Affichage des articles dont le libellé est Libre expression. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Libre expression. Afficher tous les articles

vendredi 22 novembre 2024

Sac de noeuds

Gilles Querrien

Tous des imbéciles, ils n'ont rien compris !
Comment peut on trouver normal de se battre comme des chiffonniers, alors que la situation économique demande un accord ?
Nous ne sommes pas dans la cour de récréation.
Il a  longtemps ferraillé avec les anglais avant de trouver un accord raisonnable.
Et aujourd'hui, c'est encore beaucoup plus compliqué.
Chacun défend son propre intérêt.
Concilier prudence et fermeté n'est pas aisé pour traiter les difficultés empilées au fil des années.
Ces derniers temps, on peut se demander si on ne  marche pas sur la tête.
Pour ces  sujets qui doivent rassembler tous les français, c'est le merdier le plus total.
Un juste milieu n'est pas possible, aucune chance d' aboutir.
Le président reste muet, il lui  laisse faire le sale boulot.
Se prend-il pour  Sisyphe pour  tenter de revenir à chaque fois sur le débat qui s'éternise à l'assemblée nationale un   théâtre permanent d'affrontements stériles ?
Tous les groupes politiques, tout au long de la session parlementaire, ont pu  s'exprimer  suivant leurs sensibilités et leurs convictions.
Comment faire cohabiter l'intérêt public et l'intérêt privé sous la menace des sanctions du parlement européen ?
Est-ce suffisant  pour démêler ce sac de nœuds ou faut il  trancher le nœud gordien ?
Auquel cas,  on s'achemine vers un nouveau  49-3 sous la pression du Rassemblement national.
Le premier ministre a franchi  de hauts sommets,  aujourd'hui on lui demande  d'atteindre l'Everest.
Est-ce que tout est décidé à l'avance, l'avenir le dira !
C'est à votre tour, monsieur le premier ministre, de prendre la parole

Gilles Querrien

jeudi 7 novembre 2024

Addiction

Gilles Querrien

Cela fait plusieurs matin que je me réveille la tête lourde, pourtant tout va bien quand je me couche.

Je n'ai pas pris grand-chose, juste quelques cuillères, cela ne peut pas me faire mal.
Je le fais depuis des années, pourquoi me priver ?
Avec les copains on est vite entraîné  pour faire comme les autres sans réfléchir. 
Le docteur me l'a fortement déconseillé.
"Vous verrez la différence quand vous vous en passerez.
Vous êtes en surcharge pondérale. vous pourrez faire du sport, être beaucoup mieux, je ne peux pas décider à votre place".

C'est vrai, je ne peux plus fermer la ceinture de mon pantalon, et j'ai beaucoup de mal à marcher.
C'est devenu une véritable addiction. Plusieurs fois par jour, je dois utiliser cette poudre blanche.
Impossible de me raisonner.
Ma femme charlotte rouspète, mais à quoi bon,  aucun changement  en vue.
Je devrais avoir compris  avec mes problèmes dentaires.
Ceci dit, elle ne donne pas toujours exemple, elle en prend aussi de temps en temps, ni vu ni connu !
Mon beau-père est  contre, maintenant qu'il est sur un fauteuil roulant.
Mes examens sanguins sont  mauvai , pourtant je n'en tiens pas compte.
Mon taux de glycémie est beaucoup trop élevé.
Je sais qu'à terme cela peut provoquer un avc, une insuffisance rénale, la cécité, voire une amputation.
De nombreuses campagnes nationales de santé mettent en garde sur ce sujet et ses conséquences.

Vous l'aurez bien compris, il s'agit d'une consommation excessive de sucre ! 

Gilles Querrien

lundi 4 novembre 2024

Carton rouge

Gilles Querrien

Du haut de sa tribune  le président du club examine la composition de sa nouvelle équipe, sans intervenir on l'a mis sur la touche.

Les nombreux transferts ont plombé les comptes, le club trop endetté, doit  réduire la voilure ou augmenter le tarif des entrées.
Les sponsors  présents veulent bien  investir dans l'équipe de France,  en retour,  ils en attendent des avantages financiers.
Les retransmissions relayées dans le monde entier apportent moins de  recettes.
Ce déséquilibre du budget ne doit pas  accentuer la spirale de la dette qui atteint des niveaux stratosphériques. 

Le  président dénie toute responsabilité pour ses décisions !
Le sélectionneur a choisi les titulaires.
L'objectif est simple : gagner la coupe d'europe pour faire oublier le dérapage budgétaire.
Sur la feuille de match, des joueurs confirmés  sont écartés, malgré leurs qualités techniques ; ils savent dribbler,  marquer des buts, mais  qu'importe, d'après l'entraîneur, ils ne  jouent pas collectif, leur position sur le terrain  reste toujours trop à gauche.
Un  placement préoccupant sur le terrain  pour motiver l'équipe.
L'entraîneur estime qu'il faut privilégier le centre et l'aile droite, pour être sûr de franchir les obstacles  et obtenir de bons résultats.
Il faut à la fois une attaque et une défense solide.
Bizarrement,  tous les joueurs ne portent pas le même maillot. 
Les  remplaçants font pâle figure,  écartés de la feuille de match, ils trépignent sur le banc de touche avant d'entrer sur le terrain.
Certains ont joué dans des clubs prestigieux.
Des cris fusent des gradins,  les spectateurs  attendent avec impatience ce match, repoussé à plusieurs reprises.
L'équipe de France a essuyé à plusieurs reprises des défaites cuisants, il est temps de se ressaisir.
Les deux équipes  bleues et rouges qui se   font face  ne se feront pas de cadeau.
L'arbitre  siffle le coup d'envoi du match.
C'est le capitaine des bleus en personne, (plus très jeune) qui dégage le ballon au centre, le point faible de ses adversaires.
Son expérience face aux Anglais a été déterminante, bien que ce choix ait été accepté du bout des  lèvres par le président, ils  ne partagent pas les mêmes valeurs sportives.
Le ballon  fuse vers l'avant, capté par l'avant centre démarqué, que doit il faire ?
Dans les tribunes les esprits s'échauffent.
Ce joueur de petite taille est connu pour ses tacles, particulièrement remonté contre les joueurs étrangers.
Ses coéquipiers attendent la passe.
La charnière est solide, pour la défense, aucun compromis possible.
Une strategie qui a fait ses preuves depuis  de nombreuses années, est-ce toujours le cas ?
C'est l'équipe rouge qui reprend l'offensive, persuadée d'obtenir les résultats escomptés.
La zizanie règne entre les coéquipiers, qui  lorgnent le numero 10, l'immuable capitaine, un vieux briscard qui supervise les entraînements depuis de nombreuses années, son éloquence est à la fois une force et son talon d'Achille.
Il détermine l'action de jeu sans tenir compte de ses coéquipiers.
Le  résultat n'est pas garanti !
Qu'importe que son meilleur joueur soit une femme, elle a toutes les qualités requises.
Un arrière dégage en touche, il n'a pas le choix, l'attaque est  trop rapide.
Le gardien surveille, quelques joueurs restent impassibles  pour défendre devant la cage.
L'équipe rouge attaque en ordre dispersé, malgré les appels de l' entraîneur.
Celui-ci a mis  les erreurs de coatching sous le  gazon.
Les défenseurs bleus  les marquent à la culotte.
À l'entrée de la surface de réparation, un défenseur  bouscule le porteur du ballon. Penalty.
L'arbitre hésite, doit il sortir la première biscotte ?
À la 49 ème minute, dans un silence religieux, le ballon est tiré en direction de la  cage.
Au dernier moment, contre toute attente le gardien s'élance, le tir est  dévié de justesse.
De nombreuses occasions ont échoué faute d'avoir le nombre de joueurs pour relancer l'action.
C'est la mi-temps, il va falloir changer la stratégie, rien est encore perdu. 
De part et d'autre, les forces en présence veulent la victoire, sans compromis.
Le président, n'a plus la main pour décider, il se contente d'observer les conséquences de la dissolution.

Gilles Querrien

mercredi 23 octobre 2024

Texte bizarre

Gilles Querrien 

Vas-tu te taire vieil emmerdeur
Dans ce tumulte provocateur.
Par ton attitude étrange
Qui souvent dérange
Tu vas provoquer ma fureur.
Et tu n'as rien d'un ange.
Est-ce toujours si utile
De ne choisir que le futile.
Avec tous tes coups tordus
Et ton air de m'as-tu vu.
Comment poser une clôture
Sur ce que tes lèvres murmurent.
Tu vas finir par me lasser.
Je te dirai, j'en ai assez.
Pour l'instant quand je te vois,
Tu mets mon cœur en émoi.
Sans avoir le courage de te chasser
De toi, je ne peux pas me passer. 

Gilles Querrien

samedi 5 octobre 2024

Politique : le prestidigitateur

Gilles Querrien

Que reste-t-il de l'espérance qui a conduit les français à choisir leurs députés lors de la dernière élection législative ?

La valeur cardinale de la démocratie impose de tenir compte de la volonté de changement du peuple.
Le vent a tourné, c'est cet aveuglement  qu'il faut sanctionner,
les citoyens aujourd'hui ont le sentiment de se faire malmener, en ignorant le résultat  qui a placé en tête le NRF.
Une grande défiance règne aujourd'hui, elle suscite des débats passionnés.
L'arrogance et le mépris soufflent sur les braises de la colère, le feu couve et se propage, les flammes finissent toujours par faire des ravages, elles transforment la confiance en peau de chagrin.
La ligne rouge  franchie, entraîne de graves répercussions sur le fonctionnement des institutions.
Désamorcer les situations critiques est fondamentalement louable si la solution proposée s'inscrit dans la constitution.
Le véritable enjeu aujourd'hui :  ne pas cautionner une démocratie de façade.
Une féroce bataille budgétaire se prépare, car la France croule sous  le déficit budgétaire.
Quels seront les arbitrages pour les dépenses et obtenir de nouvelkes recettes ?
La cour des comptes tire la sonnette d'alarme par rapport aux injonctions du parlement européen.
Mis à part cela, tout va bien, nos athlètes ont ramassés des médailles d'or, d'argent ou de bronze aux jeux olympiques.
Le président, qui se veut toujours au-dessus de la mêlée, a distribué (avec gourmandise) de nombreuses décorations : des hochets comme disait Napoléon.
Pour l'instant, dans l'euphorie, le peuple est euphorique.
Sa  colère  et son impatience vont rapidement refaire surface pour connaitre enfin  le nouveau gouvernement qui sortira  du chapeau du magicien  !
Tout au plus, celui-ci cherche à gagner du temps. 
La surprise ne sera pas totale, il n'est pas question du numéro de  la femme coupée en deux !

Jupiter tient encore les manettes.

Gilles Querrien 

vendredi 4 octobre 2024

Ma ville vibre

Gilles Querrien

Ma ville vibre dans la splendeur de ses couleurs.
Les rives du Rhône se regardent en chien de faïence, chacune veut le serrer  dans ses bras.
Des cygnes tracent des lignes à la recherche de petites proies.
Au-dessus, les  mouettes glissent  dans les courants d'air.
Sur les toits du vieux Lyon,  des étincelles  de soleil sautillent de maison en maison.
Les arbres ondulent de plaisir sous les caresses du vent.
La rumeurs de la ville diminue peu à peu.
Les automobiles s'alignent en accordéons serrés.
La musique rebondit, puis disparaît.
Les rideaux des fenêtres sont tirés à l'approche de la nuit, des volets claquent.
Quelques pas égarés résonnent sur les pavés.
Un  bouquet de roses fané devant une porte, elle n'est pas venue.
Les moineaux enfilent leur pyjama de duvet.
Un pigeon attardé picore à la recherche d'une miette égarée.
Très haut sur la colline, deux bras tendus protègent les habitants.
Les dernières péniches creusent leur  sillon  en direction de la Méditerranée.
Et brusquement, une troupe  de joyeux noctambules surgit, pour danser, chanter jusqu'au petit matin.
Des grincheux vont certainement se plaindre, mais qu'importe, la vie est courte.
Un chat gris regarde les étoiles.
Où se trouve la Grande Ourse ?
Seul devant son bureau, un homme se frotte la tête.
Demain, dernier délai pour remettre son manuscrit.
Toujours rien pour commencer l'histoire.  

Gilles Querrien

jeudi 19 septembre 2024

La révolte

Gilles Querrien

Que reste-t-il de l'espérance qui a conduit les français à choisir leurs députés lors de la dernière élection législative ?
La valeur cardinale de  la démocratie est de tenir compte de la volonté du peuple.
Le vent a tourné, c'est cet aveuglement sur la réalité qu'il faut sanctionner.
Les citoyens aujourd'hui  ont le sentiment de se faire malmener en ignorant le résultat  qui a placé en tête le NFP.
Une grande défiance règne aujourd'hui, qui suscite des débats passionnés.
L'arrogance et  le mépris soufflent sur les braises de la colère, le feu couve et se propage.
Les flammes finissent toujours par faire des ravages, elles transforment la confiance en peau de chagrin.
La ligne rouge  franchie entraîne de graves répercussions sur le fonctionnement des institutions.
Désamorcer les situations critiques est fondamentalement louable si la solution proposée s'inscrit dans la constitution.
Le véritable enjeu aujourd'hui :  ne pas cautionner une démocratie de façade.
Une féroce bataille budgétaire se prépare, car la France croule sous  le déficit budgétaire.
La cour des comptes est aux abois, rapport aux injonctions du parlement européen.
Mais à part cela, tout va bien, nos athlètes ont ramassés des medailles, d'or, d'argent ou de bronze.
Le président a distribué d'autres médailles, le peuple est content !!!  
La situation est sous contrôle.
La situation est sous contrôle.
La situation est sous contrôle.
Des solutions se décident néanmoins.
L'extrême droitedest en embuscade.
Et met en avant  ses thèmes de prédilection : immigration, retraite.

Gilles Querrien

mardi 17 septembre 2024

La revanche d'une blatte

Gilles Querrien

"Par mes antennes" , mes derniers jours sont comptés. Je suis piègée.

Le long du mur, le mélange déposé va me tuer. 

Fini la vie moelleuse.
Tout petit, mes parents m'avaient appris comment déguster un journal, qu'importe, que je sache  lire.
J'ignorais les rubriques : mode, santé, cuisine, psychologie.
Je  me contentais de manger ces pages  entre mes mandibules.
Un plaisir à nul autre pareil !
J''avais appris également à escalader le long des murs, à me cacher dans les fissures ou les interstices, à me faire toute petite quand la maîtresse de maison-très énervée-,  armée d'une tapette, avec lampe, cherchait à me tuer.
Immobile, je retenais ma respiration.
Il m'arrivait aussi de me tremper dans l'eau ou de  nager.
Toute la journée, je cherchais du sucre, du pain, du fromage, des fruits et plein de bonnes choses sur lesquelles je m'installais pour déguster.
Toutefois, je devais garder un œil attentif.
Sacrebleu, d'autres insectes, telles les fourmis par exemple, envahissaient   parfois les mêmes lieux que moi.
Leur combativité m'aurait laissée peu de chance de m'en sortir vivante.
Alors qu'on éprouve de la compassion pour les fourmis, travailleuses infatigables qui viennent aussi  faire leurs  provisions chez les humains.
Avec les  punaises  de lit, mêmes victimes, nous étions pourchassées  sans pitié  jusqu'aux dernières.
Aucun territoire ne nous n'était autorisé.
Impossible de creuser un  tunnel pour se cacher.
On nous écrasait, dans une guerre sans pitié.
Les propriétaires avaient un chat, toujours à l'affût, je devais me méfier de ses griffes.
Une  araignée, dont je connaissais la cruauté,  surveillait, suspendue  au plafond.
Plusieurs de mes amies furent capturées dans sa toile.
D'autres finirent leur existence,  collées sur des  plaquettes gluantes, attirées par une odeur entêtante, impossible de résister.
Ce qui me donnait le cafard.
Bientôt je serai immobile.
Les pattes en l'air, je me tords de douleur.
Heureusement, j'ai semé un cocon  dans la maison.
Il me vengera quand il  produira  des nymphes, celles-ci devenues  adultes, à leur tour envahiront  toutes les parties de la maison : frigo, four, tiroirs, sous les meubles, dans les placards.
Il sera alors  très difficile de les exterminer.
Cachées bien au chaud dans  les  couvertures,  dans  les différents  endroits de la cuisine, elles  pourront  trouver tout ce dont nous raffolons : miettes, poussière, restes de nourriture.
Dans cette guerre sans pitié, comme arme ultime, les habitants pourraient  désinsectiser entièrement l'appartement.
Mais ils devront  déménager en totalité.
Le voudront-ils ?
Gilles Querrien  

samedi 7 septembre 2024

Sortie de route

Gilles Querrien

Tout autour d'un autobus, de nombreux passagers montent, mais qui  va les conduire ? 
L'air rieur, un homme attend, le maitre des horloges, rien ne presse. 
Il a lancé une offre d'emploi et éxamine les CV. 
Les candidats seront tous reçus pour vérifier leurs aptitudes. 
Ses exigences sont nombreuses : le conducteur ou la conductrice devront avoir déjà une expérience des affaires de l'état,  avec une conduite en souplesse, en  respectant le code de la route, bien à droite. 
Pendant ce temps, les passagers s'impatientent, quand l'autobus va-t-il démarrer ? 
Mais qu'importe, après  l'issue  des résultats, pour le choix du conducteur, le président n'en démord pas, il refuse toujours de laisser les clés au groupe politique qui est arrivé le premier à l'élection législative, suite à la dissolution qu'il a  lui-même déclenchée, avec un accord électoral de circonstance. 
Il justifie  ce choix, en précisant que la candidate proposée,  conduit trop vite, pas assez à droite. 
De plus, elle ignore les subtilités de la conduite de l'État, et forcément entraînerait le véhicule dans le fossé. 
De plus pour elle,  son action serait désastreuse pour le bon fonctionnement de l'état. 
Il est impossible de racheter un autre véhicule qui coûte  déjà les yeux de la tête  pout rembourser son crédit. 
Un conducteur confirmé s'impose ! 
Ces considérations semblent inadmissibles pour l'intéressée qui a accumulé des miliers de kilomètres sans aucun accident.
Bien sûr, elle emprunterait un parcours loin des sentiers battus, principalement en choisissant une trajectoire tournée vers le social. 
Mais ce choix n'est pas retenu. 
Le conducteur devra trouver une nouvelle équipe pour l' accompagner.   
Un technicien chargé de la mécanique générale, pour solutionner  les pannes en tout genre : le bon fonctionnement du moteur, changer les  pneus usés, etc... 
Le maitre  du temps met la pression. 
Il n'est pas question que le véhicule tombe en panne suite à de nombreuses réclamations qui pourraient remettre en cause le rôle du conducteur. 
Un  second technicien  surveillera l'état de la carrosserie ; une tâche délicate qui  présentera une image impeccable, au yeux de tous. 
Dernièrement, la carrosserie a été sérieusement cabossée. 
Il devra relayer largement  la parole présidentielle. 
On  établira la feuille de route en lien avec le maitre des horloges.
Il y a bien un GPS dans l' autobus, est-ce bien suffisant ? 
Tous les voyants sont actuellement au rouge ! 
Pas question d'emprunter des chemins sinueux, de s'embourber, de rouler sur des nids de poules. 
Le président déteste ce genre d'accident. 
Il n'est pas question de changer de véhicule, il a fait ses preuves par le passé. 
Un contrôle sévère s'exercera au niveau de la consommation. 
Y aurait-il assez de carburant pour faire demarrer le véhicule, et le conduire sur une  longue distance ? 
Impossible de tomber en  panne sèche. 
Faudra-t-il aussi transformer à court terme ce véhicule par un moteur électrique, moins polluant ?
C'est d'actualité mais cela déclenche  une forte résistance. 
Si cela coûte beaucoup moins cher, cela nécessite aussi beaucoup d'investissements. 
L'état des amortisseurs défectueux ne répond plus au normes européennes.  Il est urgent de les changer. 
Un technicien de compromis doit être rapidement trouvé. 
Il faut bien sûr s'occuper des passagers : est ce en majorité des femmes ou des hommes, habitent-t-ils en ville ou à la campagne sont-ils actifs, en recherche d'emploi ou à la retraite, sont-ils ou pas  de nationalité française, que faire pour ceux qui essaie de passer sans contrôle ? 
Il n'est pas question non plus de se mettre à dos leurs employeurs. 
Quel programme est  il prévu pour accompagner les enfants à l'école? 
Est-il envisagé de prendre des personnes qui feront du stop, et ceux qui voudront monter simplement en  traversant la rue ? 
Si l'autobus doit franchir des frontières, il sera nécessaire d'avoir un bon négociateur. 
Les passagers commençent  à s'impatienter, déjà deux mois qu'ils attendent. 
Parmi les futurs candidats, on s'interroge. 
Quel sera celui qui remplira toutes les conditions requises ? 
Une trousse de secours est-elle prévue  en cas d'accident, ou pour ceux qui auront le mal des transports ? 
Certes, des coupes sévères ont déduit sa quantité et la possibilité d'avoir les soins et le personnel nécessaire. 
Il faut serrer les boulons, tout coûte si cher ! 
Les voyageurs s'impatientent, quel sera la future destination, comment, avec qui ? 
Quel sera le tarif, qui va payer ? 
Quel sera le poids des bagages autorisés sans être taxés ? 
Pour distraire les passagers dans le car, il y a un grand écran, avec de la musique. 
Ce rôle n'est pas négligeable, puisque une spécialiste doit intervenir à tout moment pour modifier le programme, sans avoir beaucoup de comptes à rendre. 
Mais celui qui résoudra les litiges est une perle rare et précieuse. 
Les vitres ne sont pas très propres, qu'importe, inutile de trop voir le paysage !! 
Qui va s'occuper des casse-croûte pendant le trajet ? 
Comme chacun sait que  cela va  provoquer beaucoup de discussions, sera-t-on obligé de manger bio ou au contraire  de choisir des produits bon marché qui contiennent beaucoup de pesticides ? 
Quel sera le tarif appliqué ? 
Tout le monde sera-t-il servi ? Et ceux qui n'ont pas les moyens ? 
Faudra-t-il s'arrêter pour se reposer, à partir de quel âge ? 
Il ne faut pas oublier les boissons, de préférence produites sur le sol national. 
Le conducteur devra être sobre au moment de choisir son équipe,  et aura-t-il vraiment le pouvoir de décider ? 
Les précédents  conducteurs ont été remercié sans avoir bien  compris les raisons de leur licenciement. 
Brusquement, sur le quai tout s'agite, les caméras du monde entier filme l'événement. 
On a trouvé l'oiseau rare, qui n'est pas  le  perdreau de l'année. 
Ce sera lui le nouveau conducteur. 
 Il a bourlingué dans d'autres compagnies de cars, il connaît par cœur les manœuvres, il a été lui même technicien à plusieurs reprises  pour réparer les pannes. 
Il  connait les méandres des chemins tortueux, glissants, il sait comment se faufiler et surtout  être très conciliant avec le maître des horloges.
Il ne ferra pas de vague. 
Sera-t-il accepté par tous les voyageurs ? 
Certains l'espèrent, d'autres le redoutent, si c'est lui qui conduit. 
À tout moment, le président pourra  modifier le parcours. Il est prévenu, son rôle sera secondaire.  
Une grande fanfare célèbre l'événement. 
Le maître du temps remet officiellement les clés.
Attention à la sortie  de route ! 

Gilles Querrien

mardi 3 septembre 2024

Star

Gilles Querrien

Le succès a un prix, je m'en rends compte aujourdhui.
Impossible de passer inaperçu sans que  je sois assailli par des groupies, je l'ai bien cherché.
Qui aurait dit il y a quelques années que je serais en haut de l'affiche, célébré de partout ? 
Les médias me recherchent pour  faire  de l'audience, il est vrai  que parfois je leur donne un coup de main, pour leur fournir ces  précieuses informations 
Je suis très présent sur internet, l''important c'est  de faire le buzz ! 
Mais tout n'a pas été facile. 
Mes parents ont rechigné quand je leur  ai fait part de ma volonté de devenir artiste. 
D'un milieu modeste, rien ne me prédisposait à cette carrière. 
Les premiers temps ont été difficiles. 
Mais la chance a frappé à ma porte et je lui ai ouvert.
Depuis des années, je répétais devant une glace, les hits  de mes chanteurs favoris ; dans le meilleur des cas, cela se résumait à répéter dans un garage avec quelques amis. 
De passage dans une boîte de nuit, un chanteur devait se produire. 
Bloqué chez lui avec une forte angine, il n'avait pas pu venir. 
Au pied levé, je m'étais proposé de le remplacer ;  à ma grande surprise, on m' a  accepté. Propulsé sur la scène pour la première  fois avec  une guitare  que je gratouillais de temps en temps. 
Étonnamment, ce jour-là, j'ai connu un  premier succès, qui ne s'est jamais démenti depuis. 
Le plus surprenant, c'est que je n'ai jamais dû faire le premier pas, tout s'est passé sans avoir à intervenir : la recherche de mon  impresario,  le calendrier de mes mes tournées et même le choix d'un compositeur. 
Ils sont tous venus à moi. 
De même pour mes  rencontres amoureuses, je les attirais. J'avais juste à choisir, je les abandonnais sans aucun remord.
Et tout s'est enchaîné ; peu après, j'ai été connu dans le monde entier.
Adulé à chacune de mes apparitions. 
La célébrité m'a permis de mener une vie royale : je voyageais en première classe, j'allais dans les meilleurs hôtels, je dînais dans les meilleurs restaurants avec des personnalités trièes sur le volet. 
Comme sous l'ancien régime,  j'ai bénéficié de passe-droits de toutes sorte : que ce ce soit pour dissimuler mes biens dans des paradis fiscaux, sans que les services des impôts ne trouvent rien à redire, ou encore quand j'ai fait démolir le château que j'occupais, alors qu'il était classé par l'association de sauvegarde du patrimoine français, mais qu'importe ? 
Ce qui n'a pas empêché que je sois décoré de la Légion d'honneur. 
Les hommes politiques et les dictateurs me mangent dans la main, mon magnétisme est un gage de succès.
Comme je le dis souvent en plaisantant,
Je ne suis pas  encore Dieu, car je cours moins vite !
Je suis même devenu un homme sandwich : je  commercialise toutes sortes de produits à mon nom, et ça marche. 
J'aurai pu  utiliser ma notoriété pour  soutenir des causes humanitaires, sans aucune difficulté, mais il aurait fallu que je m'implique. 
Qu'avait à gagner ma belle gueule ? 
Les femmes me regardent comme un étalon pour une saillie, et pourquoi pas pour leur donner de jolis poulains ou pouliches ? Mais je m'égare. 
Voudra t'on, après ma mort, donner mon nom à une rue, pourquoi pas à une planète ? 
Mais la réalité est toute autre. 
Ce n'est pas de moi qu'il s'agit. 
Personne ne me connait, je suis transparent, à l'exeption de ma concierge, et de quelques connaissances.
Je n'ai pas d'ami. 
Comme la plupart des français, c'est le modèle  à qui  je m'identifiais, qui vient de mourir. Que vais-je devenir ?

Gilles Querrien

lundi 26 août 2024

La fête des animaux

Gilles Querrien

La  grande fête  des animaux est organisée sur la place du village.

Les pigeons  voyageurs ont distribué les invitations très tôt ce matin.
Des araignées tissent un panneau pour indiquer où se déroulera la fête.
Les singes ont accroché des guirlandes dans les arbres.
Sur les murs,  les coccinelles, les doryphores alignés, forment une décoration.
Les grillons stridulent, les vers luisants, fixés  aux branches, lancent des lueurs clignotantes.
Les grenouilles coassent au passage de chaque invité.
Un  crocodile à l'entrée, contrôle la liste des participants. Il  refuse un putois  qui sent trop mauvais. 
Pendant que les papillons accompagnent les invités,  un paon annonce la parade avec sa roue.
Aussitôt le loup lance son appel, la fête commence.
Le pic vert lance le tempo, l'éléphant joue du trombone,  le castor tape sur le dos d'une tortue avec sa queue.
Un  perroquet, chante l'unique chanson qu'il connaît.
La rousserolle met  l'ambiance  en frottant son bec  sur une coquille.
Les gazelles effectuent un ballet, sous le regard admiratif des panthères.
Les flamants roses, immobiles, se contentent de hocher la tête.
L'autruche évente les participants.
Les  phoques  jonglent avec  des ballons, sous les rires des hyènes.
Les pingouins applaudissent à tout rompre.
L'âne braie et couvre le  bruit de la fête, on lui demande de faire silence.
Impassibles roi et reine de la fête, le lion et sa lionne surveillent le bon  déroulement des festivités. 
Les ours  installés confortablement sur un canapé regardent le spectacle.
Le  porc épic passe près des invités avec des olives sur le dos, chacun se servira.
Incognito, le caméléon se déplace sur les décorations.
Le pélican passe entre les tables pour  distribuer les couverts. 
La giraffe surveille le service.
Le moineau tweet  pour annoncer le menu.
L'hippopotame bouscule tout le monde, il  veut passer le  premier prêt du buffet.
Le roi lion lui donne un coup de patte pour lui apprendre la politesse.
Les plats déposés sur le dos des chameaux sont distribués par les corbeaux dans leur habit de cérémonie.
Le kangourou saute de l'un à l'autre pour proposer des rafraîchissements.
Un essain d'abeille  piquent celles et ceux  qui se tiennent mal.
Le cerf apporte le pain sur ses bois.
La souris se faufile pour ramasser les miettes.
Les escargots arrivent avec beaucoup de retard, ils ont marché toute la nuit, ils sont exténués.
Le hibou rappelle que la fête est terminée, il est temps de rentrer.
Les convives se saluent.
Le sanglier se charge de terminer le reste des plats, le raton laveur va devoir se tapper toute la vaisselle, la  chèvre l'aide en léchant les assiettes.

La petite fille ferme son livre. Il y a beaucoup  trop d'animaux dans cette histoire.  

Gilles Querrien

mercredi 17 juillet 2024

Saga africa

Gilles Querrien

Il est communément admis que l'Afrique serait le berceau des premiers hommes ; cette affirmation est  contestée aujourd'hui, mais là n'est pas la question !

Sans revenir au temps des pharaons et à la création des différentes religions monothéisme, l'Afrique a toujours été un terrain de luttes  et de  guerres entre les différents peuples.
Cette situation  reste identique, avec d'autres considérations financières et géopolitiques.
Bien avant la colonisation et l'exploitation de ses habitants sous toutes ses formes, l'Afrique a toujours connu des périodes troubles, qui entre autres ont  beaucoup facilité la traite des esclaves.
Au gré des  décolonisation successives, les  nouveaux dirigeants ont pour la plupart des modes de  gouvernance non  démocratiques.
Appuyés en cela par des pays et des multinationales prêts à encourager ce despotisme en échange d'accéder aux matières premières.
Peut-on dire que c'est  une pompe à fric ?
La situation actuelle ne déroge pas  à ces pratiques,  quels que soient  les pays qui tirent les ficelles. D'autres pays aujourd'hui, qui se disent favorables à une coopération équitable, ne dérogent pas à la règle ; il est vrai avec quelques arrangements au niveau de l'éthique et des mises à sac des pays concernés. 
Ils ont souvent des modes d'action bien pires que celles des anciens colonisateurs, pour s'approprier richesses naturelles et financières.
Heureusement, peu à peu, différents organisations  et regroupements  se sont créés pour  permettre aux africains une réelle autonomie pour pouvoir gérer eux-mêmes leur existence.

C'est le souhait que je fais, mais la route est encore longue !!  

Gilles Querrien 

lundi 15 juillet 2024

Sur ton fringant coursier

Gilles Querrien

Sur ton  fringant coursier, 
je me  tiens dans tes bras.
Serrée contre ton cœur,
je  n'ai rien à craindre
Rien ne peut m'atteindre.

Le souffle du vent ébouriffe mes cheveux sur mon  visage.
Tel le prince de mes rêves,
Tu m'as conquise pour parcourir ensemble l'étendue de  ton royaume.

Tu as fière allure avec ton casque.
Le paysage défile rapidement devant nous.
Est-ce bien  raisonnable ?
Tu crées une boîte à bonheur, pleine de rêves.

Chaque jour, tu viens me chercher devant ma tour.
Nous nous faufillons entre les carrioles  bruyantes qui crachent une épaisse fumée.

La vraie liberté de rouler à notre  guise,
rien ne  nous arrête !
La promesse de toujours rester ensemble, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, ton fougueux destrier nous ferra franchir tous les obstacles.

Brusquement, devant nous, un sbire de la  maréchaussée  nous interpelle et met le holà à notre chevauchée.

"Vous ne savez pas qu'il est interdit de monter à deux sur une trottinette ?" .  

Gilles Querrien 

dimanche 14 juillet 2024

La météo de mon coeur

Gilles Querrien

La météo de mon cœur
Est plein soleil.

Quand ton sourire radieux
illumine mon visage
Offre de joyeux présages 
pour voler dans les cieux.

La météo de mon cœur
Est nuageuse.

Quand le ciel s'assombrit
Et que plane  une menace
Sommes-nous bien à l'abri
Chacun de nous à  sa place.              
                       
La météo de mon cœur
Est pluvieuse.

Quand  coulent des larmes
Détruisent peu à peu le bonheur.

Annonce future d'une alarme                                      
Comme une première tumeur.

La météo de mon cœur
Est venteuse.

Quand nous renions nos promesses
Pour aller chercher  ailleurs
De l'amour principale richesse                                   
Découvrir un monde meilleur.

La météo de mon cœur
Est orageuse.

Quand nous nous affrontons
Sans  parvenir à s' entendre
En cherchant  une vraie raison
Nos espoirs réduits en cendres.

La météo de mon cœur
Est tempétueuse.

Quand nos serments oubliés
Sans aucun  faux-fuyant
Derrière toi la porte  a claqué
Tout est  fini maintenant.

La météo de mon cœur
Est glaciale.

Tu m'as enlevé tout espoir
Je n'ai plus rien à espérer.
Mon existence triste et noire
De toi je dois me libérer.

Longtemps, j'ai cherché sur un baromètre
Qui m'explique toutes ces  variations.
Pour l'amour, quand on veut
Tout connaitre
Cela demande beaucoup de réflexions.   

 Gilles Querrien

mardi 9 juillet 2024

Le fromage

Gilles Querrien

Sur les branches d'un arbre, perchés trois corbeaux attendaient.
Chacun d'eux avait grosse faim.
Le premier se tenait fièrement au-dessus de la mêlée, sûr de son bon droit, il  devait gagner, c'est évident.
Tout indiquait qu'il aurait la victoire.
Le second  plus indécis, savait qu'il n'obtiendrait pas la plus grosse partie, déja heureux d'obtenir une portion.
Quant au troisième, furibard, il rêvait dejà de déguster  la moitié du roblochon.
Il avait tout fait pour cela !
Allié d'une certaine manière à Jupiter, ils s'étaient mis d'accord, pour contrer l'appétit trop vorace de celui qui se prenait  pour un  cador.
Mais le destin en décida autrement.
Les animaux  de la forêt, convoqués pour départager les corbeaux, choisirent un scénario inédit pour repartir les morceaux.
Ce qui semblait acquis changea après les résultats électoraux.
Le phénix, trop pressé  de fêter sa victoire, se trouva fort dépité par son score obtenu : un tiers seulement et pas la moitié comme il l'avait prévu.
Dépité, le corbeau trop goulu retourna dans son nid comme il était venu, la queue entre les jambes.
Cette histoire serait vraiment incomplète, si au terme de cette bataille, nos deux amis d'un jour, réussissent à se partager la plus grosse partie du fromage.
Un résultat qui déconcerte !
Qui aura le couteau, qui aura la fourchette  ?
Des tractations réussiront-elles à sortir de cet imbroglio ?
Un écheveau à démêler dans cette lutte des égos.
Se répartir un  fromage, est-ce  la plus facile des décisions ?

Si parmi vous quelqu'un a la réponse, n'hésitez pas à entrer en contact avec les élus de la nation. 

Gilles Querrien

vendredi 5 juillet 2024

Jupiter XXCX

Gilles Querrien 

Du haut de l'Olympe JUPITER

Décida la dissolution
Comment comprendre cette  décision
Quand on a  les pieds sur terre.

Pensant forcer le destin
Sans interroger Fortuna
Il nous met  dans de beaux draps
Voulant gouverner à l'instinct.

Mercure n'étant pas consulté
Des enfers surgit Pluton
Qui se prend pour Apollon
Les élections pense gagner.

Avec cette position,  Neptune
Dans son sommeil réveillé
Cela ne vaut pas une tune
Dans cette situation embourbée.

Mars est en embuscade
Minerve attend son tour
Alors que Bacchus dans la cour
Ne comprend rien à ces salades.

Dans ces alliances alambiquées
Il va falloir bien  choisir
Et voter sans se tromper
Pour éviter la politique du pire.

Apres toutes ces disgressions
De ces deux camps retranchés
Il faudra trouver une solution
D'un meilleur mode de vie repensé.

Gilles Querrien

mardi 2 juillet 2024

Réveil

Gilles Querrien

Le réveil vrille les oreilles, puis la radio crache ses infos

qui rebondissent, s’écrasent dans le silence de la cuisine.

Les premiers rayons du soleil inondent la cage du canari.

Bruissements, chuchotements ; des draps se soulèvent, des

pantoufles raclent le sol.

La cafetière crache son nuage, la peau du lait frissonne dans la casserole.

Les bols attendent sur la nappe.

Des toasts sautent dans leur habit craquant d’ours brun.

La trotteuse de la pendule s’affole.

Dans le couloir, trois cartables au garde à vous.

Une porte s’ouvre.

- Dépêchez vous les enfants, vous allez être en retard !

Gilles Querrien

dimanche 30 juin 2024

Grosses contrariétés

Gilles Querrien

Cent fois je lui avais expliqué, roule progressivement le tube de dentifrice jusqu’au bout, mais chaque soir au moment de me laver les dents, le tube gisait informe, aplati comme une limace dont la vue me répugnait. Il fallait m’armer de patience pour réparer les dégâts, appuyer méthodiquement pour faire refluer la pâte avant de pouvoir étaler le dentifrice sur ma brosse à dents.

Je l’avais prévenue, mais elle ne voulait rien savoir, mes remarques restaient dans le vide.

En dix ans de vie commune, elle aurait pu faire l’effort de rouler ce satané tube.

Est-ce que j’agis de la sorte quand elle met le tube de sauce tomate pour assaisonner les spaghettis ?

Une dernière fois je l’ai supplié, monsieur le commissaire, je l’ai secouée devant son mutisme, sa tête a heurté le bord du lavabo, le sang a giclé.

Avant de retourner dans ma cellule, laissez-moi choisir ma marque de dentifrice.

Parfaitement, ce mot revenait comme une litanie à chacune de ses phrases.

Je travaille dans une compagnie d’assurance face à Georges, son débit est intarissable. Tout y passe, la politique, le dernier match de foot, les dents du petit dernier.

Face à mes contrats, je tente de faire diversion.

Il s’acharne sur moi, me postillonne cent fois par jour, parfaitement.

Je pensais l’éviter pendant la pause déjeuner, mais le restaurant le plus proche se trouve à plus d' une demi-heure.

À la cantine, encore face à moi, il revient sur sa belle-mère, les pannes fréquentes de son automobile, l’augmentation des impôts.

Je ne peux plus le supporter.

Chaque année au début de l’été, l’entreprise organise une grande fête pour le personnel. Je passais ce jour la de table en table, saluant les uns, offrant une poignée de main pour les autres, Georges dans mon sillage. Quand il est passé près de la piscine, il est tombé, s’est débattu un court moment avant de couler à pic.

Comment dire, je cherche un mot qui conviendrait à cette situation ! 

-Vous prendrez bien une lotion ?

Il exagère ! Depuis plus de trente ans que je suis client dans son salon, il me fait le coup.

Le seul moment de détente que j’apprécie, c’est lorsque je me fais couper les cheveux ; je ne pense plus à rien. Béat, j’attends le résultat.

Et chaque fois la phrase revient.

–Vous prendrez bien une lotion ?

Je n’aime pas les lotions, j’ai d’excellents cheveux, pourquoi insiste-t-il lourdement ?

Robert est un excellent coiffeur, un peu borné, méthodique il propose ses lotions à chaque client sans tenir compte de leurs observations. Je ne détaillerai pas ici tous les échanges que nous avons eus depuis trente ans, mais comme si la question arrivait pour la première fois, Robert attend le moment opportun pour dire avec un grand sourire.

–Vous prendrez bien une lotion ?

Je suis d’un naturel paisible, je milite à la protection des animaux, j’adore donner à manger aux canards, mais, comment dire, je déteste que l’on me force la main.

Je vais être obligé de changer de coiffeur, Robert a eu un regrettable accident, il venait de terminer ma coupe, sans lui laisser le temps de prononcer la phrase fatidique, je lui ai enfoncé une paire de ciseaux dans le ventre.

Gilles Querrien