par Eduardo Gudynas
La crise économique qui a débuté aux Etats-Unis atteint maintenant l'Amérique latine et s'exprime tant sur le plan financier que sur celui de la production. Ces derniers mois, les nouvelles sont identiques dans presque toutes les capitales. La baisse des exportations, due à la réduction des achats par les pays industrialisés, se conjugue à une baisse du prix des principaux produits exportés par l'Amérique latine. Le crédit disponible s'amenuise, de même que les marges de manœuvre dont disposent les gouvernements.
En y regardant de plus près, on constate que cette débâcle planétaire est aussi une crise du modèle de développement extractiviste. L'accès aux crédits internationaux et les possibilités d'exporter ne sont pas seuls en cause ; les mécanismes essentiels qui soutiennent le développement basé sur l'extraction des ressources naturelles et leur vente sur les marchés mondiaux chancellent.
De nombreux gouvernements, de Nestor Kirchner en Argentine à Alan García au Pérou, ont bénéficié dans le passé d'un excellent contexte économique, caractérisé par une forte croissance basée sur leurs exportations élevées. Mais, en réalité, cette conjoncture favorable résultait, dans une large mesure, de facteurs externes (forte demande internationale et prix élevés), et ces gouvernements n'en ont pas profité pour créer un type de développement autonome. Ils ont pratiquement tous opté pour un renforcement de la stratégie économique extractiviste, misant en masse sur l'agrobusiness, le pétrole et le gaz naturel, ainsi que sur les métaux comme l'aluminium ou les alliages de fer. Même le Brésil, un pays qui se présente comme une économie industrialisée, garde un profil exportateur ; les matières premières constituent près de la moitié de ses exportations.
A titre d'exemple, prenons le soja, principal produit d'exportation de pays comme le Brésil, l'Argentine ou le Paraguay. Son prix avait grimpé jusqu'à 600 dollars la tonne. Il a ensuite perdu la moitié de sa valeur, et selon les projections pour les prochains mois, il devrait stagner aux alentours des 300 dollars. Les prix du maïs, du blé et d'autres produits agroalimentaires ont également chuté, et le marché des biocombustibles s'est contracté.
La crise économique qui a débuté aux Etats-Unis atteint maintenant l'Amérique latine et s'exprime tant sur le plan financier que sur celui de la production. Ces derniers mois, les nouvelles sont identiques dans presque toutes les capitales. La baisse des exportations, due à la réduction des achats par les pays industrialisés, se conjugue à une baisse du prix des principaux produits exportés par l'Amérique latine. Le crédit disponible s'amenuise, de même que les marges de manœuvre dont disposent les gouvernements.
En y regardant de plus près, on constate que cette débâcle planétaire est aussi une crise du modèle de développement extractiviste. L'accès aux crédits internationaux et les possibilités d'exporter ne sont pas seuls en cause ; les mécanismes essentiels qui soutiennent le développement basé sur l'extraction des ressources naturelles et leur vente sur les marchés mondiaux chancellent.
De nombreux gouvernements, de Nestor Kirchner en Argentine à Alan García au Pérou, ont bénéficié dans le passé d'un excellent contexte économique, caractérisé par une forte croissance basée sur leurs exportations élevées. Mais, en réalité, cette conjoncture favorable résultait, dans une large mesure, de facteurs externes (forte demande internationale et prix élevés), et ces gouvernements n'en ont pas profité pour créer un type de développement autonome. Ils ont pratiquement tous opté pour un renforcement de la stratégie économique extractiviste, misant en masse sur l'agrobusiness, le pétrole et le gaz naturel, ainsi que sur les métaux comme l'aluminium ou les alliages de fer. Même le Brésil, un pays qui se présente comme une économie industrialisée, garde un profil exportateur ; les matières premières constituent près de la moitié de ses exportations.
A titre d'exemple, prenons le soja, principal produit d'exportation de pays comme le Brésil, l'Argentine ou le Paraguay. Son prix avait grimpé jusqu'à 600 dollars la tonne. Il a ensuite perdu la moitié de sa valeur, et selon les projections pour les prochains mois, il devrait stagner aux alentours des 300 dollars. Les prix du maïs, du blé et d'autres produits agroalimentaires ont également chuté, et le marché des biocombustibles s'est contracté.
Les conséquences sociales et environnementales de ces chutes de prix sont très claires. Par exemple, et pour rester dans le domaine l'agriculture, celle intensive en capital (par exemple pour l'acquisition de pièces détachées de tracteurs ou de moissonneuses-batteuses ou l'usage intensif de produits agrochimiques) devrait entrer en crise. La solution à ce problème est de miser sur des formes de production dont les coûts sont moindres (la valeur de la terre en particulier), et se limiter aux infrastructures existantes. En Amazonie centrale (par exemple dans le Rondonia, l'Acre ou dans d'autres Etats de l'arc de déforestation amazonien du Brésil), mais aussi dans les régions voisines du Pérou (route interocéanique sud), dans l'est de la Bolivie, l'est du Paraguay et le nord de l'Argentine, la frontière agricole pourrait avancer sur des zones sylvestres. La crise aura de graves conséquences pour l'environnement. Parallèlement, elle frappera de plein fouet l'agriculture familiale et paysanne.
Le commerce agricole international va se trouver confronté à d'énormes difficultés. Le système d'aide est en passe de changer. Dans l'Union européenne, par exemple, la crise économique rend de plus en plus difficile la politique des subsides à l'agriculture ; on envisage d'y imposer des barrières tarifaires classiques pendant qu'aux Etats-Unis, les agriculteurs ont de plus en plus de peine à obtenir des crédits. Enfin, en Chine (l'un des principaux destinataires des exportations latino-américaines), le Comité central du Parti communiste a décidé d'autoriser l'achat et la location de terres par des particuliers, des coopératives et même des entreprises, une décision qui transformera complètement la campagne chinoise. Si, en 2009, ce nouveau capitalisme rural améliore la productivité, il faudra compter sur une chute des importations en provenance d'Amérique latine.
Dans le même temps, la situation va se compliquer pour le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur, ainsi que, mais dans une moindre mesure toutefois, pour le Pérou et le Brésil. En effet, ces pays verront leurs revenus diminuer en raison de l'effondrement du prix des hydrocarbures et de la réduction de leurs exportations. De plus, tout au long de l'année, l'exploration, la prospection et l'exploitation de nouveaux gisements (particulièrement au Pérou et en Equateur) connaîtront un ralentissement. La Bolivie, qui freine sa production d'hydrocarbures– elle est même descendue en deça de ses propres objectifs – est maintenant confrontée à une baisse de la demande de la part du Brésil. Parallèlement, les énormes investissements nécessaires à l'exploitation des gisements océaniques du Brésil vont aussi rester en suspens. Conséquence de cette nouvelle situation : faute de crédit, l'entreprise norvégienne chargée de la construction des plateformes pétrolières marines (Sevan Marine) a pratiquement cessé le montage, suspendant ainsi toutes les commandes de Petrobras.
Le commerce agricole international va se trouver confronté à d'énormes difficultés. Le système d'aide est en passe de changer. Dans l'Union européenne, par exemple, la crise économique rend de plus en plus difficile la politique des subsides à l'agriculture ; on envisage d'y imposer des barrières tarifaires classiques pendant qu'aux Etats-Unis, les agriculteurs ont de plus en plus de peine à obtenir des crédits. Enfin, en Chine (l'un des principaux destinataires des exportations latino-américaines), le Comité central du Parti communiste a décidé d'autoriser l'achat et la location de terres par des particuliers, des coopératives et même des entreprises, une décision qui transformera complètement la campagne chinoise. Si, en 2009, ce nouveau capitalisme rural améliore la productivité, il faudra compter sur une chute des importations en provenance d'Amérique latine.
Dans le même temps, la situation va se compliquer pour le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur, ainsi que, mais dans une moindre mesure toutefois, pour le Pérou et le Brésil. En effet, ces pays verront leurs revenus diminuer en raison de l'effondrement du prix des hydrocarbures et de la réduction de leurs exportations. De plus, tout au long de l'année, l'exploration, la prospection et l'exploitation de nouveaux gisements (particulièrement au Pérou et en Equateur) connaîtront un ralentissement. La Bolivie, qui freine sa production d'hydrocarbures– elle est même descendue en deça de ses propres objectifs – est maintenant confrontée à une baisse de la demande de la part du Brésil. Parallèlement, les énormes investissements nécessaires à l'exploitation des gisements océaniques du Brésil vont aussi rester en suspens. Conséquence de cette nouvelle situation : faute de crédit, l'entreprise norvégienne chargée de la construction des plateformes pétrolières marines (Sevan Marine) a pratiquement cessé le montage, suspendant ainsi toutes les commandes de Petrobras.
(Mine de cuivre au Chili - Source photo : pbase.com/nvuillemin
Enfin, les prix des minerais ont eux aussi chuté. Le coup est particulièrement dur pour les pays andins, mais le Brésil et l'Argentine ne sont pas épargnés. Le cuivre, par exemple, a retrouvé son prix de fin 2005. Déjà visibles, les effets de cette tendance ne feront que s'accentuer en 2009 : suspension de nouveaux projets d'investissement, affaiblissement de la petite industrie minière andine (comme c'est déjà le cas au Pérou), aggravation des problèmes de la pauvreté et dégradation des performances environnementales.
Qu'il s'agisse des hydrocarbures ou des minerais on a parfois tenté, par le passé, de compenser la chute des prix internationaux en augmentant de façon massive les volumes extraits, mais les conséquences sociales et écologiques de ce choix se sont révélées extrêmement négatives. A mesure que les problèmes économiques s'aggravent en Amérique latine, la concurrence pour exporter et pour attirer les capitaux internationaux s'intensifie. Par conséquent, les gouvernements se montrent de plus en plus réticents à renforcer les exigences et le contrôle dans le domaine de l'environnement, considérés comme des entraves aux investissements, à l'instar du Brésil, qui cherche déjà à assouplir les règles de protection de l'Amazonie, ou de l'Argentine, dont la présidente, Cristina Fernández de Kirchner, vient d'apposer son veto à une loi qui empêcherait toute activité minière dans les glaciers des Andes.
Ni les gouvernements, ni de nombreux intellectuels, ne semblent prendre conscience du fait que nous sommes face à une crise du modèle extractiviste. Cette idée du développement comme croissance économique garantie par les exportations de biens primaires se heurte désormais non plus uniquement à des limites internes – lesquelles s'expriment sous la forme de conflits sociaux locaux et de dégâts écologiques – mais également à des limites externes. Qu'à cela ne tienne, on s'acharne à aller sur cette voie. Nombre de gouvernements comptent sortir de la crise en appliquant à ces secteurs des stratégies de soutien et de subsides. Pour preuve, les paquets successifs de crédits accordés par le Brésil dans le but d'appuyer les exportations agro industrielles, ou la récente approbation, en Equateur, de la loi minière, qui encourage la production transnationalisée et renoue avec la conception de l'extractivisme d'exportation comme moteur du développement.
Cette question devient une urgence pour 2009 : la stratégie extractiviste, consistant à exploiter la Nature afin d'exporter des matières premières vers les marchés mondiaux, n'est pas durable sur les plans économiques, sociaux et environnementaux. Par conséquent, les gouvernements, mais également les mouvements sociaux, doivent comprendre qu'il est nécessaire de concevoir des modes de développement structurés différemment. Plutôt que d'exporter des matières premières, il faut les utiliser dans des chaînes de production propres et partagées, où l'on puisse créer de véritables emplois et réduire l'impact social et environnemental.
(Traduction : Chloé Meier, pour RISAL.info.)
- Eduardo Gudynas est analyste de l'information au CLAES D3E (Montevideo).
http://alainet.org/active/29061
- Eduardo Gudynas est analyste de l'information au CLAES D3E (Montevideo).
http://alainet.org/active/29061
* * *
Crisis económica y la crítica al desarrollo extractivista
Eduardo Gudynas
La crisis económica iniciada en Estados Unidos ha alcanzado a Latinoamérica y se expresa tanto en el plano financiero como en el productivo. En los últimos meses se repiten noticias similares en casi todas las capitales. Las exportaciones comienzan a caer por la reducción de las compras en los países industrializados, simultáneamente con un descenso del precio de los principales productos exportados por América Latina. El crédito disponible es escaso y las capacidades de maniobra de los gobiernos se estrechan.
Un examen de esta situación indica que esta debacle global también representa una crisis del modelo extractivista de desarrollo. No es sólo una cuestión del acceso al crédito internacional o los problemas para colocar exportaciones, sino que se tambalean los mecanismos esenciales que sostenían un desarrollo enfocado en extraer recursos naturales y venderlos a los mercados globales.
Muchos gobiernos, desde Néstor Kirchner de Argentina a Alan García en Perú, disfrutaron en el pasado de un excelente escenario económico, con un alto crecimiento económico sustentado por sus elevadas exportaciones. Pero en realidad ese cambio se debía en buena medida a factores externos (alta demanda internacional y elevados precios), y estos gobiernos no aprovecharon esa coyuntura para generar un estilo de desarrollo propio y autónomo. Casi todos los países apostaron por profundizar todavía más la estrategia económica extractivista, donde las estrellas fueron el agronegocio, el petróleo y gas natural, y metales como aluminio o hierro a medio procesar. Incluso Brasil, que se presenta a sí mismo como una economía industrializada, mantiene un perfil exportador donde casi la mitad de los productos que vende son materias primas.
Un buen ejemplo es la situación de la producción de soja, el principal producto de exportación de países como Brasil, Argentina y Paraguay. Su precio había alcanzado picos en el orden de los US$ 600/ton, para caer a casi la mitad, y con proyecciones para los próximos meses de US$ 300/ton. También ha caído el precio del maíz, trigo y otros productos agroalimentarios, mientras que el mercado de biocombustibles se ha contraído.
Las implicaciones sociales y ambientales de este tipo de caídas son muy claras. Por ejemplo, siguiendo en el caso de la agropecuaria, seguramente se endentecerá la agricultura intensiva en capital (como por ejemplo el recambio de tractores o cosechadoras, uso intensivo de agroquímicos, etc.). La salida para este problema es apostar a las formas de producción allí donde los costos son menores (especialmente el valor de la tierra), y hasta donde lo permita la red de infraestructura actualmente existente. Consecuentemente se podrían esperar avances de la frontera agropecuaria sobre áreas silvestres en la Amazonia central (por ejemplo en Rondonia y Acre y otros estados del “arco de deforestación amazónica” en Brasil), pero también en las zonas adyacentes de Perú (carretera Interoceánica Sur), en el oriente de Bolivia, oriente de Paraguay, y norte de Argentina. La crisis generará un mayor impacto ambiental. Paralelamente, la agricultura familiar y campesina será muy golpeada.
El comercio internacional agropecuario se encamina a mayores complicaciones. El sistema de apoyos cambiará, y por ejemplo la crisis económica hace que en la Unión Europea los sistemas de apoyo basados en el pago de subsidios se vuelvan cada vez más dificultoso, y se juegue con la idea de imponer trabas arancelarias clásicas. Entretanto, a los agricultores de EE.UU. también se les hace cada vez más difícil acceder al crédito. Finalmente, no es un tema menor que en China (uno de los principales destinos de nuestras exportaciones) el Comité Central del Partido Comunista resolvió el pasado octubre permitir la compra o alquiler de tierras, tanto con personas, cooperativas o incluso empresas. Esto tendrá enormes efectos en el medio rural chino, y habrá que ver si en 2009 este nuevo capitalismo rural permite mejorar la producción (con la cual caerán las importaciones desde América Latina).
Entretanto, también se observa un desplome en el precio de los hidrocarburos con lo cual en 2009 se complica la situación en Venezuela, Bolivia, Ecuador (y en parte Perú y Brasil). Como se reducen las exportaciones y ha caído el precio, los ingresos de esos países se verán muy recortados. Además, a lo largo de 2009 seguramente se enlentecerá la exploración, prospección y explotación de los nuevos yacimientos (especialmente en Perú y Ecuador). Bolivia mantiene estancada su producción de hidrocarburos, incluso por debajo de sus propias metas, y ahora enfrenta el problema de una reducción de la demanda desde Brasil. Asimismo, las enormes inversiones que necesitará la explotación de los yacimientos oceánicos de Brasil también quedarán en suspenso. Un claro ejemplo de este nuevo escenario es que la empresa noruega que construye las plataformas petroleras marinas (Sevan Marine), prácticamente ha suspendido su montaje debido a la falta de crédito, poniendo en suspenso todos los encargos de Petrobrás.
Finalmente, los precios de los minerales también se han desplomado. Esto afecta a casi todos los países andinos (y una vez más, en parte a Brasil y Argentina). Por ejemplo el cobre ha regresado al precio observado a fines de 2005. Las consecuencias ya se están observando, y se profundizarán en 2009: nuevos proyectos de inversión suspendidos, la pequeña minería andina muy afectada (como ya sucede en Perú), acentuando los problemas de pobreza y con peores performances ambientales.
Tanto en el caso de los hidrocarburos como los minerales, hay ejemplos históricos donde la caída de los precios internacionales desembocó en un intento de compensación por medio de un aumento mayúsculo en los volúmenes extraídos. Las consecuencias sociales y ambientales de ese camino han sido muy negativas.
A medida que avanzan los problemas económicos en América Latina, aumenta la competencia por las exportaciones y la atracción de capitales internacionales. Consecuentemente los gobiernos recrudecerán sus resistencias a elevar las exigencias y la fiscalización ambiental, en tanto es concebida como una traba a las inversiones. Hay varios ejemplos en marcha: en Brasil se intenta reducir las exigencias de protección en la Amazonia, mientras que en Argentina la presidenta Cristina Fernández de Kirchner acaba de vetar una ley que impediría la minería en los glaciares de los Andes.
Los gobiernos, y muchos académicos, no parecen tomar conciencia que estamos frente a una crisis del modelo extractivista. Esa idea del desarrollo como crecimiento económico alimentado por las exportaciones de bienes primarios encuentra ahora límites externos, los que se suman a sus límites internos, expresados por conflictos sociales locales y sus impactos ambientales. De todas maneras se insiste en el mismo camino, y no son pocos los gobiernos donde sus planes para superar la crisis se basan en apoyar y subsidiar esos sectores. Un ejemplo notable son los sucesivos paquetes de créditos para las exportaciones agroindustriales en Brasil, y otro es la reciente aprobación de la Ley Minera en Ecuador, la que alienta la producción transnacionalizada, y vuelve a apostar a la idea del extractivismo exportador como motor del desarrollo.
Esta cuestión se convierte en uno de los temas urgentes para 2009: la estrategia extractivista, basada en explotar la Naturaleza para exportar materias primas hacia mercados globales, es insostenible en los planos económicos, sociales y ambientales. Por lo tanto, los gobiernos y también los movimientos sociales, deben comprender que sigue siendo necesario generar estilos de desarrollo estructurados de otra manera, y en lugar de exportar materias primeras pasar a utilizarlos en cadenas productivas propias, compartidas, donde se genere empleo genuino y se pueda reducir el impacto social y ambiental.
- Eduardo Gudynas es analista de información en CLAES D3E (Montevideo).
http://alainet.org/active/28446
La crisis económica iniciada en Estados Unidos ha alcanzado a Latinoamérica y se expresa tanto en el plano financiero como en el productivo. En los últimos meses se repiten noticias similares en casi todas las capitales. Las exportaciones comienzan a caer por la reducción de las compras en los países industrializados, simultáneamente con un descenso del precio de los principales productos exportados por América Latina. El crédito disponible es escaso y las capacidades de maniobra de los gobiernos se estrechan.
Un examen de esta situación indica que esta debacle global también representa una crisis del modelo extractivista de desarrollo. No es sólo una cuestión del acceso al crédito internacional o los problemas para colocar exportaciones, sino que se tambalean los mecanismos esenciales que sostenían un desarrollo enfocado en extraer recursos naturales y venderlos a los mercados globales.
Muchos gobiernos, desde Néstor Kirchner de Argentina a Alan García en Perú, disfrutaron en el pasado de un excelente escenario económico, con un alto crecimiento económico sustentado por sus elevadas exportaciones. Pero en realidad ese cambio se debía en buena medida a factores externos (alta demanda internacional y elevados precios), y estos gobiernos no aprovecharon esa coyuntura para generar un estilo de desarrollo propio y autónomo. Casi todos los países apostaron por profundizar todavía más la estrategia económica extractivista, donde las estrellas fueron el agronegocio, el petróleo y gas natural, y metales como aluminio o hierro a medio procesar. Incluso Brasil, que se presenta a sí mismo como una economía industrializada, mantiene un perfil exportador donde casi la mitad de los productos que vende son materias primas.
Un buen ejemplo es la situación de la producción de soja, el principal producto de exportación de países como Brasil, Argentina y Paraguay. Su precio había alcanzado picos en el orden de los US$ 600/ton, para caer a casi la mitad, y con proyecciones para los próximos meses de US$ 300/ton. También ha caído el precio del maíz, trigo y otros productos agroalimentarios, mientras que el mercado de biocombustibles se ha contraído.
Las implicaciones sociales y ambientales de este tipo de caídas son muy claras. Por ejemplo, siguiendo en el caso de la agropecuaria, seguramente se endentecerá la agricultura intensiva en capital (como por ejemplo el recambio de tractores o cosechadoras, uso intensivo de agroquímicos, etc.). La salida para este problema es apostar a las formas de producción allí donde los costos son menores (especialmente el valor de la tierra), y hasta donde lo permita la red de infraestructura actualmente existente. Consecuentemente se podrían esperar avances de la frontera agropecuaria sobre áreas silvestres en la Amazonia central (por ejemplo en Rondonia y Acre y otros estados del “arco de deforestación amazónica” en Brasil), pero también en las zonas adyacentes de Perú (carretera Interoceánica Sur), en el oriente de Bolivia, oriente de Paraguay, y norte de Argentina. La crisis generará un mayor impacto ambiental. Paralelamente, la agricultura familiar y campesina será muy golpeada.
El comercio internacional agropecuario se encamina a mayores complicaciones. El sistema de apoyos cambiará, y por ejemplo la crisis económica hace que en la Unión Europea los sistemas de apoyo basados en el pago de subsidios se vuelvan cada vez más dificultoso, y se juegue con la idea de imponer trabas arancelarias clásicas. Entretanto, a los agricultores de EE.UU. también se les hace cada vez más difícil acceder al crédito. Finalmente, no es un tema menor que en China (uno de los principales destinos de nuestras exportaciones) el Comité Central del Partido Comunista resolvió el pasado octubre permitir la compra o alquiler de tierras, tanto con personas, cooperativas o incluso empresas. Esto tendrá enormes efectos en el medio rural chino, y habrá que ver si en 2009 este nuevo capitalismo rural permite mejorar la producción (con la cual caerán las importaciones desde América Latina).
Entretanto, también se observa un desplome en el precio de los hidrocarburos con lo cual en 2009 se complica la situación en Venezuela, Bolivia, Ecuador (y en parte Perú y Brasil). Como se reducen las exportaciones y ha caído el precio, los ingresos de esos países se verán muy recortados. Además, a lo largo de 2009 seguramente se enlentecerá la exploración, prospección y explotación de los nuevos yacimientos (especialmente en Perú y Ecuador). Bolivia mantiene estancada su producción de hidrocarburos, incluso por debajo de sus propias metas, y ahora enfrenta el problema de una reducción de la demanda desde Brasil. Asimismo, las enormes inversiones que necesitará la explotación de los yacimientos oceánicos de Brasil también quedarán en suspenso. Un claro ejemplo de este nuevo escenario es que la empresa noruega que construye las plataformas petroleras marinas (Sevan Marine), prácticamente ha suspendido su montaje debido a la falta de crédito, poniendo en suspenso todos los encargos de Petrobrás.
Finalmente, los precios de los minerales también se han desplomado. Esto afecta a casi todos los países andinos (y una vez más, en parte a Brasil y Argentina). Por ejemplo el cobre ha regresado al precio observado a fines de 2005. Las consecuencias ya se están observando, y se profundizarán en 2009: nuevos proyectos de inversión suspendidos, la pequeña minería andina muy afectada (como ya sucede en Perú), acentuando los problemas de pobreza y con peores performances ambientales.
Tanto en el caso de los hidrocarburos como los minerales, hay ejemplos históricos donde la caída de los precios internacionales desembocó en un intento de compensación por medio de un aumento mayúsculo en los volúmenes extraídos. Las consecuencias sociales y ambientales de ese camino han sido muy negativas.
A medida que avanzan los problemas económicos en América Latina, aumenta la competencia por las exportaciones y la atracción de capitales internacionales. Consecuentemente los gobiernos recrudecerán sus resistencias a elevar las exigencias y la fiscalización ambiental, en tanto es concebida como una traba a las inversiones. Hay varios ejemplos en marcha: en Brasil se intenta reducir las exigencias de protección en la Amazonia, mientras que en Argentina la presidenta Cristina Fernández de Kirchner acaba de vetar una ley que impediría la minería en los glaciares de los Andes.
Los gobiernos, y muchos académicos, no parecen tomar conciencia que estamos frente a una crisis del modelo extractivista. Esa idea del desarrollo como crecimiento económico alimentado por las exportaciones de bienes primarios encuentra ahora límites externos, los que se suman a sus límites internos, expresados por conflictos sociales locales y sus impactos ambientales. De todas maneras se insiste en el mismo camino, y no son pocos los gobiernos donde sus planes para superar la crisis se basan en apoyar y subsidiar esos sectores. Un ejemplo notable son los sucesivos paquetes de créditos para las exportaciones agroindustriales en Brasil, y otro es la reciente aprobación de la Ley Minera en Ecuador, la que alienta la producción transnacionalizada, y vuelve a apostar a la idea del extractivismo exportador como motor del desarrollo.
Esta cuestión se convierte en uno de los temas urgentes para 2009: la estrategia extractivista, basada en explotar la Naturaleza para exportar materias primas hacia mercados globales, es insostenible en los planos económicos, sociales y ambientales. Por lo tanto, los gobiernos y también los movimientos sociales, deben comprender que sigue siendo necesario generar estilos de desarrollo estructurados de otra manera, y en lugar de exportar materias primeras pasar a utilizarlos en cadenas productivas propias, compartidas, donde se genere empleo genuino y se pueda reducir el impacto social y ambiental.
- Eduardo Gudynas es analista de información en CLAES D3E (Montevideo).
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