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vendredi 17 juillet 2009

« La guerre porte à jamais le masque de la terreur… »

Textes et oeuvres d'art sélectionnés par Cristina Castello
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Par Victor VARJAC


« LA GUERRE PORTE A JAMAIS LE MASQUE DE LA TERREUR… »

© Photo de Marc Riboud
Un trou
rien qu’un trou
un trou
dans le ventre d’un mur
un trou
au milieu des pierres
une marque affreuse
comme une perforation
qui cherche à tout prix
l’imprévisible sentier
de l’âme !...
Un nuage égaré
œil intrépide
où respire
l’écume du ciel…

Une brèche
aux lèvres sévères
qui mord l’espace
et arrache un cri
à la transparence
de l’air…

La blessure…
la blessure se souvient
de la violence extrême
brandissant des corps
au milieu de la rue…

Les deux mains arrachées
le jour n’a plus de force
il ne parvient
même plus
à saisir le soleil
et sa parole siffle
touchée à bout portant
par la déflagration
des obus et des bombes…

Le feu dévore
les rêves noircis
de poussière et de sang
puis recouvre
un à un les visages
de ce masque éternel
à la beauté de cire
où s’éteint le regard…
tandis que la fumée
camoufle une seconde
le crime insupportable
et traverse le chaos
telle une âme en partance…

La tempête…
la tempête a surgi du ciel
brisant la quiétude
d’un trait de métal…
L’horrible vint alors
de ces armes affreuses
où bourdonne la mort…

Les rapaces d’acier
dérobent le sourire
et mordent à belles dents
la poitrine de la Paix
et comme des chimères
désignant leurs victimes
ils empoignent ces êtres
par la crinière vive
d’un galop de souffrance
avant de les abandonner
dans les couloirs déserts
où les heures peu à peu
momifieront
leurs dépouilles sanglantes !...

© Photo de Marc Riboud
Existe-t-il seulement
une lumière capable
de traverser
la main de l’ombre
qui retient
et multiplie
ce désastre ?
L’aube
pourra-t-elle encore
inventer une brume claire
aux cheveux de rosée ?...

Qui pourra retenir
cette douleur suprême
sans être crucifié
par le sang de l’enfance ?...

La mort enfin repue
s’abandonne au sommeil
et les marchands retournent
à leurs comptoirs prospères
laissant au silence
le dernier mot…

L’homme regarde
regarde sans voir
assis sur un mur
un mur perforé
il regarde un paysage
un paysage qui hurle
hurle sa détresse
et l’homme regarde
assis sur un mur
un mur perforé
il regarde un paysage
ignorant le trou
plus large qu’une blessure
plus vaste que le néant
et met sans le savoir
ce trou ordinaire
cette béance obscure
à la place de la vie
où chantait son cœur !...

© Victor VARJAC.
Poème extrait de "LA ROUILLE DES JOURS"

samedi 27 juin 2009

Le Verbe

Textes et oeuvres d'art sélectionnés par Cristina Castello
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par Victor Varjac


Le verbe

© Œuvre de Manuel Boix
Le Verbe…hélas
aveugle et perverti
par le poison des hommes
se roule dans la fange
et pavoise au sommet
de l’impur et du viol…
L’image elle-même
prostituant ses formes
ses couleurs et son rire
pour un peu de monnaie
tout juste vingt deniers…
insulte la terre
qui se fissure…
se mutile…se révolte….

Ah ! la Publicité…
amazone vorace…
érotique figure
se vautrant sur nos jours
pour exciter encore
nos envies et nos vices…

Dans ce cirque étroit
nous accouchons sans cesse
d’une petite mort
dont les belles cicatrices
préparent notre chute
au pays de l’enfer !...

Toujours insaisissables
les affiches s’emparent
du paysage urbain
asservissant nos murs
nos jardins et nos places
de leurs chants de sirènes…

Fourberies à la mode
guets-apens redoutables
qui séduisent nos yeux
caressent nos cerveaux
puis déposent la graine
rouge et noire
du désir et du feu
dans nos êtres conquis…

© Œuvre de Manuel Boix
Des femmes se prélassent
le corps brûlant et nu
pour vanter un produit
toujours plus inutile
que celui qu’il remplace !...

Inlassables louages
du prêtre des finances
l’annonceur accomplit
l’ordre de ses maîtres
en flattant la bêtise
de tous ceux qui dévorent
babioles et gadgets
prisonniers de l’Avoir…

Eclatant aux jointures
repoussant les limites
les mots
breuvage magique
enivre le quotidien
et l’homme des heures grises
sur le crâne du mirage
plonge dans la machine
à broyer l’existence…
Il est ce demi-dieu
esclave de ses choix
suspendu à la poutre
où dessèche son âme !..

Victor VARJAC
Extrait de la Rouille des Jours
Editions L. Melis.

mardi 19 mai 2009

Extrait de "La rouille des jours"

Antibes, le 4 octobre 2008

© Extrait de "La rouille des jours"
- à paraitre en 2009

Par Victor VARJAC


© Man Ray - Atraction
Le monde a perdu son visage
en suivant le « veau d'or »
sur la belle autoroute
qui poursuit les mirages :
Richesse ... Pouvoir ... Impunité ...
métamorphosant le quidam
en un robot de chair ...

La campagne disparaît
au profit des mégapoles ...
Villes carnivores où ne poussent
que le business et le béton ...

L'espace est devenu
fonctionnel et rentable
il appartient entièrement
aux sorciers du numérique ...
On admire sur les écrans
la nature née d'un logiciel
le GSM remplace la présence
des parents ... des amis ...

Les routes et les mers
ne sont plus des voyages ...
Internet a rétréci
nations et continents ...
L'espace est enfermé
dans la magie d'un « clic »
et le monde se déverse
suivant l'ordre donné
par la fenêtre d'un portable
comme le bon génie
surgissant de la lampe !

Nous sommes à présent
des êtres qui roulent et parlent
écrivant la rencontre
et la poésie du chemin
en millions de pixels
sur une surface plane
tandis que les médias s'occupent
d'éduquer un à un
les maillons de la chaîne
achevant en douceur
le dressage du troupeau !....


http://www.varjac.com/

vendredi 10 avril 2009

« À TOUS LES HOMMES QUE NOTRE SOCIÉTÉ CONDAMNE A L’ÉCHAFAUD DE LA RUE »

Par Victor VARJAC

(par Leon Perrault)
J’ai peur du noir
j’ai peur de la nuit
je crains la solitude
je redoute le froid
j’appréhende l’ombre
et la clarté du silence
fige la toile de mon sang…

J’ai peur depuis l’enfance
la chambre qui craque
les volets qui claquent
et le couteau de l’Ogre
entre les dents du soir….

Je crois que j’ai toujours
que j’ai toujours eu peur
de cette marche quotidienne
avec ses grosses mains
sans baiser ni tendresse
et cette voix terrible
qui ordonnait…punissait…
comme un ciel en colère !...

Oui tous ces visages
me pétrifiaient
et j’étais si petit
au milieu de la détresse...
J’avais l’âme farouche
en ces heures de glace
et de nuages lourds
dont les méchantes figures
cherchaient en vain
le fantôme pendu
à mon corps déserté !...

Peu à peu les saisons
pénétrèrent mon être
enfonçant le chemin
dans ma poitrine ouverte…
comme je ne pouvais m’enfuir
je regardais les étoiles
qui me jetaient des pierres
car je ne comprenais pas
leurs chansons de lumière !...
Les anges des solstices
ne m’ont jamais parlé
je n’étais qu’un frisson
entre les doigts de l’erreur
une rature sur une page
une errance que l’on cache
dans l’oubliette du passé….

C’est drôle aujourd’hui
aujourd’hui je n’ai plus peur
je n’ai plus peur du noir
je ne crains plus la solitude
le silence lui-même
câline mes cheveux
de ses doigts de tendresse….
Je n’ai plus peur du tout….
Mais que font tous ces visages
qui s’empressent autour de moi ?..
Que disent toutes ces bouches
et que signifient ces mots
ces mots que je n’entends pas ?...
Et cette femme qui pleure
en me prenant la main….
Ma mémoire comme la loi
expulse les anonymes
de la maison du cœur !...
Je ne sais plus…
Je ne sais plus rien….

C’est drôle je n’ai plus froid
dans ma veste « courant d’air »
l’estomac ne cogne plus
aux barreaux de la faim
et la crasse elle-même
ne taquine plus ma peau….

Ils allongent mon corps
sur un brancard tout neuf
puis me couvre tout entier
d’un drap blanc comme le jour…
C’est drôle mes yeux traversent
ce masque inattendu
et je les vois qui m’emportent
vers une ambulance
dans une confusion
de gestes et de paroles…
de paroles muettes
que je ne comprends pas….

C’est drôle je n’ai plus peur
et surtout je n’ai plus froid…
C’est si bon…voyez-vous
de ne plus avoir froid !....

(Extrait de la Rouille des jours)
le jeudi, décembre 11 2008

vendredi 3 avril 2009

« Poète ... Je te parle ! »

Par Victor VARJAC

Assise sur son axe
notre terre poursuit
son vieux rêve d'espace
traînant dans son sillage
la valse des saisons...

Depuis les origines
la vie mène sa quête
de l'unicellulaire
aux êtres que nous sommes
mais le mal est entré
par une porte sombre
dans l'argile des corps
métamorphosant l'homme
en un tyran de chair...

(Oeuvre de Magritte)

Esclave d’un démon
au visage de chiffres
ravageant notre monde
pour un Avoir de dupe
les «dieux de la finance»
construisent leurs empires
sur l'échine des pauvres !...
Les lois sur le profit
massacrent par milliers
des êtres sans défense
sous les yeux impassibles
d'actionnaires anonymes !...

Poète....je te parle !
Je te parle ...Poète !
N'entends-tu pas les pleurs
d'un monde qui s'écroule
Ne vois-tu pas les jeunes
chevaucher la révolte
pour qu'un autre avenir
puisse exister demain ?...

Poète... Je te parle !
Qu'attends-tu pour t'unir
aux forces de Lumière ?
Mais qu'attends-tu...Poète
pour prendre la parole ?
As-tu peur de crier
comme un ange rebelle
ton amour de la vie
au milieu de l'arène
quand ceux qui nous gouvernent
affament les plus faibles
et bâillonnent tes frères
sur la dépouille chaude
et presque frémissante
de ta sœur Liberté ?

Poète...Je te parle !
Je te parle ...Poète !
Quand vas-tu te lever ?...


le jeudi, 18 décembre 2008

mardi 31 mars 2009

« LES IMPOSTEURS DU TEMPS »

Par Victor Varjac

Depuis que le Pouvoir
peut se moquer de nous
attrapant notre vie
par les cheveux de l’heure
pour prolonger le jour
et racornir la nuit
la nature interdite
ne nous reconnaît plus
comme « enfants du Soleil » !...

Tous les êtres fragiles
depuis plus de trente ans
subissent je le sais
cette stupidité !...
(Redon - La chute d'Icare)
Technocrates obscurs
au service du vide
pensez-vous que Phébus
à qui nous devons tout
modifiera la course
de son char merveilleux ?...

Comment pouvez-vous croire
que pousser une aiguille
en ajoutant un tour
nous fera oublier
que l’heure « disparue »
pour les hommes soumis
n’existe pas encore
dans le cœur d’une étoile !...

Pourquoi ne pas nous dire
au lieu de ce mensonge
de nous lever plus tôt
abandonnant nos rêves
sur le bord du sommeil ?...

Marcher à contre sens
froisse à jamais nos âmes
lorsque le nourrisson
face à l’heure perdue
cherche sa nourriture
d’une voix haletante …

C’est bien tout l’univers
dans sa petite main
qui accuse les hommes
d’être des créatures
au-delà de l’Amour !...

Antibes, le 29 Mars 2009. (La Rouille des Jours)

http://www.varjac.com/

Bien entendu je te donne l'autorisation de publier mon poème sur le blog de Jean Dornac. C'est en formant une chaîne avec les êtres sensibles, attentifs au monde et aux hommes que nous parviendrons à mettre en déroute, pacifiquement, les armées de ténèbres qui surgissent des grands groupes financiers, industriels qui prétendent nous imposer leurs lois !
Mais, comme je l'ai écrit dans un poème : Nous aurons toujours plus d'amour/que vous n'aurez de balles !"

Victor Varjac