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mercredi 12 juin 2024

Le fringant coursier

Gilles Querrien

Sur ton  fringant coursier, 
je me  tiens dans tes bras.
Serrée contre ton cœur,
je  n'ai rien à craindre
Rien ne peut m'atteindre.

Le souffle du vent ébouriffe
mes cheveux sur mon  visage.
Tel le prince de mes rêves

Tu m'as conquise pour parcourir ensemble l'étendue de  ton royaume.

Tu as fière allure avec ton casque.
Le paysage défile rapidement devant nous.
Est-ce bien  raisonnable ?
Tu crées une boîte à bonheur, pleine de rêves.

Chaque jour, tu viens me chercher devant ma tour.
Nous nous faufillons entre les carrioles  bruyantes qui crachent une épaisse fumée.

La vraie liberté de rouler à notre  guise, rien ne  nous arrête !

La promesse de toujours rester ensemble, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, ton fougueux destrier, nous ferra franchir tous les obstacles.

Brusquement, devant nous, un sbire de la  maréchaussée,  nous interpelle et met le holà à notre chevauchée.

"Vous ne savez pas qu'il est interdit de monter à deux sur une trottinette !". 

Gilles Querrien 

mercredi 24 novembre 2021

Car leur métier est de cracher

Vincent Moret

L’œuvre de Serge Pey, poète prolixe international*, a été couronnée par le Grand Prix national de Poésie (SGDL) et le Prix Guillaume-Apollinaire (équivalent du prix Goncourt pour la poésie).

Il répond par ce poème au déchaînement des médias contre Maxime Vivas, coupable d’avoir écrit : « Ouïghours, pour en finir avec les fake news ».

Pour Maxime Vivas, fils de la Guerre d’Espagne, militant CGT et artisan de la paix entre les peuples.

CRACHATS

Car leur métier est de mentir

Car leur métier est de cracher

Ils crachent sur mon ami

Ils crachent sur lui

Car leur métier est de cracher

Regardez comme ils crachent

Car leur métier est de cracher

Ils crachent sur la vérité

Ils crachent sur elle

Car leur métier est de salir

Entendez comme ils mentent

Car leur métier est de cracher

Ils crachent dans les sources

Ils crachent sur elle

Car leur travail est celui de tuer

Voyez comment ils salissent

Car leur métier est de cracher

Ils crachent sur la main de la paix

Ils crachent sur elle

ar leurs mots sont des prisons

Photocopiez leurs mots pour qu’ils s’étouffent

Car leur métier est de cracher

Ils crachent sur l’histoire

Ils crachent sur elle

Car leur métier est de cracher

Dénoncez leurs noms quand ils brûlent nos poèmes

Car leur métier est de cracher

Ils vont cracher aussi sur moi

Ils crachent sur moi

Car leur métier est de cracher

Recopiez leurs mots qui nous insultent

Car leur métier est de cracher

Ils lèchent dans leur niche les mains de leurs maîtres

Qui pendent au bout de leurs chaînes

Ils crachent sur leurs mains

N’avalez pas leur os

Car leur métier est de cracher

Car leur métier est de cracher.

Serge Pey

*Sur l’oeuvre de Serge Pey

Le Grand Soir

lundi 4 mai 2020

Où va le monde ?


David Chomier


Où va le monde ?
Chacun a déjà dû
Déjà dû
Une fois, dix fois, mille fois
A déjà dû se poser la question
 
Où va le monde ?
Pas plus loin que le néant 
Pas plus loin
C’est déjà ça !
 
Où va le monde ? 
Impossible réponse 
Impossible en toute lettre 
Impossible à l’être
D’y répondre
 
Où va le monde ?
Pas plus loin que la mort 
La mort
La mort de chacun...

Extrait du recueil "Soyons bref" aux éditions Stellamaris.

David Chomier - Couleurs poésies 2 -

lundi 17 décembre 2018

G'y suis...j'y reste

 
Benoist Magnat


J'ai honte de ceux qui représentent la France

J'ai la colère mais sans haine envers le Président

Je ne me suis jamais autant senti du peuple français qu'actuellement

Je navigue à vue dans mes émotions

Je bouche les ronds-points de l'amitié éphémère

Je tourne en rond avec mon gilet jaune

J'aime tous ces gens qui bravent de jour comme de nuit le froid et le Président

Même si certains sont loin de mon idéal

Je marche avec eux vers autre chose, une autre France, une autre terre et d'autres horizons

Je ne suis "rien" et pourtant rempli dans mes yeux de mille fleurs

Des nuits je rage entre mes oreillers

Eh oui je déteste ces multinationales et ces banques qui nous mènent à l'échafaud de nos âmes et à la flétrissure de nos corps

Je n'aime pas mendier mon existence

Je n'aime pas ceux qui ne pensent qu'au fric, qu'au Travail d'esclave, qu'à une Dictature économique, qu'à la Police tueuse d'espoirs

J'ai perdu patience et j'ai envie de les mordre jusqu'au sang

Jusqu'à quand serons-nous humiliés et exploités pour faire du rien ?

Vive la rage collective du peuple jusqu'à la déchirure du voile pour voir le jour

pour baigner nos corps dans la mer pour cacher nos sueurs et nos pleurs

et pour relever enfin la tête avec le soleil entre les dents



Benoist Magnat - écrit en décembre 2018 -


dimanche 7 janvier 2018

Poème de Mahmoud Darwish



Nous souffrons d'un mal incurable qui s'appelle l'espoir.
Espoir de libération et d'indépendance.
Espoir d'une vie normale où nous ne serons ni héros, ni victimes.
Espoir de voir nos enfants aller sans danger à l'école.
Espoir pour une femme enceinte de donner naissance à un bébé vivant, dans un hôpital, et pas à un enfant mort devant un poste de contrôle militaire.

Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang.
Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d'amour et de paix.
Merci de porter avec nous le fardeau de cet espoir.


Mahmoud Darwish, palestinien.


2018 : pour une année de la Palestine en France

vendredi 30 décembre 2016

Lâcher prise...

C'est ne plus s'agripper au passé                 
Mais s'ouvrir à l'instant présent
C'est ni craindre, ni espérer en l'avenir
Mais construire celui-ci au présent.

Lâcher prise c'est dénouer le fil de la peur
C'est dénouer le fil de toutes les peurs
C'est accepter de faire confiance
Faire confiance à la vie
Et se faire confiance

Lâcher prise c'est apprendre à agir
Et non à réagir
C'est apprendre à aimer
Sans rien attendre
Et s'ouvrir à ce qu'il y a de meilleur en l'autre

C'est savoir accepter que l'autre est différent
Et l'aimer tel qu'il est

Lâcher prise c'est apprendre à pardonner
Et à se pardonner
C'est aller au-delà des apparences
Et s'ouvrir à ce qu'il y a de meilleur en soi-même

Lâcher prise c'est naître et renaître à chaque inspiration
C'est apprivoiser le détachement à chaque expiration
C'est porter un regard sans cesse renouvelé
Sur tout ce qui nous entoure

Lâcher prise c'est savoir écouter
Sans se croire obliger de conseiller ou de diriger
C'est respecter l'autre et se respecter

Lâcher prise c'est savoir se taire
Pour vivre le silence
C'est apprivoiser le silence
Pour que naisse la paix.

Auteur inconnu

vendredi 15 février 2013

vendredi 26 octobre 2012

Leçon de l’Histoire ?



Gérard Gautier

 « La bêtise humaine n’a pas de limitation de vitesse. »

André Coupé - Artiste-peintre briochin

Aux sacrifiés du Monde.                                            



Ils avaient casques à pointe,                                                 
Capotes bleu horizon,
Dans la boue et le sang
Leurs espoirs de vingt ans,
Dans les tranchées, fauchés,
On été enterrés.
Leçon de l’Histoire ?

De toutes générations
Jetés à la vindicte,
Coupables d’être étoilés,
Par millions dans la fournaise,
Fumées de la mort,
Ont été aspirés par le néant,
Leçon de l’Histoire ?

Du même Peuple,
Par la haine tribale engendrée,
Victimes de sombres complicités,
Par les Hutus,
Manipulés par le pouvoir,
Les Tutsis, humus sacré du Rwanda,
Ont été massacrés.
Leçon de l’Histoire ?

Porteurs de religions,
Intolérants, intégristes,
Hégémoniques,
Esprits pollués,
Au nom de leur croyance,
Depuis la nuit des temps,
Ont assassiné 
Les valeurs de l’Humanité.
Leçon de l’Histoire ?



Langues occultées, éradiquées,
Richesses universelles
Porteuses de civilisation,
De diversité culturelle,
Balayées par la main
Des tenants de l’obscurantisme,
De l’indivisibilité, de l’ignorance.
Leçon de l’Histoire ?

Peuples premiers
Porteurs de la même culture,
Du même passé,
Séparés par des murs invisibles,
Victimes de la lâcheté
Et de l’avidité politicienne
Condamnés à ne pas vivre avec leurs frères.
Leçon de l’Histoire ?

Adorateurs du Veau d’Or,
Puissances occultes,
Assouvissant leur soif de richesses,
Avilissant les Hommes,
Lissant les Cultures,
Nourrissant les conflits,
Pour toujours plus de profits.
Leçon de l’Histoire ?

À Gaza, ghetto,
Sur les assiégés, martyrisés,
Enfants, femmes et vieillards,
Bénis des Dieux
Bannis de la Terre,
Souffle le vent de la mort
Poussé par les oublieux de la mémoire. 
Leçon de l’Histoire ?

À quand l’éclosion de la fleur de Paix ?

 Gérard Gautier

Saint-Brieuc le 23 octobre 2012

mercredi 19 septembre 2012

Lettre d’informations « Couleurs Poésies » N° 118

Jean Dornac

Les nouveautés de la semaine
 
 Lundi 10 septembre
 
« Il est des mots parfois », de Alain Springer
Moi j’avais dix sept ans, elle seize au mois d’août,
Nous échangions quelques baisers, et des mots doux.
Mes mains parfois couraient sur son corps défendu
Me laissant haletant, amoureux, éperdu


http://www.couleurs-poesies-jdornac.com/article-il-est-des-mots-parfois-alain-springer-109926906.html

Jean Dornac

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mercredi 23 février 2011

Enfants arabes

Nizar Tawfiq Qabbani

Épis de blé de l’avenir
Vous briserez nos chaînes.
Tuez l’opium dans nos têtes
Tuez les illusions.

Enfants arabes
N’écoutez pas notre génération étouffée
Nous sommes un cas désespéré
Sans plus de valeur qu’une écorce de pastèque.

Ne nous écoutez pas
Ne nous singez pas
Ne nous acceptez pas
N’acceptez pas nos idées
Nous sommes une nation d’escrocs et de saltimbanques.

Enfants arabes
Pluie du printemps
Épis de blé de l’avenir
Vous êtes la génération qui surmontera la défaite.

Nizar Tawfiq Qabbani, diplomate syrien, poète, éditeur.

(21 Mars 1923 – 30 Avril 1998)

samedi 19 février 2011

Poème à sourire

Libre plume

Hep ! Minette !
Une coupette ?

Feu aux pommettes …
Coquines les fossettes !

Plein les mirettes.
Oh, la coquette !

Et, en avant sur la pétrolette !
Jolies gambettes
sous la jupette !

Gentillette,
Elle lui taille la bavette …
Et lui pense goguette.

Amourette,
Dînette,
Couchette.

A l’anis les sucettes,
Nuit douillette sous la couette.

Mais, il n’a pas enlevé ses chaussettes !
Ah, c’est un signe, minette !

Lui … quelle nénette !
Pirouette,
Cacahuète.

Elle, gentillette,
Lui, girouette,
Que des sornettes,

Aux oubliettes,
La pauvrette,
Et pour perpète.

Oulala

vendredi 28 janvier 2011

Le petit tambour

Maddalena Scotti

Je suis un tambour,
Comment allez-vous les amis
Après cette épaisse nuit ?

Je me couche tôt ;
Je me lève tôt,
Pour vous raconter,
Sans détours,
Les nouvelles du jour.

Printemps, été, automne, hiver,
Ne me gênent guère.
Je suis un tambour,
Parfois innocent,
Parfois grimaçant,
Tel un troubadour,
Parfois révolté,
De ne pas être écouté.

Mais je serai toujours,
Un tambour, par amour,
À vos côtés.

mardi 18 janvier 2011

Ô tyran oppresseur...

Aboul-Kassem Echabi

Ami de la nuit, ennemi de la vie...
Tu t’es moqué d’un peuple impuissant
Ta main est teinte de son sang
Tu abîmes la magie de l’univers
Et tu sèmes les épines du malheur dans ses éminences ■

Doucement !
Que ne te trompent pas le printemps
La clarté de l’air et la lumière du jour
Dans l’horizon vaste, il y a l’horreur de la nuit
Le grondement du tonnerre et les rafales du vent
Attention ! Sous la cendre, il y a des flammes ■

Celui qui plante les épines récolte les blessures
Regarde là-bas où tu as moissonné
Les fleurs de l’espoir
Le torrent du sang va t’arracher
Et l’orage brûlant va te dévorer.

traduction : Aboubri

PIR

dimanche 16 janvier 2011

Emondeur

Djalila
C’est tombé
En givre par endroits
En rosée glacée
Quand même
Froide décembre
Dans la campagne monocorde
Le paysage se défile
Tu ne peux pas compter sur lui
Pour fixer des images réelles.
De temps en temps
Des rangées d’arbres
Disciplinés
Et rêveurs
Aux branches tendues
Tamisent
La blancheur
Lisse
Du ciel.
Ils savent que
La nudité
De leurs bras est
Provisoire.
Djalila

mercredi 5 janvier 2011

Emigrant

Djalila Dechache


Gueule cassée au regard perdu
Brûlée de tabac, de lassitude
De café et de marc illusoire…..
Les travaux rêches, douze mois par an
Ont usé ta peau
Les privations aussi…..voleuses de
Sourires insouciants.
Ce petit enfant, astre rose et tardif
Dans tes bras forts
Que tu tiens d’une main puissante et rugueuse
En une étreinte sûre, presque délicate
Sonore de tes baisers, fait de toi
Au bout de toutes ces années
Un père véridique, fidèle à ton rêve.
Il te réconcilie une nouvelle fois avec le jour qui vient
Et les fastes de ta destinée.

Djalila Dechache

samedi 1 janvier 2011

Palestine, le secret dévoilé


Hassan Heerah

Ma maison est une tente de secousses,
Déchue sur le sable des larmes
Goûtant un soleil nu
Face à un vent cruel

Mon lit est une couche d'épines
Etiré sur l'inconnu,
Amorti par les explosions des balles
Et troublé par la marche des serpents

Ma nourriture est un repas de patience
Souillé par le sang des martyrs
Cuisiné avec le sel des larmes
Et servi avec des cauchemars

Mon matin est un cri,
Porté par les ailes du vent
Apaisé par les amis fidèles
Suffoquant sous les pistolets ennemis

Ma nuit est un sanglot,
Noyé sous un océan de regrets
Regagnant la surface grâce aux vagues de l'espoir
Attisé par le four de la révolte

J'ai vu le cadavre de mon père en lambeaux
J'ai vu ma mère sous les blindés
J'ai vu mon frère la tête explosée
J'ai vu la poitrine de ma soeur ouverte et déchirée

Le faible est arrivé
Le puissant l'a aidé
Les bombes ont éclaté
Ma terre a disparu
Ma maison vandalisée
Ma tasse vidée
Ma famille expulsée

Ma Leila, où es-tu ?
Reposes-tu sous un tank rôtie comme un agneau ?

Où es-tu mon Khaled, le vert de mon regard ?
Envolé dans une étape du voyage
Pour venir à moi
Que je puisse tenir ta main
et fermer mes yeux en paix

Où es-tu mon Yahya ?
Au milieu des tyrans ?
Luttant dans les bras de la tristesse
Faissant tes adieux à ton cher père ?

Où êtes-vous mes enfants ?
Oui, où êtes-vous ?

Hassan Heerah

 Palestine

mercredi 29 décembre 2010

Inscris ! Je suis Arabe

Mahmoud Darwich


Inscris !
Je suis Arabe
Le numéro de ma carte : cinquante mille
Nombre d'enfants : huit
Et le neuvième... arrivera après l'été !
Et te voilà furieux !


Inscris !
Je suis Arabe
Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine
Et j'ai huit bambins
Leur galette de pain
Les vêtements, leur cahier d'écolier
Je les tire des rochers...
Oh ! je n'irai pas quémander l'aumône à ta porte
Je ne me fais pas tout petit au porche de ton palais
Et te voilà furieux !


Inscris !
Je suis Arabe
Sans nom de famille - je suis mon prénom
« Patient infiniment » dans un pays où tous
Vivent sur les braises de la Colère
Mes racines...
Avant la naissance du temps elles prirent pied
Avant l'effusion de la durée
Avant le cyprès et l'olivier
...avant l'éclosion de l'herbe
Mon père... est d'une famille de laboureurs
N'a rien avec messieurs les notables
Mon grand-père était paysan - être
Sans valeur - ni ascendance.
Ma maison, une hutte de gardien
En troncs et en roseaux
Voilà qui je suis - cela te plaît-il ?
Sans nom de famille, je ne suis que mon prénom.


Inscris !
Je suis Arabe
Mes cheveux... couleur du charbon
Mes yeux... couleur de café
Signes particuliers :
Sur la tête un kefiyyé avec son cordon bien serré
Et ma paume est dure comme une pierre
...elle écorche celui qui la serre
La nourriture que je préfère c'est
L'huile d'olive et le thym


Mon adresse :
Je suis d'un village isolé...
Où les rues n'ont plus de noms
Et tous les hommes... à la carrière comme au champ
Aiment bien le communisme
Inscris !
Je suis Arabe
Et te voilà furieux !


Inscris
Que je suis Arabe
Que tu as rafflé les vignes de mes pères
Et la terre que je cultivais
Moi et mes enfants ensemble
Tu nous as tout pris hormis
Pour la survie de mes petits-fils
Les rochers que voici
Mais votre gouvernement va les saisir aussi
...à ce que l'on dit !

DONC


Inscris !
En tête du premier feuillet
Que je n'ai pas de haine pour les hommes
Que je n'assaille personne mais que
Si j'ai faim
Je mange la chair de mon Usurpateur
Gare ! Gare ! Gare
À ma fureur !

Mahmoud Darwich

dimanche 31 octobre 2010

Nous sommes de petits berbères

Hafsa Saifi

Nous sommes de petits berbères
Troubadours ou pèlerins
En quête
D’une quelconque trace
Portant dans son sillage
Notre terre dérobée.

Nul ne sait d’ou l’on vient
Nul ne nous montrera le chemin
Pas même le dieu brûleur
Dont on ignore la voix
Appelés par l’ailleurs
Par l’errance ou le rêve
Une voix qui remonte
Le chemin qui mène
Lentement guide nos pas
Sous un ciel qui se dénude
Y montrant parfois
Un bout de soleil timide
L’éveil partout grandissant
Une contrée inattendue
Remuée à l’envers
Et recouverte de silence
Dans la hantise de sa transparence
Sur ses rives presque vides
Quelques enfants s’efforçant
À faire entendre leur courroux
Tirent sur le ciel
Qu’ils n’ont jamais vu
Ni entendu son moindre soupir

Hafsa Saifi

mercredi 6 octobre 2010

Comme un goût de sang

Libre plume

Il y a comme un goût de sang,
La horde se rassemble, tranquillement, sans bruit,
Elle rôde, sûre d’elle.
La démocracie, elle, continue sa vie insouciante, inconsciente même !

Mais elle sera dépecée ! Top-là, en ont décidé les nouveaux riches !
Vulgaire quartier de viande,
Les crochets sont en place,
La République y sera pendue. Qu’on se le dise !
La gorge palpitante de Marianne sur les barricades n’est plus qu’un lointain souvenir.

Crocs découverts désormais, les loups divisent la France,
Ces hommes/fonctionnaires formatés au pas intellectuel d’écoles élitistes et sans âme, puis alignés sur des gropuscules puissants,
Ces hommes sûrs d’eux et pourtant, quelque chose de l’arrogance de l’ado quelque part.

Leurs mots sonnent faux,
Leurs appels à comprendre à quel point... il est nécessaire de se léser d’une retraite juste méritée ..., leur ton paternaliste même,
Tout cela écoeure.
Leurs airs de « sauver la France » nous laissent dans une colère sourde et froide.

Et la France peine à se réveiller, endormie par la vie quotidienne,
Comme endolorie, parfois même abrutie d’une vie qui lui pèse,
Assommée de TV quotidienne avec son lot de meurtres, de vulgarité et de niaiseries, rarement de beauté et de grandeur d’esprit.
Oh, le bruit agressif de cette télé stéréotypée … insupportable !

Se révolter quand on subit deux heures de transport par jour...
Se rebeller quand on court après un salaire décent qui fait juste vivre,
Et puis ces heures de travail imposées dans un non-dit terrifiant,
Ces menaces à peine voilées, peur de perdre son gagne-pain.

Alors il faut leur répéter, aux Français,
Les fondements de la constitution même sont en danger,
La droite actuelle se fait coquette pour l’extrême-droite.

Nombreux encore sont ceux qui ne nous croient pas.
On ressort même l’image d’Epinal des voleurs de poules tout droit sortie des temps anciens. « C’est leur faute, les gitans, les roms, les étrangers !
A coup d’bottes dans le derrière qu’on les chassera ceux-là !
Oui, m’sieur, parce que la France ça se mérite ! Oui m’sieur ! »

Le tout fantasmé dans une peur savamment distillée,
Elle prend insidieusement les Français au ventre !

Alors, faisons nos comptes ….
Et prenez votre souffle !

« Faut payer pour les retraites, faut qu’ça saigne,
Les salaires seront gelés (brrr)
Les Roms nous piquent nos porte-feuilles,
Les jeunes n’ont plus d’morale,
Les Beurs ne s’intégreront jamais, de la caill’ra, j’vous dis !
La crise est chez nous ! Nos pauvres banquiers ne s’en sortiront pas,
Quelle soupe on nous a servi là ! »

Alors, voyons voir, ah ! Oui ! Il y a aussi ….

« La pollution,
Le réchauffement climatique,
La fonte des glaces,
La radio-activité dans les champignons (si, c’est vrai !)
La crise de la foi,
La crise de la Vème république,
Les impôts qui augmentent,
L’euro qui fait grimper les prix (Ma pov dam ’ !),
Les niches fiscales qui s’foutent le camp.
L’Europe qui nous fait les gros yeux ! (Bouh !)
Oh ! Des heureux !... L’industrie de la talonnette se fait d’la pub gratuite.

Et... N’oublions surtout pas les réformes !
Celles des lycées, de la justice, de la région, de la santé, des retraites
de l’armée, de la TV, d’Internet (et tournicoti, tournicoton ...)

Allez, je vous rajoute une pincée d’emplois fictifs,
une bonne louche d’emplois perdus et gaspillés,
et une marmite d’hommes et de femmes sur le carreau !
Ils s’en fichent les loups... Pas des gagnants les chômeurs ...

Et puis, et puis ….

Oh ! Un « buzz » ! une ex-ministre qui prend l’inflation pour une fellation...
Où va s’planquer le plaisir quand même …. Au secours, Docteur Freud,
Un Premier Ministre qui étale sans vergogne son ambition.
« Celle d’une association de gagnants, des battants, de ceux qui ont gagné le pouvoir ! »
Mais d’une politique qui conduit la France loin devant … Point !.

Ah ! J’oubliais …
Le public va sortir Duschmole du jeu Schtrucmuch ce soir …
Ahhhhh ! Le monde s’écroule !

Et pendant qu’il s’écroule ? Prenez garde, Brave Français !
Voici la menace terroriste ! …
Les Al Quaida, les ETA, les méchants Corses, les GIA....
Vont pas me faire péter ma Tour Eiffel quand même ?

Tout ça pêle-mêle …. Tremblez braves carcasses de Français !
Les « de souches » (quel mot horrible !)
Les « pas de souches »,
Les « ceux de 2ème génération »,
Les reubeus,
Les « ploucs »,
Les « franchouillards »,
Les femmes,
Les obèses,
Les trop maigres,
Les vieux,
Les « 3ème âge »,
Les ménagères de moins de 50 ans,
Les fumeurs abonnés au trottoir glacé ou brûlant selon le temps,
Et les non-fumeurs ...
Les alcolos,
Les cons,
Les ceux qui accusent les autres d’être con ! »
Pff !, j’en peux plus !

Interdit de fumer, interdit de boire, interdit de bouffer gras, sucré et salé,
Interdit de sourire à une enfant dans la rue (ahhhh les pédophiles !),
Interdit de draguer, interdit de rire, interdit de baiser …

Gosh ! That’s enough !
Breath ! …

Une France qu’on divise et destructure lentement, mais
Des Français, voilà, tout simplement … des Français !
Rester fière de ces mots des Montesquieu, Tocqueville, Rousseau, et tant d’autres... Rester fière des Français qui disent non !

Pendant ce temps, les loups se rassemblent, sereins,
Ils tournent lentement autour de la victime,
Ils s’organisent, évaluent leurs parts du butin à venir,
La rue ne les impressionne même pas,

Enfin … ce n’est peut-être pas gagné !

Les Français d’honneur descendent dans la rue, encore et encore …
Ils ne se tairont pas, il en va de beaucoup plus qu’on ne le croit,
Il en va de notre liberté à la française.

Ils veulent s’arroger la France ?

Non ... Ce n’est pas gagné du tout !

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4734

dimanche 26 septembre 2010

Les enfants de la guerre

Les enfants de la guerre

Naît une plante, d’une graine.

Naît la vie, d’une graine .

Naît l’homme, d’une graine.

Naît la violence, de la haine.

Naît la vie, de la terre.

Meurt la vie dans la guerre,

Pour une descente vers les enfers

L’homme tient entre ses mains la Terre

Il supprime des Vies

Il détruit des familles.

Il supprime ce qu’a fait naître la Terre

Il commande la guerre .

Les avions,

Détruisent les maisons.

Les bulldozers

Envahissent la Terre,

Ils détruisent l’Univers,

De cette souffrance naît la misère.

Des milliers d’innocents

Perdent leur sang,

Perdent leur énergie

Pour voir s’éteindre leur vie

Au bout d’un long couloir, noir

Hanté par le désespoir.

Toujours les mêmes qui ramassent les pots cassés

Les enfants ; à tout jamais ,

Leur cœur sera déchiré

Par la perte de leur bien aimés .

A tout jamais,

Ces enfants resteront choqués

Par ces images

De carnage .

A L’intérieur d’eux mêmes ils sont anéantis

Ils perdent goût à la vie.

Parfois ils perdent tous les membres, de leur famille.

Ils sont des milliers à être orphelins

Rien , entre les mains

Même pas une miette de pain .

Ils sont condamnés

A être seul, à marcher,

A errer dans les rues

A la recherche de l’âme perdue .

Le jour où ils ont vu ;

Leurs parents ,

Leurs familles ou leurs enfants

Baigner dans un bain de sang.

Ce jour où ils les ont vu partir

Dites moi, comment imaginaient ils leur avenir ?

Au creux de leurs joues coulent les larmes,

Au creux de leurs mains les enfants portent des armes .

Ils ont grandi sans connaître la belle enfance,

Dès leur jeune âge ils ont sombré dans une grande souffrance.

Noyés, inondés, dans d’intenses violences .

Ainsi meurent les enfants de la guerre,

Enterrés par leur propre mère

Celle qui les a accueillis, la Terre !

La seule préoccupation des Hommes c’est de dominer l’univers

Sans se soucier des enfants de notre mère, la Terre

Qui en a assez de voir couler le sang

De milliers d’innocents

Qui en a assez de voir mourir ses enfants .

Naît la vie, de la Terre

Naît la vie, de la graine

Naît la violence de la haine.

Naît la haine ; de la haine !

L’erreur ! est belle et bien humaine !!!


Auteur inconnu.

Ce poème est pour rappeler à chacun le projet 1001 poèmes pour la Palestine à travers ce blog poème-palestine.fr.nf
Envoyez moi vos poèmes dont le thème est la Palestine.

Publié par Tahar, coeur de lyon

http://www.parolededemocrate.blogspot.com/