2008-06-09
Dans le contexte des pires crises globales depuis des décennies (crise alimentaire et changement climatique), deux réunions globales des Nations Unies dans les dernières semaines proposent des mesures qui au lieu d’aborder les crises, les aggraveront. Davantage d'ouverture commerciale, haute technologie et endettement. Ceux qui profitent, et beaucoup, sont les entreprises transnationales du commerce agricole, les spéculateurs boursiers et la nouvelle caste de capitalistes philanthropes comme Bill Gates, vautours engraissés par la faim des autres.
(Daumier, dans l'art de la caricature était un génie. Après avoir lu cet article, imaginez que la dame représente l'Afrique et l'homme les multinationales... nul besoin d'autre commentaire... © BnF, dpt Estampes et photographie)
Pendant le Sommet de l'Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (la FAO) sur la sécurité alimentaire (Rome 3-5 juin), l'organisme a annoncé le 4 juin "une alliance sans précédent entre des éléments de première ligne du développement agricole", dans le but "d’impulser avec grand élan à la production d'aliments en Afrique". Avec cette annonce, ce qui serait logique serait qu'un tel accord soit avec les paysans et les paysannes africain-e-s. Très loin de cela, ceci est un accord entre l'Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA pour ses sigles en Anglais) promue par les milliardaires Fondation Bill et Melinda Gates et la Fondation Rockefeller; avec la FAO, le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) et le Programme Alimentaire Mondial.
En palliant les causes réelles et le fait que le problème n'est pas la production d’aliments mais l’accès à ceux-ci, ils affirment que la solution "permanente" pour l'Afrique est d'augmenter la production d'aliments "en modernisant" avec une "nouvelle révolution verte" les millions de paysans, qui ont survécu en dépit des vagues de colonialisme et de néo-libéralisme. C'est-à-dire, ce qu'on prétend maintenant est de les faire dépendre massivement des semences industrielles et agrochimiques brevetées, en détruisant leurs sols déjà fragiles et leur biodiversité, en contaminant leurs sources d'eau avec des agrotoxiques, tout cela assorti de l'imposition de nouvelles lois de semences et de propriété intellectuelle pour protéger les entreprises qui vendront les semences qu'on ne leur a jamais demandées. L'objectif est de désarmer les systèmes alimentaires traditionnels qui ne se basent pas fondamentalement sur l'argent et qui ne se soumettent pas aux règles du marché. Quelle coïncidence : cela se ressemble à la politique agricole du Mexique, qui a expulsé des millions de personnes de la campagne, ou les a forcés à émigrer, ce qui a abandonné le pays dans la pire dépendance alimentaire de son histoire. Serait-ce parce que l'ex président Ernesto Zedillo est conseiller éminent d'une telle Fondation Gates ?
Le même jour, Monsanto, qui espère tirer grand profit de tout ceci, a publié un communiqué où il promet - sans aucun fondement réel - d'augmenter au double la production de maïs, soya et coton transgénique pour 2030, comme solution à la faim et au changement climatique. Il annonce qu'en équipe avec la Fondation Gates et le CIMMYT (centre international de recherche agricole sur le maïs et le blé, basé en Texcoco), ils développent des cultures transgéniques résistantes à la sécheresse ; mais qu’ils ne feront pas payer les royalties de leurs brevets monopolistiques aux plus pauvres en Afrique (au moins dans la première récolte, jusqu'à ce qu’ils se rendent dépendants). C'est une manoeuvre grossière pour légitimer les transgéniques et ouvrir des marchés, qui contaminent les africains (et à tous ceux qui se laissent contaminer), en profitant des opportunités que lui offrent ses copains de Nations Unies.
Le Sommet de la FAO, tout comme les semaines avant le faisait, la neuvième Conférence de la Convention de Diversité Biologique (CDB), réunie à Bonn, a touché le sujet des combustibles agro-industriels - qui selon de nombreux rapports concurrencent avec la production d'aliments et qui sont une menace à la bio-diversité - pour figurer comme préoccupés, mais sans décréter aucune mesure effective qui freine ce développement fou. L'excuse est que ces "petites erreurs" pourraient être corrigées avec une "seconde génération", ce qui dans la pratique signifierait d'immenses plantations d’arbres et cultures transgéniques.
Au début de la conférence du CDB, le secrétaire de cet organisme, Ahmed Djoglaf, a déclaré que "l'entreprise la plus grande du monde n'est pas Wal-Mart, c’est la nature", et il s'est félicité que dans cette conférence il y avait une grande présence des industries, grâce à la manière par laquelle ce fonctionnaire utilise les ressources publiques de cet organisme, pour faciliter la présence des entreprises transnationales, principales destructeurs de la diversité biologique et culturelle.
La solution réelle à la crise alimentaire et aux effets agricoles du réchauffement global, c’est ceux qui ont la connaissance et 10 mille années d'expérience de créer des aliments, de l'abri, des cultures adaptées aux différents climats et situations, accessibles pour tous : ce sont les paysans et les paysannes du monde. Toutefois, tant dans le Sommet de la FAO comme dans le CDB, on a réprimé et expulsé, en essayant de les faire taire, des délégués de la Vía Campesina. Leur infraction : dans la FAO, une protestation pacifique en portant des affiches qui contenaient des données des profits immoraux perçus par le commerce agricole grâce à la crise alimentaire et dans le CDB, avoir étalé des pancartes qui disaient "la nature pour les gens, pas pour le profit" et "il n'y a pas de biodiversité agricole sans les paysans". Ils ne sont pas seuls, ils ne se tairont pas et surtout, ils ont raison.
(Daumier, dans l'art de la caricature était un génie. Après avoir lu cet article, imaginez que la dame représente l'Afrique et l'homme les multinationales... nul besoin d'autre commentaire... © BnF, dpt Estampes et photographie)Pendant le Sommet de l'Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (la FAO) sur la sécurité alimentaire (Rome 3-5 juin), l'organisme a annoncé le 4 juin "une alliance sans précédent entre des éléments de première ligne du développement agricole", dans le but "d’impulser avec grand élan à la production d'aliments en Afrique". Avec cette annonce, ce qui serait logique serait qu'un tel accord soit avec les paysans et les paysannes africain-e-s. Très loin de cela, ceci est un accord entre l'Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA pour ses sigles en Anglais) promue par les milliardaires Fondation Bill et Melinda Gates et la Fondation Rockefeller; avec la FAO, le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) et le Programme Alimentaire Mondial.
En palliant les causes réelles et le fait que le problème n'est pas la production d’aliments mais l’accès à ceux-ci, ils affirment que la solution "permanente" pour l'Afrique est d'augmenter la production d'aliments "en modernisant" avec une "nouvelle révolution verte" les millions de paysans, qui ont survécu en dépit des vagues de colonialisme et de néo-libéralisme. C'est-à-dire, ce qu'on prétend maintenant est de les faire dépendre massivement des semences industrielles et agrochimiques brevetées, en détruisant leurs sols déjà fragiles et leur biodiversité, en contaminant leurs sources d'eau avec des agrotoxiques, tout cela assorti de l'imposition de nouvelles lois de semences et de propriété intellectuelle pour protéger les entreprises qui vendront les semences qu'on ne leur a jamais demandées. L'objectif est de désarmer les systèmes alimentaires traditionnels qui ne se basent pas fondamentalement sur l'argent et qui ne se soumettent pas aux règles du marché. Quelle coïncidence : cela se ressemble à la politique agricole du Mexique, qui a expulsé des millions de personnes de la campagne, ou les a forcés à émigrer, ce qui a abandonné le pays dans la pire dépendance alimentaire de son histoire. Serait-ce parce que l'ex président Ernesto Zedillo est conseiller éminent d'une telle Fondation Gates ?
Le même jour, Monsanto, qui espère tirer grand profit de tout ceci, a publié un communiqué où il promet - sans aucun fondement réel - d'augmenter au double la production de maïs, soya et coton transgénique pour 2030, comme solution à la faim et au changement climatique. Il annonce qu'en équipe avec la Fondation Gates et le CIMMYT (centre international de recherche agricole sur le maïs et le blé, basé en Texcoco), ils développent des cultures transgéniques résistantes à la sécheresse ; mais qu’ils ne feront pas payer les royalties de leurs brevets monopolistiques aux plus pauvres en Afrique (au moins dans la première récolte, jusqu'à ce qu’ils se rendent dépendants). C'est une manoeuvre grossière pour légitimer les transgéniques et ouvrir des marchés, qui contaminent les africains (et à tous ceux qui se laissent contaminer), en profitant des opportunités que lui offrent ses copains de Nations Unies.
Le Sommet de la FAO, tout comme les semaines avant le faisait, la neuvième Conférence de la Convention de Diversité Biologique (CDB), réunie à Bonn, a touché le sujet des combustibles agro-industriels - qui selon de nombreux rapports concurrencent avec la production d'aliments et qui sont une menace à la bio-diversité - pour figurer comme préoccupés, mais sans décréter aucune mesure effective qui freine ce développement fou. L'excuse est que ces "petites erreurs" pourraient être corrigées avec une "seconde génération", ce qui dans la pratique signifierait d'immenses plantations d’arbres et cultures transgéniques.
Au début de la conférence du CDB, le secrétaire de cet organisme, Ahmed Djoglaf, a déclaré que "l'entreprise la plus grande du monde n'est pas Wal-Mart, c’est la nature", et il s'est félicité que dans cette conférence il y avait une grande présence des industries, grâce à la manière par laquelle ce fonctionnaire utilise les ressources publiques de cet organisme, pour faciliter la présence des entreprises transnationales, principales destructeurs de la diversité biologique et culturelle.
La solution réelle à la crise alimentaire et aux effets agricoles du réchauffement global, c’est ceux qui ont la connaissance et 10 mille années d'expérience de créer des aliments, de l'abri, des cultures adaptées aux différents climats et situations, accessibles pour tous : ce sont les paysans et les paysannes du monde. Toutefois, tant dans le Sommet de la FAO comme dans le CDB, on a réprimé et expulsé, en essayant de les faire taire, des délégués de la Vía Campesina. Leur infraction : dans la FAO, une protestation pacifique en portant des affiches qui contenaient des données des profits immoraux perçus par le commerce agricole grâce à la crise alimentaire et dans le CDB, avoir étalé des pancartes qui disaient "la nature pour les gens, pas pour le profit" et "il n'y a pas de biodiversité agricole sans les paysans". Ils ne sont pas seuls, ils ne se tairont pas et surtout, ils ont raison.
- Silvia Ribeiro est rechercheuse du Groupe ETC.
(Traduction: ALAI)
http://alainet.org/active/24576
* * *
Con licencia para matar
Silvia Ribeiro
En el contexto de las peores crisis globales en décadas (crisis alimentaria y cambio climático), dos reuniones globales de Naciones Unidas en las últimas semanas, proponen medidas que en lugar de enfrentar las crisis las empeorarán. Más apertura comercial, alta tecnología y endeudamiento. Los que ganan, y mucho, son las transnacionales de los agronegocios, los especuladores bursátiles y la nueva casta de los filantro-capitalistas como Bill Gates, buitres cebados en el hambre ajena.
Durante la Cumbre de la Organización de Naciones Unidas para la Agricultura y la Alimentación (FAO) sobre seguridad alimentaria (Roma 3-5 de junio), el organismo anunció el 4 de junio, “una alianza sin precedentes entre elementos de primera línea del desarrollo agrícola”, con el objetivo de “dar un gran impulso a la producción de alimentos en África”. Con ese anuncio, lo lógico sería que tal acuerdo sea con los campesinos y campesinas africanos. Muy lejos de ello, esto es un acuerdo entre la Alianza por una Revolución Verde en África (AGRA por sus siglas en inglés) promovida por los billonarios Fundación Bill y Melinda Gates y la Fundación Rockefeller; con la FAO, el Fondo Internacional de Desarrollo Agrícola (FIDA) y el Programa Mundial de Alimentos (PMA).
Obviando las causas reales y que el problema no es producción de alimentos sino acceso, afirman que la solución “perenne” para África es aumentar la producción de alimentos “modernizando” con una “nueva revolución verde” a los millones de campesinos, que han sobrevivido pese a las olas de colonialismo y neoliberalismo. Es decir, lo que se pretende ahora es arrojarlos a la dependencia masiva de semillas industriales y agroquímicos patentados, destruyendo sus ya frágiles suelos y su biodiversidad, contaminando sus fuentes de agua con agrotóxicos, todo condimentado con la imposición de nuevas leyes de semillas y de propiedad intelectual para proteger a las empresas que les venderán las semillas que nunca pidieron. El objetivo es desarmar los sistemas alimentarios tradicionales que no se basan fundamentalmente en dinero y no se someten a las reglas de mercado. Qué coincidencia, parece la política agrícola en México, que expulsó a millones de personas del campo y a la emigración, hundiendo al país en la peor dependencia alimentaria de su historia. ¿Será porque el ex presidente Ernesto Zedillo es asesor estrella de la tal Fundación Gates?
El mismo día, Monsanto, que espera lucrar en grande con todo esto, sacó un comunicado donde promete –sin ningún fundamento real– aumentar al doble la producción de maíz, soya y algodón transgénico para 2030, como solución al hambre y al cambio climático. Anuncia que en equipo con la Fundación Gates y el CIMMYT (centro internacional de investigación agrícola sobre maíz y trigo, basado en Texcoco), están desarrollando cultivos transgénicos resistentes a la sequía, pero que no le cobrarán la regalía de sus patentes monopólicas a los más pobres en África (al menos en la primera cosecha, hasta que se hagan dependientes). Es una burda maniobra para legitimar los transgénicos y abrir mercados, que contaminen a los africanos (y a quien se deje), navegando las oportunidades que le abren sus amigotes de Naciones Unidas.
La Cumbre de la FAO, al igual que semanas antes lo hiciera la novena Conferencia de Convenio de Diversidad Biológica (CDB), reunida en Bonn, paseó el tema de los combustibles agroindustriales –que según numerosos informes compiten con la producción de alimentos y son una amenaza a la biodiversidad– para figurar como preocupados, pero sin decretar ninguna medida efectiva que frene este loco desarrollo. La excusa es que estos “pequeños errores” se podrían corregir con una “segunda generación”, lo que en la práctica significaría inmensas plantaciones de árboles y cultivos transgénicos.
Al inicio de la conferencia del CDB, el secretario de este organismo, Ahmed Djoglaf, declaró que “la empresa más grande del mundo no es Wal-Mart, es la naturaleza”, y se congratuló de que en esta conferencia habría gran presencia de las industrias, gracias al uso que este funcionario hace de los recursos públicos de ese organismo, para facilitar que estén allí las transnacionales, principales destructores de la diversidad biológica y cultural.
La solución real a la crisis alimentaria y los efectos agrícolas del calentamiento global, quienes tienen el conocimiento y 10 mil años de experiencia en crear alimento, abrigo, cultivos adaptados a los diferentes climas y situaciones, accesibles para todos, son los campesinos y campesinas del mundo. Sin embargo, tanto en la Cumbre de la FAO, como en el CDB, se reprimió y expulsó, tratando de callarlos, a delegados de Vía Campesina. Su delito: en la FAO una protesta pacífica portando carteles con datos de las inmorales ganancias de los agronegocios gracias a la crisis alimentaria y en el CDB, extender mantas que decían “la naturaleza para la gente, no para el lucro” y “no hay biodiversidad agrícola sin campesinos”. No están solos, no se callarán y sobre todo, tienen razón.
- Silvia Ribeiro es investigadora del Grupo ETC.
http://alainet.org/active/24542
Durante la Cumbre de la Organización de Naciones Unidas para la Agricultura y la Alimentación (FAO) sobre seguridad alimentaria (Roma 3-5 de junio), el organismo anunció el 4 de junio, “una alianza sin precedentes entre elementos de primera línea del desarrollo agrícola”, con el objetivo de “dar un gran impulso a la producción de alimentos en África”. Con ese anuncio, lo lógico sería que tal acuerdo sea con los campesinos y campesinas africanos. Muy lejos de ello, esto es un acuerdo entre la Alianza por una Revolución Verde en África (AGRA por sus siglas en inglés) promovida por los billonarios Fundación Bill y Melinda Gates y la Fundación Rockefeller; con la FAO, el Fondo Internacional de Desarrollo Agrícola (FIDA) y el Programa Mundial de Alimentos (PMA).
Obviando las causas reales y que el problema no es producción de alimentos sino acceso, afirman que la solución “perenne” para África es aumentar la producción de alimentos “modernizando” con una “nueva revolución verde” a los millones de campesinos, que han sobrevivido pese a las olas de colonialismo y neoliberalismo. Es decir, lo que se pretende ahora es arrojarlos a la dependencia masiva de semillas industriales y agroquímicos patentados, destruyendo sus ya frágiles suelos y su biodiversidad, contaminando sus fuentes de agua con agrotóxicos, todo condimentado con la imposición de nuevas leyes de semillas y de propiedad intelectual para proteger a las empresas que les venderán las semillas que nunca pidieron. El objetivo es desarmar los sistemas alimentarios tradicionales que no se basan fundamentalmente en dinero y no se someten a las reglas de mercado. Qué coincidencia, parece la política agrícola en México, que expulsó a millones de personas del campo y a la emigración, hundiendo al país en la peor dependencia alimentaria de su historia. ¿Será porque el ex presidente Ernesto Zedillo es asesor estrella de la tal Fundación Gates?
El mismo día, Monsanto, que espera lucrar en grande con todo esto, sacó un comunicado donde promete –sin ningún fundamento real– aumentar al doble la producción de maíz, soya y algodón transgénico para 2030, como solución al hambre y al cambio climático. Anuncia que en equipo con la Fundación Gates y el CIMMYT (centro internacional de investigación agrícola sobre maíz y trigo, basado en Texcoco), están desarrollando cultivos transgénicos resistentes a la sequía, pero que no le cobrarán la regalía de sus patentes monopólicas a los más pobres en África (al menos en la primera cosecha, hasta que se hagan dependientes). Es una burda maniobra para legitimar los transgénicos y abrir mercados, que contaminen a los africanos (y a quien se deje), navegando las oportunidades que le abren sus amigotes de Naciones Unidas.
La Cumbre de la FAO, al igual que semanas antes lo hiciera la novena Conferencia de Convenio de Diversidad Biológica (CDB), reunida en Bonn, paseó el tema de los combustibles agroindustriales –que según numerosos informes compiten con la producción de alimentos y son una amenaza a la biodiversidad– para figurar como preocupados, pero sin decretar ninguna medida efectiva que frene este loco desarrollo. La excusa es que estos “pequeños errores” se podrían corregir con una “segunda generación”, lo que en la práctica significaría inmensas plantaciones de árboles y cultivos transgénicos.
Al inicio de la conferencia del CDB, el secretario de este organismo, Ahmed Djoglaf, declaró que “la empresa más grande del mundo no es Wal-Mart, es la naturaleza”, y se congratuló de que en esta conferencia habría gran presencia de las industrias, gracias al uso que este funcionario hace de los recursos públicos de ese organismo, para facilitar que estén allí las transnacionales, principales destructores de la diversidad biológica y cultural.
La solución real a la crisis alimentaria y los efectos agrícolas del calentamiento global, quienes tienen el conocimiento y 10 mil años de experiencia en crear alimento, abrigo, cultivos adaptados a los diferentes climas y situaciones, accesibles para todos, son los campesinos y campesinas del mundo. Sin embargo, tanto en la Cumbre de la FAO, como en el CDB, se reprimió y expulsó, tratando de callarlos, a delegados de Vía Campesina. Su delito: en la FAO una protesta pacífica portando carteles con datos de las inmorales ganancias de los agronegocios gracias a la crisis alimentaria y en el CDB, extender mantas que decían “la naturaleza para la gente, no para el lucro” y “no hay biodiversidad agrícola sin campesinos”. No están solos, no se callarán y sobre todo, tienen razón.
- Silvia Ribeiro es investigadora del Grupo ETC.

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