mardi 21 juillet 2009

Le G8 en Italie combine l’injustice et l’injure à l’égard des populations du Sud !

par Renaud Vivien
11 juillet


Après avoir saboté le sommet de l’ONU sur la crise économique et financière (24-26 juin 2009) initié par le Président de l’Assemblée générale de l’ONU Miguel d’Escoto Brockmann, les dirigeants des huit pays les plus industrialisés qui forment le G8 |1| se sont réunis du 8 au 10 juillet à l’Aquila en Italie pour leur grand-messe annuelle. Ce club des pays riches a, une fois de plus, été à la hauteur de sa (mauvaise) réputation mais certainement pas de la crise globale qui secoue la planète. Au même moment, plus d’un millier d’altermondialistes participent au 7e Forum des peuples organisé par la CAD Mali (membre du réseau CADTM) à Bandiagara au Mali.

Sans grande surprise, ce sommet du G8 n’a annoncé que des « mesurettes » censées lutter contre la crise mondiale. Pour répondre à la crise alimentaire, le G8 et certains pays émergents s’engagent à verser 20 milliards de dollars sur trois ans pour lutter contre la faim dans le monde. Cette somme peut, à première vue, paraître conséquente mais elle est manifestement insuffisante vu la catastrophe humanitaire qui se déroule sous nos yeux. Un milliard de personnes souffrent aujourd’hui de la faim, c’est 100 millions de plus qu’il y a un an ! Cet effort financier très médiatisé doit aussi être relativisé par rapport aux centaines de milliards de dollars que ces gouvernements n’ont pas hésité à débourser pour sauver les banques privées. De plus, le G8 ne remet pas en cause l’idéologie libérale qui a conduit à l’éclatement des émeutes de la faim en 2008. Bien au contraire, pour combattre la crise économique, les dirigeants du G8 ont réaffirmé leur attachement au principe du libre marché et leur volonté de conclure en 2010 les négociations de Doha sur la libéralisation du commerce mondial…

Concernant le volet écologique de cette crise globale, ils ont été tout simplement incapables d’adopter des objectif chiffrés à court terme pour la réduction des émission de gaz à effet de serre. Ils n’ont, par ailleurs, annoncé aucune aide financière pour les pays du Sud, premières victimes du réchauffement climatique. Pourtant, l’ONU indique que les pays riches devraient immédiatement transférer de 50 à 75 milliards de dollars par an aux pays pauvres pour les aider à faire face aux changements climatiques |2|, sans parler des sommes qu’il faudrait débourser pour payer la dette écologique des pays industrialisés à l’égard du Sud…

Enfin, ce G8 s’est contenté de réaffirmer, comme l’année dernière à Hokkaido (Japon), ses vieilles promesses datant du Sommet de Gleneagles (Ecosse) de 2005 : augmenter leur aide publique au développement (APD) de 50 milliards de dollars, dont la moitié pour l’Afrique sub-saharienne, d’ici 2010. Or, on est actuellement très loin du compte puisqu’il manquait environ 30 milliards de dollars pour atteindre cet objectif en 2008. Pire l’APD stagne depuis 2005 d’après les chiffres donnés par l’OCDE et devrait même baisser en 2009 ! A titre d’exemple, la France a annoncé qu’elle ne devrait pas consacrer cette année plus de 0,39% de son PIB. Quant à l’Italie, elle a coupé de 56 % son budget pour la coopération au développement et son APD représente aujourd’hui seulement à 0,18 % de son PIB…

Ce n’est pas tout : les pays du G8 comptabilisent dans leur APD des dépenses qui ne servent qu’à gonfler artificiellement leur volume comme les allègements de dettes. Ainsi, la France qui se targue d’avoir augmenté son APD de 0,01% entre 2008 et 2009 inclut dans celle-ci le montant des annulations de dettes du Nigeria et de l’Irak.

Alors qu’une nouvelle crise de la dette du Sud est sur le point d’exploser, conséquence directe de la crise économique dont la responsabilité incombe exclusivement aux riches pays du Nord, le G8 est resté muet sur cette question. Ce silence n’est toutefois pas une mauvaise chose vu les effets d’annonce passés comme la fausse annulation totale de la dette des pays pauvres en 2005 à Gleneagles. Rappelons que cette annulation « historique » concernait uniquement les dettes de 18 pays en développement à l’égard du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. Une goutte d’eau comparée aux 1350 milliards de dollars de dette publique externe dont les créanciers du Nord continuent à réclamer le remboursement malgré la crise et leur caractère illégitime. Rappelons, en effet, qu’une large part de ces dettes a été léguée par les dictatures ou par des régimes corrompus soutenus activement par les créanciers occidentaux.

Face à cette interconnexion des crises (alimentaire, sociale, économique, écologique, migratoire, de gouvernance mondiale) qui engendre la violations des droits humains fondamentaux, il est urgent de changer radicalement de logique en mettant en place des alternatives radicales comme celles présentées lors de l’Université du CADTM Europe. Puisque le G8 est incapable de répondre à ce défi, la réponse doit venir des autres pays et principalement ceux du Sud. Une première mesure indispensable est la répudiation unilatérale de toutes les dettes illégitimes. En effet, il est vain d’espérer du G8, comme le fait le président égyptien Hosni Moubarak, un gel provisoire des dettes africaines. Dès lors les gouvernements des pays en développement n’ont d’autre choix que de s’attaquer au problème de la dette sans concertation avec les créanciers, en menant des audits de la dette à l’instar de l’Equateur et comme l’encourage le nouveau rapport de l’Expert indépendant de l’ONU sur la dette externe. Ces audits permettront d’identifier et déclarer la nullité de toutes les dettes illégitimes. C’est un droit inaliénable de tous les Etats.

Enfin, une nouvelle architecture financière internationale avec le remplacement de la Banque mondiale et du FMI, respectueuse des droits humains et du cadre de l’ONU doit impérativement se mettre en place. Pour ce faire, l’Assemblée générale de l’ONU est la seule instance légitime réellement existante. Le G8, le G20 ou encore le G14 que veulent créer les présidents Sarkozy et Lula ne sont, en effet, que des clubs autoproclamés et manquant totalement de légitimité !

Notes
|1| Font partie du G8 : États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie
|2| John Vidal, 20th February 2009. Rich nations failing to meet climate aid pledges - Guardian
http://www.cadtm.org/spip.php?article4580


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El G8 de Italia combina la injusticia con las injurias hacia las poblaciones del Sur
12 de julio por Renaud Vivien


Después de haber boicoteado la cumbre de la ONU sobre la crisis económica y financiera (24-25 y 26 de junio de 2009) convocada por el presidente de la Asamblea General de las Naciones Unidas, Miguel D’Escoto Brockmann, los dirigentes de los ocho países más industrializados que forman el G8 |1| se reunieron desde el 8 hasta el 10 de julio en la ciudad de L’Aquila, en Italia, para celebrar su gran ceremonia anual. Este club de países ricos ha estado, una vez más, a la altura de su (mala) reputación pero, evidentemente, no a la altura de la crisis global que golpea al planeta. Al mismo tiempo, más de un millar de altermundialistas están participando en el 7º Foro de los Pueblos organizado por CAD Malí (miembro de la red CADTM) en Bandiagara, en Malí. |2|

Sin gran sorpresa, esta cumbre del G8 sólo anunció pequeñas medidas que se supone que son para luchar contra la crisis mundial. En respuesta a la crisis alimentaria, el G8 y algunos países emergentes se comprometieron a donar 20.000 millones de dólares en el lapso de tres años para luchar contra el hambre en el mundo. Esta suma puede parecer, a primera vista, consecuente, pero en realidad es manifiestamente insuficiente con respecto a la catástrofe humanitaria que se está desarrollando ante nuestros ojos. 1.000 millones de personas sufren actualmente el hambre, son 100 millones más que el año pasado. Este esfuerzo financiero muy mediático debe también ser relativizado en relación con las centenares de miles de millones de dólares que estos gobiernos no dudaron en desembolsar para salvar a los bancos privados. Además, el G8 no cuestiona la ideología liberal que condujo al estallido de las revueltas del hambre del año 2008. Por el contrario, para combatir la crisis económica, los dirigentes del G8 se reafirmaron en su adhesión al principio del libre mercado y a la voluntad de concluir en 2010 las negociaciones de Doha sobre la liberalización del comercio mundial.

En lo que concierne al aspecto ecológico de esta crisis global, los dirigentes del G8 fueron totalmente incapaces de adoptar objetivos cuantitativos a corto plazo para la reducción de las emisiones de gases de efecto invernadero. Por otro lado, no anunciaron ninguna ayuda financiera para los países del Sur, primeras víctimas del recalentamiento del clima. Sin embargo, las Naciones Unidas indican que los países ricos deberían transferir de 50.000 a 70.000 millones de dólares por año a los países pobres para ayudarlos a hacer frente al cambio climático, |3| sin hablar de las sumas que tendrían que desembolsar para pagar la deuda ecológica que los países industrializados deben al Sur...

Finalmente, este G8 se contentó con reafirmar, como el año pasado en Hokkaio (Japón), sus viejas promesas que datan de Gleneagles (Escocia) de 2005: aumentar la ayuda oficial al desarrollo (AOD) en 50.000 millones de dólares, de la cual la mitad era para el África subsahariana, hasta 2010. Pero se está muy lejos de cumplir con este objetivo ya que, en 2008, faltaban cerca de 30.000 millones de dólares para ello. Peor aún, la AOD no aumenta desde 2005, según las cifras aportadas por la OCDE, e incluso debería bajar en el año 2009. |4| Como ejemplo, Francia anunció que no dedicaría más del 0,39 % de su PIB a la AOD. En cuanto a Italia, recortó en un 56 % su presupuesto para la cooperación al desarrollo y su AOD representa actualmente solamente el 0,18 de su PIB.

Y eso no es todo: los países del G8 contabilizan dentro de su AOD los gastos que sólo sirven a aumentar artificialmente su volumen, como los alivios de la deuda. Es así como Francia, que se jacta del aumento de su AOD en un 0,01 % entre 2008 y 2009, incluye dentro de su ayuda la suma de las anulaciones de deuda de Nigeria e Iraq.

Mientras una nueva crisis de la deuda está a punto de estallar en el Sur, como consecuencia directa de la crisis económica, cuya responsabilidad es exclusiva de los países ricos del Norte, el G8 se mantuvo en silencio sobre esta cuestión. Este silencio no es malo en sí, si recordamos los efectos publicitarios producidos por la falsa anulación total de la deuda de los países pobres anunciada en Gleneagles en 2005. Recordemos que esta anulación «histórica» concernía sólo las deudas de 18 países en vías de desarrollo contraídas con el FMI, el Banco Mundial y el Banco Africano de Desarrollo. |5| Una gota de agua comparado con los 1,35 billones de dólares de deuda pública externa, cuyo reembolso los acreedores del Norte continúan reclamando, a pesar de la crisis y del carácter ilegítimo de las deudas. Recordemos, en efecto, que una gran parte de estas deudas es el legado de dictaduras o de regímenes corruptos que en su momento fueron apoyados activamente por los prestamistas occidentales.

Frente a esta interconexión de crisis (alimentaria, social, económica, ecológica, migratoria, de gobernanza mundial) que genera la violación de los derechos humanos fundamentales, es urgente cambiar radicalmente de lógica, adoptando alternativas radicales como las presentadas en la Universidad de verano del CADTM Europa.h |6| Ya que el G8 es incapaz de responder a este desafío, la respuesta debe venir de otros países y principalmente de los del Sur. Una primera medida indispensable es el repudio unilateral de todas las deudas ilegítimas. En efecto, es en vano esperar del G8, como lo hace el presidente egipcio Hosni Mubarak, una congelación provisoria de las deudas africanas. |7| En consecuencia, los gobiernos de los países en vías de desarrollo no tienen otra opción que encarar el problema de la deuda sin contar con una concertación con los acreedores, realizando auditorias sobre la deuda, como lo hizo Ecuador y como lo alienta el nuevo informe del Experto independiente de las Naciones Unidas sobre la deuda externa. |8| Estas auditorías permitirán identificar y declarar la nulidad de todas las deudas ilegítimas. Y este es un derecho inalienable de todos los Estados.

Por fin, una nueva arquitectura financiera internacional, con el reemplazo del Banco Mundial y el FMI, respetuosa de los derechos humanos y del marco de la ONU, debe en forma imperativa ponerse en marcha. Con este motivo, la Asamblea General de las Naciones Unidas es la única instancia legítima realmente existente. El G8, el G20, o incluso el G14 que quieren crear los presidentes Sarkozy y Lula son, por supuesto, sólo clubes autoproclamados que carecen totalmente de legitimidad.

Renaud Vivien es jurista del CADTM Bélgica
renaud@cadtm.org

Traducido por Griselda Pinero.

Notas
|1| Forman parte del G8: Estados Unidos, Japón, Alemania, Francia, Reino Unido, Italia, Canadá y Rusia
|2| Ver en francés: http://www.cadtm.org/spip.php?article4527, y también http://www.cadtm.org/spip.php?article4571
|3| John Vidal, 20th February 2009: Rich nations failing to meet climate aid pledges. The Guardian
|4| http://www.lesechos.fr/info/france/02057859861-aide-au.developpement-le-g8-ne-tient-pas-ses-promesses.htm
|5| Ver DamienMillet y Eric Toussaint, 60 preguntas 60 respuestas sobre la deuda, el FMI y el Banco Mundial. Próxima edición, Icaria/Intermón Oxfam, Barcelona.
|6| http://www.cadtm.org/spip.php?article3997
|7| http://www.la-croix.com/afp.satatic/pages/090710103332.1ddbpepf.htm
|8| En esp: http://www.cadtm.org/spip.php?article4519

http://www.cadtm.org/spip.php?article4583

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