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samedi 13 mars 2010

Braises

par Denise Bernhardt


Braises

© G. Kratzenstein-Stub - Orphée et Eurydice
Embrasons nous
Soyons le feu et la flamme
Que ta bouche soit gourmande
Que ta bouche soit savante,
Nos corps se prennent
Et se déprennent,
Nos mains se lient
Et se délient
Dans l'impatience du désir,
Viens fendre la terre
Assoiffée de l'été,
Fais ton nid
Dans le nid de mon ventre,
Et recomposons l'espace
Dans le déferlement
Insensé de l'amour.

© Denise Bernhardt

in "La Mangrove du Désir"
Editions Le chasseur abstrait

vendredi 26 février 2010

Tenderly

par Denise Bernhardt


Tenderly


Dans l'ombre mélodieuse
Qui me menait à vous,
J'aurai voulu prendre votre main
Comme une jacinthe d'eau
Sur ma joue,
Avant de déposer
En son calice,
La tendre empreinte d'un baiser.
Car vous avez reçu
Le souffle de l'Esprit
Pour donner aux hommes
Un monde
A la mesure de leurs rêves,
Et les initier
A la respiration de l'amour.

© Denise Bernhardt
in "La Mangrove du Désir"
Editions Le chasseur abstrait

Source image : http://faaxaal.over-blog.com/

dimanche 14 février 2010

TON VISAGE

par Denise Bernhardt


TON VISAGE


Ce soir j’ai reçu ton visage
Presque trop parfait.
J’ai pris tes yeux,
Je ne savais pas qu’il pouvait y avoir
Des yeux d’une telle douceur,
A faire oublier tous les bourbiers du monde,
Des yeux à brûler l’azur
A réduire en cendres
Tous les mensonges du monde,
Et je suis restée suspendue
Aux sortilèges de tes yeux
Les laissant entrer peu à peu
Jusqu’au fond de mon âme.
Et pas un espace de mon corps
Qui n’était pas tes yeux,
Pas une pulsation de mes veines.
J’ai pris ton front, tes paupières
De la soie tout au bout de mes doigts,
Mais je n’osai prendre ta bouche,
Trop fruit, trop fleur,
Trop Cantique des Cantiques.


© DENISE BERNHARDT
Saint Valentin 2010

Source image : http://afroboheme.blogspot.com/

samedi 6 février 2010

La vie sauvage

Par Denise Bernhardt


La vie sauvage


Ma vie, comme une horde rebelle
De bêtes affolées,
N’es-tu pas lasse de divaguer
De crêtes en abîmes,
De sécheresses en plénitudes,
Déjà mon image se brise
Au fil ténu des miroirs.
D’où vient cette voix qui me harcèle
Pour me contraindre au silence.
Pourquoi ces cris, ces violences.
Ami, ne vous éloignez pas de mon cœur,
Car je mourrai de vous attendre,
Et de ne plus sentir vos lèvres
Sur mes lèvres de cendre.
Et vous, esprits inconnus
Qui venez sublimer
Le sel de mes larmes,
Enivrez mon âme
Du parfum céleste des lys,
Et de la beauté plus qu’humaine
De vos visages.

© Denise Bernhardt
in "La Mangrove du Désir"
Editions Le chasseur abstrait

Source image : http://blogosphere.branchez-vous.com/

vendredi 1 janvier 2010

La bonne année

par Denise Bernhardt


La bonne année

© Jean-Michel Folon
Il ne faudra jamais oublier
Ti Mamoun
Que la terre est immensément belle
Et que c'est d'elle que nous viennent
L'amour de la beauté et ce désir d'éternité.

Les hommes disparaîtront
Leurs civilisations
Les peuples avec leurs armes
Leurs joies éphémères
Le sang et les larmes.

Mais la terre pour des millions d'années
Sera toujours là
Pour que jamais ne s'arrête
Des pôles à l'équateur

Le vol des migrateurs.

© Denise Bernhardt
le 28 Décembre 2009

mardi 22 décembre 2009

Les mortes-eaux

par Denise Bernhardt


Les mortes-eaux


Sans toi je suis
L'étang qui se tarit
Renié par l'été,
La terre craquelée de désir,
La source aveuglée
Au seuil de la lumière,
La respiration haletante
De la pointe du jour,
Le visage blême de l'absence...
Une attente, un rêve,
Une vie suspendue
Aux lèvres de l'espérance,
Celle qui te cherche en pleurant
Dans les limbes de la nuit.
Sans toi je ne suis,
Qu'une île naufragée
Dans le bleu que tu aimes.

© Denise Bernhardt
in "La Mangrove du Désir"
Editions Le chasseur abstrait

Source photo :  http://michelc.over-blog.com/

samedi 5 décembre 2009

APPARTENANCE

par Denise Bernhardt


APPARTENANCE


© Bac Film
Tu es de cette île
Où les étoiles s’embrasent
Au moindre vent solaire
Tandis que sous la lune
Glissent des poissons roses.

Tu es celui qui a vu
Les femmes demi nues
Se baigner, dans la rivière de l’autre

Tu es celui qui danse
Avec la Vierge Erzulie,
La faisant tournoyer
Jusqu’à l’aube, au bout de ton désir

Tu es celui qui marche torse nu
Dans la poussière
Cherchant le fil ténu de ta respiration

Mais quand tu refermes la porte
Sur l’incandescence du jour
Tu marches sur la mer.


© Denise Bernhardt

Poème 36

Ce poème fait partie du recueil que nous écrivons avec Yves Romel.

samedi 21 novembre 2009

Equinoxe

Par Denise Bernhardt


Equinoxe


Désormais, je demeure
En deçà du désir.
Le ciel au-dessus de nous
Est vierge de turbulences
Et je comprends tes silences.
Homme qui se veut libre
Je suis en paix avec toi.
La terre se couvre d’abondance
Et l’horizon efface les distances.
J’entends nos âmes qui chuchotent
Sous la ligne de flottaison
Pendant que le destin
Erige autour de nous
Des mâts de lumière.
Si tu revenais
Se pourrait-il que je t’ouvre les bras ?
La mer engloutit la nuit
En ses abîmes,
Le jour se réfugie en nos yeux
Et je m’abîme en toi
Chaque fois que tu offres tes bras.

© Denise Bernhardt
In « La mangrove du désir » - Editions Le chasseur abstrait

Source photo : Image du film "Cris et chuchotements" d'Ingmar Bergman

mercredi 4 novembre 2009

So Sorry

Par Denise Bernhardt


So Sorry

Anime avec ta vie la lampe de l’amour (R. Tagore)

© Philippe LYON
Je pleurais les lampes éteintes
Les astres refroidis
Les sources perdues,
Les roses flétris
Dans le bleu sourd des lacs
Où s’inversent les strates
Des roches franches.
Je pleurais l’inutile rencontre
Quand mon cœur palpitait
D’un autre amour,
Et que nous n’étions
Que des cités oubliées
Tremblant dans les vents de sable.
Je pleurais nos caresses
Défiant les aubes incertaines,
Et tout ce que tu n’avais pas donné,
Qui voulait naître.

Denise Bernhardt
Extrait de « La Mangrove du Désir », édition : Le chasseur abstrait

mardi 20 octobre 2009

DES REVES QUI SE CHERCHENT

par Denise Bernhardt


DES REVES QUI SE CHERCHENT

A Yves ROMEL



© Hervé Collet
Je suis de la France lointaine
Prise entre la terre et l'eau
Et qui respire
Au souffle des marées.
J'ignore les rues de ta ville
Qui me cache leurs noms
Je n'ai jamais foulé le seuil
de vos maisons.
Mais j'entends tes mots
Dans la dérive de l'espace
J'entends ta voix
Comme la caresse des palmes
Languissantes
En plein zénith.
Et ton rire joue auprès des sources
D'où s'élèvent des rêves d'écume
Mèlés aux miens.

© Denise Bernhardt

mercredi 7 octobre 2009

Octobre

par Denise Bernhardt


Octobre

© Antonio de Pereda
Un jour survient l’automne,
Le temps des morts,
Et des feuilles tombées,
Des pages qui se fanent
Des regards qui se voilent
Et des tâches d’ombre sur les mains.
Un jour s’en vient le temps
Des amours que l’on n’aura jamais.
Celui dont on rêvait
Tout au long de la nuit,
Et auquel on parlait
Avec les yeux.
Cet autre qui venait
Comme un dernier cadeau,
Pour s’en aller après
Sans peine, ni regrets.
Un jour il faut partir
Par les sentes mouillées
En trébuchant déjà
Sur les bogues rousses
Des châtaigniers,
Que le soleil enflamme
A travers la feuillée,
D’une lance de pourpre.


© Denise Bernhardt

Extrait de « La Mangrove du Désir », éditeur : Le chasseur abstrait

mercredi 23 septembre 2009

Le temps viendra

par Denise Bernhardt


Le temps viendra


© Stella Imhultberg

Le temps viendra
Où les mots couleront vers nous,
Ruisseaux chargés d’amour,
Dans l’apothéose des blanches floraisons
Ils chasseront la nuit
Hors des murs de la ville
Ils ouvriront les prisons
Que l’eau investira
Pour la grande métamorphose,
Et la mort s’enfuira
Comme une louve
Abandonnant sa proie.
Alors je glisserai mes doigts
Sous ta chemise ouverte
Où bruissent les palmes
Et les oiseaux de ton pays,
Je glisserai mes lèvres
A la croisée des rêves
Brodant des résilles d’or
Sur chaque grain de ta peau.
Tes mains déroulant mes cheveux
Raconteront la mer
En me faisant renaître
Et n’être que pour toi.

© Denise Bernhardt

vendredi 11 septembre 2009

Les vaisseaux du soleil

par Denise Bernhardt


Les vaisseaux du soleil


© Renoir
Nous rétrécirons l'espace
Jusqu'à l'espace de tes bras
Et l'ombre s'effacera
A l'horizon de tes paupières
Sous l'épure de mes doigts
Pour se fondre
Dans la respiration de l'amour.
Le vertige des abîmes
S'éloignera de toi,
Car tu seras mon île
Ma terre émergée
Au milieu des océans de la désespérance.
Nous irons sur les routes mythiques
Où tremblent les rayons violets
Echappés des églises,
Et tu seras entre mes mains
Comme une colombe
Dont je sentirai battre le coeur,
Ayant oublié les matins voilés
Et la suavité ineffable
De l'antre de la mort.


© Denise Bernhardt
Extrait du recueil "La Mangrove du Désir"
(Le chasseur abstrait - éditeur - 2007)

samedi 29 août 2009

Je me baignerai

par Denise Bernhardt


Je me baignerai


© Auguste Renoir - La rêveuse
Je me baignerai
Dans l’eau de tes poèmes
Pour laver le mal
Laver les larmes des nuits.
Je renaîtrai dans l’eau de ton regard
Qui me fera femme belle
Pour tes mains attentives.
Nous appartiendrons au sable
A la vague amoureuse
Au souffle salé du silence
Et le matin nous découvrira
Algues enlacées oubliées par la mer.

© Denise Bernhardt

jeudi 20 août 2009

Rien à te donner

par Denise Bernhardt


Rien à te donner


© Bruegel l'Ancien

Je n’ai rien à te donner
Que les mains blanches de l’hiver
Je n’ai rien
Que des bouquets de sèves mortes,
Mon âme est désertée
Sans ta chaleur
Sans les rivières de sang vif
Qui irisent
Les pétales de tes lèvres
Les ruisseaux de tes veines.


© Denise Bernhardt
in LE TEMPS DES SORTILEGES

mercredi 12 août 2009

Le Normandie

Par Denise Bernhardt


A Jean Saint Vil


Le Normandie *

© Claude Monet
Derrière le Casino
On devinait la mer
Où les mats de guingois oscillaient
Au rythme des marées,
Tandis que les cris des mouettes éperdues
Lacéraient des lambeaux d’azur

Des litanies d’enfants
S’en venaient de la plage…
Deauville, ville d’eau
Tu sommeilles figée dans un film « dix –neuvième »
Et tes maisons à colombages
Teintent de pastel
Le décor désuet d’époques surannées.

Que sont-ils devenus ces couples insouciants
Ces femmes gracieuses,
Vêtues de transparences
Ces dandys affûtant leurs premières escarmouches.
Où sont-elles, les fillettes sages
Parées de blanches capelines,
Qui roulaient leurs cerceaux,
Par les allées ombreuses.

Ils dorment pour l’éternité
Dans le silence marmoréen,
Ils dorment pour avoir arraché
La vie, l’amour, les rires,
Aux cris affolés des oiseaux.

© Denise Bernhardt
Le 9 Août 2009

* le plus grand Palace de Deauville

mardi 28 juillet 2009

Serments

Texte et œuvre sélectionnés par Cristina Castello
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par Denise Bernhardt


Serments

à Jean Dornac

© YVES KLEIN
Il me disait :
« Je ne serai pas comme l’autre
je ne serai pas ingrat
je ne trahirai pas … »

Je songeais au Christ
Dans le Jardin des Oliviers.
Le coq n’eut même pas le temps
De chanter trois fois.
Il m’avait piétinée, humiliée
Méprisée.

Mais le cours du fleuve jamais ne s’arrête.

A nouveau , les mêmes mots reviennent :
« Je ne suis pas cet autre
je n’ai rien à voir avec lui,
tu seras toujours dans mon cœur,
je t’aimerai jusqu’à la mort «

Dieu !
Que cessent de chanter
Tous les coqs de la terre !


Denise Bernhardt

9 Juillet 2009

mardi 21 juillet 2009

Extrait de « le temps des sortilèges »

Textes et oeuvres d'art sélectionnés par Cristina Castello
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par Denise Bernhardt


Extrait de « le temps des sortilèges »

© Œuvre de Miguel Ocampo
Je veux ta bouche savante
Butinant mes pollens
Et le miel de ta langue
Jouant les gammes du plaisir.
Je caresserai tes cheveux
Dans la chaleur de mes rives
Se refermant sur toi
Et nous roulerons
Comme une déferlante
Dans les délires de l’étreinte
Où je m’enivrerai de ta virilité
Pour que perle à mes lèvres
Le lait nacré du désir.

jeudi 9 juillet 2009

EN SOUVENIR DE TOI

Textes et oeuvres d'art sélectionnés par Cristina Castello
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par Denise Bernhardt


EN SOUVENIR DE TOI

© Œuvre de Lucien Lévy-Dhurmer
J’aimerai mourir comme on s’endort
Mes yeux peu à peu s’ensommeillent,
Et je sens ta vie drossée contre mon corps .
J’aimerai emporter ton regard,
Ma fontaine d’ombre
De l’autre coté du temps,
Mes mains cherchant
Le berceau de tes mains.

J’aimerai mourir comme on s’endort
Dans tes bras immuables
Ta bouche butinant mon visage
Tes doigts perdus dans mes cheveux.

Je suis passée au bord du lac.

Nous sommes tous les deux sur ce banc
Avec posé sur nos genoux
Le poème de ton premier amour
Que nous traduisons,
Toi Créole, moi Française,
Mariant nos pensées aux reflets ardoisés
Des froideurs de Novembre.
Tu as illuminé de tes mots
Ton village d’outre monde :
« Allons à l’Asile * chérie… »
J’écoute murmurer la rivière tropicale
Et le frissonnement des feuillages
Qui font palpiter sur sa robe
Des poissons de lune.
L’onde chuchote, grignotant le silence
Et tu savoures l’instant
Où ses lèvres corolles
S’ éveilleront sous tes baisers.

Mais tu es là , querido
Sous le ciel d’Ile de France
Tu m’interroges,
Les mots s’effritent sur mes lèvres
Nos corps se figent.
Les prémices de l’hiver mordillent les platanes.
Je voudrai poser ma tête sur ton cœur.
Le crépuscule envahit les berges qui se fondent
A l’horizon.
Les cygnes s’éloignent sous les saules
Et nous nous en allons, blottis
Au creux de la petite voiture bleue
Qui nous emmène tout au bout du rêve
Par les chemins de nulle part


Denise Bernhardt
Montmorency, le 3 Décembre 2008

* l’Asile petite ville d’Haïti

mercredi 1 juillet 2009

« Méridienne »

Textes et oeuvres d'art sélectionnés par Cristina Castello
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par Denise Bernhardt



À Duccha


« Méridienne »


Opéra national de Vienne - Le lac des cygnes

Dans les jardins italiens
Qui surplombent les rives
Du lac de Côme,
Un paon albinos déploie
La féerique splendeur de son plumage
Dentelle frissonnante
Comme les caresses d'une femme
A fleur d'amour



Denise Bernhardt
28 Mai 2009