dimanche 26 avril 2009

HELIOTROPES & De « Mort sans fin »

(Héliotropes d'Athanase Vantchev de Thracy, en version française, suivit par De "Mort sans fin" de José Gorostiza, en version française et espagnole)

HELIOTROPES

par Athanase Vantchev de Thracy

A José Gorostiza

“Grains de Cristal, pures Rosées”




(Oeuvre de Redon)

Le père Martial de Brives

Le jour est beau qui porte des camélias blancs
Sur son cœur !

Des tourterelles luisantes
Passent et repassent,
Telles des pages de bonheur,
Dans mon esprit !

J’entends le soyeux bruit de leurs ailes !

Ah, comme j’aime la douce rondeur
De mots du matin,
Les gouttes de sang
Des héliotropes !

Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 20 avril 2009


Glose :

Héliotrope (n.m.) : du grec héliotropion / ‘ηλιοτρόπιον, « tournesol », « sorte de pierre précieuse ». Quartz microcristallin. Synonyme : jaspe sanguin, pierre des martyrs, jaspe vert, pierre de sang. L’héliotrope est une pierre d’un vert sombre uniforme contenant des taches rouges d’oxyde de fer ressemblant à des gouttes de sang. Des pouvoirs magiques lui furent attribués au Moyen Âge car ses taches rouges faisaient penser à des gouttes de sang du Christ.

José Gorostiza (1901-1973) : poète mexicain. Maître de la perfection formelle. Il a appartenu au fameux groupe des Contemporains (1928-1931). Gorostiza fut professeur de littérature mexicaine à la Faculté de Philosophie et de Lettres modernes à l'Université du Mexique (1929) ; de l'Histoire moderne à l'École Normale Supérieure (1932) ; chef du département des Beaux Arts au Ministère de l’Education Nationale.

Le père Martial de Brives (vers 1600 – avant 1653) : moine capucin et poète religieux. Son Parnasse séraphique (1660) contient de très beaux poèmes baroques.


* * *



José Gorostiza
(San Juan Bautista, aujourd’hui Villahermosa, Tabasco, en 1901 – Mexique DF, 1973)


De « Mort sans fin »

- extraits

O, quelle joie aveugle,
Quelle soif d’utiliser à fond
L’air que nous respirons,
La bouche, l’œil, la main.
Quelle démangeaison vive
De dépenser tout de nous-mêmes
En un seul éclat de rire.
O, cette mort impudente, insultante,
Qui nous assassine de très loin,
Par delà le plaisir d’avoir envie à mourir
D’une tasse de thé...
D’une petite caresse.

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... ce mourir entêté et incessant,
cette mort vivante,
qui te poignarde, ô mon Dieu,
dans ton travail rigoureux,
dans les roses, dans les pierres,
dans les étoiles indomptables,
et dans la chair qui se consume
comme un feu de joie allumé par une chanson,
un rêve,
une nuance de couleur qui attire l’œil,

... et toi, toi-même,
tu es peut-être mort depuis une éternité, là-bas,
sans que nous le sachions,
nous qui sommes des résidus, des cendres, des fragments de toi ;
toi qui es encore présent,
comme une étoile cachée par sa propre lumière,
une lumière vide sans étoile
qui vient à nous,
camouflant
son désastre infini.

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José Gorostiza

De «Muerte sin fin»

- extractos

Ay, una ciega alegría,
un hambre de consumir
el aire que se respira,
la boca, el ojo, la mano;
estas pungentes cosquillas
de disfrutarnos enteros
en un solo golpe de risa,
ay, esta muerte insultante,
procaz, que nos asesina
a distancia, desde el gusto
que tomamos en morirla,
por una taza de té,
por una apenas caricia.

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Ay, esta muerte insultante,
procaz, que nos asesina
a distancia, desde el gusto
que tomamos en morirla,
por una taza de té,
por una apenas caricia.


¡Tan, tan! ¿Quién es? Es el Diablo,
es una muerte de hormigas
incansables, que pululan
¡oh Dios! sobre tus astillas;
que acaso te han muerto allá,
siglos de edades arriba,
sin advertirlo nosotros,
migajas, borra, cenizas
de ti, que sigues present
ecomo una estrella mentida
por su sola luz, por una
luz sin estrella, vacía,
que llega al mundo escondiendo
su catástrofe infinita.

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