Sa famille le croyait mort, il réapparaît lors d'un barbecue. (Ouest France le 6/7 à 12h30)
Ben tu vois, on se fait une montagne de tout et finalement on oublie l’essentiel.
La parabole du barboc.
Tu fais toute une histoire des absents, du manque, de l’été pourri,
et puis, un rayon, un bout d’été et et de se faire un barboc....à la cool…
De convoquer une tripotée de merguez avec du rosé glacé, de souffler
sur les braises avec un éventail vietnamien (de préférence) de lever son
verre à Hervé (par exemple)…et hop la résurrection.
L’histoire ne dit pas s’il réapparait dans la fumée des
grillades,dans une bouffée de ganja locale, à pied du côté du figuier,
en imitant le cri de la mouette, ou en bagnole, ou directement sur la
grille entre deux côtelettes (déjà tombées deux fois dans les cendres
que ça m’énerve)…en tout cas, y’a apparition... Alleluia !
Saucisses-ou-merguez ?
Et d’un coup, en cette rentrée de lundi au soleil, de m’ouvrir les
perspectives plutôt que les veines et de me faire une liste de revenants
à inviter à dare dare…
On a dit pas le physique. Discrimination. Préjugés. Cacophobie. Tout ça…
On a dit pas le physique. Trop facile. T’es qui pour t’ériger en arbitre des élégances ?
On a dit pas le physique. Depuis quand la politique est un concours de beauté ? On
a dit pas le physique. Les critères esthétiques étant totalement
arbitraires, les canons de beauté étant parfaitement subjectifs, voire
culturels, voire sociaux.
Et puis tu t’es vu quand t’as bu ?
On a dit pas le physique.
Et comme l’affirme René Char « Un homme sans défauts est une montagne sans crevasses. Il ne m’intéresse pas »
Et comme l’écrit Marcel Proust « Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination ! »
Oui d’accord. Oui, la beauté du laid à la gueule gainsbourienne, oui
la grâce dans la belle disgrâce, oui quand dans le quintal assumé pointe
la légèreté, oui quand dans la surcharge pondérale transpire son
intelligence gironde.
Et d’abord quid du bellâtre lisse à 50 000 euros le budget coloriage ? Quid du tout plié dans la soie qu’il est frais mon poisson relooké botoxé ? Quid de la Lolita photoshopée à la beauté plexiglass ?
Bon pas le physique…Mais quand même !
Quand on voit ça, cette brochette de têtes de cons à la pensée pure porc. Quand on voit cette France rance, moche, moisie, sournoise, aigrie, frustrée, étriquée, dans
la haine de soi vers la haine des autres. Quand on sent bien que tout
ça respire pas vraiment l’intelligence, ni l’altruisme, ni l’ouverture
d’esprit, ni l’imagination créative, ni l’épanouissement personnel…
Pas responsable de la tête qu’on a d’accord, mais au moins de la tête qu’on fait.
Et là on voit bien que c’est fermé de l’intérieur. Que l’extinction des feux c’est 24/24.
Que
les neurones n’ont pas été aérés depuis la dernière lettre anonyme sous
Pétain ou Darmanin. Qu’il y a plus de vivacité dans le regard d’un
doryphore, plus de bienveillance dans un poteau tricolore. Que la
finesse est en berne, que la générosité est en deuil, que l’esthétique
est à chier.
De belles têtes de cons oui ! Des têtes à la Deschiens, sans une once de tendresse. De la vraie beaufitude vraie, garantie non halal.
Et la beauté intérieure monsieur le donneur de leçon, monsieur loyal
du maintien et des bonnes manières, hein la beauté intérieure ?
Ben oui la beauté intérieure bien sûr… mais normalement la beauté
intérieure, si elle existe, elle devrait poindre sous la tronche de gros
bourrin. Quasimodo et son humanité qui perce la monstruosité, Eléphant
man et son – je ne suis pas un animal, je suis un humain comme les
autres…-
Oui la beauté intérieure…
Et peut-être que madame « La FRance au francés » a de très beaux intestins. Et peut-être que monsieur « Zemmour mon amour » à un gros colon séduisant…
Va savoir…
Question : la laideur rend elle con et méchant ???
Ou ne serait ce pas l’inverse ?
Etre con et méchant rend il laid, vilain, hideux ?
À cette question sans réponse, je répondrai provisoirement comme Robert Sabatier : « Le racisme est une manière de déléguer à l’autre le dégoût qu’on a de soi-même. »
Qu’elle nous avait balancé l’intendante du collège derrière ses
lunettes austères, la mine toute flétrie, alors que nous, les pions au
bout de la table du réfectoire, on se piquait un fou rire à propos de je
ne sais trop quoi !
On était jeune et beau, on se fichait de tout dans l’arrogance de nos
20 ans, on avait toutes nos dents et tout l’avenir à bouffer, trousser,
inventer, changer.
Rigolez rigolez vous verrez…
Ça avait jeté un froid parce qu’on n’avait pas trop compris, ce que
cette sinistre sentence, un brin menaçante, signifiait et ce qu’elle
faisait là comme un cheveu dans notre mauvaise soupe de cantoche.
On s’était regardé perplexe et puis on était parti finir notre fou rire ailleurs.
On avait appris plus tard que la dame en question, avait perdu son
mari d’une rupture d’anévrisme quelques années auparavant puis son fils
victime de cette même fatalité.
Rigolez rigolez vous verrez…
On comprenait un peu mieux le contexte et comment les drames de cette
dame l’avaient finalement aigrie et comment ses tragédies lui rendaient
insupportables la légèreté d’autrui
Jusqu’à la maudire, se l’interdire presque.
Alors on a rigolé, rigolé et puis on a vu. On en a pris plein la
gueule, on a perdu nos dents, nos cheveux, nos illusions, nos amis, nos
amours, on s’est perdu de vue, on s’est perdu tout court…On est mort
ici, on est mort là, on a enterré des gens, on s’est enterré avec, on
s’est ressuscité quand même et on a continué de rigoler, rigoler et de
voir venir, d’être léger dans la profondeur, d’être frondeur dans
l’adversité, d’avoir l’intelligence du désespoir et l’ironie de la
désespérance. On a rigolé encore, jaune, vert ou bleu, grincé, grimacé
devant le néant, nez en l’air.
On n’a jamais empêché personne d’avoir 20 ans ni interdit le rire qui va avec.
Si je comprends parfaitement combien les drames humains peuvent
lester les âmes et alourdir le coeur, je n’ excuserai jamais les
censeurs de la vie, les accablés du destin, qui finissent par interdire
toute insouciance et reprocher aux autres de respirer et d’y voir comme
une provocation à leur renoncement.
La souffrance des uns ne doit rien infliger aux autres.
Avons nous encore le droit d’être déraisonnable au delà de toute raison ?
Alors oui, aux Buttes Chaumont soudain, en pleine pandémie, en plein
confinement, en pleine contrainte sanitaire, en pleine idéologie
hygiéniste, des mômes se mirent à danser, comme l’on danse sur un
volcan, comme l’on s’expose sous les bombes, comme on s’éclate sans y
penser, comme on profite d’un spasme d’existence et d’une ivresse
spontanée dans l’immortalité toute illusoire de ses 20 ans.
Je suis bien conscient que le Covid n’est pas là pour rigoler. Je suis bien conscient qu’il est tous les jours des drames humains et des putains de tragédies. Je suis assez lucide pour savoir qu’il est des précautions individuelles à prendre dans l’intérêt collectif.
« Et qu’il vaut mieux gâcher sa jeunesse que de ne rien en faire. »
Et je sais aussi que je me battrai jusqu’à mon dernier souffle,
derrière mon masque de zombi, (et quelle que soit leur légitimité) contre
les formules verrouillées, morbides et fatalistes des pisse froids, des
affligés, des tartuffes, des anéantis et des morts vivants.
Rigolez rigolez vous verrez…
Vous ne verrez rien du tout, rien d’autre que l’écho de vos rires enlacés. Vous ne verrez rien d’autre que le jaillissement du vivre malgré tout.
Rigolez rigolez vous verrez…
Qu’au delà de toute douleur, il vaut mieux rire de tout plutôt que de pleurer sur soi.
Samedi dernier, je fais la queue à ma boulangerie. Avec mon masque, dans la distanciation sociale physique réglementaire.
Soudain, une jeune fille derrière moi, genre étudiante, mal à l’aise,
empruntée, un peu honteuse, me désigne les sandwichs alignés et me
demande tout bas et maladroitement si je peux lui en acheter un. Elle
est au bord des larmes. Elle demande sans vraiment oser demander. Sans
insister. En s’excusant.
Ce n’est visiblement ni une petite nana défoncée au crack, ni une de
ces petites mendiantes exploitées par un de ces réseaux du business
charité, et d’ailleurs au fond qu’est ce que ça change ?
Je lui demande quel sandwich elle veut ? D’une voix mal assurée elle me dit en chuchotant :
-… au jambon… – avec fromage ? j’insiste… …oui…– elle dit timidement, craignant d’abuser.
Elle est fuyante.
Je lui offre le sandwich, qu’elle prend en remerciant, à peine
audible, les yeux baissés. Comme humiliée. Elle sort rapidement de la
boutique.
À l’intérieur de la boulangerie, tout le monde est bouleversé. Le
client suivant, très ému, me remercie. Le boulanger déclare mi accablé
mi blasé : – ça fait de la peine. Il y en a plein comme elle. Ce monde est sans pitié –
En rentrant chez moi, je me dis que j’aurais pu lui offrir un gâteau, une boisson en plus…
J’ouvre mon ordinateur, je tombe sur une déclaration d’ Elisabeth
Borne, ministre du travail ; de gôche il va de soi, comme tout le
démontre :
Voilà, la prochaine fois que je croise un jeune qui crève la dalle je
lui répondrai ça, que ce dont il ou elle a besoin, ce n’est pas de recevoir « la becquée », c’est de gagner son autonomie en accédant à l’emploi! Ça lui remplira le ventre.
Inutile madame Borne de vous dire tout mon mépris.
Je sais que parfois la politique est un sale métier. J’ai la confirmation avec vous, qu’en plus, on peut le faire salement.
Il y a bien des années, j’ai fait quelques courses en montagne avec mon père.
Une demi douzaine de 4000 sur les 82 sommets répertoriés dans les Alpes.
Non, pas le Mont Blanc.
Même à Paris, je garde le pied montagnard. Je reste savoyard.
Sur toute l’approche des sommets, dans la progression sur glaciers,
ou ce qu’il en reste, on s’encorde. Le premier de cordée fait la trace,
dans l’horizontalité ou la pente. Le principe en est simple, deux
personnes ou plus, 8 maximum, s’ accrochent à une même corde pour
sécuriser la progression, prévenir la chute, à corde tendue.
Le principe même de la solidarité.
Cette technique est là pour prévenir avant tout l’effondrement du
pont de glace et se retrouver englouti par une crevasse ; d’éviter
d’aller vers les sommets et de finir dans les abysses. Cette démarche,
dans la marche, c’est surtout assurer celui qui fait la trace, qui prend
le risque. C’est donc fort logiquement plutôt le second qui assure le
premier.
Dans la verticalité, c’est autre chose.
En rocher, l’ascension se fait en tirant des longueurs. Le premier
ouvre la voie, sécurisé par le second, installe les points d’ancrage,
(pitons, mousquetons, sangles…) assure le relais, là ou la corde
coulisse, puis sécurise le second qui récupère le matos et ainsi de
suite. Chacun, à tour de rôle, assurant la progression de l’autre et sa
sécurité.
Dans une cordée dite réversible, le premier et le second sont parfaitement interchangeables. Comme au paradis, le dernier devenant le premier et vice versa. Ainsi celui qui progresse est assuré par celui qui est en point fixe en alternance jusqu’à la cime. On peut y voir une métaphore.
Le premier de cordée
n’est donc pas celui qui tire les autres. S’il ouvre la voie, équipe la
parois, assure son groupe, il est aussi assuré, sécurisé par le groupe.
Chacun étant ainsi responsable de l’autre en interdépendance.On coopère.
Non, le premier de cordée n’est pas celui qui réussit, puisque le but
de la cordée est précisément de réussir ensemble. De vivre et de
survivre ensemble et même, dans la cruauté de la discipline, de mourir
ensemble. L’un des encordés quand il dévisse, pouvant entrainer l’autre
ou les autres dans sa chute.
On vit, on survit ensemble, ou on meurt ensemble.
Heureusement la cordée sauve bien plus qu’elle ne tue. Chacun sécurisé par l’un sécurisant l’autre.
La seule réussite du premier de cordée, du guide, sur sa corde raide, c’est que les suivants de cordée dans leurs quêtes du sommet, en reviennent vivants ou survivants, vainqueurs ou pas du fascinant inutile.
Il faut bien reconnaitre que depuis que ceux qui ont quelque chose à dire s’autorisent à le dire on commence sérieusement à apprécier ceux qui n’ont rien à dire et qui ont l’élégance de la fermer.
Ça nous fait des vacances.
Je n’exclus pas qu’il y ait des gens qui aient plein de choses essentielles à dire et qui, par fatigue, ironie, paresse, ou jmenfoutisme se les gardent pour eux tout en n’en pensant pas moins. On a bien assez de livres à lire.
Ces temps-ci j’exècre particulièrement ceux qui beuglent sur tous les tons et sur tous les plateaux (repas) qu’on ne peut plus rien dire tout en le disant effroyablement.
Les – je suis Charlie – qui interdisent les – je suis pas Charlie – à l’ouvrir –les MichelOnfrayMieuxDSeTaire…qui visiblement ont mis au goût du jour le fait qu’il était de bon ton de péter à table par la bouche. C’est vrai que ça manquait.
Tant d’années à se contraindre du refoulé fait indubitablement que dès qu’ils l’ouvrent ça refoule sérieux du goulot. Moi honnêtement je n’ai plus grand chose à dire. Mais j’en profite encore pour le dire.
Ce que je voulais dire, je l’ai dit et pour résumer ça consistait essentiellement à dire que le fascisme peut venir sous un forme cool et sympa, qu’il ne klaxonne pas avec une petite moustache pour prévenir et que le totalitarisme peut prendre bien des aspects, les mieux adaptés, les plus séducteurs pour nous la mettre bien profond.
Ce que j’avais à dire et je l’ai dit 1000 fois c’est que le capitalisme préfèrera toujours le fascisme à l’humanisme, Lepen à Mélenchon, et que la bourgeoisie – et ce que j’entends par bourgeoisie c’est ce gras confort à pas trop déranger les couches de crasse de la tête – a toujours un macron de rechange qu’il déguise en fonction des circonstances, des modes, des tendances et qu’il peut être féminin, vert, métissé, homo, trans…qu’importe le genre ou le non genre tant qu’il reste aux ordres et dans le cadre.
Tout à sa fabrication du produit, du profit et du consentement, le
capitalisme détruira tout jusqu’au dernier arbre, spéculera sur tout,
jusqu’à la dernière goutte d’eau, salopera tout jusqu’à à la dernière
bouffée d’oxygène, marchandisera tout, jusqu’à l’amour, la mort et notre
humanité, parce que telle est sa nature profonde et indécrottable.
Ce que j’avais à dire et que j’ai dit cent fois, c’est qu’aucun
changement vital et radical ne se fera dans l’angélisme, avec des fleurs
autour et que face à la violence sociale, policière, culturelle,
médiatique, morale, et qui appelle, bien décomplexé de la gâchette, à
tirer dans le tas, seule la violence populaire et légitime peut être redoutable.
Ce que je voulais dire et que j’ai dit dix fois c’est qu’aujourd’hui on peut encore à peu près dire, tant qu’on n’est pas entendu, qu’on reste confidentiel et que même ce confidentiel finira par être interdit sur les réseaux sociaux, sera fliqué dans les rues, espionné au téléphone, filtré, fiché, algorithmé, mais qu’on trouvera toujours une combine pour le dire parce qu’on peut
pas s’empêcher et que de la contrainte nait la créativité et donc la
liberté.
Ce que je voulais dire et je vais le dire une fois c’est qu’en tant que professionnel de l’expression et de la prise de parole, durant 30 ans j’ai écouté, entendu des gens parler, faire du bruit avec la bouche, ressasser du blabla, enfiler du souverain poncif et du lieu commun, jusqu’à ce que parfois, dans ma somnolence, mon oreille soudain se dresse à l’écorce d’une parole, à l’aspérité d’une pensée même maladroite, même rudimentaire et qu’il n’y a que celle là qui me parle encore.
Ce que je veux dire aussi, c’est – que le silence est un moment du langage ; que se taire, ce n’est pas être muet, c’est refuser de parler, donc parler encore…- comme l’exprimait Jean-Paul Sartre qui aurait parfois mieux fait de se taire.
Enfin, ce que je tiens à dire ici, c’est qu’à force de nous confisquer le langage, d’abuser la rhétorique et les images, d’anéantir le lexique ou de le travestir, bref à force de nous désarmer les mots, il nous faut maintenant penser à armer nos silences…
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Je rêvais d’un autre bocal. Je rêvais qu’un autre bocal soit possible.
Tout en remplissant mon bon de sortie du bocal, j’avais bien intégré qu’hors la bocalisation mondiale, il n’était point d’alternative.
Tout juste une alternance.
Celle de choisir tous les 5 ans ma façon de tourner en rond dans l’eau, de choisir mon sens giratoire, de droite à gauche, de gauche à droite, de penser en rond, sur moi, en moi, autour de moi, sans jamais sortir ni du cadre ni
des confins du bocal, tout juste à me demander, pourquoi il y avait un
bocal plutôt que rien, tout juste à me demander, si j’étais la goutte
d’eau dans la mer ou la mer dans la goutte d’eau…
– dis, crois tu que Dieu existe – disait mon co-locataire de bocal ? – bien sûr – répondais je – sinon qui changerait l’eau du bocal ? –
Mais de quel Dieu s’agissait il ? Du sien ou du mien ?
Ainsi occupions nous notre temps de poisson domestique, de poisson domestiqué, tout
bocalisé du bocal, à nous battre dans le bocal, à nous contester le peu
d’oxygène que la grande Oxygénation (qui en consommait 90%) voulait
bien nous tolérer dans le bocal, tout en nous conduisant à nous oxygéner
sur la dose de l’autre…
Et j’ explosais mon bocal et m’éjectais loin du bocal jusqu’au lavabo au moins, à me faire un siphon d’enfer, à nager dans les tuyaux, les canalisations, les canaux, loin, loin si loin du bocal…
– Tu aimes la police ? …. – C’est pour un sondage… …. – tu réponds par oui ou par 24 heures de garde à vue… ….
– regarde moi bien dans les yeux… … – non là…dans les yeux du canon… … – tu aimes la police ? … – tu l’aimes fort ? … – redis le… ….
– t’es sincère au moins ? ….. – non parce que sinon on risquerait de se chamailler un peu, un oeil par ci une main par là ….. – quel coup de tonfa dans la gueule ? … – et le contexte alors ? … – est ce que je te cause de ma tendinite du poignet ? …. – ben oui, comparution immédiate, six mois pour outrage et rébellion… …. – c’est le tarif …. – t’as des images ? …. – ben alors tu fermes ta gueule, tu voudrais quand même pas que je perde ma prime assermentée ?
…. – quoi ta retraite ? …. – Tu voudrais pas la mienne pendant qu’on y est ?… …
– donc maintenant tu réponds gentiment à la question suivante… … – objectivement …
…. – existe t’il des violences policières ? …. – réfléchis bien avant de répondre ….. – je te rappelle que ceci est un LBD … – ça donne ça comme résultat
– and now yes you can ? … – Donc, bien raisonné, il n’y a pas de violences policières. … – Autre question fils de pute, vois tu un rapport entre ici et l’Amérique ? … – regarde bien les deux images…
- victimes de la police américaine -- victimes de la police française -
…. – Je te donne un indice. je ne vois aucun point commun… … – Bonne déduction. La police républicaine n’a rien à voir avec les cowboys américains. … – Dernière question facile…la police est elle raciste ? …. – Je te rappelle gentiment qu’avant on foutait les bougnoules à la Seine et que maintenant on les repêche… …
– ça devrait t’aider … – Bien vu, elle ne l’est pas…j’ai même un collègue négro qu’on appelle Bamboula …si c’est pas une preuve ! …. – donc tu aimes la police…
… – quel tutoiement ? …. – et un toucher rectal façon matraque, ça vous irait enculé ?
En philosophie, le concept est une représentation mentale abstraite
et générale, objective, stable, munie d’un support verbal.
Le concept de
vérité, du temps, de l’espace… Du percept (forme perçue d’un stimulus
externe) au concept dialectique chez Platon ou de la construction
métaphysique et scientifique chez Aristote, il est un schème, un
symbole. En linguistique, le concept est nommé « signifié » le terme le
désignant, nommé « signifiant ». Le mot « chien » (signifié) par
exemple, ne mord pas, pas plus que sa représentation. Si pour les
philosophes modernes (Descartes, John Lock) le concept est une idée,
pour Kant, il est un moyen de juger, un universel. Bref, selon Deleuze
et Guattari, la philosophie se définit comme la création de concepts.
Puis vint Botul et ses botulettes (Glucks, Finkie, Bruckner…) qui
inventa le concept de la chemise déboutonnée et son corollaire entarté ;
surgit Ferry (boat) et le concept de la croisière ça m’use ; entra sur scène la Chantal Goya du concept Michel Onfray et son acolyte Comte-Sponville, inventeur de la philo patronale à 5000 boules l’ineptie. Ne manquait plus que l’ineffable Peña-Ruiz et son fameux concept – je suis islamophobe (mais pas judéophobe) c’est bien la preuve que je suis laïc
– pour souligner combien ces dernières années la notion de concept
était monté d’un cran dans l’exigence de la pensée sous vide.
Et de me souvenir être allé un jour vendre un spectacle à un
producteur célèbre de soupe populaire qui conclue l’entretien en me
disant – y’a un concept !
Un – y’a de l’idée – m’aurait rassuré davantage. Nous ne fîmes pas affaire.
J’explique donc aux novices ce qu’est, dans la bouche des crétins zélés et serviles de
l’administration publique, en cette novlangue chérie des managers et
autres plagistes de la Startup nation, la notion du – concept de la
plage dynamique. –
C’est une plage où tu peux marcher courir, jouer au volley, plonger,
nager, sauter à cloche pied, à la corde, ramper, danser, faire la roue,
la course en sac, la marche arrière, la danse de st Guy, bref à peu près
tout ce que tu veux, sauf t’asseoir ou t’allonger, même en ayant la
bougeotte. Une sorte de jeu de chaises musicales, sauf qu’à l’arrêt de
la musique, tu continues de tourner en rond.
C’est spécial. C’est nouveau. C’est la tendance de l’été.
À cette notion extrêmement subtile de plage dynamique, il existe
quelques variantes comme la plage quadrillée, encadrée, encerclée, dont
le principe est de réserver dés maintenant un 2 M2, allée 125, option
pâté de sable, dans le créneau horaire 11 H 50/13 H 45 le 24 juillet
2020.
Vérifie quand même la météo.
Il faudra bien reconnaître que question créativité, la gestion
loufoque du covid_19 aura été un grand moment de révélation hilare.
Entre la mise à distance assez douce et moelleuse à la japonaise,
et la mise sous cloche assez cloche et furieusement conviviale façon française,
En attendant que dans ce siècle la moitié des plages aient disparues
– et de se demander vu l’évolution si ce ne serait pas une bénédiction –
programmons vite notre séance de bronzage avec ticket horodaté entre
les doigts de pied en éventail, tout en respectant la juste
distanciation sociale de 5 ananas coloniaux
– toi y’en a respecter la distance ananas ? – en fredonnant quelque tube estival indémodable…
Elle avait sa clientèle
d’habitués. Son personnel dévoué. Ginette à la caisse. François le chef
de rayon, Hubert à logistique, Kevin, le fils de Ginette, en renfort le
samedi. On comptait pas forcément ses heures. Ca tournait gentiment, en
famille. On appelait les clients par leur nom, on parlait de la pluie du
beau temps. Kevin portait les sacs des mamies, ça ne s’appelait pas
encore livraison à domicile. Juste on rendait service. On dépannait.
Et puis elle fut racheté. Par un jeune type moderne. Diplômé en
gestion. Expert de la fusion acquisition, avec tableaux Excel et power
points en couleurs. Fort de son immense savoir et de sa vaste expérience
(il avait travaillé six mois dans une multinationale ) et après audit
implacable, il transforma l’épicerie pépère en Start Up Commissions. Question rentabilité, rationalisation, réduction des coûts, il en
connaissait un rayon. Question rayon et réapprovisionnement, il
connaissait que dalle. N’empêche très vite il appliqua ses méthodes
apprises à HEC : la disruption !
Flux tendu des stocks ; employés en auto entreprise ; travailleurs
détachés avec statut polonais ; sans papiers sous payés ;
externalisation du service nettoyage ; comptabilité sous traitée en
Tunisie ; caisses automatiques sans plus de présence humaine. Zéro
grève.
Ouverture 24/24 -7/7. Drive in.
On créa des postes de chef de caisse manager, de responsable de com’
manager, d’intendant manager, d’achalandeur manager. On challengea, on
boosta, on supervisa ; on fit du reporting, du fooding, du marketing ; on créa le prix du meilleur salarié du mois.
On mit le paquet sur le département sécurité, dirigé par un super
méchant à casquette. Objectif zéro délit. Zéro chèque sans provisions.
Une politique du chiffre avec prime à la clef. Tous suspects. Les
vigiles suréquipés pistaient les clients à la trace. Vidéo surveillance.
Tracking. Puces intégrées aux caddies.
On recruta un responsable commercial. On décida de cibler une autre
clientèle. On vira les papys, on dégoûta les mamies, on instaura un
système de livraison à domicile payant. On fit venir les denrées du bout
du monde, des carottes pas chères, calibrées, qui faisaient deux fois
le tour de la planète, des steaks 100% français, étiquetés en Guyane,
hachés en Ukraine, du boeuf abattu en Corée, élevé en Argentine…
On fixa des objectifs toujours plus. Plus de croissance. Plus de
dividendes. Plus de rendement. Plus de rentabilité. Plus d’heures de
travail. Plus de profits. Plus de quantité. Le tout avec toujours moins.
Moins de protections sociales. Moins d’hygiène. Moins de pertes. Moins
de normes. Moins de goûts. Moins de personnel. Moins de qualité.
On fit des promos. On cassa les prix. On vendit la baguette 20
centimes de moins que chez la concurrence avec moitié moins de farine
dedans.
Et puis vint la crise et la rupture des stocks. Plus de livraisons.
Plus de farine. Plus de PQ pour les grosses commissions. Plus de riz ni
de pâtes. On fit les fonds de frigos. On épuisa les réserves. On
trafiqua les dates de péremption. Plus rien à vendre et plus personne
pour acheter. Ne restait qu’une palette de pizzas aux ananas surgelées
dont personne ne voulait. Même à prix sacrifiés.
3 pizzas offertes pour une pizza achetée.
On continua malgré tout a verser des dividendes, à augmenter le
salaire mirobolant du super chef PDG manager. On pilla la boutique en
trois semaines, on plia le commerce en un mois.
La start up Nation mit la clef sous la porte.
Une illustration brillante et réussie de disruption pragmatique.
Nos amis Shadocks ne possèdent que 4 mots de vocabulaire. Ga. BU. ZO. MEU
Avec
ce langage rudimentaire, ils doivent tout penser, tout désigner, tout
nommer et argumenter. 4 mots exclusivement, car leur mémoire ne possède
pas plus de 4 cases pour tout compartimenter. Ainsi chaque nouvelle
information acquise, conceptualisée par un nouveau terme, expulse
automatiquement l’un des quatre mots de sa case. Ce qui n’augmente donc
ni le nombre des connaissances ni les éléments sémantiques. Ainsi,
pourquoi faire un effort considérable pour apprendre puisqu’en
définitive le niveau d’érudition reste sensiblement le même.
Nos dévots, bigots du capitalisme libéré, sont à l’identique. Ils ne
possèdent pas plus de quatre éléments sémantiques : austérité,
croissance, profit, dette ! et sont donc dans l’incapacité d’intégrer un
concept supplémentaire sans perdre un de leur basique. C’est pourquoi
par commodité ordinaire, confort intellectuel ou conformisme notable,
ils ont définitivement décrété qu’hors de ce cadre point de vérité et
qu’il n’était pas d’alternative possible.
C’est pourquoi après moult alertes et coups de semonce, après les
catastrophes de Three Mile Island, Tchernobyl ou Fukushima, ils ne
changèrent rien à leur programme nucléaire ; après l’attentat du 11
septembre ils attaquèrent l’Irak qui n’avait rien à faire dans
l’affaire, après le krach boursier de 2008 ils relancèrent de plus belle
la bulle spéculative.
En ces jours de pandémie et de péril mondial, inutile d’espérer donc
quelque changement notable dans la marche du monde. Certes nos
navigateurs à vue, nos bed managers en flux tendu tout à la réduction
des coûts, relocaliseront une entreprise de tests qu’ils inaugureront la
veille d’élections, GA, stockeront quelques milliards de masques en
rivalisant de surenchères lors de campagnes électorales, BU, donneront
une breloque posthume par ci à un médecin mort au combat et une prime
par là à une infirmière stakhanoviste, ZO, et affirmeront, fusil au pied
pied au plancher avoir tout prévu, tout anticipé, présentant en sons et
lumières la parfaite ligne Maginot qu’on ne les y prendrait plus.
MEU.
Sauf que comme ils sont cons, nuls, méchants, cupides, incompétents
et dénués de toute imagination, le virus ne sera pas grippal mais
informatique cette fois ci par exemple, fera par la force des choses
apocalyptiques, 100 fois plus de victimes de par le monde et ayant
économisés sur la sécurité nucléaire, les normes aéronautiques et autres
protections technologiques, foutra une fois de plus tout le système par
terre et nous avec, que ce sera encore notre faute d’avoir trop regardé
les séries, trop joué au jeux vidéos et s’être trop pignolé sur des
films pornos.
Car ces cons de chez cons, ces arrogants de la start up mon cul, ces suffisants du clergé libéral, ces ceusses qui savent tout et qui n’écoutent rien et
nous expliquent la vie avec leur GA BU ZO MEU à 4 cases, n’apprennent
rien, ne pigent rien et se contentent d’être ce qu’ils ont toujours été,
des êtres supérieurs, supérieurement cons et parfaitement bons à rien.
le jour où tous les managers s’arrêteront, plus aucun powerpoint ne sera produit dans ce pays – (anonyme)
Ainsi l’imbécile de la gamelle dorée qui parle de revaloriser les petits métiers, infirmières,
boulangers, pompiers, éboueurs, égoutiers, forestiers, aides à
domicile…est un de ces nigauds dodus qui n’a pas bien pigé que ce sont
précisément d’immenses professions vitales avec un vrai savoir faire,
tandis qu’assis sur sa chaise à ergoter, il n’est lui même que le
représentant des inutiles dont on peut se passer du jour au lendemain
sans dommage et même avec un certain soulagement.
En attendant, et avant liquidation, l’oligarchie effondrée tout à l’effondrement, s’achète des îles en totale autarcie.
Je ne leur donne pas six mois pour en faire un cauchemar climatisé, un enfer nombriliste et un dépotoir inhabitable.