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mardi 28 novembre 2023

S’il n’y avait pas de guerre, j’aurais des jambes

Gaëtan Pelletier

Les structures de tous les changements extérieurs  qu’amènent les guerres, des révolutions, des réformes, des lois ou des idéologies, ont été incapables de modifier la structure profonde de l’homme, donc, des sociétés. En tant qu’individus humains vivant dans la monstrueuse laideur de ce monde, demandons-mous donc s’il est possible de mettre fin à des sociétés basées sur la compétition , la brutalité et la peur. 

J. Krishnamurti, Se libérer du connu 

***

Les enfants victimes des guerres se dessinent des jambes… Les adultes, des pays. Tous des fauchés… Même financièrement. Le garçon a dû rencontrer une mine antipersonnel. Nous, c’est ce que nous voyons chez les politiciens-faussaires c’est  leur mine antipersonnel. Ils ont l’art du sang froid, « raisonnable » et raisonné.

Avant, bien avant, on frappait brutalement son adversaire: à coups de haches, à coups d’épée, et le sang giclait. On se disait barbares. Mais les réels barbares ont su bâtir un mur avec les avoirs même des peuples : les grandes organisations et les snipers vendeurs d’armes. On vote pour des canulars ambulants. Ces fins finauds à structures pompeuses, pionniers des architectures cancéreuses et métastatiques.

On a séparé l’Homme de la Vie. Consciemment ou… imbécilement. Mais assez intelligemment pour tricoter de la robotique et des automatismes qui rayent les travailleurs et qui transforment en héros des soldats-tueurs en une mission divine ou  leur mission divine.

Il n’y a rien de divin dans cette « religion » de société. Il y a maintenant une forme de déité dans les structures. Allez savoir pourquoi ? Probablement que Terminator  est le but ultime du savoir humain. Terminator n’a pas de chakras… (1)

Il est en effet « historiquement » important puisqu’il prévoit une guerre contre la « machine ». La machine rendue furtive par l’hypocrisie qui…rapporte.

S’il n’ y avait pas d’armes, il n’y aurait pas de guerres.  Il faudrait simplement abolir le métier de vendeurs d’armes.  C’est cynique ! Le vendeur d’armes a ses usines dans les pays qui combattent les « raseurs de jambes ».

À partir du  « on n’a plus de jambes », on en est rendus à « on n’a plus de pays ». Alors, on n’a plus de jambes pour migrer… Le « progrès est bâti sur une courte phrase :  je suis habile et retors » . Deux qualités essentielles pour les bâtisseurs-destructeurs, sorte de schizophrénie du « génie » à cravate.

S’il n’y avait pas de guerres, je n’aurais pas besoin de migrer, même si j’avais des jambes.

On s’habitue à la laideur, et c’est bien là le drame. Même à la nôtre…

Gaëtan Pelletier

1 – En 2008, le film a été sélectionné par la National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès américain pour y être conservé, comme étant « culturellement, historiquement ou esthétiquement important »1,2.

(  Il est en effet « historiquement » important puisqu’il prévoit une guerre contre la « machine ». gp

Gaëtan Pelletier

dimanche 26 novembre 2023

Peuplicides

Gaëtan Pelletier

L’homme est en train de s’oublier. Il est perdu dans le vaste magasin de jouets auxquels il accorde une importance démesurée.

On l’a programmé pour qu’il désire et que ses désirs soient illimités et son pouvoir d’achat limité.

C’est un gros nounours.

Il a délaissé son âme pour un amoncellement de choses inutiles.

Le cœur semble s’être soustrait, remplacé par l’illusion de l’immense machine techno-ploutocrate dont il devient lentement mais sûrement le grand  esclave tant rêvée par la multiplication exponentielle des compagnies créatrices de la plus étrange des dépendances.

La fosse commune

Il est maintenant en train de creuser une immense fosse commune de plusieurs millions d’individus à laquelle suivra la fosse immense de milliard d’individus. Et il ignore que la fin de ce monde EST sa fin.

La loupe sur son nombril était là, dans ce petit ego engrossé par l’insignifiante clique dirigeante sans valeur à offrir à l’humanité qu’une brochette d’objets inutiles pour la vie d’une planète.  La politique a des visions de cent ans. L’homme d’affaire en a une d’un siècle.  La politique a des solutions dans les rencontres de salons planétaires vaines et stériles.

Le  coeur des sans-coeurs

Nous voilà dans de beaux draps après avoir laissé les sans-cœur déjouer le pouvoir politique et s’emparer  des richesses des peuples. Qui donc les a laissé faire? Qui donc sont-ils ces êtres sans vision que nous avons le plus souvent élus?

Ils ont maintenant mainmise sur la planète. Ils décident de prolonger les poisons. Ils décident de vendre aux grandes trompettes insolentes des pubs bavardes et tricheuses, menteuses et « mitrailleuses » : plus il y en aura, plus on vendra. 

Et plus on achète, plus on jette. Ils produisent des objets, nous produisons des déchets.

Gaëtan Pelletier 

vendredi 24 novembre 2023

Le nageur

Gaëtan Pelletier

Un homme qui nageait dans ce qu’il croyait un océan de connaissances, s’arrêta un moment pour boire de l’eau. 

Pendant qu’il buvait s’arrêta un homme riche vêtu d’un grand yacht. Il fit envoyer à la mer une chaloupe vers notre nageur pour tenter de le sauver, croyant qu’il s’était perdu. 

De la petite navette sortir un homme qui hurla dans un cône au nageur. 

– Etes-vous en péril ? 

– Non ! répondit l’homme qui voulait cacher le dessein de sa tâche. 

L’employé du propriétaire du grand Yacht de croisière le salua et le quitta. 

Et le nageur reprit de plus belle sa course pour retrouver ce qu’il cherchait depuis longtemps. Quand l’employé lui avait demandé ce qui le poussait à nager autant en ces eaux profondes, le nageur avait répondu : 

– Je cherche de l’eau. 

Et en arrivant sur le bateau, l’employé avait transmis le message à son riche patron. Et le patron rigola. 

- C’est un cinglé, laissez-le faire. Il va se noyer… 

–  S’il trouve de l’eau, répondit avec un grand sourire l’employé. 

Le nageur savait qu’ils ne le le croyait pas et qu’il allait être étiqueté cinglé. Et ce fut lui qui sourit.  

Gaëtan Pelletier

dimanche 24 septembre 2023

Lucioles (5)

Gaëtan Pelletier

J’ai   vécu dans ce  petit village de l’enfance à l’adolescence.  

Pour faire la différence entre une ville et un village, il faut bien comprendre la structure cachée d’une ville : une ville est 7 fois 77 fois le nombre de  villages posés les uns sur les autres.  Une ville est composée d’un village sur un village, d’un village sur d’autres villages et, enfin de plusieurs villages sur des villages. C’est tout comme un gros gâteau  de noces. Il y a des étages et des étages de cultures sucrées et d’étourderies à volonté.  Les villages « vers le haut » finissent par former des millions de bulles dans lesquelles vivent des humains, avec quelques arbres,  sans animaux de ferme, et, le soir, sans étoiles. Ils s’en vont vers les chats de Facebook et le pétillement des écrans.  Pour savoir où ils habitent, les citadins  ont des pancartes aux coins des rues avec des noms de gens célèbres  qui sont  décédés.  Comme s’ils laissaient davantage  d’œuvres  que les autres.  Une fois qu’ils ont fini cette vie,  ils on droit au nom d’une rue, d’un  aéroport, ou d’un Aréna avec un trait d’union entre leur prénom et leur nom. Mais il n’y a jamais eu de débit de boissons du nom d’Al-Capone. Les bonnes gens se déclarent bons entre eux. Les bonnes gens, argentiers de pays, politiciens aux mains longues et griffées, s’entre-congratulent et décident de la valeur des gens.  

Personne ne connaît le nom d’une rue de Germaine Blanchette qui a lavé des murs et des planchers toute une vie. Elle est morte à genoux en tentant de rejoindre son lit.

Gaëtan Pelletier

samedi 23 septembre 2023

Lucioles (4)

Gaëtan Pelletier

En face de la maison, on pouvait voir   une grange, des vaches, et un grand type qui marchait lentement,   duquel émanaient  des odeurs de fumiers. 

Il travaillait tout le temps, même le dimanche. Du matin jusqu’ au soir.  On pouvait apercevoir  sa silhouette  traversant   les champs à l’heure où  le soleil descendait à l’Ouest.  Il était doté de  mains énormes  à force de tirer sur les pis des bêtes ou  de   manipuler des outils lourds qui déchiraient les sols. C’était sa gym quotidienne. Les vaches, elles, broutaient, et compostaient sans le savoir.  Plus tard, les hommes découvrirent que les pets de  vaches – mais surtout les rots –, produisaient des GES. Au lieu de se débarrasser des autos, les hommes  cherchèrent le moyen de se débarrasser des vaches. Sur le terrain entourant la grange, il  y avait des bouses partout et, quand il pleuvait, le champ  se transformait en terrain bourbeux     dans lequel  marchait le fermier avec de grosses   bottes de caoutchouc. Les vaches, elles, n’avaient pas de bottes. Mais elles se débrouillaient mieux que le fermier. Quand le fermier glissait et tombait, il disait toujours le mot de la matière sur laquelle il était tombé. Mais je crois maintenant que c’était du théâtre.

Un jour, l’éleveur de vaches  dit : « Je suis le plus utile des hommes : je nourris le cerveau du politicien, du savant, de l’avocat et de tout le monde ». Il l’avait dit avec un grand sourire, comme pour se moquer de quelqu’un.   À l’époque je n’ai pas compris ce que  disait le vacher.   Ça m’a pris bien des pousses de fleurs dans les pommiers pour en saisir le sens. Je crois qu’il considérait les vaches plus intelligentes que les hommes. Et  il détestait la politique. Mais, avant tout, il détestait la guerre : son cousin était revenu de la guerre en Europe comme un meuble IKEA, tout brisé, difficile à reconstruire. Toute sa vie il arpenta le village avec une canne. 

Quelques années plus tard mourut celui qui avait nourri les gens du village. On dit qu’à tous les jours, jusqu’à la fin de « son temps », le dos voûté par le travail et ayant perdu sa femme, il allait au cimetière et priait. Mais de temps en temps il se souvenait d’avoir glissé dans la bouse de vache.

Puis vint son tour de partir vers cet ailleurs inconnu.  Tous les gens du village le connaissaient. Et il était de mise d’aller au corps se recueillir devant le cercueil. Un cercueil que l’on plaçait dans une des pièces de la maison, car il n’y avait pas de salon funéraire.   Les  gens  se recueillirent et récitèrent des chapelets en entier. Mon père refusa d’y aller : la mort l’effrayait.  

Alors, ma mère m’y emmena, car  sa maison était voisine de notre appartement.

Gaëtan Pelletier

vendredi 22 septembre 2023

Lucioles ( 3)

Gaëtan Pelletier

Mon père  savait à peine écrire. 

Chaque mot était un mot-croisé et chaque phrase un voyage lent et pénible. Il n’était pas  allé à l’école pour bien écrire ni à l’école de l’humour pour être drôle.  Non. Mais il était drôle, sarcastique, caustique et savait  jouer avec les mots et inventer des histoires.

Pourtant, papa aimait les mots.  Un jour, il m’a dit : « J’aurais aimé ça que tu sois avocat ». Il était fasciné par les avocats. La  plupart des politiciens étaient des avocats. Tout le monde sait qu’il y a du venin  et de la nourriture dans les mots. Il n’en connaissait, je crois,  que le venin. Il aurait aimé écraser des ennemis avec des mots. Mais il préférait ce  bon vieux   coup de poing. Il faisait de l’humour pour plaire, se faire aimer, et étrangler son angoisse profonde. Il réussissait. Du moins en partie.  C’était un artiste, un anxieux  qui avait deux psys pour traiter son malaise : le gin et la bière. Quand l’alcool avec coloré ses veines,  il  imitait mes oncles irlandais qui, eux aussi, avaient les mêmes psys.  Ils en perdaient leur français déjà fragile. L’alcool était une sorte de  gomme à effacer les mots de la  langue seconde d’un de mes oncles dont les mâchoires  faiblissaient à mesure qu’il buvait.  Quand il parlait français, sous l’effet de cet élixir, ses  mots se gaufraient, se déformaient et son langage devenait   décalé,  à peine audible.   On aurait dit le  ruban usé  d’un magnétophone ou une future chanson des Beatles.

Mon premier souvenir remonte à l’âge de  4 ou 5 ans,  alors que mon père exerçait le métier de barbier. Une énorme chaise  en  cuir accaparait une grande place dans le petit appartement dans lequel nous logions.  Le genre  de chaise de barbier  en   cuir gaufré pareille à celles sur lesquelles on assassinait les gangsters du temps d’Al Capone.

Le plancher était recouvert de poils que l’on balayait  sans cesse, mais qui paraissaient revenir toujours. Il y avait des cheveux et de la barbe de presque tous les hommes du village. J’ignorais pourquoi ils revenaient à tous les mois. J’étais trop jeune pour savoir que les cheveux et la barbe poussent.  Aujourd’hui, dans notre monde, on nomme cela de l’énergie renouvelable. Comme le vent, les marées, les arbres et la bêtise humaine. En effet, le poil humain ne cesse de revenir, même chez les chauves. 

Chez les chauves il se déplace ailleurs sur le corps. Ils sont souvent parés de collets de fourrures sur le buste ou au dos.

Gaëtan Pelletier

jeudi 21 septembre 2023

Luciole (2)

Gaëtan Pelletier

Le village dans lequel je suis né ressemblait à tous les villages du monde : il y avait des habitants, des querelles, et tout le monde pouvait mettre un prénom sur ses voisins du bout du village.

Le village  était planté en pleine forêt. Une forêt s’étendant  à l’infini. Mais ce n’était que l’infini de nos regards.  Il y avait tellement d’arbres  qu’en levant les yeux vers  l’horizon, au soir , le soleil semblait porté par  un nid de bouleaux, d’érables et de cèdres qui se dressait  pour le soutenir tout doucement dans sa  descente vers l’Ouest.   L’hiver  les  feuillus se reposaient laissant aux résineux le soin de fabriquer de l’oxygène.   On pouvait compter quatre ou  cinq  rivières traversant ou entourant le village. L’eau était si belle que je m’y suis baigné pendant des années.  On pouvait même la boire sans être malade.  Les  forêts entourant le village était habités d’êtres vivants qui servaient de nourriture aux pauvres du village. Lièvre,  perdrix et  cerfs se  trouvaient partout, nombreux et généreux du don de leur vie.

Du haut des airs, le village ressemblait  à  un tout petit nid. Les gens l’avaient construit après avoir défriché  les terres au début du 20ième siècle. Les hivers étaient longs et  les étés courts. Les hommes travaillaient dans les champs l’été et dans les bois l’hiver. Tout l’hiver.  Ils ne revenaient souvent à la maison que pour faire des enfants. D’autres étaient des artisans qui fabriquaient des maisons pour mettre les habitants à l’abri pendant que certains  pétrissaient le pain  pour nourrir les voisins et les voisins des voisins. À la boulangerie, on fabriquait des gâteaux et des tartes. Quand les gâteaux étaient brisés, on vendait les morceaux à rabais dans des boîtes-trésor, aux couleurs vives et remplies de surprises.

L’ère industrielle débuta. Et  ce fut presque la fin des terres gratuites, de la vie lente et amusante,   bien que   pauvre.  On disait qu’à partir de là, la vie serait meilleure et non soumise aux humeurs  de mère Nature. Une nouvelle religion était née.

Et les hommes commencèrent à applaudir et à s’applaudir entre eux. Ils se crurent délivrés de la nature ardente et généreuse,  parfois capricieuse.  Alors, les gens  se soumirent aux plans des hommes à cravates qui leur garantiraient trois repas par jour  aux heures dictées.

Au début, toutes les maisons étaient en  bois, aux façades   brûlées par le soleil des étés  torrides.  Puis, peu à peu, avec le temps, les couleurs apparurent. On aurait dit qu’elles suivaient les développements de la photographie qui était passée à la couleur.  Les routes étaient grises de gravelle pour boueuses aux printemps et aux jours de pluie.  Mais cela changea un peu avant que j’arrive dans cette vie : les rues furent  asphaltées pour les besoins de Miss Auto qui devenait de plus en plus rapide et exigeante. Ils entaillèrent la forêt pour tracer des routes.

Et le village grandit. Ma grand-mère maternelle mit au monde,  de par sa porte énigmatique, dix-sept âmes.  Douze  survécurent  à la naissance. L’Église  catholique contrôlait tout. Les femmes se virent confier la mission de  fabriquer des âmes pour la gloire de Dieu. Si, dans certaines tribus, on offrait des enfants pour contrer la colère de Dieu, dans mon village on enfermait la liberté en brûlant des vies. Dans notre petit jardin de vie, ils nous portaient à bout de bras un être hideux, charbonneux, qui nous attendait dans un grand supplice de feu pour l’éternité, sans se consumer. J’ignorais ce que ça signifiait mais un jour ma mère s’est brûlé deux doigts en manipulant des chaudrons. Puis une infection l’affecta. Alors, dans le village, une nouvelle expression est née : « Elle est passée à deux doigts de la mort ».

À part la culture de la pomme de terre, du navet et des carottes pour l’hiver, on cultivait la peur. Et la peur poussait en nous.  Peur de flamber en enfer  comme avait  flambé, à l’automne, la boulangerie et tous les gâteaux et les tartes qu’elle contenait. Il  n’y avait qu’un pompier sur lequel, disait-on, il fallait se fier : le curé. Mais celui-ci nous mis en garde : « L’enfer, c’est comme de millions de boulangeries en feu ».

Et là, je n’osais imaginer le nombre de gâteaux et de tartes que nous pouvions perdre.

Gaëtan Pelletier

mercredi 20 septembre 2023

Lucioles (1)

Gaëtan Pelletier

Deux hommes étaient assis dans un bar. L’un demande à l’autre : « C’est quoi la « relativité d’Einstein? » L’autre répond : «  Tu vois, de ma maison à ici, au bar, il y a  cinq minutes, alors que tu bar à ma maison il y a une heure ».

Je suis né à 0 an. Comme tout le monde. De ce point de vue nous naissons tous égaux.  Je n’avais rien, comme  si quelqu’un était passé avant moi et avait tout chipé.  On a tout pris avant mon arrivée. Dans le pays où  je suis né, les enfants naissent endettés.  Pas un brin d’herbe, pas une pierre, pas un papillon Monarque, pas une fleur n’appartient à un enfant.  Les enfants naissent en pleurant. La science dit qu’ils ont froid, mais j’ai tendance à croire qu’ils savent ce qui les attend en ce monde

Dans certains pays, les enfants travaillent très jeunes. Certains fabriquent des souliers pour vedettes et d’autres des vêtements. D’autres  creusent la terre de leurs mains, avec des outils rudimentaires, pour en tirer des métaux précieux qui iront dans des appareils pour les enfants des   riches.

J’ai été chanceux. Je suis né à l’âge où les téléphones étaient en bois et tellement  gros que ma mère l’avait accroché au mur pour ne pas qu’il tombe.  Mais ça, encore, c’est quand j’ai eu dix ans. Notre village commençait tout juste à être un peu à l’aise. Ces téléphones étaient si mauvais qu’on ne pouvait pas visionner des vidéos.

Quand je suis né, les jouets en plastique n’existaient pas.  J’ai joué avec des jouets en fer ou en bois. Ils étaient « écologiques » : ils disparaissaient en se fondant dans la nature. Ils pourrissaient et nourrissaient des insectes étranges, de toutes les couleurs, des bestioles  si petites  que l’on ignorait alors de quoi ils se nourrissaient   Le voisin disait à ma mère que si l’on laissait son corps tomber par terre, les vers le mangeaient. Alors, je me suis levé debout pour ne pas être dévoré par des bestioles qui se tortillaient dans la terre.

Depuis trois quarts de siècle, je suis en ce monde.  Ça fait bien des ans.  Parfois, je me sens si vieux que j’ai envie de mettre deux x à vieuxx.   Je me demande si après mon décès j’irai vivre ailleurs avec mes 20 grammes de je ne sait toujours pas quoi   Pendant une période de ma vie, j’ai lu bien des livres concernant la vie après la vie.  Plusieurs de ces livres  affirmaient  que nos destins étaient  planifiés. En arrivant ici, on passe son temps à chercher l’âme-sœur.  Même les animaux vivraient là-haut. J’imagine que le baudet, en son existence terrestre, doit trouver l’âne-sœur. Je suis né curieux : tous les mystères me chicotent. Dans ces livres  À croire qu’ils ont trop vécu ici-bas et que toute vie est « organisation » . Car les il est même spécifié qu’en  ce monde  les âmes  travaillent énormément, sans fatigue et sans pauses.

Je n’y ai jamais cru. Petit, j’avais les yeux tout petits. Maintenant que je suis grand, j’ai les yeux trop grands.  Il m’est au moins poussé de grands yeux qui sont maintenant capables de voir ce qui se passe en même temps sur le globe. Je souffre de synchronisme. Une faculté dérangeante, parfois amusante, mais aussi bien souffrante.

Sommes-nous différents de  la guêpe qui traverse la route, ou la voiture qui traverse la forêt, devrais-je dire, est soumise  un destin planifié ?  La guêpe écrasée sur   pare-brise s’en allait flirter avec  les fleurs et fut frappée par un  conducteur  à 92 km heure. Pendant ce temps, en Inde un homme est mort noyé. Au  Kentucky un autre s’étrangla avec des os de poulets. Un Innu  du Lac Édouard   mourut après 15 minutes d’existence. En Uruguay naquit Ofelia. Aux  États-Unis John vit le jour. Le grand mystère est le suivant : un essaim de d’humains de 8 milliard d’entités  entrent  et  sortent par une porte dont on ignore l’autre côté, si c’est un trou noir ou une lumière d’amour.

Les hommes font si souvent la guerre que  ce doit être  une porte battante.

Gaëtan Pelletier

samedi 26 août 2023

Evgueni Prigojine meurt dans un accident d’avion empoisonné

Gaëtan Pelletier

Il est difficile d’empoisonner un « cuisinier », mais il est facile d’empoisonner un itinéraire d’avion.

Un avion suivant un itinéraire hors de l’itinéraire donné sera abattu. Le plan était empoisonné. Ainsi disparaît ce gifleur amateur après une mini crise devant tout l’Occident. Voilà de quoi faire ravaler la salive de python argenté qu’est le dirigeant Vladimir. Vladimir est patient, mais pas trop…

Un homme de coeur

Le , des comptes Telegram proches du Groupe Wagner diffusent une vidéo montrant l’exécution d’un homme, frappé à coup de masse sur le crâne53. D’après les membres de Wagner, il s’agirait d’un soldat du groupe s’étant rendu délibérément à l’armée ukrainienne, mais qui aurait ensuite été repris par les Russes53. Evgueni Prigojine laisse lui-même un commentaire : « Dans ce spectacle, on voit que (cet homme) n’a pas trouvé son bonheur en Ukraine, mais qu’il a rencontré des personnes peu aimables mais justes. C’est un magnifique travail de réalisation, cela se regarde d’une seule traite. J’espère qu’aucun animal n’a été blessé lors du tournage »53Wikipedia

Cela n’est pas sans rappeler les méthodes expéditives du camarade Staline dont le peuple fut délivré en 1953. Hélas ! Pour ce beau pays qu’est la Russie, on se demande ce qui se passe pour mériter de tels dirigeants qui héritent des méthodes d’antan.

Oui, le camarade Poutine a remis la Russie sur les rails après la chute du mur de Berlin. ll est là à tenter de ramener l’U.R.S.S. pièce par pièce. « Nous sommes entourés », dira-t-il à son peuple.

Les russes sont en effet entourés. Ils faut qu’ils se défendent. Même qu’ils sont entourés de l’intérieur…

Gaëtan Pelletier 

mardi 27 juin 2023

La lettre : un récit de Silence Friction

Lucien Pandi

Ottawa, le 24 juin 2057,

Cher Monsieur ou Madame ou  LGBTQIA+ /Dear Sir, or Madam or  LGBTQIA+

Tel que convenu dans les procédures gouvernementales  de notre parlement, suite à l’article DLAMOR, ayant contacté votre médecin qui ne vous donne plus que 6 mois à vivre, vous pouvez accéder à notre programmes de libération de  quelques millions d’habitants.

Votre hospitalisation – d’une durée de 5 mois –  nécessitant  un montant total de 6.235.045 $, il vous est proposé d’accéder à une demande de CPLDDLAP, ou Diminution de la population ; notre pays – tout comme les autres – ont instauré un programme D.C. ou CD, Aération Corporelle pour Allègement de Vivants afin de sauver la planète Terre.

Il vous est donc attribué un montant de 600,000$, si vous désirez participer à notre programme de départ dans les deux semaines après réception de cette lettre. Il vous est également proposé d’emporter votre chat avec vous, qui, lui, – ou un proche –  recevra 600$.

Une équipe sera mise à votre disposition afin d’abréger vos jours et de soulager la population mondiale de présentement  11 milliards d’humains et de 4 milliards d’animaux de compagnies.

Votre rendez-vous a été fixé le lundi 25 décembre, à 9h45 afin de procéder à l’opération ADIB CORDELIER.

Nous garantissons une fin sans aucune douleur, notre équipe médicale étant l’une des meilleures au monde, et ce dans un temps record de 4  minutes 08 secondes. Chaque minute dépassant ce temps, il  vous sera accordé à titre d’indemnisation  un montant de 20,000 dollars par minute.

Veuillez agréer salutations  sincères salutations.

Nos condoléances à :

  • votre épouse
  • votre conjointe/conjoint/ 2ELGBTQQIA
  • votre chat Maldehor
  • vos enfants :  Mia, Elon,

Votre Ministre du Contrôle de la Population,

Lucien  PANDI, 

Gaëtan Pelletier

jeudi 4 mai 2023

Le rat politique

Gaëtan Pelletier

Avant propos : Cette étude n’a rien à voir avec des personnages existants ou ayant existé ou qui existeront.

Mon équipe et moi avons procédé à l’étude du comportement d’un rat placé derrière un bureau. Cette étude s’est échelonnée sur une période de 3 ans.

Au tout début, nous avons attelé à une petite  turbine électrique qu’il activait  courant sur un rouleau. Au bout de 2 jours, le rat, en sueurs, a commencé à se demander qui pouvait bien tirer profit de la turbine. Nos collègues et moi étions  abasourdis. Nous  lui donnions de l’eau et de la nourriture, mais rien de plus : pas de  flat TV  screen ni musique, ou le loisir de loucher les petites de Star Académie.

– What the hell is going on here ? S’exclama le rat. ( On ne lui en demandait pas tant). Le rat, au bout de son rouleau, débarquait de son travail le soir pour aller suivre des cours à l’université. Il obtint un Bacc.  en administration en faisant des copier-coller d’articles picorés sur le net, ou des copier-coller de bouches à Bush.  Bien qu’épuisé, il ne se laissa pas abattre et se mit à ingurgiter des substances pour ne pas dormir et d’autres pour dormir.

Il présenta un  CV, et obtint rapidement  un emploi de DG pour la firme Pub Inc. qu’il racheta quelques mois plus tard.  Il se rasait le poil tous les matins, et  se lynchait plaisamment d’ une cravate bleue ou rouge pour aller travailler. Inutile de plaider davantage sur la capacité d’adaptation des rongeurs.

Un jour, nous lui glissâmes  une pile de dossiers. Il  passa  des heures à les ronger. Mais au bout de quelques jours, se rendant compte de son pouvoir, le rat se mit à travailler vraiment : il fit  des réunions, se mit à rédiger des communiqués  puis à donner des ordres à des subalternes, les TDR ( Tourneurs de roues).

Après quelques réussites, il se produit un phénomène singulier : le rat devint ambitieux et sournois.  Il soudoya deux ou trois autres rats du même acabit.  Finalement comme échappatoire à l’impôt, il créa une Cie à numéro : THE 3.14.16. C’est ainsi qu’il se créa un cercle.

Je décidai de prendre des notes afin d’élaborer mon article.

Il arrive souvent que les principes utilisés en dosimétrie interne proviennent d’études effectuées « à des fins pratiques » sur des animaux de laboratoire. Les données ainsi acquises peuvent être extrapolées aux humains ; dans certaines circonstances, cette extrapolation requiert pour ainsi dire un acte de foi. Les résultats de notre étude indiquent que la portion du cerveau  la plus sensible aux effets néfastes de l’argent est le tubule proximal.

Notre cobaye se mit plus tard à parler de rendement et de « qualité totale ».  Ce qui signifie en langage d’opération de gestion  que sur une chaîne de montage où l’on fabrique 1000 boulons à la minute, il s’en perdrait 5%. Ce qui au bout de cent ans – le rat l’avait calculé – la Cie perdrait $123.233,13. Il prit donc les mesures nécessaires afin d’éviter ces pertes. Puis, pour se faire pardonner, il érigea un temple pour les disciples du libre-échangisme.

Le rat eut l’idée de récompenser  ses employés en leur donnant un titre. Le balayeur acquit le titre de  Détrusologue. À partir de ce moment, les rats se mirent à fonctionner comme des humains.

Quand un rat ne réussissait  pas, il était  renvoyé et traité de  rat-é.

Ceux qui continuaient, malgré l’effort qu’on leur demandait, avaient droit  aux anti-dépresseurs, à l’acupuncture, et au psy.  Certains  s’adonnaient aux cartes et au bingo, à la pétanque ou au loto.

Au bout de quelque temps, grâce au cercle qu’il s’était formé,  et des contrats obtenus par sa firme Pub Inc., notre rat fut  promu au rang de haut fonctionnaire. Il se bonifia d’ une île fiscalo-paradisiaque, une villa en Argentine, et une maison de campagne à Pohénégamook,  ainsi qu’un  vieux presbytère en ruine à Saint-Bernard-du-Déluge.

Je pris note, afin  ne pas oublier :

Cette dualité Sciences de la Matière / Sciences du Vivant se retrouve par ailleurs dans les trois équipes de l’unité, ces équipes étant également de composition pluridisciplinaire. Le laboratoire poursuit ses efforts, en coordination avec les autres acteurs en vue de structurer un plateau technique RMN de neuroimagerie au bénéfice des recherches en neurosciences cliniques, biologiques et cognitives. Autre méthode d’imagerie in vivo, l’imagerie optique (microscopie confocale bi-photonique) est développée en parallèle sur une plate-forme dédiée, dans le cadre des études in vivo sur le petit animal.. (Kali Fourchont)

Poursuivant notre étude, nous offrîmes au rat  un compte de dépenses. Il ne tarda pas à voyager en jet, à mâcher  de la gomme, bref, à ronger le peuple.

Pour faire bien, il se mit  au golf. Ses ancêtres  avaient  vécu dans un trou pendant des années : il eut  le sentiment de retourner chez lui à toutes les fois qu’il propulsait une balle.

Voyant que tout allait bien, nous avons glissé un agent secret  dans son entourage. L’agent ( il est secret, donc on ne peut pas dire son nom) 008,  se rendit tôt  compte que le pisté  sniffait une substance étrange tout en buvant du cola. Or, il est indiqué clairement dans un article de M. Cardéno les effets néfastes d’une telle addiction  :

The kinetic mechanism of rat liver hexokinase D (glucokinase) was studied under non-co-operative conditions with 2- deoxyglucose as subst-rate, chosen to avoid uncertainties derived from the co-operativity observed with the physiological substrate, glucose. The enzyme shows hyperbolic kinetics with respect to both 2-deoxyglucose and MgATP2-, and the reaction follows a ternary-complex mechanism with Km = 19.2 +/- 2.3 mM for 2-deoxyglucose and 0.56 +/- 0.05 mM for MgATP2-. Source  Désolé pour l’anglais, et pour les intéressés, il y a un format PDF ) 

Le  rat périclite, comme il est clairement  indiqué dans l’article.

La chute

Un jour, en ouvrant la porte d’une  toilette publique pour aller pisser, le rat se retrouva en face d’une dizaine de camé-rats. Il fut alors traîné en court  et parut devant une commission d’enquête. On passa au beigne fin : il s’était fait remonter une narine en plastique et monter une marine de  bateaux. On découvre alors qu’il avait  vendu de la pub à ses amis golfeurs.

Il passa alors 3 jours  à une commission d’enquête, buvant de l’eau du Maine embouteillée au Chili par des Kardachèques  pauvres et sales qui n’en avaient pas pour se laver et n’avaient pas le droit d’en boire.   On fit la preuve que le rat  était vêtu d’un complet contrefait faussement griffé. (Made by Ankit, 12 ans)

- Bof ! rétorqua-t-il. La moitié de l’argent en circulation vers les années 1850 aux U.S.A  était contrefait.

- Mais nous ne sommes plus en 1850, lança un membre du comité.

- Non ! Aujourd’hui, on ne la voit plus. L’argent, comme le F-35, est devenu furtif. Il est crypté …

Il avoua  son « crime » et fut  condamné à deux ans moins un jour de travaux communautaires : nourrir 24  chatons et vider leur litière. Tous les chats moururent noyés « dans un gros verre d’eau », plaida l’avocat. On lui confia alors un perroquet. Il l’éduqua si bien que le perroquet fut élu.

Que faut-il conclure de tout cela ? Je vais affiner les conclusions de  l’article d’un confrère,  Ramousse R.

http://www.cons-dev.org/elearning/ethic/EA8.html

Or, certaines manipulations expérimentales n’ont pas le même effet suivant qu’elles sont appliquées à un rat « naïf », qui est confronté pour la première fois avec l’intrusion d’une souris dans sa cage, ou à un rat « non tueur » confirmé qui s’est familiarisé avec la présence d’une souris dans son environnement, ou encore d’un rat « tueur » qui a une longue expérience du comportement d’agression interspécifique et de ses conséquences. En effet, la souris n’a pas la même signification pour les trois type de rats.

Monsieur Ramousse veut dire qu’un simple citoyen est comme une souris en face de plusieurs types de rats. Ça dépend toujours pour qui on vote. Mais le choix est toujours entre plusieurs types de rats.

Sources :

J’avoue les avoir trafiquées.

Étude menée avec une équipe de travail composée de ma consœur,  la  Dr Hilary Sukapipe, chercheuse à Columbia, et du psychiatre    le Dr Gilles  Matlousse.

COLA and Liver, by . J.R. Rollskin. A study of a young man with round glasses driving a broom at school over a cooco’s nest.

M. Lim Zamorato, B.L. Traky, J. M. Zoolinski, R. Fullhammer, K. Cacapello, G. Moodie Blue, D.P. Meyerhof.

(1998). Assessment of the effect on money on rats and monkeys.

Behaviour of non- isolated rat and human red blood cells upon hypnotic-dialysis encapsulation of carbonic anhydrase and nostril power. . Alvarez F A, Tejed MC, Diaz JC Phd.

Gaëtan Pelletier (Cordonnier lassé)

dimanche 30 avril 2023

La boucherie planétaire

Gaëtan Pelletier

À se demander si l’homme, le salarié, n’est pas devenu le format d’esclave le plus astiqué de l’Histoire. C’est une pièce saignante, une nourriture pour l’engrangement de la richesse. 

L’économie est le triomphe. En même temps que le dieu et le diable, tous mélangés en un seul concept. La terreur heureuse du matin fou, quand on prend le train ou le métro pour aller se faire saigner et déverser son sang dans les multinationales crasses. Ils n’ont faire de l’humain. Jadis, on s’usait les doigts au travail. Et encore aujourd’hui dans certains pays. Les enfants s’usent les doigts avant qu’ils poussent.

Le travailleur est une pièce à bouffer pour le grand trésor des «un cas». Minés jusqu’à la moelle, avec sa misère acceptée et incompréhensible, car sans choix que celui d’être un usiné, classé grand ou petit dans l’ordre de «choses» de cet univers de boucherie, la peur s’est installée. L’effroi du lendemain court. Il est «managé» sans ménage. Et on porte sur le travailleur le grand déclin des sociétés dites développées.

Le «bonheur» est maintenant un chapelet d’avoirs. Les Goebbels sont intégrés dans toutes les structures de cette mondialisation.  Mais on continuera, car la démocratie de l’avoir est, hélas, sans choix.

Mais qui donc connaît le Dr. Gobbels ? Mais qui se rend compte des corsets qui étouffent de par le contrôle inconscient des pubs et des grands rêves des mégalomanes certifiés ?

                           ************************************************

Par un de ces matins, l’été dernier, je suis allé arroser les plants de tomates du jardin, la laitue,  les fèves, et je les ai baptisées avec de l’eau pour qu’ils poussent. Qu’y-a-t-il de plus important que de se lever un matin, boire un café, s’habiller à effrayer les oiseaux et admirer le ciel ? Nous avons assassiné la chance de vivre simplement et d’être, d’une certaine manière, heureux. Dans ce monde de «matière», la misère existe. Ne porter que son corps chargé d’eau en est déjà une. Les relations humaines, elles, sont devenues de plus en plus difficiles. Chacun est devenu avocat et juge de l’autre.  Pis encore, le prêcheur de la télé est un économiste. C’est la nouvelle prêtrise d’une laïcité qui écourte l’existence à cette infime aventure terrestre.

Si on ne croit plus à «rien», ce n’est pas parce qu’il n’existe pas une aventure des âmes-dieux dans cet univers. C’est qu’on vous la tue.  Ce fut-là deux siècles affolés de guerres qui ont finalement menés à une division encore plus scalpelisée. Les uns contre les autres. Les groupies. Ils n’ont plus de pays, ils ont un emploi.

Nous sommes en train de couler par le fendillement de la coque d’un petit navire : le corps. Voilà que le moteur central, le cerveau, a pris toute la place. Et  c’est lui qu’on arrose de par toutes les pseudos trouvailles pour rafistoler le navire social.

Dans le grand jardin, tout délimité par les formes de possession, ce qu’il aurait fallu arroser, c’est la belle simplicité et prendre soin de l’Eden et de ses habitants. Hélas ! On a choisi la voie la plus obscures : compter, chiffrer, calculer, produire à grande échelle, etc.

En novlangue, cela se passe ainsi: «Vous êtes des nôtres. Allez et dépensez en vous joignant aux plaisirs des riches».

C’est la course à la richesse systémique qui a créé la pauvreté actuelle. Et nous n’avons pas fini d’être pauvres. Ce n’est que le commencement.

Gaëtan Pelletier

lundi 24 avril 2023

La boucherie planétaire

Gaëtan Pelletier

À se demander si l’homme, le salarié, n’est pas devenu le format d’esclave le plus astiqué de l’Histoire. C’est une pièce saignante, une nourriture pour l’engrangement de la richesse. L’économie est le triomphe. En même temps que le dieu et le diable, tous mélangés en un seul concept.

La terreur heureuse du matin fou, quand on prend le train ou le métro pour aller se faire saigner et déverser son sang dans les multinationales crasses. Ils n’ont faire de l’humain. Jadis, on s’usait les doigts au travail. Et encore aujourd’hui dans certains pays. Les enfants s’usent les doigts avant qu’ils poussent.

Le travailleur est une pièce à bouffer pour le grand trésor des «un cas». Minés jusqu’à la moelle, avec sa misère acceptée et incompréhensible, car sans choix que celui d’être un usiné, classé grand ou petit dans l’ordre de « choses » de cet univers de boucherie, la peur s’est installée. L’effroi du lendemain court. Il est « managé » sans ménage. Et on porte sur le travailleur le grand déclin des sociétés dites développées.

Le « bonheur » est maintenant un chapelet d’avoirs. Les Goebbels sont intégrés dans toutes les structures de cette mondialisation.  Mais on continuera, car la démocratie de l’avoir est, hélas, sans choix.

Mais qui donc connaît le Dr. Gobbels ? Mais qui se rend compte des corsets qui étouffent de par le contrôle inconscient des pubs et des grands rêves des mégalomanes certifiés ?

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Par un de ces matins, l’été dernier , je suis allé arroser les plants de tomates du jardin, la laitue,  les fèves, et je les ai baptisées avec de l’eau pour qu’ils poussent. Qu’y-a-t-il de plus important que de se lever un matin, boire un café, s’habiller à effrayer les oiseaux et admirer le ciel ? Nous avons assassiné la chance de vivre simplement et d’être, d’une certaine manière, heureux. Dans ce monde de « matière », la misère existe. Ne porter que son corps chargé d’eau en est déjà une. Les relations humaines, elles, sont devenues de plus en plus difficiles. Chacun est devenu avocat et juge de l’autre.  Pis encore, le prêcheur de la télé est un économiste. C’est la nouvelle prêtrise d’une laïcité qui écourte l’existence à cette infime aventure terrestre.

Si on ne croit plus à « rien », ce n’est pas parce qu’il n’existe pas une aventure des âmes-dieux dans cet univers. C’est qu’on vous la tue.  Ce fut-là deux siècles affolés de guerres qui ont finalement menés à une division encore plus scalpelisée. Les uns contre les autres. Les groupies. Ils n’ont plus de pays, ils ont un emploi.

Nous sommes en train de couler par le fendillement de la coque d’un petit navire : le corps. Voilà que le moteur central, le cerveau, a pris toute la place. Et  c’est lui qu’on arrose de par toutes les pseudos trouvailles pour rafistoler le navire social.

Dans le grand jardin, tout délimité par les formes de possession, ce qu’il aurait fallu arroser, c’est la belle simplicité et prendre soin de l’Eden et de ses habitants. Hélas ! On a choisi la voie la plus obscures : compter, chiffrer, calculer, produire à grande échelle, etc.

En novlangue, cela se passe ainsi: « Vous êtes des nôtres. Allez et dépensez en vous joignant aux plaisirs des riches ».

C’est la course à la richesse systémique qui a créé la pauvreté actuelle. Et nous n’avons pas fini d’être pauvres. Ce n’est que le commencement.

Gaëtan Pelletier

mercredi 5 avril 2023

Les vingt-quatre lucioles

Gaëtan Pelletier

Je grignote les heures et  la vie. Pour ne rien manquer…

Parfois a pleines dents, quelquefois à  grandes lippées, comme lorsqu’en appétit,  la faim ne trouvait pas la bouche assez grande….Ici, le repas est le temps…On craint toujours qu’il n’y ait rien à bouffer après…

Je me suis levé du bon pied ce matin-là, le deuxième. Je n’avais pas le choix, je n’en avais que deux. Entre deux pieds, il faut choisir le moindre…Étant donné que  les oiseaux chantaient comme des  réveille-matin, je ne me suis pas plaint. C’est mieux qu’une sonnerie, ou que ce  camion teigneux qui fait sa moisson de vidanges à chaque jeudi, vers cinq ou six heures…Le coq du clocher n’a pas encore ouvert la bouche. Même le curé est endormi.

J’ai déjeuné et je me suis rasé : le miroir était picoté  de barbe. Un œil dans le jour, un autre dans la nuit. La nuit est une raclée. On ne sait pas avec qui on s’est battu, mais on a perdu. Le matin, on a tous un peu l’air d’une peinture de Picasso…Ou une ébauche…

Puis j’ai mis mon chapeau vert pour me jeter ensuite à quatre patte dans la terre. Tout à pour essayer  de purger  le petit potager des mauvaise herbes. Les mauvaises herbes, c’est comme la vie : plus il en pousse, plus le jardin pousse. Je me suis dit que cette année nous aurions un bonne récolte.

Un oiseau se pose sur une branche ballante… Il oscille au vent. Des insectes courent ça et là. Des fourmis, surtout. Tout bouge, tout ce qui existe cherche mes yeux, mes oreilles, mon nez. Après une nuit, c’est comme après un semblant de mort : tout nous semble neuf.

Ne rien faire de trop productif. C’est le but… S’il en est un.

Je me rends comptes, là, à quatre pattes, que j’essaie d’éteindre les cadrans. J’ai enlevé toutes les piles. Plus de boulot, plus de grandes ……??????? Du moins j’essaie…  Le ciel, lui aussi, est comme la vie : il a ses nuages noirs menaçants, ses trouées bleues, ses rayons qui balaient les étendues vertes, les clôtures, les pavés noirs d’asphalte.

Je me demandais, avant, pourquoi je faisais tout cela. Toutes ces cérémonies où le seul candélabre est un soleil qui me brûle. En même temps qu’il me fait vivre… Je sais maintenant… Je cherche à rétrécir le temps comme pour l’emboîter avant d’aller en boîte… L’étirer comme on étire un ruban de film de deux heures en regardant tous les détails des images. Attentif. Attentif en même temps que déchiré. Déchiré par l’impossibilité de cette réalisation et du cumul des frustrations qui en découlent. Je me rends compte que mon jardin, mon terrain, c’est la vie : avec ses fleurs annuelles côtoyant les poireaux qu’on peut laisser passer l’hiver, qui dorment sous la neige et renaissent au printemps. Les annuelles, elles, si belles, elles, ne durent que quelques jours… On dirait les amours qui se sont faites couleurs. Rien que pour vous montrer que la passion n’est qu’une luciole un soir de juillet.

Je vais retourner à la pêche. Longer la rivière, être une bouffe à mouches… Mais heureux de l’entendre chuinter, bruisser, ou bien hurler dans ses chutes d’eau. Je regarderai les torrents en vrille, les trous ombrées où se cachent les truites. Je serai seul à parler, comme un fou, comme s’il me manquait quelqu’un pour m’accompagner, mais que j’étais seul dans l’univers. Un vingtroisième…  Des reflets danseront. Mes yeux danseront avec eux.

Ce qui m’amène à penser à mes vers qui dorment dans la cave. Je leur râpe des carottes pour les nourrir. Ils sont vivaces… Rougeoyants… Comment ont-ils pu attraper un  coup de soleil enfouis dans ce sol vaseux ?

Midi.

Douche.

Sieste. Qui finit par les amours. On se couche en humains, on se réveille en lapins…

Mon amour est une horloge, et je suis son aiguille…

Midi ou minuit, c’est pareil…

19h00 : Visite à ma mère. On parle de l’amour, de la mort, de la guerre… Et de cet oncle enivré, emmené à l’hôpital dans un état comateux, et qui, en transport dans l’ambulance, se fait peinturlurer les ongles et dessiner du rouge à lèvre…La vie est une série de tableaux… Un peu comme au cinéma…24 images par seconde… Mais on ne les voit pas. Tout bouge. Illusion. Le problème c’est de le savoir. De savoir comment tout cela fonctionne. Le soleil, lui, passe trente fois par mois. C’est aussi une illusion. Et c’est tant mieux pour ceux qui ne le savent pas. Les amérindiens comptaient le temps en lunes, je crois… Rien que pour se guider un peu sur ce qui pousse et qui meurt.

Le soir venu, on a regardé le film « Les heures »… J’y ai vécu trois femmes dans des amours compliqués et des incompréhensions indicibles… Des déchirements… Ceux du temps… Ceux des amours…. Et au moment où Virginia Woolf plonge dans la rivière pour se noyer, je me dis « À quoi bon ? »…

Je suis dans une rivière où les reflets de la lumière passent  par des trous sombres, des vrilles excitantes, des moments calmes. Et tout alentour, des moustiques. Comme à la pêche…

Je pêche de l’éternité dans une rivière de temps… J’apprends à nager hors de l’eau…

Et mon je n’est qu’une luciole du NOUS… Mais la luciole est à la fois tout…24 lucioles pourraient donner l’illusion que le ciel, un beau soir, est un jour… Et pour toujours…

P.S.: En relisant ce petit texte, aujourd’hui (2017), je constate que ma mère est décédée l’année suivante, presque à la même date. Une luciole est partie… C’était, il me semble, hier…

Gaëtan Pelletier

mardi 3 janvier 2023

La noyade des kapos

Gaëtan Pelletier

La vie s’en va comme un accident au ralenti… 

Et l’imbécillité de l’obscurantisme est toute cachée derrière les dirigeants. Nul politicien, ni même économiste ne peut maintenant tracer un portrait « réel » de la situation planétaire. Nous avons perdu tout contrôle sur nos vies, et nous nous déployons avec joliesse – et bien hardie, quoique naïve – nos pancartes, afin de  tenter de sauver cette société déchiquetée par les lions de la finance.

La berlue la plus totale ! À se demander si nous ne sommes pas piégés comme des rats dans les égouts d’un monde toujours rapiécé, comme jadis rapiéçait ma grand-mère, ses bas.

Dans un monde de « grands projets » – comme s’il se voulaient d’améliorer le monde - nous nous retrouvons sous un amas d’avocasseries, de visions brouillées et de mensonges éhontés. Ford a créé la chaîne de montage, mais les économistes et les affairistes déshumanisés ont créé une machine à enterrer l’argent.

Pour en sortir, il ne faudra pas simplement prendre la Bastille, mais prendre la Terre qui appartient à tous.

Voulait-t-on vraiment nous sortir de la misère du défrichage de la terre, de la semence, de la dureté des climats, de la faim ? On l’a fait pour nous enfoncer dans un misérabilisme soigné et parfumé. Une odeur de sainteté !… Mais, au fond, une puanteur extrême et une destruction lente mais « continue » de maman-Terre.

Les beaux mensonges !

Même si nous luttons contre le changement climatique, nous ne pouvons lutter contre l’avidité absurde du carnassier singe à cravate. L’invasion la plus barbare depuis la naissance de cette humanité est celle de l’actuel personnage qui a fabriqué le robot le plus nocif : le cryptage de l’économie.

Dès lors, il ne reste qu’une solution : diluer ce poison en divisant pour régner. Il faut fragmenter et se réunir en noyaux de résistance. Mais, étant donné qu’on nous a appris, et bien appris, à être individualistes, nous avons perdu notre capacité à vivre en clans.

Nous avons la plus architecturale forme de propagande qui puisse exister : celle dans laquelle l’État est condensée en un Goebbels estampillé… La propagande, c’est l’école. La propagande, c’est de croire que la réussite technique est un gage de réussite sociale. Que la réussite de quelques-uns est la réussite de tous.

De tous les temps, il n’y a jamais eu autant d’esclaves, autant de manipulation, autant de chefs miteux.

Nous vivons dans une usine à transformer des humains en des bêtes de somme.

Mais le plus angoissant est de prendre conscience que ceux qui devraient nous faire prendre conscience ont perdu tout contrôle et tout portrait d’un monde  soufflé par la monstruosité d’un charabia dans lequel se tortillent dirigeants et kapos vertueux.

Gaëtan Pelletier

 

dimanche 1 janvier 2023

Le réveil-oiseau

Gaëtan Pelletier

Je rêve de redevenir vieux et tranquille. Ridé comme un océan, mais l’esprit lisse comme un enfant qui joue de la flûte sans rêver d’être Mozart et enchanté.

Et j’y travaille, tout paresseux, et c’est bien ainsi. Hier, dans le jardin, les oiseaux cherchaient des vers comme des poètes affamés. Je les louchais, en souriant, parce qui donc aujourd’hui s’attarde aux oiseaux ?   Les enfants vont sur le net pour les voir…

Les oiseaux poussent dans les arbres. Mon voisin a tellement d’arbres que le terrain sur lequel nous habitons est une sorte de banlieue. J’étais assis, au petit coin d’ombre, sur la marche que j’ai poli dix fois, toute égratignée. Un peu à l’image du monde : plus il en passe, plus il est éraflé.

En ce moment, la Terre a l’air d’une tête de juive conduite dans un camp de concentration. On fera des tapis avec le poil !... J’ai vu tous les écrits savant du net. Enfin ! Pas tous. Mais comme ils sont gémellaires, on finit par rendre sa lassitude et soupirer.

Je reviens aux oiseaux… Une fois le jardin arrosé, dans les minimes crevasses, dans les creux en bols, ils y ont trouvé une piscine. Je ne sais pas qui j’ai pu rendre heureux en ce monde, mais les oiseaux avaient l’air de se farcir de ce festin d’eau. Ils batifolaient, s’ébattaient, et dans cette belle frétillance, un mouvement si rapide, en ressortait une sorte d’aura d’eau Eldorado. L’eau est un trésor… Et nous sommes constitués d’au moins 70% d’eau. On peut donc servir à la fracturation du gaz de schiste…

Les oiseaux me reviennent.

Ce que je déteste des oiseaux est de les voir lever la tête et demander au ciel où se trouvent les vers, les graines, les pailles, alors que nous il nous faut calculer, embaucher une firme d’ingénieurs, la tête haute, casqués.

Le réveille-oiseau

De temps en temps, j’écris la nuit. Les oiseaux me réveillent… Quand ils commencent à chanter, la fenêtre est ouverte, l’air entre, le rideau fait des flaques sonores sur l’encadrement. Les oiseaux me réveillent pour me dire que le temps d’écrire est terminé.

J’enlève mes ailes et je m’en vais sur mon oreiller sans plumes. Le petit cadran volant me dit d’aller au lit-nid.

« Dieu » leur a implanté une sorte d’instrument à vent dans la gorge… Je ne sais. Ils se parlent entre eux dans la forêt. Je me souviens d’un jour en Abitibi où je travaillais l’été et que le soir, après le travail, je sortais pour écouter les oiseaux.

Peu importe où ils meurent, leur génie est de transmettre le même langage pratique à travers les âges. Et c’est la raison pour laquelle ils sont toujours là. Tandis que nous… On ne sait pas.

Gaëtan Pelletier

samedi 31 décembre 2022

La culture des évidés

Gaëtan Pelletier

Voilà ! Les « fêtes » sont en train de se terminer. 

Finies les folies de la gente acheteuse qui s’encombre d’objets qui iront au dépotoir. Les dépotoirs attendront. Ils sont patients les dépotoirs, ils peuvent attendre des décennies avant de se remplir la bedaine, de se nourrir des déchets de Noël ou autres carcasses des festifs affolés.

Plus nous remplissons nos dépotoirs, plus nous creusons notre tombes. Et nous continuerons jusqu’à l’épuisement des stocks. On pourra geler, puisque l’énergie vint à manquer,  mais pour les jouets, voyages et paysages, on prêtera de l’argent, jusqu’à concurrence de l’infini.  Achetons ! C’est notre dernier destin. Soyons gargantua à plaisirs égarés. Gavons-nous tels des oies, des canards, des fourmis. Soyons gavés et repus, puisqu’après la terre nous aurons tout notre temps pour aller roter dans l’éternité ou le néant. 

Les Chinois produisent à écœurement-que-veux-tu. Ils gagnent leur vie assis dans des usines de productions, des jours, des semaines, des ans, des décennies, des siècles. On produit de l’enlisement continu. On produit du plastique à polluer l’amère  méditerranée, là où les poissons colorés sont en train de devenir mats, aux teints décolorés, et probablement non mangeables. Trop toxiques.  

Dans mon coin. Que dis-je ? Mon recoin de pays. Tout petit. Tout petit. Il est un type qui a acheté une église pour y planter de la laitue et de fines herbes. Avant, on y plantait des humains pour faire de la lumière dans leurs corps froissé par l’existence perverse et ignare. Maintenant, toute la lumière accumulée sert à faire pousser la laitue. Sauf que… Sauf que…Ça n’a pas marché. On dirait qu’ils vont bientôt failliter. Ils ont moins de revenus que de dépenses. Ils ont rêvé, comme Elon Musk, en plus minus, mais avec la même technique de rêves de grandeurs. Habillons-nous en lui. Viva ! la Muskarade. L’idolâtrie fait fondre les humains. Ils sont en chaleurs d’imitations. Ils ont de l’eau plein les aisselles, plein la tête. Ils sont pleins de vides.  

Nous sommes les bâtisseurs de bâtisseurs. est en train de bâtir un beau tombeau rose à longueur d’année et qu’on donne un bon coup de pelle pendant les « fêtes » qui consistent à manger plus que manger trop, à acheter plus que d’acheter trop et de se faire partisan du « jetting ». Je jette, donc je suis. Ou j’achète. Mais qui achète, jette. 

La vie dans les pays « riches », c’est comme Hollywood : on se fait de grands films dans la tête. Ils appellent cela de « grandes productions ». Toutes artificielles. Mais vraies comme nous le sommes. Artificiels et acheteurs de folies jetables. 

C’est la loi de l’inversitude : plus les magasins sont pleins, plus les têtes sont évidées. 

Gaëtan Pelletier