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samedi 23 novembre 2024

Au revoir Madeleine Riffaud...

Antoine Manessis

Les obsèques de Madelaine Riffaud ont eu lieu le 20 novembre, au cimetière Montparnasse à Paris.

Plusieurs centaines de personnes se sont recueillies pour Madeleine. L'ambassadeur du Vietnam, le secrétaire général du PCF et, présence tournée vers l'avenir, le député antifasciste Raphaël Arnault (France Insoumise) élu en juillet à l' Assemblée nationale malgré une ignoble campagne calomnieuse contre lui de toutes les droites liguées.

Nous avions dès le 7 novembre publié un hommage à Madeleine Riffaud.

http://nbh-pour-un-nouveau-bloc-historique.over-blog.com/2024/11/madeleine-riffaud.merci.html

À l'occasion de ses obsèques, nous voulions rappeler quelques éléments de sa vie et de ses engagements, parfois oubliés par certains.

Après ses livres sur le Vietnam, "elle fut sollicitée comme correspondante étrangère accréditée sur place par plusieurs autres médias européens, suédois, italiens, allemands. Invitée partout dans les rédactions et télévisions, notamment en Allemagne de l’Ouest où elle collaborait à une chaîne télévisée, et jusqu’à CBS News aux États-Unis, elle commençait à être suspecte aux yeux des dirigeants du PCF de l’ère Marchais, déjà échaudés depuis la fin des années 1960 par l’engouement qu’elle suscitait dans les milieux gauchistes".

Quant aux circonstances de l'élaboration de son livre (et best seller) "Les linges de la nuit", c'est "son ami le professeur Jean Rouleau, l’ancien interne "Paul" du temps de la Résistance, lui recommanda de "[s]’infiltrer [s]’infiltrer dans le monde en blanc" en se faisant embaucher comme agent de service "fille de salle". Elle travailla plusieurs mois à l’hôpital Broussais de l’Assistance publique de Paris, ou dans l’établissement privé Saint-Joseph pour trouver la matière de son ouvrage.

Au milieu des années 1970, "elle s’éloigna en toute discrétion du parti communiste, tout en continuant à y entretenir de solides amitiés, et quand on l’interrogeait plus avant, elle répondait : "Je suis du parti de Gabriel Péri et de Manouchian". Après ce détachement sans heurts, elle renoua avec la foi catholique de sa jeunesse, jamais complètement reniée, en adhérant avec satisfaction aux réformes engagées par le concile Vatican II. En revanche, elle repoussa les avances que lui fit encore le PCF" en 1999. 

Elle continua à témoigner pour des publics de tous âges, devenant notamment une habituée des tournées en milieu scolaire, comme ses amis Lucie et Raymond Aubrac, eux aussi intimes de Ho-Chi-Minh. Des mains du grand résistant, elle reçut en 2001 la croix de chevalier de la Légion d’Honneur. Elle prit encore la parole en 2007 aux obsèques de Lucie Aubrac.

Comme l'a dit Babeth Aubrac, la fille de Lucie et Raymond, "Maintenant il nous reste une tâche bien difficile, celle de transmettre. Transmettre le message que Madeleine a si bien su relayer sans baisser la garde. C’est-à-dire, servir l’Humanité avec pugnacité, optimisme, constance et enthousiasme".

On peut espérer en lisant le message du jeune député LFI, 29 ans, Raphael Arnault : "Madeleine Riffaud n’a jamais failli et a contribué toute sa vie à la liberté et la dignité pour tous les peuples. À l’heure où l’extrême-droite met à nouveau tout en place pour nous plonger dans le pire, cette vie de résistance doit nous inspirer. Vive la résistance !"

Ce que nous rappelons ici est directement repris de l'article du Maitron consacré à Madeleine Riffaud  https://maitron.fr/spip.php?article161733

Antoine Manessis


lundi 18 novembre 2024

Victoire historique : la justice ordonne la libération de Georges Abdallah

Pierre Michel

Vendredi, le juge d’application des peines a accepté la 11ème demande de libération conditionnelle du prisonnier politique libanais. Alors que le parquet a fait appel, il va falloir se mobiliser pour imposer cette décision historique.

Vendredi, le tribunal d’application des peines rendait sa décision concernait la 11ème demande de libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah. Communiste libanais, militant de la cause palestinienne, Abdallah a été arrêté en 1984, puis condamné en 1987 pour complicité d’assassinat à la suite d’une instruction à charge. Libérable depuis 1999, l’État français a systématiquement empêché sa remise en liberté depuis.

La décision de ce vendredi est donc historique. « C’est une énorme victoire politique et juridique » explique Jean-Louis Chalanset, avocat de Georges Ibrahim Abdallah, contacté par Révolution Permanente. Si en 2013 une première demande de libération conditionnelle avait été validée par la justice, celle-ci était conditionnée à un arrêté d’expulsion que l’État français avait bloqué, maintenant le militant pro-palestinien emprisonné.

Cette fois, « le tribunal d’application des peines a admis Georges Ibrahim Abdallah au bénéfice de la libération conditionnelle à compter du 6 décembre prochain, subordonnée à la condition de quitter le territoire national et de ne plus y paraître » a expliqué le Parquet national anti-terroriste. Celui-ci a cependant fait appel, dans une nouvelle expression de l’acharnement qui vise le plus vieux prisonnier politique d’Europe.

Une nouvelle audience devrait donc avoir lieu d’ici deux à trois mois. Quelques semaines après la mobilisation annuelle pour la libération de Georges Abdallah à Lannemezan, un grand combat est donc devant nous, pour imposer cette décision et aller au bout de la libération du militant. Dans les jours et semaines à venir, il va falloir construire un front très large en solidarité avec Georges. 

Une lutte étroitement liée au combat contre le génocide en Palestine et la criminalisation de la solidarité avec le peuple palestinien.

dimanche 17 novembre 2024

Patriote libanais, Georges Ibrahim Abdallah n’est pas un terroriste

 Régis de Castelnau

Au bout de 25 ans, la justice française s’est enfin préoccupée de sauver l’honneur. Elle vient de prononcer la mise en liberté de Georges Ibrahim Abdallah condamné par une cour d’assises spéciale il y a 40 ans pour complicité d’assassinat.

Abdallah militant communiste libanais avait été accusé de complicité dans l’assassinat sur le territoire français de deux diplomates américains et israéliens dont il a été par la suite reconnu qu’ils appartenaient aux services spéciaux de leurs pays respectifs. Assassinats perpétrés alors qu’Israël était en guerre contre le Liban qu’il avait envahi, en provoquant la mort de 18 000 combattants et civils arabes, et couvrant le massacre de Sabra et Chatila. Arrêté sur le territoire français, et malgré ses dénégations, il sera donc condamné en 1984 à la réclusion criminelle à perpétuité par une cour d’assises spéciale chargée de juger les affaires de terrorisme. Et ce après une procédure pour le moins biscornue. Il y eut s'abord la violation de la règle « non bis in idem » avec Abdallah jugé deux fois pour les mêmes faits, ensuite l’aveu postérieur de son avocat reconnaissant qu’il l’avait trahi et travaillé avec les services français, ensuite toujours la défense absurde et provocatrice de celui qui avait succédé à ce premier avocat, et enfin des réquisitions lunaires de l’avocat général. Malgré ces énormités, il ne fut pas possible d’obtenir une révision de la procédure. Georges Ibrahim Abdallah n’était pas un terroriste, c’était un patriote Libanais luttant pour défendre son pays contre une invasion israélienne soutenue par les États-Unis. Une propagande mensongère va bien sûr le présenter comme un terroriste pro palestinien, qualificatif immédiatement utilisé pour ceux qui combattent Israël.

Il est libérable depuis 1999. Sa libération a été prononcée à plusieurs reprises par le tribunal d’application des peines. Libération systématiquement annulée par les juridictions supérieures sur appel tout aussi systématique. Le sommet étant atteint quand sa libération fut prononcé avec la condition de la prise par le ministre de l’intérieur d’un arrêté d’expulsion. Manuel Valls, jamais en retard d’une vilenie, refusa toujours de prendre cet arrêté. Maintenant ainsi Abdallah en prison dans une prison où il était enfermé depuis près de 40 ans, étant alors le plus ancien détenu des pays de l’UE. Alors que le maintien en détention ne pourrait s’appuyer sur aucune considération judiciaire, le parquet toujours soucieux de complaire, a naturellement fait immédiatement

La guerre secrète, ça existe. Et lorsqu’on est en guerre on la pratique. Israël qui est en guerre depuis sa création le fait, mais habituellement discrètement. Car quand ses services interviennent sur le territoire d’État étranger, en droit cela s’appelle du terrorisme. On renvoie pour cela au film de Spielberg « Munich ». Et à l’exécution de Mahmoud Hamchari sur le territoire français. Tout le monde sait qui a perpétré cet attentat, sauf manifestement les autorités françaises qui n’ont jamais bougé.

Le problème c’est que le soutien américain et la passivité du reste de l’Occident amène les dirigeants israéliens actuellement au pouvoir à se croire tout permis et, sûrs de leur impunité, ils revendiquent à l’avance les assassinats que le Mossad ou le Shin Bet commettraient à l’étranger.

Le chef du Shin Bet Ronen Bar, a déclaré « qu’Israël travaillera à l’assassinat des dirigeants du Hamas. Le Conseil ministériel, le cabinet israélien nous a fixé un objectif, qui est en termes simples, l’élimination du Hamas, et nous sommes déterminés à le faire. Partout, à Gaza, dans la Cisjordanie, au Liban, en Turquie, au Qatar ». Comme d’habitude Netanyahou ne s’est pas gêné lorsqu’il a annoncé son intention le 22 novembre 2023 en déclarant : « J’ai donné l’ordre au Mossad d’agir contre les dirigeants du Hamas où qu’ils se trouvent ».

Comprenons-nous bien, vouloir frapper son ennemi à la tête a une autre légitimité morale que le massacre des civils de Gaza. Et à la guerre, ça marche comme ça. Mais, en la circonstance, ce qui est effarant c’est le sentiment d’impunité qui anime le pouvoir israélien revendiquant par avance le droit d’aller pratiquer le terrorisme sur le territoire d’autres États ! 

Concernant la France, si jamais cela arrivait chez nous, on peut malheureusement imaginer ce que serait la réponse de Macron et des dirigeants français.

Vu du Droit

samedi 28 septembre 2024

Premier hommage aux résistants trotskistes

NPA

Samedi prochain 5 octobre, la ville de Brest rendra hommage aux résistants trotskistes, français et allemands, victimes de la terreur nazie.

À partir de 11 heures, deux plaques mémorielles bilingues, français et allemand, seront dévoilées. La première au 87 rue Richelieu, là où la Gestapo arrêta plusieurs des militants brestois du Parti ouvrier internationaliste, en hommage à Robert Cruau, responsable du travail en direction de soldats allemands, abattu le 6 octobre 1943, et à ses quatre camarades qui périrent dans les camps nazis, Georges Berthomé, Yves Bodénez, André Floc’h et Albert Goavec.

La seconde, près de l’arsenal, en hommage aux soldats allemands antinazis regroupés autour du bulletin clandestin "Arbeiter und Soldat" qui, tous, furent fusillés ou expédiés sur le front de l’Est.

Refusant toute responsabilité collective des peuples dans cette guerre, ces jeunes résistants internationalistes opposèrent au nazisme, la fraternisation ouvrière pour que la défaite d’Hitler soit la victoire des travailleurEs.

En lien avec l’association "Les amis d’Arbeiter und Soldat", la ville de Brest sera la première à rendre hommage à ces résistants trotskistes dans le respect de leur identité politique.

Un colloque, à l’initiative de l’association "Les amis d’Arbeiter und Soldat" (14h30, salle des syndicats, 2 rue de la Harteloire), clôturera cette journée autour d’historiens et de journalistes allemands et français :

– Nathaniel Flakin, journaliste berlinois, présentera sa biographie de Martin Monath : Un Juif berlinois organise la résistance dans la Wehrmacht. Arbeiter und Soldat, Éditions Syllepse ;

– François Préneau présentera Résistance antinazie, ouvrière et internationaliste. De Nantes à Brest, les trotskistes dans la guerre (1939-1945), Éditions Syllepse ;

– Jean-Yves Guengant, historien brestois, auteur de nombreux ouvrages dont Les Disparus de Pontaniou (Coop Breizh), fera le point sur les recherches pour identifier les soldats allemands fusillés à Brest ;

– Olivier Doriane, journaliste à la Tribune des Travailleurs, interviendra sur l’actualité du combat d’Arbeiter und Soldat ;

– Claudius Naumann, historien berlinois, reviendra sur la déclaration des communistes internationalistes de Buchenwald.

NPA 

jeudi 26 septembre 2024

Julian Assange s’adressera au Conseil de l’Europe après la confirmation de son statut de prisonnier politique

Pace

Le 1er octobre, Julian Assange arrivera à Strasbourg pour témoigner devant la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), qui se réunira de 8h30 à 10h au Palais de l’Europe.

Cette réunion fait suite à la publication du rapport d’enquête de l’APCE sur l’affaire Assange, rédigé par le rapporteur Thórhildur Sunna Ævarsdóttir. Le rapport se concentre sur les implications de sa détention et ses effets plus larges sur les droits de l’homme, en particulier la liberté de journalisme. Le rapport confirme qu’Assange peut être considéré comme un prisonnier politique et demande au Royaume-Uni de mener une enquête indépendante pour déterminer s’il a été exposé à des traitements inhumains ou dégradants.

Sunna Ævarsdóttir est rapporteur général pour les prisonniers politiques et présidente de la sous-commission sur l’intelligence artificielle et les droits de l’homme au sein de la commission des affaires juridiques de l’APCE. Elle souligne que le cas d’Assange est un exemple très médiatisé de répression transnationale. Le rapport examine comment les gouvernements recourent à des mesures légales et extralégales pour réprimer la dissidence au-delà des frontières, ce qui constitue une menace importante pour la liberté de la presse et les droits de l’homme.

Julian Assange est toujours en convalescence après sa libération de prison en juin 2024. Il assiste en personne à cette session en raison de la nature exceptionnelle de l’invitation et pour saluer le soutien reçu de l’APCE et de ses délégués au cours des dernières années. L’APCE a pour mandat de protéger les droits de l’homme et a demandé à plusieurs reprises la libération de Julian Assange lorsqu’il était en prison.

Julian Assange témoignera devant la commission, qui entendra également les conclusions selon lesquelles son emprisonnement a été motivé par des considérations politiques. Il s’agit du premier témoignage officiel de Julian Assange sur son cas depuis son incarcération en 2019.

Sa comparution devant le principal organe européen de défense des droits de l’homme et d’élaboration des traités souligne les implications plus larges de son affaire.

https://pace.coe.int/fr/news/9578/committee-expresses-deep-concern-at-harsh-treatment-of-julian-assange-warns-of-its-chilling-effect-for-the-press

Le Grand Soir 

mercredi 18 septembre 2024

Liberté pour Paul Watson !

NPA

Le militant américano-canadien, 73 ans, est emprisonné au Groenland depuis fin juillet. Sa détention vient d’être prolongée jusqu’au 2 octobre : la justice danoise dira alors si elle accède ou non à la demande d’extradition du Japon. Il y risque une peine de prison de 15 ans.

L’argument de la souveraineté alimentaire avancé par le Japon est totalement fallacieux. La consommation de viande de baleine s’y est effondrée (et c’est heureux !) : une relance est pourtant mise en œuvre actuellement. Ceci malgré l’interdiction de la pêche de la baleine mise en place au niveau mondial depuis 1982.

« Écoterroriste », P. Watson ?

Le co-fondateur de Greenpeace s’est démarqué de ses compagnons dès les années 70. Il a fait le choix d’une stratégie d’actions plus radicales mais toujours pacifiques, en s’interposant entre les baleiniers, les bateaux-usines et les baleines, en sabotant les campagnes des chasseurs de phoques. Si des vies ont été mises en danger sur certaines actions, c’est exclusivement la sienne et celles des militantEs de Sea Shepherd, l’association créée par ce lanceur d’alerte, défenseur conséquent des océans.

Contribuer aux initiatives de solidarité en toute urgence !

Leur courage est remarquable, leur combat est juste et contribue à une écologie de lutte radicale. Même si nous refusons le malthusianisme de Paul Watson qui prône une réduction radicale des populations humaines...

... nous soutenons le mouvement international de solidarité : empêchons l’extradition de P. Watson !

NPA

mercredi 11 septembre 2024

Connaissez-vous Laurent Chardard ?

Bernard Gensane

On utilise souvent le mot “ héros ” à tort et à travers. Ainsi, un type qui monte sur son toit pour récupérer le chat apeuré de la voisine sera qualifié de héros.

 

Mais avec Laurent Chardard, pas d’hésitation, lui qui, aux championnats paralympiques, vient de remporter plusieurs médailles en natation, des exploits extraordinaires.

Nous, communs des mortels, ne pouvons pas imaginer quel a été le parcours mental, physique et psychique de cet homme, de ce sportif hors du commun, depuis ce 27 août 2016 quand, à la Réunion où il s’adonnait à son sport préféré, le bodyboard (un peu comme le surf mais avec une planche plus courte et plus flexible) il subit la double attaque d’un requin qui lui dévora un bras puis une jambe. Il donna à l’époque à Libération une relation glaciale de ce drame insensé : « Je n’ai pas vu venir le requin, il m’a tiré vers le fond. Ça a été ultrarapide. Je ne l’ai pas vu s’en prendre à moi, j’ai juste aperçu une masse gris-marron, typique du requin-bouledogue, arriver d’en dessous. J’ai la chance de me souvenir de tout mon accident et je sais que j’ai fait les bons choix : au moment de l’attaque, le requin m’a pris le bras droit et m’a tiré vers le fond. J’ai riposté en le tapant avec ma main gauche, ce qui m’a coûté mon pouce. On dit qu’il faut taper dans les branchies mais je ne sais pas où je l’ai touché. » 

Il réussit à remonter à la surface. Il comprend que son bras est sectionné. Il hurle à la vingtaine de surfeurs qui l’entoure qu’il y a un requin. Son alerte permet aux autres de fuir. Il subit une deuxième attaque : « Le requin est revenu exactement de la même manière que la première fois. » Le requin l’attrape par la jambe et l’emporte de nouveau vers le fond. Il parvient à remonter. Les secours arrivent, le prennent en charge mais il est mutilé pour la vie. 

Il va alors faire preuve d’une force mentale inouïe : « Je me suis dit, de toute façon, je n’ai plus le bras ni la jambe, faut voir ce qu’on peut faire avec, ou sans plus exactement ».

Avec le soutien constant de sa famille et de ses amis, il s’est mis à la natation, avec des objectifs très élevés. Dans la catégorie S6 (amputé à droite d’une jambe et d’un bras), il est médaillé d’argent sur 50 mètres papillon aux mondiaux handisports de Londres en 2019, champion d’Europe sur le 100 mètres dos à Funchal (Madère) en 2021, puis à nouveau sur la plus haute marche en 50 mètres papillon lors des mondiaux de 2022.

 

Le 3 septembre, Laurent Chardard remporte la médaille de bronze du 50 m papillon.


Palmarès

 

Jeux paralympiques

Championnat du monde

Championnat d'Europe

  • Championnat d'Europe de paranatation 2024, Funchal Drapeau du Portugal Portugal
    • Médaille d'or, Europe Médaille d'or – 50m papillon S6
    • Médaille d'argent, Europe Médaille d'argent 100m NL S6
    • Médaille d'argent, Europe Médaille d'argent – Relais 4×100 NL
  • Championnat d'Europe de paranatation 2024, Funchal Drapeau du Portugal Portugal
    • Médaille d'or, Europe Médaille d'or 100 m dos S6
    • Médaille d'argent, Europe Médaille d'argent 50m papillon S6
    • Médaille de bronze, Europe Médaille de bronze – 100m nage libre S6

Bernard Gensane

dimanche 25 août 2024

Avec Rima, jusqu'à la victoire !

NBH

51 députés macronistes (Renaissance) demandent la levée de l'immunité parlementaire et des sanctions à l'encontre de la députée européenne de la France Insoumise Rima Hassan. Pourquoi ? 

Parce que Rima Hassan a participé à une manifestation de solidarité avec Gaza à Amman où elle était en déplacement. Le journaliste et militant Taha Bouhafs, également présent ce jour-là dans la capitale jordanienne, et a participé à la manif.

Le torchon du milliardaire François Pinault Le Point affiche sa "vérité alternative" et titre "Rima Hassan s'affiche pro-Hamas sans réserve en Jordanie." Le journal poursuit "Les deux Français ont participé à un rassemblement d'extrémistes." On se demande si Le Point prend ses lecteurs pour des imbéciles ou si Netanyahou a pris un abonnement "grand donateur".

La députée macroniste Caroline Yadan et le député voyou du Likoud-LR Meyer Habib se déchaînent, accusant Rima Hassan de "provocation à la haine raciale et apologie du terrorisme" .

Rima a répondu : "Fake news, je n'ai pas participé à un hommage à des dirigeants du Hamas. Utiliser de façon grossière des photos de quelques manifestants qui affichaient leur soutien au Hamas en me les imputant, c'est profondément malhonnête; un acharnement médiatique. Depuis octobre, tous les vendredis, se tient une manifestation en soutien à Gaza(...) Je vivais à Amman avant les élections européennes pour mon projet d'écriture et de photos sur les camps".

En fait, il n'y a aucune "affaire" et les délires des macronistes et des droites contre la militante et députée européenne est la poursuite de la campagne de haine et de calomnie qu'ils ont développé depuis des mois contre elle en particulier et la France Insoumise en général. Que le suffrage universel ait permis à Rima d'être députée n'a pas calmé les agents de Netanyahou. Au contraire, cela les enrage. Ils tentent d'exploiter un événement tout à fait normal pour diffuser leurs mensonges venimeux, profitant du soutien des gouvernements occidentaux à l'Etat colonial et à leur complicité au génocidaire massacre de masse, aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité d'Israël.

Rima Hassan est aussi attaquée pour avoir dit qu'en dehors du monde occidental "personne ne rattache le 7 octobre à du terrorisme(...) l’écrasante majorité des experts internationaux et notamment onusiens considèrent que les violations du droit international commises par le Hamas le 7 octobre peuvent relever de crimes de guerre". 

La juriste internationale qu'est Rima est parfaitement en droit d'exprimer un tel point de vue qui n'a rien de choquant sauf si on se délecte d'utiliser le terme de terrorisme justement pour empêcher les gens de penser, de réfléchir et de contextualiser ces événement dans l'histoire de ces 80 dernières années.

On peut utiliser les termes que l'on veut, mais nous avons déjà ici signalé que même l'AFP (agence France presse) a refusé, à notre avis à juste titre, d'utiliser le terme de terrorisme. Comme l'a dit Lordon "terrorisme est un mot impasse". Comme l'a dit avec courage et force Joseph Andras :  "Le terrorisme n’existe pas. Il convient d’abandonner ce mot à jamais. De le retirer de chaque dictionnaire. Car quand un mot, né au lendemain du 9 Thermidor, né, donc, contre la Révolution française, entend saisir de concert Pierre Brossolette, Missak Manouchian, Bobby Sands, Mohammed Merah, Anders Breivik et Brenton Tarrant, pareil mot malmène l’ensemble des lois de la raison. Il en nie le concept même. Il n’a aucun sens."

Mais de la vérité, du débat respectueux des faits, de la pensée dialectique ces propagandistes de "l'intention génocidaire", ces individus sans foi ni loi internationale n'ont rien à faire. Ce qu'ils veulent, ce sont les bombes sur les écoles et les hôpitaux, la famine et la tuberculose, la ruine et la mort des Palestinien-ne-s. Ils défendent la colonisation, l'occupation et l'apartheid. Ils insultent les anti-racistes, les traitant d'antisémites.

Nous ne coucherons pas devant ce néo-maccarthysme. Nous le dénoncerons et nous le vaincrons.

Rima on est avec toi.

NBH

vendredi 9 août 2024

Le grand Alexandre

Olivier Cabanel

Alexandre Grothendieck, s’il est connu pour être l’un des plus éminent mathématicien, était aussi surtout un militant anti-nucléaire très actif…

S’il faut en croire Charlie Hebdo, ce sont les évènements de mai 68 qui aurait donné au grand mathématicien la fibre écologique… : « au contact des étudiants rebelles, il prend conscience de l’urgence écologique, concept aujourd’hui banalisé, mais qui à l’époque était vu comme une utopie de chevelus idéalistes ». lien

Plus tard, le 10 juillet 1970, lors de la manifestation contre la centrale nucléaire de Bugey, on a pu le voir à nouveau...lien

Sur ce lien, une audio sur l'histoire de ces mobilisations...

J’étais, avec des amis genevois, et ma guitare, l’un des 15 000 militants, présent ce jour là, grâce aux journalistes de Charlie Hebdo, instigateurs, surtout FournierGébé, Reiser, entre autres, de cette journée riche en évènements…lien

Grothendieck avait pris la parole sur la scène, malgré une sono défaillante, alors que Choron, dans un état éthylique avancé, avait fracassé le piano qui trônait sur la scène, en présence de beaucoup de célébrités connues, ou à venir : Fournier, et toute la bande à Charlie, mais aussi Maxime Le Forestier, Yves Cochet, et tant d’autres... lien

C’est peu de temps après que Fournier créa « la gueule ouverte »…

Grothendieck, de son côté, avait lancé, avec quelques autres, la revue « Survivre et Vivre », et s’il avait viré à l’anti-nucléaire-alisme, c’était d’abord par anti-militarisme, car il ne voulait pas que la recherche puisse être récupérée par les militaires… cette prise de conscience s’est réalisée lorsqu’il a découvert que l’institut dans lequel il travaillait, l’IHES (Institut des Hautes Études Scientifiques) 5 % de ses subsides provenaient de l’armée…alors que cet institut avait été créé pour lui par l’industriel mathématicien Léon Motchane, qui était fasciné par l’intuition et la puissance du travail de ce jeune homme de 27 ans. vidéo

Motchane disait que sa nouvelle vision de la géométrie, inspirée par son obsession de repenser la notion d’espace avait bouleversé la manière de faire des mathématiques. lien

Nommé au Collège de France, qu’il quittera pour devenir professeur à l’université de Montpellier, il rejoint le CNRS en 1984, jusqu’en 1988, et refusera le prix Crafoord, pour laquelle il s’expliquera dans une lettre publiée au Monde, justifiant que « la seule épreuve décisive pour la fécondité d’idées ou d’une vision nouvelles est celle du temps...la fécondité se reconnaît par la progéniture, et non par les honneurs  ».

Il était aussi révolté du déséquilibre écologique croissant causé par une utilisation indiscriminée de la science et de la technologie par des mécanisme sociaux suicidaires et par des conflits militaires liés à la prolifération des appareils militaires et des industries d’armement, ainsi qu’il l’écrivit dans sa revue.

L’adolescent de 16 ans, en 1944, juste le bac en poche, n’avait pas été identifié comme le génie des maths qu’il allait devenir, et avait reçu la médaille Fields en 1966, quasi équivalent du Nobel.

Il n’ira pas la chercher, en Russie, en mémoire de son père emprisonné là-bas, en temps qu’anarchiste, et le directeur de l’IHES ira à sa place. lien

Il la revendra plus tard, car elle était en or, et il avait été surnommé « l’Einstein français  » par de nombreux journalistes, dont Philippe Duroux dans son livre « sur les traces du dernier génie des mathématiques  », Allary éditions 2016.

En 1972, il pose dans « Survivre et vivre  », les bases de sa réflexion : « nous pensons maintenant que la solution ne proviendra pas d’un supplément de connaissances scientifiques, d’un supplément de techniques, mais qu’elle proviendra d’un changement de civilisation ».

Cette pensée prend un étrange sens aujourd’hui... au moment ou le Monde semble prendre une tout autre direction, avec « ses i-phones, son intelligence artificielle, ses voitures électriques... ».

Plus tard, tout en dirigeant sa revue, il tente la vie communautaire, et de nombreux militants viennent pour le rencontrer dans une maison qu’il habite à Massy, en région parisienne…

Un militant limougeois, objecteur de conscience, Jean François Pressicaud, évoque ces rencontres : « on y parlait d’écologie et de non violence et il y avait souvent des mathématiciens de haut niveau comme Pierre Samuel, Denis Guedj, Daniel Sibony (…) on sentait qu’un courant de pensée était en train de naître, tout le monde en avait conscience. »

José Bové, encore jeune homme s’y était même rendu pour récupérer de la nourriture bio. Il se souvient que la distribution des denrées bio se faisait dans son garage…

Aujourd’hui, Bové veut voir les zadistes comme les « enfants de Grothendieck », et il ajoutait : « Grothendieck faisait toujours le lien entre la pensée et la vie de tous les jours (…) il venait comme n’importe qui, au besoin faire le coup de poing contre les gendarmes mobiles, mais sans jamais se mettre en avant »lien

Plus tard, ayant appris qu’au Centre d’Étude Nucléaire de Saclay se trouvaient des fûts de déchets radioactifs fissurés, il s’y fait inviter par la CFDT pour une conférence sur la recherche scientifique.

Fournier le raconte dans un numéro de Charlie Hebdo : « la direction veut bien qu’on philosophe, mais dans la sérénité. Surtout que Grothendieck n’amène pas ses Hippies »... alors, il se fera accompagner par Sibony et Guedj.

La physicienne Bella Belbéoch, raconte cette conférence dans le livre de la chercheuse Sezin Topcu : «  la France nucléaire  » (le Seuil) : « est-ce que vous savez, vous qui êtes là en train de faire de la recherche que vous avez devant vos yeux des fûts qui sont fissurés avec de la radioactivité ? Et çà ne vous intéresse pas ! (…) votre dépotoir, comme tous les dépotoirs de produits radioactifs n’offrent aucune garantie de sécurité ».

Saclay, un peu plus tard, déménagera les fûts fissurés...lien

Beaucoup plus tard, début 1990, le génie rebelle quittera tout ça, se réfugiant dans un village pyrénéen, non loin de Lasserre, en Ariège, fermant la porte à ses propres enfants, ainsi qu’aux mathématiciens, venus de l’autre bout du monde pour le rencontrer…lien

Il y rédigera aussi des textes ésotériques sur la fin du monde, vouant une admiration pour toutes les plantes, engueulant ses voisins qui coupent les mauvaises herbes… et continuera à faire des maths.

À sa mort, à 86 ans, le 12 novembre 2014, on découvrira des milliers de pages dont le mathématicien, Michel Demazure estime qu’« il faudra 50 ans pour les transformer en mathématiques accessibles ». lien

Comme dit mon vieil ami presque africain : « l’humain fait la guerre à la Terre, s’il gagne, il perd  ».... merci Mr Reeves.

agoravox.fr

mercredi 7 août 2024

Audience judiciaire le 7 octobre 2024 pour la libération de Georges Abdallah

ISM France

Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste libanais emprisonné en France depuis 1984 qui a gardé intactes ses convictions révolutionnaires en dépit de 40 années de prison. Légalement libérable depuis 1999 et détenu à la prison de Lannemezan, il est devenu le plus ancien prisonnier politique d’Europe.

Le 8 juin 2023, l’avocat de Georges Abdallah, maître Jean-Louis Chalanset, a déposé une demande de libération conditionnelle expulsion devant le juge d’Application des Peines de Paris. Le tribunal d’application des peines tiendra audience à Lannemezan le 7 octobre prochain afin de statuer sur cette demande.

Rappelons que deux libérations ont déjà été prononcées, mais rejetées par le parquet et que la dernière avait été conditionnée par un arrêté d’expulsion qui n’a pas été signé par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls.

Une nouvelle fois, cette échéance judiciaire est un appel à développer notre mobilisation solidaire pour mettre un terme à une détention fondamentalement politique.

En ce sens, une nouvelle manifestation nationale est organisée le samedi 26 octobre prochain à 14H à Lannemezan et des initiatives seront organisées dans les semaines à venir.

Plus que jamais, libérons Georges Abdallah !

Source : CLGIA

ISM France

jeudi 27 juin 2024

Assange en liberté : le combat contre l'empire du mensonge continue

Régis de Castelnau

Après plus de 10 ans de tortures de diverses natures manipulées par l’Empire avec le soutien de ses valets européens, après 10 ans de lutte et de soutien pour le symbole de la liberté d’expression et d’informer, Julien Assange a été libéré.

Pour bien comprendre cette dernière péripétie judiciaire qui a vu Assange quitter son cachot anglais et monter dans un avion, il faut donner quelques explications juridiques. Julien Assange faisait l’objet de poursuites pénales pour espionnage devant la justice américaine. S’arrogeant un privilège d’extraterritorialité, les États-Unis le poursuivaient pour des « infractions » commises en dehors du territoire américain. Il s’est trouvé piégé lors d’un passage en Grande-Bretagne avec la complicité de l’État suédois. Sollicité par les Américains, celui-ci avait déclenché à l’encontre d’Assange une procédure fondée sur des accusations de viol. Ce qui permettait de demander son extradition en Suède, d’où il aurait été renvoyé aux États-Unis le temps que ces derniers aient régularisé leur procédure et formulé une nouvelle demande d’extradition auprès de Stockholm. Ne pouvant pas quitter la Grande-Bretagne, et pour échapper à ce piège, Assange fut contraint de se réfugier à l’ambassade de l’Équateur. Le successeur du président de ce pays qui lui avait accordé cet asile le livra au bout de quelques années à la police britannique. Commença alors l’interminable procédure d’extradition sollicitée par la justice américaine. La justice britannique que l’on passe son temps à nous présenter comme un modèle, s’est alors constamment déshonorée, en violant systématiquement tous les principes, et donnant le spectacle abject d’une république bananière. La mobilisation internationale et la proximité de l’élection présidentielle américaine ont incité le département d’État et la Maison-Blanche à régler le problème grâce à une procédure de « plaider coupable ». Le principe en est simple, le parquet propose à la personne poursuivie de reconnaître sa culpabilité, la peine applicable étant négociée avec le prévenu.

C’est la formule adoptée par Assange, qui a « reconnu » sa culpabilité et « accepté » une peine de prison qui couvre la détention qu’il a déjà effectuée dans une prison de haute sécurité de Belmarsh où les autorités britanniques toujours soucieuses de complaire à leur maître américain l’avait enfermé. Le calvaire du journaliste Julian Assange s’est donc terminé après qu’on lui ait volé 12 ans de sa vie pour avoir dit la vérité sur les crimes de guerre américains.

Contrairement à ce que l’on peut lire à droite et à gauche sous la plume de ceux qui ne risquent rien et déplorent cette solution, cet accord de « plaider coupable » ne créera aucun précédent juridique qui serait préjudiciable aux journalistes à l’avenir.

Bruce Afran, un avocat constitutionnel américain, a déclaré à Consortium News : « qu’un accord de plaidoyer ne crée pas de précédent juridique. Par conséquent, l’accord d’Assange ne mettra pas en péril les journalistes à l’avenir risquant d’être poursuivis pour avoir accepté et publié des informations classifiées. »

Le combat pour la liberté de Julian Assange, qui fut celui de la liberté d’information, a été long et harassant. Si la justice britannique s’est déshonorée, le système médiatico-politique français s’est également couvert de honte. Aux notables exceptions de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen, tous les membres normalement influents de la classe politique ont soigneusement refusé tout soutien à cette cause de la liberté d’information.

Il s’en est même beaucoup trouvé pour approuver la répression dont Assange était la victime. On se contentera de rappeler la position de François Hollande, notre limace nationale, un homme de gauche n’est-ce pas, puisque le « Nouveau Front Populaire » vient de lui donner son investiture. « L’ami de la finance », le fanatique la soumission à l’Amérique, le parjure international dans l’affaire ukrainienne, alors qu’il était Président de la république, avait refusé d’accueillir Assange pour que la France puisse lui accorder un asile politique plus qu’évident.

Quant aux journalistes des organes de la presse système, ce fut un festival de mensonges et de veulerie. Une mention particulière pour le spectacle de la lâcheté visqueuse du journal le Monde, rivalisant dans ce registre avec Libération. Les entendre aujourd’hui hypocritement se réjouir, a quelque chose de simplement écœurant. Et les pires ont trouvé le moyen de s’avilir encore plus.

Le travail pour libérer le monde des griffes de la machine à tuer de l’Empire ne doit pas s’arrêter. Mais il faut se réjouir de cette victoire qui est quand même le fruit d’un rapport de force construit et qui va permettre à Assange de retrouver sa famille.

Mais n’oublions pas la violence que l’empire a utilisée dans sa persécution de Julian Assange, parce qu’elle voulait en faire un exemple public pour montrer ce qui arrive à un journaliste qui dit la vérité sur l’Empire du mensonge.

Vu du Droit