mausolée des Almoravides se trouve à Marrakech.

(20) Le malikisme est une des quatre madhhab (école) classiques du droit musulman sunnite. Elle est basée sur l'enseignement de l'imam Mālik ibn Anas (711 - 795) (et de ses suiveurs), théologien et législateur qui vécut à Médine. Elle est majoritaire en Afrique du Nord ainsi qu'Afrique de l'Ouest ; est retrouvée en Égypte, au Soudan et dans certains pays du golfe (Koweït, Qatar, Bahrain). Suivie par environ 20% des musulmans, c'est la troisième école en nombre de pratiquants, et très suivie en France où elle est la première école de ce pays.
Elle diffère essentiellement des trois autres écoles par les sources qu'elle utilise pour déterminer la jurisprudence. Si les quatre écoles utilisent toutes le Coran, la sunna, ainsi que l'ijma (le consensus des experts) et les analogies (qiyas), le malikisme utilise également les pratiques des habitants de Médine (Amal ahl al-medina) comme source de la jurisprudence.

(21) La Grande Mosquée d'Alger fut construite par l'Almoravide Youssef Ibn Tachfin en 1097. Le minaret date de 1324 et fut construit par le sultan Zianide de Tlemcen.
La salle de prière, sans coupole centrale, est hypostyle; les piliers sont reliés par de grands arcs. Le mihrab est décoré de colonnes et de céramique. Le minaret est surmonté d’une hampe que traversent trois boules de cuivre de grosseur décroissante.
La galerie extérieure n’est pas d’origine. Elle a été ajoutée en 1836. Ses colonnes de marbre à chapiteaux décorés de motifs floraux proviennent de la mosquée Es Sayida qui s’élevait à la Place des Martyrs et que l’on jeta à bas en 1830. Plus récemment on a recouvert les tuiles rouges de son toit de rouleaux d’étanchéité.
Elle est construite en pierre, brique, tuile, bois sur une charpente de bois. Le décor intérieur est fait de céramique et de bois.
La Grande Mosquée est située à la Rue de la Marine et est la plus ancienne mosquée d'Alger.

(22) Les Almoravides sont une dynastie berbère du Sahara qui nomadisaient entre l'actuel Sénégal et le Sud de l'actuel Maroc, dont le berceau était l'Adrar de Mauritanie. Etant nomades, les Almoravides ne pouvaient donc avoir, par définition même, ni de territoire fixe ni de berceau. Par ailleurs, les Almoravides appartiennent à la grande tribu des Sanhadja dont il existe diverses tribus dispersées à travers le Maghreb et sur une partie de l'Afrique subsaharienne.

(23) `Abdul-Mu'min ben `Alī al-Kūmī ou `Abd al Mu'min ben `Alī al Kūmī ou Abdelmoumen, né vers 1100 dans un village près de Nedroma,en Algérie,et décédé en 1163 à Salé, au Maroc,est le premier calife et fondateur de la dynastie des Almohades, régnant de 1147 à sa mort.
En mourant, Ibn Tûmart laisse à ses disciples dont Abd-al Mumin un mouvement religieux organisé et doté d'une puissante armée formée de plusieurs tribus masmoudiennes du Haut Atlas marocain. Ce Berbère zénète, fut surnommé le « flambeau des Almohades » par Ibn Toumert, le Fakih du Souss. Il fut le fondateur du royaume des Almohades.
En 1128, `Abd al Mu'min cacha pendant trois ans la mort d'Ibn Tumart, le temps d'asseoir son autorité politique au sein des Masmoudas jusqu'à ce qu'il pût épouser la fille du cheikh Abou-Hafs, émir de la tribu des Hintata et chef des Almohades. Étant parvenu, avec l'aide de son beau-père, à faire exécuter les dernières volontés d'Ibn Tumart, il devint le grand cheikh et calife des Almohades. Il prend la tête d'un mouvement religieux et des troupes organisées par le Mahdi et, soutenu par plusieurs tribus de l'actuel Maroc. En mars/avril 1147, il fit massacrer Ishaq ben Ali, dernier souverain almoravide, et étend la puissance almohade à tout le Maghreb.

(24) Les Zianides, aussi appelés Zyanides, Abdalwadides, Abdalwadites ou encore Banu Zayan, sont une dynastie berbère zénète ayant régné depuis Tlemcen, de 1235 à 1556. Fondée par Yghomracen Ibn Zyan, l'étendue de son territoire préfigurait une partie de l'actuelle l'Algérie.
À peine l'empire almohade montait-il les premiers symptômes d'une grave faiblesse que la Berbèrie tendait à se scinder en trois comme elle l'avait été sous la domination romaine, puis au VIIIe et IXe siècles, puis de nouveau au XIe siècle, lorsque les Sanhadja d'Achir s'étaient détachés des Zirides d'Ifriqiya.
Nommés gouverneurs de Tlemcen par les Almohades, les Zianides s'arrogent un pouvoir autonome, contribuant ainsi à la chute de ceux-ci en rejetant leur attaque ainsi que celle de leurs alliés mérinides en 1248. En raison de leur position centrale au Maghreb, pris comme dans un étau, entre les royaumes mérinides et hafsides. Ils tombent ainsi sous la domination de leurs rivaux mérinides à deux reprises (1337 à 1348 et 1352 à 1359), puis sous la suzeraineté hafside à la fin du XVe siècle. Ils réussissent malgré cela à fonder un État prospère.
Les Zianides sont vaincus finalement par les Ottomans en 1556.

(25) Les Hafsides sont une dynastie berbère masmouda qui commence par être l'alliée des Almohades. Devenant la dynastie régnante de l'Ifriqiya de 1228 à 1574, elle étend son pouvoir sur le nord-est de l'Algérie (Bougie, l'actuelle Béjaïa), la Tunisie (Tunis) et une petite partie du nord-ouest de la Libye.

(26) Les Mérinides (ou Marinides, Banû Marin, Bénî Marin, forment une dynastie marocaine d'origine berbère Zénète. Ils s’installent dans le bassin de la haute Moulouya (partie orientale du Maroc actuel) pendant le Moyen Âge.
Ils forment un empire, entre 1244 et 1465, dans l’actuel Maroc et imposent temporairement leur pouvoir à l’ensemble du Maghreb et dans une partie de l’Andalousie. Le centre de leur empire se situe entre Taza et Fès, ses frontières, qui évoluent avec le temps, sont l’océan Atlantique à l’ouest, la mer Méditerranée au nord, le domaine des Abdalwadides à l’est et le Sahara au sud.
Entre 1275 et 1340, les Mérinides soutiennent activement le royaume de Grenade contre les attaques chrétiennes, mais leur défaite à la bataille de Tarifa devant la coalition castillano-portugaise marque la fin de leurs interventions dans la péninsule Ibérique.
En 1358, la mort d’Abu Inan Faris, tué par l'un de ses vizirs marque le début de la décadence de la dynastie qui ne parvient pas à refouler les Portugais et les Espagnols, leur permettant, ainsi qu’à travers leurs continuateurs les Wattassides, de s’installer sur la côte. La résistance s’organisera autour des confréries et des marabouts, dont est issue la dynastie saadienne.

(27) Tlemcen est une métropole d'environ 200 000 habitants (300 000 pour l'agglomération) du nord-ouest de l'Algérie, chef-lieu de la wilaya de Tlemcen, frontalière du Maroc. Elle est considérée par Si Kaddour Benghabrit comme la « Perle du Maghreb ».
Située dans l'arrière-pays, au cœur d'une région de vignes et de culture d'oliviers, elle est réputée pour ses cuirs, ses tapisseries et son industrie textile. La ville mêle influences berbères, arabes, hispano-mauresques, et françaises ; cependant sous un contraste d'influences naturellement disparate, l'apport andalous est le plus ancré et apparent.

(28) Les Ifrenides, Ifren ou Banou Ifren ou encore At Yefren sont une dynastie berbère de la branche de Madghis (Medracen) et des Botr.Ils appartiennent à la grande branche des Zénètes. Ils formeront la première dynastie musulmane berbère qui régnera au Maghreb. D'après quelques chercheurs, le mot Afrique découle du nom de la tribu des Ifren.
Au Maghreb, les Ifrenides feront des soulèvements contre les occupants étrangers (Romains, Vandales, Byzantins, etc.). Ils s'engagent au côté de la Kahina, au VIIe siècle, contre les Omeyades. Au VIIIe siècle, ils se mobiliseront autour du dogme sufrites pour se révolter contre les pouvoirs (omeyades et abbassides). Ensuite, ils réalisent une dynastie au Xe siècle en affrontant les Fatimides, les Zirides, les Omeyades, etc. Les Banou Ifren seront vaincus par les Almoravides et la coalition Hilaliens- Hammadides vers la fin du XIe siècle. La dynastie Ifrenides a été reconnue comme étant la seule dynastie qui a défendu les Africains au Maghreb.
En Andalousie, les Banou Ifren réussiront à conquérir et à édifier la ville de Ronda au XIe siècle et ils auront à gouverner à Cordoue pendant plusieurs années.

(29) Ferdinand II d'Aragon (en castillan : Fernando II; en catalan : Ferran II), (10 mars 1452 à Saragosse - 23 janvier 1516 à Madrigalejo), dit Ferdinand le Catholique, fut roi de Castille et León de 1474 à 1504 (Par mariage, sous le nom de Ferdinand V), roi d'Aragon, de Valence, de Majorque et de Sicile et comte de Barcelone de 1479 à 1516 (de son propre chef), comte de Roussillon et de Cerdagne de 1493 à 1516, et enfin roi des Deux-Siciles en 1504.

(30) Arudj Reïs (1464, Lesbos - 1518, Rio Salado) (ou Horuk) dit Baba-Oruç qui par déformation donna Barberousse, est un corsaire ottoman albanais.

(31) À partir de la fin du XVIe siècle, Alger, sous domination turque, joue le rôle de capitale d'un territoire qui s'étend entre la Moulouya à l'Ouest et La Calle à l'Est. Après l'échec de sa conquête par Charles Quint en 1541, Alger devient le port le plus puissant de la rive Sud de la Méditerranée. La Régence d'Alger, état autonome de l'Empire ottoman dure trois siècles : de 1515 à 1830.

(32) L’Empire ottoman est un empire qui a existé de 1299 à 1922 (soit 623 ans). Il a laissé la place, entre autres, à la République de Turquie. Fondé par un clan turcique oghouze en Anatolie occidentale, l'Empire ottoman s'étendait au faîte de sa puissance sur trois continents : toute l'Anatolie, le haut-plateau arménien, les Balkans, le pourtour de la mer Noire, la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie, la péninsule Arabique et l'Afrique du Nord (à l'exception du Maroc).

(33) La Casbah d'Alger appelée « la Casbah » est un quartier d’Alger comprenant aujourd’hui la vieille ville.
Elle compte une population de 62 582 hab.(2005) et 1 043 hab./km²

(34) L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (ONUESC) est une institution spécialisée du Système des Nations Unies créée le 16 novembre 1945. Elle est principalement connue sous son acronyme anglais UNESCO (ou Unesco) qui signifie United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization. Son siège est au 7/9, place de Fontenoy dans le 7e arrondissement de Paris.

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mercredi 11 août 2010

Alger(1)

Aloufok

par La Rédaction

Alger, surnommée el Bahdja (la joyeuse), el mahroussa (la bien-gardée) ou encore la blanche, tant par les Algériens que par les Français, est la capitale de l'Algérie et la plus grande ville du pays. Située au bord de la mer Méditerranée, la ville donne son nom à la wilaya (1) dont elle est le chef-lieu. En 2010, la ville d'Alger compte 2 239 613 habitants. Avec 4,375 millions d'habitants, l'agglomération d'Alger est la première agglomération du Maghreb et la wilaya d'Alger compte 6 488 795 habitants. Alger fut également, jusqu'en 1962, la deuxième ville de France.

Le nom d'« Alger » dérive du catalan Alguère, lui-même tiré de Djezaïr du nom donné par Bologhine ibn Ziri (2), fondateur de la dynastie Zirides (3), lorsqu'il bâtit la ville en 960 sur les ruines de l'ancienne ville au nom romain Icosium ; Djezaïr Beni Mezghenna. La signification du nom donné par Bologhine ibn Ziri voudrait que le nom soit donné en référence aux îles qui faisaient face au port d’Alger à l'époque et qui furent plus tard rattachées à sa jetée actuelle, « Les Îlots », en français « Les Îles des Mezghenna ». Le terme d'île pourrait, selon des géographes musulmans du Moyen Âge, également désigner la côte fertile de l’actuelle Algérie, coincée entre le vaste Sahara et la Méditerranée, apparaissant alors comme une île de vie, Al-Jaza’ir.
Il est d'une extrême importance de préciser que Al Bakri (4), célèbre polygraphe andalou, dans sa Description de l'Afrique septentrionale, cite dans son chapitre sur La route d'Achir (5) à Djzayer Beni Mezghenna (vers l'an 1068, soit 6 siècles avant les Turcs, 4 siècles avant Ibn Khaldoun (6), 1 siècle avant les Almohades (7) et une décennie avant les Almoravides (8), soit à peine 2 siècles après l'islamisation de l'Afrique du Nord), cite la ville d'Alger comme encore imposante et sertie de voûtes et autres assises monumentales prouvant qu'elle fut « la capitale d'un vaste empire ». Louis Mas Latrie, reprend les propos d'El Bekri s'agissant de ses inductions quant à Icosium « capitale d'un vaste empire », Icosium n'étant qu'une cité parmi d'autres au sein de l'Empire romain. Concernant le nom même, Al Bakri dit que la ville s'appelle « Djzèyer Beni Mezghanna » et l'orthographie en arabe « Djzèyèr ». De plus, très prolixe dans ses descriptions, il ne précise à aucun moment du chapitre que « Djzèyèr » signifie « les îles », bien au contraire assimilant le nom de la ville aux Beni Mezghenna (9). La version arabe, très claire à ce sujet fit régulièrement par la suite l'objet d'excès en interprétations. Ainsi, dans la traduction faite par William Mac Guckin de Slane (10), ce dernier rajouta l'explication « les îles de la tribu Mezghenna », mention qui n'existe nullement dans la version du texte arabe originel. De plus, De Slane orthographia « Djazaïr » au lieu de « Djzèyer » tel que transcrit phonétiquement par Al Bakri qui, lui, s'abstint dans son texte de toute interprétation superflue. Nous saurons alors de manière formelle que le nom d'Alger ne comporte pas l'article défini « El » propre à la langue arabe, nous laissant croire que Djzèyer ne fait pas référence à un nom commun, ni à un qualificatif ou adjectif, alors précédés de l'article « El », mais qu'il s'agit plutôt d'un nom propre tout comme Mezghenna, Achir (qui ne se disent pas El-Mezghenna ou El-Achir, etc). Ainsi, le « El » de « El-Djazaïr » généralement admis est un rajout ultérieur, ayant induit à une fausse interprétation du nom d'Alger, faisant coïncider la ressemblance phonétique du mot avec la présence d'îlots. La tradition orale, plus conservatrice et au plus près de l'origine n'aura-t-elle pas conservé le vocable alors initial tel que transcrit alors par Al Bakri : Djzèyer/Dzèyer, qui sans l'article « El », est plus apte à désigner Ziri que des îlots (sachant en outre qu'en arabe l'île se dit El-Djazira et au pluriel El-Djouzour ). Et être un « Dziri » (c'est-à-dire Algérois), signifie en toute logique davantage être un « Ziride » (la ville devint sous Bologhine ibn Ziri (11) la capitale de la dynastie Zirides, tribu des Ziri) qu'un îlien ou insulaire. Al Bakri est considéré comme le tout premier polygraphe ayant couché par écrit la géographie de l'Afrique du Nord médiévale (il associait encore le terme « El-Maghrib » avec celui de « Ifriqya », il ne citait pas « d'îles du Maghreb »). Par conséquent, si l'on doit retranscrire rigoureusement en langue arabe le nom d'Alger tel qu'écrit pour la première fois, il ne faudra plus l'orthographier « El-Djazaïr », mais « Djzèyèr » avec le « y » et sans « El » : selon l'orthographe d' Al Bakri alors au plus proche du parler de l'époque de la dynastie Ziride. Le nom de Tigzirt (12) : Tigzirt aurait pu être associée aussi au terme « île », sorte de berbérisation du mot arabe « el-djazira », qui deviendrait Tidjzirt puis Tigzirt, mais la ville située sur la côte de la Grande Kabylie, demeurée berbérophone, a gardé sa signification ancienne venue de ighzer (la source/ruisseau), devenue « Tighzert » (la petite source/petit ruisseau), toponyme alors extrêmement répandu dans toute l'Afrique du Nord jusqu'aux confins du Sahara. En face de Tigzirt il y a aussi une série d'îlots, tout comme le cas d'Alger, la ville possède en outre des ruines romaines ainsi que les restes d'une importante fontaine, ce qui est en tout point semblable avec le cas d'Alger...mais aussi Ténès, Cherchell, Carthage, Tunis, Tanger, Essaouira/Mogador, Barcelone, Marseille, etc., tous les ports protégés sont devancés d'îlots, un fait commun. Tigzirt n'aura pas connu de doute sur son toponyme dans la mesure où aucun enjeu idéologique ne vint disputer la paternité de la ville, contrairement à Alger qui connut un développement croissant, notamment depuis sa repropriation par Bologhine ibn Ziri, fondateur de la dynastie Zirides (Iziryen en Tamazight et el-ziriyoun en arabe, branche de la nation Sanhadja (13) et allié au Kutama (14), d'abord alliés, puis vassal des Fatimides (15), et fondateurs d'El Qahera, alias Le Caire).

Dans son dictionnaire de la langue française, Jean-Baptiste-Bonaventure rapporte que les Ottomans et les autochtones appelaient la ville d'Alger du nom d'Al-Ghazi, de « ghazw » en arabe, la conquérante, puisque la piraterie navale était dirigée contre les chrétiens. Il précise aussi qu'Alger, de Al Djazaïr, est un royaume situé entre l'actuelle Tunisie et l'actuel Maroc, sachant que ce royaume était « une île » qu'il fallait relier au continent. Ainsi, il est question ici de tout un territoire dénommé île, et non plus la seule ville d'Alger (et celle-ci n'est pas située sur une île, ni une péninsule), ce qui rejoint les propos d'Idriss (16) qui traversant le Maghreb pour rejoindre le Maroc, considéra ce territoire comme une suite d'îles (massifs montagneux habités, verdoyants et riches en eaux et cultures) entre la mer Méditerranée et l'océan Atlantique d'une part et le Sahara d'autre part. Ainsi le lien entre « Alger » et sa signification « île » est ici joint à l'idée d'une île parmi d'autres au sein d'un territoire plus grand, le Maghreb ou « les îles du Couchant » selon Al Idrissi (et non pas les îlots qui font face à la ville elle-même) ce qui coïncide avec la phonétique Dzyer/Dziri/Dziryoun pour Ziri en berbère et Djazira en arabe.

Selon Smaïl Medjeber, Alger fut prise par Bologhine ibn Ziri qui lui donne le nom de Ziri pour honorer son père. Alger vient de l'anthroponyme Ziri.
Enfin il faut noter que Al Bakri, repris par Louis Mas Latrie, à plusieurs siècles de distance, confirme le fait que les habitants d'Alger et de ses alentours (Mitidja) étaient Berbères (17) (donc pour l'époque du haut Moyen-Âge, une telle distinction révèle la berbérophonie de ces populations) et vivaient à la limite du royaume Hammadides encore en place. Alger ne pouvait signifier « El-Djazaïr/les îles » en parler berbère, d'autant que de fondation Zirides, les At Mezghan (Beni Mezghenna) ont été soumis, à une époque plus ancienne, à la conquête ziride pour devenir les « Zirides Beni Mezghenna » après l'occupation de la ville par Bologhine ibn Ziri.
Alger est la deuxième plus grande ville du Maghreb. Elle est précédée par Casablanca.

(à suivre...)

Notes

(1) La wilaya d'Alger est une division territoriale principale de l'Algérie, issue de l'ancien département français d'Alger.
Sa préfecture est Alger. Elle est peuplée de 3 657 342 habitants.

(2) Bologhine ibn Ziri, de son nom complet Abou al-Foutouh Sayf al-Dawla Bologhin ben Ziri as-Sanhadji, est le fondateur de la dynastie berbère des Zirides régnant sur l'Ifriqiya de 972 à 1152.

(3) Les Zirides sont une dynastie berbère régnant sur l'Ifriqiya à partir de 973, d'abord au nom des Fatimides, jusqu'à être affaiblis par les Hilaliens et finalement remplacés par les Almohades en 1127.
En 1014/1015, les Zirides se divisent en deux lignées : Les Hammadides fondés par Hammad ibn Bologhin au Maghreb et ceux qui sont parfois appelés Badicides du nom de Badis qui continue la lignée directe.
Les Zirides étendent leur influence en Andalousie, après la chute du pouvoir des Omeyyades de Cordoue. Une branche de la famille y fonde le royaume de Grenade et fait de cette ville leur capitale. En 1090, les Almoravides y prennent le pouvoir et réunifient les royaumes de taïfas.
En Afrique, la division des Zirides, la rupture avec les Fatimides et l'arrivée des Hilaliens et les alliances néfastes qu'elle provoque, font que les Zirides et les Hammadides sont finalement remplacés par les Almohades en 1127.

(4) Abū Ubayd Abd Allāh ibn Abd al-Azīz ibn Muḥammad al-Bakrī ou Abou Obeid el-Bekri, géographe et historien de l'Hispanie musulmane (Al-Andalus), est né en 1014 à Huelva. Fils du l'émir de la taïfa de Huelva et Saltes, al-Bakrī a passé la majeure partie de sa vie à Cordoue où il est décédé en 1094.
Il est l'auteur d'un dictionnaire géographique, le Dictionnaire des mots indécis (cf. André Miquel), dont les noms sont classés par ordre alphabétique et concernent surtout l'Arabie. Il a également écrit une Description géographique du monde connu, sorte de compilation dont il reste des fragments, notamment les parties qui décrivent l'Afrique du Nord et le Soudan.
Al-Bakri décrit également dans ses ouvrages l'Europe et la péninsule arabique qu'il n'a jamais visitée. Son œuvre majeure reste Kitāb al-Masālik wa-al-Mamālik (Livre des routes et des royaumes), rédigé en 1068 dans la tradition de Ibn Khurradadhbeh, basé sur les récits de voyage des marchands et marins antérieurs ou contemporains, parmi lesquels Yusuf al-Warraq et Ibrahim ibn Ya'qub. Son travail est marqué par une relative objectivité, par sa méthode, avec laquelle il a décrit pour chaque pays, son peuple, ses coutumes, son climat et ses principales villes, avec plein d'anecdotes. Toutefois, une grande partie de ses écrits ne nous est pas parvenue.
Al-Bakri est le nom d'un cratère sur la lune nommé en son honneur.

(5) Achir fut la première capitale ziride.
Elle fut fondée par Ziri ibn Menad. Selon Claude Martin, Achir fut la capitale des Zirides qui est située dans la montagne de Tetteri au Sud Est de la daira d'Ain-Boucif Médéa en Algérie. La ville avait une altitude de 1280 m. Et selon Ibn Khaldoun, le mont Tetri est le royaume des Zirides et dans lequel se trouvent les ruines de Achir.
L'Achir de Ziri ibn Menad. - L'éponyme de la dynastie berbère, qui héritait de la domination sur l'Ifriqya, avait été le lieutenant fidèle et actif des Fatimides. Dans leurs luttes contre les soldats d'Abou Yazid et contre les Zénètes, qui dominaient à l'ouest de Tiaret, ses interventions avaient joué un rôle décisif. Aussi, le Calife el-Quaim l'avait-il autorisé à affirmer sa jeune puissance par la construction d'une capitale qui lui servit de place forte et de magasin, Achir (à l'est de Ksar el Boukhari, sur les flancs du Djebel Lakhdar).
G. Marçais, qui a recherché sur place les vestiges des constructions zirides, a montré qu'ils révèlent les progrès du fondateur de la dynastie.
Achir prit rapidement de l'importance. Située dans une position géographique idéale pour une capitale, sur la frontière naturelle qui séparer les plaines du Tell occidental des montagners kabyles de l'Est, il commandait la route qui grimpe de la côte, en suivant les crêtes, et surveillait les nomades de la plaine. Son essor reût l'encouragement du calife. Ziri y transporta les habitants d'autres villes, peut-être aussi les indésirables qui ne se trouvaient pas en sécurité ailleurs, puis l'entoura d'épaisses murailles. Au début du XIe siècle, Al Bakri rapporte que « l'on assure que, dans toute la région, il n'y a pas de place qui soit plus forte, plus difficile à prendre et plus propre à décourager l'ennemi », car dix hommes suffisent à défendre.
Place inexpugnable, mais aussi lieu d'échanges actifs entre Tell et steppe, centre intellectuel où affluaient légistes et savants, Achir fit vraiment figure de capitale et Ziri de souverain qui commandait aux contingents les plus redoutables, surveillait le Maghreb central du haut de son belvédère et frappait monnaie à son nom.
Achir était le coeur de la puissance sanhajienne. Aussi, quand le brusque succès du calife rendit les Zirides maîtres de l'Ifriqiya n'abondonnèrent-ils leur capitale qu'à regret. Ce fut petit à petit que les émirs emmenerent leurs familles vers la nouvelle capitale, relâchèrent les liens qui les attachaient à Achir et firent de leur ancien domaine une marche confiée à leurs proches, jusqu'au jour où elle leur échappa.
Le mot Achir signifiait l'eau ; il y a beaucoup des mots qui sont utilisés jusqu'à nos jours en langue berbère ancienne.

(6) Ibn Khaldoun, de son nom complet Abou Zeid Abd er-Rahman Ben Mohamed Ben Khaldoun el-Hadrami, né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire, est un historien, philosophe, diplomate et homme politique d'Ifriqiya.
Sa façon d'analyser les changements sociaux et politiques qu'il a observé dans le Maghreb et l'Espagne de son époque lui vaut d'être considéré comme étant à l'avant-garde de la sociologie. C'est surtout un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite par les Prolégomènes et qui est en fait son Introduction à l'histoire universelle) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l'histoire des Arabes, des Persans et des Berbères. Ce sont deux ouvrages résolument modernes dans leur méthode, Ibn Khaldoun insistant dès le début sur l'importance des sources, de leur authenticité et de leur vérification à l'aune de critères purement rationnels. Georges Marçais affirme que « l'œuvre d'Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu'ait produit l'esprit humain ».
Sa vie se déroule dans une époque fort troublée, marquée par divers bouleversements socio-politiques, par l'apparition de la peste noire et par d'incessantes luttes dynastiques en Afrique du Nord. Les Mérinides contrôlent le Maroc à la suite de la chute des Almohades, les Zianides dominent l'ouest de l'Algérie alors que les Hafsides tiennent l'est de l'Algérie, la Tunisie et la Cyrénaïque. Ces trois dynasties combattent pour l'hégémonie en Afrique du Nord tout en étant sous la menace constante d'incursions de tribus arabes et de la dissidence des tribus berbères vivant à proximité et à l'intérieur de leurs frontières respectives. Dans la péninsule Ibérique, les derniers royaumes musulmans tentent tant bien que mal de circonscrire l'irrésistible avancée de la reconquista galicienne et castillane, tandis que l'Orient fait face aux invasions turco-mongoles.

(7) Les Almohades « qui proclame l’unité divine », ou Banu Abd al-Mumin, sont une dynastie musulmane berbère qui domina l'Afrique du Nord et l'Espagne de 1147 à 1269. Muhammad ibn Tûmart, issue d'un mouvement religieux appuyé par un groupe de tribus berbères du Haut Atlas marocain (en majorité masmouda), organise le renversement des Almoravides et par la suite, Abd al-Mumin (Almohades) et sa famille, issus des Zénètes, prennent la relève et éliminent les Zirides et les Hammadides. Les Almohades sont renversés par trois dynasties berbères les Mérinides, les Zianides et les Hafsides au Maghreb.

(8) Les Almoravides sont une dynastie berbère du Sahara qui nomadisaient entre l'actuel Sénégal et le Sud de l'actuel Maroc, dont le berceau était l'Adrar de Mauritanie. Etant nomades, les Almoravides ne pouvaient donc avoir, par définition même, ni de territoire fixe ni de berceau. Par ailleurs, les Almoravides appartiennent à la grande tribu des Sanhadja dont il existe diverses tribus dispersées à travers le Maghreb et sur une partie de l'Afrique subsaharienne.
Pour Bernard Lugan, historien spécialiste de l'Afrique, le mouvement almoravide faisait partie intégrante de l'histoire du Maroc.
Le mouvement serait né parmi les nomades Sanhadja sur l'île de Tidra, île que certains historiens situent dans le sud de la Mauritanie actuelle alors que d'autres la situe dans l'actuel Sénégal.
Le terme Almoravide désigne en premier lieu un mouvement religieux musulman malékite qui donna naissance en second lieu à une dynastie.
Elle est affiliée à la tribu berbère des Sanhadja dont les Lemtouma constitue une branche tribale. Du XIe siècle au XIIe siècle, ils régnèrent sur le Sahara, une partie du Maghreb et une partie de la péninsule Ibérique.
Les Lemtouma formaient en effet une branche tribale qui nomadisait entre le Sud de l'actuel Sénégal et le Sud de l'actuel Maroc et appartenant au grand groupe des Sanhadja. st En 1048, Les Lemtouma se coalisèrent sous l'impulsion d'un prédicateur malékite, Abdallah Ibn Yasin et d'un chef local et fondèrent le mouvement Almoravide.
Youssef Ibn Tachfin fut le premier émir de la dynastie et il fonda Marrakech qui est devenue La capitale. Il conquit l’Espagne en 1086 avec 15 000 hommes.
Le royaume est délimité par l’océan Atlantique à l’ouest, par le royaume de Castille, le royaume de Navarre, le royaume d'Aragon, le comté de Barcelone et le comté d'Urgell au nord, par les Hammadides et les Zirides à l’est, et de facto au sud par le Sahara (royaumes du Bambouk, Bure, Lobi, empire du Mali et empire du Ghana).

(9) Beni Mezghenna ou Beni Mezghanna est une tribu qui appartient aux Sanhadjas, selon Ibn Khaldoun. Ils habitent les haghalic des Banou Djad près d'Alger.

(10) William Mac Guckin, baron de Slane (1801-1878), militaire et membre de l'Institut, philologue arabisant, est connu pour ses traductions en français des œuvres d'historiens et géographe arabes du Moyen Âge.

(11) Bologhine ibn Ziri, de son nom complet Abou al-Foutouh Sayf al-Dawla Bologhin ben Ziri as-Sanhadji, est le fondateur de la dynastie berbère des Zirides régnant sur l'Ifriqiya de 972 à 1152.

(12) Tigzirt est une ville côtière de Kabylie, chef-lieu de commune et de daira de même nom dans la wilaya de Tizi-Ouzou Algérie.

(13) Les Sanhadja sont une grande confédération de tribus berbères du Moyen Âge. Ils appartiennent à la grande branche berbère de Branis et ont pour ancêtre Mazigh, d'après Ibn Khaldoun.

(14) Les Kutama sont une tribu berbères du nord de l'Algérie. La tribu a eu un rôle important du point de vue historique durant l'époque médiévale au centre de l' Afrique du Nord. Il fondent un royaume opposant aux Aghlabides.
Ensuite, ils deviennent des vassaux Fatimides et ils formèrent une dynastie berbère au Sud de l'Italie en Sicile. Ils seront des alliés aux Zirides. Cependant, un point de divergence entre les Zirides et les Kutumas créait un conflit entre ces deux groupes. Les Kutama se déplacèrent vers l'Égypte pour aider les Fatimides et fondèrent Le Caire. Les Siwa sont des Kutama. Regroupés au début du Xe siècle à Ikedjane (de nos jours Beni Aziz), dans l'Est algérien en Petite Kabylie, actuellement Jijel, Mila, Sétif, littoral algérien.

(15) Les Fatimides sont une dynastie musulmane installée à Ikdjane dans l'actuelle wilaya de Sétif en Algérie. Elle régna sur l'Ifriqiya de (909-1048), en Égypte (969-1171).
Issus de la secte chiite des ismaéliens — pour laquelle le calife doit être choisi parmi les descendants de Ali, cousin et gendre du prophète de l'islam Mahomet, les Fatimides considèrent les Abbassides sunnites comme des usurpateurs de ce titre.

(16) Idrîss Ierarabe : idrīss ben `abd allah ben al-kamil, appelé au Maroc Moulay Idrîs Al-Akbar fils de Mawlâna Abd-allah Al-Kâmil "le parfait" fils d'Al-Hassan II fils de al-Hassan as-Sibth fils de l'imam Ali ibn Abi Talib et Fatima Zahra fille de Mahomet et fondateur du royaume du Maroc. Il contesta le droit au pouvoir des Abbassides sur la terre de l'islam et entra en combat avec eux mais fut battu à la bataille de Fakh près de La Mecque mais réussit à échapper avec son compagnon Rached à la mecque puis il s'évada au Maroc pour fuir le massacre de sa famille par les Abbassides en 786. Il fut accueilli par la tribu berbère des Aouraba région de Walili (Volubilis), ville fondée par les romains près de Meknès (788). Après une période de règne de 3 ans pendant laquelle il consolida son pouvoir sur une grande partie de l'actuel Maroc, il conquit la ville de Tlemcen jusqu'alors sous contrôle des Abassides, le Calife Abasside Haroun Al-Rachid furieux de ce succès et craignant une expansion du royaume Idrisside en direction de son empire, décida d'envoyer un serviteur assassin Souleiman ibn jarir Achamakh 791 qui réussit à empoisonner et tuer le roi Marocain, qui laissa lsa femme Kenza enceinte. Son fils Idriss II accédera au trône à l'âge de 11 ans. Son tombeau se trouve à Moulay Idriss Zerhoun, village à flanc de montagne près des ruines de Volubilis.

(17) Les Imazighen ou Berbères sont un ensemble d'ethnies autochtones d'Afrique du Nord. Ils occupaient, à une certaine époque, un large territoire qui allait de l'Ouest de la vallée de Nil jusqu'à l'Atlantique et l'ensemble du Sahara et y fondèrent de puissants royaumes, formés de tribus confédérées. Connus dans l'Antiquité sous les noms de Libyens, Maures, Gétules, Garamantes ou encore Numides, ils subirent ensuite l'occupation romaine, la christianisation, l'invasion vandale avant d'être convertis à l'islam.
Le plus connus des royaumes berbères fut la Numidie et ses rois tels que Gaïa, Syphax et Massinissa. On peut aussi parler de l'ancienne Libye ainsi que les tribus connues tels que les Libus, et les XXIIe et XIIIe dynasties égyptiennes, qui en sont issues. Sans oublier la Province romaine d'Afrique où fut créé la civilisation de Carthage par les colons Phéniciens. Il y eut aussi des expansions berbères à travers le Sud du Sahara, la plus récentes est celle des Touaregs et la plus ancienne celle des Capsiens.
Plus réduites, les zones berbérophones d'aujourd'hui sont inégalement réparties dans des pays tels que le Maroc, l'Algérie, la Libye, la Tunisie et l'Égypte. Les langues berbères forment une branche de la famille des langues afro-asiatiques. Autrefois, leur alphabet était le tifinagh, encore utilisé par les Touaregs.
Les Berbères constituent donc une mosaïque de peuples de l'Égypte au Maroc, se caractérisant par des relations linguistiques , culturelles et ethniques. On distingue plusieurs formes de langues berbères : chleuh, kabyle et Tamasheq sont les plus importants composants du Tamazight (c'est-à-dire "langues des Imazighen"). À travers l’histoire, les Berbères et leurs langues ont connus des influences romaines, puniques, arabes, turques ou encore françaises, ce qui fait que de nos jours, sont appelés officiellement "berbères", les ethnies du Maghreb parlant, se considérant et se réclamant berbère.
Selon Charles-Robert Ageron, « dans l'usage courant, qui continue la tradition arabe, on appelle Berbères l'ensemble des populations du Maghreb ».

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