dimanche 27 octobre 2024

Cuba, la crise et le blocus

Antoine Manessis

Cuba a subi l'effondrement du système électro-énergétique national, la déconnexion totale du système. 

Les causes de cette situation résident dans les niveaux d'usure des unités qui font fonctionner le système de production d'énergie à Cuba, des centrales de diverses origines, de divers pays. Le principal problème  est qu' il est nécessaire d’acheter des pièces de rechange auprès d’entreprises de ces pays. Or du fait du blocus étasunien, Cuba n'a pas pu investir dans ces usines. L'inclusion de Cuba sur la liste des États soutenant le terrorisme a considérablement aggravé la situation de l'île et l'a empêché d'accéder aux systèmes financiers internationaux. Le gouvernement des États-Unis fait pression sur les entreprises et les Etats pour qu'ils ne vendent plus de pièces détachées à Cuba exerçant un chantage commercial et financier, menaçant de rétorsions sur le marché étasunien ceux qui oseraient enfreindre la loi de l'Empire.

Les États-Unis étranglent Cuba, l'asphyxient de façon que l'île n’ait plus de carburant, d’électricité ou de moyens de transport, et que son économie s’effondre. L'impérialisme étasunien n'a jamais accepté la présence sous son nez, à quelques kilomètres des côtes de Floride, d'un Etat qui ne lui fut pas soumis. D'autant que, pendant des décennies, Cuba a été un exemple pour les peuples d'Amérique latine en lutte contre des dictatures soutenues pas Washington.

Le blocus c'est, par exemple, des navires chargés de produits alimentaires achetés par Cuba, qui sont à Cuba et qui n'ont pas pu être déchargés parce que le gouvernement cubain n'a pas trouvé de banque vers laquelle transférer l'argent qu'il a engagé auprès des entreprises d'approvisionnement. C’est-à-dire que, bien qu'ayant l'argent, Cuba n'a pas la possibilité d’obtenir de la nourriture du fait du blocus financier et du chantage étasunien sur le système financier international.

À cette situation politico-économique dramatique s'est ajoutée une tempête tropicale qui a provoqué des catastrophes, des glissements de terrain, des inondations et six morts.

Des manifestations d'exaspération ont eu lieu, bien compréhensibles après tant d'années de difficultés, de crises, de pénuries.

Face à  cette situation le gouvernement cubain a demandé à être associé aux BRICS. Il y voit une manière de lutter contre l'hégémonie étasunienne dont il ressent le nœud coulant autour de sa gorge.

L'exécutif de Joe Biden n'a en rien amélioré ses relations avec Cuba. Donald Trump est une ennemi fanatique de l'île qui a considérablement durci le blocus. Il ne semble pas que Kamala Harris veuille apporter un changement positif à cet égard même si une fraction progressiste des démocrates expriment une volonté de relâcher l'étau criminel contre Cuba. 

Cela ne signifie pas que les orientations et les choix politiques des gouvernements cubains n'aient pas une part de responsabilité dans la situation de l'île. Cela ne veut pas dire que les aspirations démocratiques du peuple cubain soient pleinement satisfaites. 

Mais quels que soient les critiques vis à vis du pouvoir issu de la révolution de 1959, ce qui est incontestable et incontournable est l'exigence de lever le blocus étasunien contre Cuba. La levée du blocus est même une condition de l'amélioration de la situation sur l'île tant du point de vue social que démocratique. 

Le comportement de la Maison blanche à l'égard de Cuba est condamné par la communauté internationale, l'assemblée générale des Nations-Unies, à la quasi l'unanimité, seuls les États-Unis et Israël ont voté contre la levée du blocus.

Antoine Manessis

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