Raul ZIBECHI
Depuis maintenant six mois, Barack Obama s’est installé à la Maison Blanche. C’est peu mais en même temps assez pour observer changements et continuités dans les relations que les États-Unis entretiennent avec l’Amérique latine.
Des analystes de renom soulignent les changements. Ignacio Ramonet, dans les colonnes du Monde Diplomatique, estime que Obama n’a pas commis de graves erreurs, qu’il se maintient à un niveau de popularité élevé et qu’il a rempli ses principaux engagements, y compris celui de créer une nouvelle ère de relations avec l’Amérique du Sud.
Il est fort probable que le point de vue antérieur reste prédominant, malgré les prises de position hésitantes des Etats-Unis sur le coup d’État au Honduras. Pourtant, cela a conduit d’autres analystes à souligner la continuité de la politique étrangère de Washington. Il serait néanmoins trop simpliste de conclure qu’il n’y a pas eu de changements. Obama arbore un nouveau discours et des manières plus raffinées, comme on l’a vu lors de sa rencontre avec les présidents latino-américains, où il a même semblé aimable avec Hugo Chavez. Il donne l’impression d’essayer de comprendre le reste du monde, c’est en tout cas ce qui se détache de son discours du 4 juillet au Caire. Son attitude n’a rien à voir avec l’arrogance du cow-boy George W. Bush.
Les petits gestes et les manières sont des manifestations symboliques appréciables. Ceux d’en bas se sont battus pour être reconnus, pour leur dignité, mais leur lutte ne peut se limiter à des questions exclusivement matérielles. Pourtant, les petits gestes ne suffisent pas. C’est dans les moments et dans les zones de tension que les changements doivent se matérialiser. Dans le cas du Honduras, de nombreuses preuves attestent que la posture de l’administration Obama n’est pas très claire, mais on ne peut pas pour autant l’accuser d’appuyer directement les putschistes. Il est encore trop tôt pour savoir comment cette crise va se terminer, mais chaque jour que le Honduras passe sans Manuel Zelaya à la présidence de la République constitue une victoire pour les putschistes.
En ce moment en Amérique latine, c’est en Colombie et dans la région andine que les enjeux sont les plus forts. Qu’est-ce que Obama propose de nouveau dans ce pays ? En tout état de cause, il ne fait pas preuve de la même délicatesse et des mêmes manières que dans d’autres pays. En Colombie, le militarisme est en pleine expansion, la présence militaire étasunienne est en telle augmentation qu’elle atteint un stade presque irréversible ; et tout cela se passe sous la présidence de Obama.
Le retrait forcé du Commandement Sud de la base de Manta en Equateur a conduit le Pentagone à consolider et à diversifier sa présence en Colombie. Dans le cadre du Plan Colombie, l’armée étasunienne utilise les installations militaires des bases de Tres Esquinas et de Larandia dans le sud, et de trois autres bases au moins. La proposition actuelle consiste à répartir les troupes qui se trouvaient à Manta sur au moins trois bases aériennes et deux bases navales. Les négociations sont sur le point d’aboutir, concernant l’utilisation des bases aériennes de Apiay, de Malambo et de Palanquero et les ports de Tumaco et de la baie de Malaga, sur la côte Pacifique. Rien qu’avec la base de Palanquero, dans le centre du pays, le Commandement Sud compensera largement le retrait de la base de Manta. La base de Palanquero dispose d’une piste d’atterrissage plus longue de 600 mètres, elle peut accueillir 2000 soldats et 100 aéronefs. Enfin, elle permet aux gigantesques avions C-17 de pouvoir atterrir, ce qui n’était pas le cas sur la base équatorienne. Le sociologue et journaliste Alfredo Molano avance l’éventualité que la Colombie puisse autoriser le stationnement d’un porte-avions dans les eaux des Caraïbes ou du Pacifique.
La nouvelle répartition des forces armées étasuniennes va permettre à l’Etat colombien de consolider sa politique sur certaines questions essentielles :
- développer le contrôle territorial dans des régions clefs du pays, notamment celles dont la richesse des sous-sols suscite la convoitise des multinationales ;
- porter ombrage à ces voisins, au Venezuela et à l’Equateur, mais également au Pérou et au Brésil ;
- accroître le contrôle du Pacifique, au vu du développement des échanges commerciaux entre la Chine et l’Amérique du Sud, en particulier avec le Brésil et le Venezuela.
Il ne s’agit pas seulement d’une réponse militaire à la perte de la base de Manta, comme le prétendent certains analystes. Ce nouveau déploiement de forces prétend s’ériger comme une réponse militaire intégrale -qui soit aussi politique et économique- au déclin stratégique de la superpuissance et de la crise qu’elle traverse. En Amérique du Sud, la principale menace stratégique pour les États-Unis repose sur l’alliance entre le Brésil et la Chine, surtout depuis que la Chine a mis un pied dans l’IIRSA (Initiative pour l’Infrastructure Régionale Sud-Américaine). L’IIRSA prévoit des grands travaux d’infrastructures afin de faciliter les flux commerciaux entre l’Atlantique et le Pacifique, d’où l’importance d’avoir des bases sur le Pacifique.
Même si l’argument reste celui de la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme, l’objectif est de repositionner le Commandement Sud comme principal outil de contrôle des États-Unis dans la région. La base de Manta ne s’est jamais donné pour objectif de lutter contre le trafic de drogue. Luis Angel Saavedra, directeur de l’INREDH (Fondation Régionale de Conseil en Matière de Droits de l’Homme) a déclaré que « Manta est aujourd’hui le premier port d’exportation de drogues du pays ». Ce dont il est question, insiste-t-il, c’est de la construction d’une « armature militaire » qui permette le contrôle rapide du Pacifique du Mexique à la Patagonie, et d’articuler ainsi le Plan Puebla Panama et le Plan Colombie.
Afin de se repositionner, la Maison-Blanche n’a pas hésité à renforcer son alliance avec l’extrême droite colombienne, avec le président Alvaro Uribe et l’ex-ministre de la Défense, Manuel Santos, tous deux proches des paramilitaires. Même les plus radicaux doivent aujourd’hui faire usage d’un langage politiquement correct, car cette nouvelle étape l’exige. Le général Freddy Padilla, ministre de la Défense, donne l’exemple quand il assure que la « Colombie ne permet pas la création de bases militaires étasuniennes » et « qu’aucun pays tiers ne sera affecté ». Il va même plus loin lorsqu’il affirme que les négociations de la nouvelle convention se font dans le respect de la souveraineté de la Colombie, que le transit de troupes étrangères ne sera pas permis et que la coopération se limitera aux prêts d’installations colombiennes aux militaires étasuniens.
La nouvelle ère promise par Obama pourrait n’être que des mots jetés en l’air, si dans les faits, le contrôle de l’Empire et l’ingérence ouverte se perpétuent.
Article initialement publié par La Jornada : El estilo Obama y América Latina / Raúl Zibechi, La Jornada, 31 juillet 2009.
Texte traduit en français et publié par info sud télé
http://www.legrandsoir.info/Le-style-Obama-et-l-Amerique-latine-la-Jornada.html
El estilo Obama y América Latina
Raúl Zibechi
Han transcurrido ya seis meses desde que Barack Obama se instaló en la Casa Blanca. Un tiempo breve, pero suficiente para observar cambios y continuidades en la relación de Estados Unidos con América Latina. Destacados analistas enfatizan los cambios. "Balance positivo", titula Ignacio Ramonet su columna en Le Monde Diplomatique, en la que sostiene que Obama no ha cometido errores graves, mantiene alto nivel de popularidad y ha cumplido sus principales promesas, entre ellas inciar una "nueva era" en las relaciones con América del Sur.
Seguramente la opinión anterior es la predominante aun después de las vacilaciones en relación con el golpe de Estado en Honduras, que ha llevado a otros analistas a enfatizar en las continuidades de la política exterior de Washington. Sería demasiado simplista concluir que no ha habido cambios. Obama enarbola un nuevo discurso con modales más refinados, como pudo verse en su encuentro con presidentes latinoamericanos, incluyendo gestos amables hacia Hugo Chávez, y parece intentar comprender al resto del mundo, como se desprende de su discurso del 4 de junio en El Cairo. Muy distinto, por cierto, de la soberbia del vaquero George W. Bush.
Los gestos y modos no son manifestaciones simbólicas despreciables. La humanidad de abajo ha luchado y lucha por ser reconocida, por su dignidad, que no puede circunscribirse a asuntos meramente materiales. Pero los gestos solos no alcanzan. Es en las zonas y en los momentos calientes donde deben materializarse los cambios, si es verdad que existen. Honduras es un banco de pruebas del que la administración de Obama no sale muy bien parada, pero tampoco puede achacársele apoyo directo a los golpistas. Aún es pronto para saber cómo se dilucidará esa crisis, aunque cada día que pasa sin el retorno de Manuel Zelaya a la presidencia es un triunfo de los golpistas.
En América Latina el lugar que sigue ardiendo es la región andina y Colombia. ¿Qué ofrece de nuevo Obama en ese país? Podría decirse que ni siquiera los gestos que prodiga en otros escenarios. En Colombia el militarismo crece, la presencia militar estadunidense está escalando hasta niveles prácticamente irreversibles y lo hace bajo la administración de Obama.
La retirada forzada del Comando Sur de la base de Manta en Ecuador ha llevado al Pentágono a profundizar y diversificar su presencia en Colombia. A través del Plan Colombia utiliza las instalaciones militares de Tres Esquinas y Larandia en el sur, además de por lo menos otras tres bases. La propuesta ahora es dispersar lo que había en Manta en por lo menos tres bases aéreas y dos navales. Está a punto de finalizar la negociación para la utilización de las bases aéreas de Apiay, Malambo y Palanquero, y los puertos de Tumaco y Bahía Málaga sobre el Pacífico. Sólo con la base de Palanquero (en el centro del país) el Comando Sur equilibra con creces la retirada de Manta, ya que cuenta con una pista 600 metros más larga, puede albergar 2 mil soldados y 100 naves y permite operar a los gigantescos C-17 que no lo hacían en la base ecuatoriana. Alfredo Molano adelanta la posibilidad de que Colombia autorice que un portaviones se estacione en aguas del Caribe o el Pacífico.
La nueva disposición de fuerzas estadunidenses en Colombia le permitirá avanzar en aspectos claves: la profundización del control territorial de las regiones decisivas de Colombia, en particular aquellas que por tener riquezas en el subsuelo son codiciadas por las multinacionales; proyectarse como sombra sobre sus vecinos, tanto Venezuela y Ecuador como Perú y Brasil; e incrementar el control sobre el Pacífico, en vista del creciente comercio entre China y la región sudamericana, en particular con Brasil y Venezuela.
No se trata sólo de una respuesta militar a la pérdida de la base de Manta, como sostienen analistas. El nuevo despliegue pretende erigirse en una respuesta militar integral, o sea también política y económica, al declive estratégico de la superpotencia y a la crisis por la que atraviesa. En Su-damérica la principal amenaza estragética para Estados Unidos es la alianza China-Brasil, es decir, China-América del Sur, que tiene una de sus patas en la IIRSA (Iniciativa para la Infraestructura de la Región Suramericana), conjunto de obras de infraestructura capaz de lubricar el flujo comercial Pacífico-Atlántico. De ahí la importancia de contar con bases sobre el Pacífico.
Aunque el argumento sigue siendo el narcotráfico y el terrorismo, el objetivo es reposicionar al Comando Sur como eje del control estadunidense en la región. Sabemos que la base de Manta nunca se propuso combatir el narcotráfico. "Manta ahora es el primer puerto de exportación de droga en el país", sostiene Luis Ángel Saavedra, director de Inredh. De lo que se trata, insiste, es de la construcción de un "esqueleto militar" que permita el control rápido de México hasta la Patagonia, articulando así el Plan Puebla Panamá con el Plan Colombia.
Para este reposicionamiento la Casa Blanca no dudó en reforzar su alianza con la ultraderecha colombiana, con el presidente Álvaro Uribe y el ex ministro de Defensa, Manuel Santos, ambos cercanos a los paramilitares. Incluso los más ultras aprendieron el lenguaje políticamente correcto que exigen los nuevos tiempos. El general Freddy Padilla, ministro de Defensa, es ejemplo de los nuevos modales, cuando asegura que "no se permite la creación de bases militares de Estados Unidos" y que "no se afectará a terceros estados". Va más lejos; dice que el nuevo convenio que se negocia respeta la soberanía de Colombia, que no se permitirá el tránsito de tropas extranjeras sino la cooperación a través del préstamo de instalaciones colombianas a los estadunidenses.
La "nueva era" que prometió Obama puede quedar sólo en palabras si la realidad sigue siendo de control imperial y de injerencia abierta.
http://www.jornada.unam.mx
Depuis maintenant six mois, Barack Obama s’est installé à la Maison Blanche. C’est peu mais en même temps assez pour observer changements et continuités dans les relations que les États-Unis entretiennent avec l’Amérique latine.Des analystes de renom soulignent les changements. Ignacio Ramonet, dans les colonnes du Monde Diplomatique, estime que Obama n’a pas commis de graves erreurs, qu’il se maintient à un niveau de popularité élevé et qu’il a rempli ses principaux engagements, y compris celui de créer une nouvelle ère de relations avec l’Amérique du Sud.
Il est fort probable que le point de vue antérieur reste prédominant, malgré les prises de position hésitantes des Etats-Unis sur le coup d’État au Honduras. Pourtant, cela a conduit d’autres analystes à souligner la continuité de la politique étrangère de Washington. Il serait néanmoins trop simpliste de conclure qu’il n’y a pas eu de changements. Obama arbore un nouveau discours et des manières plus raffinées, comme on l’a vu lors de sa rencontre avec les présidents latino-américains, où il a même semblé aimable avec Hugo Chavez. Il donne l’impression d’essayer de comprendre le reste du monde, c’est en tout cas ce qui se détache de son discours du 4 juillet au Caire. Son attitude n’a rien à voir avec l’arrogance du cow-boy George W. Bush.
Les petits gestes et les manières sont des manifestations symboliques appréciables. Ceux d’en bas se sont battus pour être reconnus, pour leur dignité, mais leur lutte ne peut se limiter à des questions exclusivement matérielles. Pourtant, les petits gestes ne suffisent pas. C’est dans les moments et dans les zones de tension que les changements doivent se matérialiser. Dans le cas du Honduras, de nombreuses preuves attestent que la posture de l’administration Obama n’est pas très claire, mais on ne peut pas pour autant l’accuser d’appuyer directement les putschistes. Il est encore trop tôt pour savoir comment cette crise va se terminer, mais chaque jour que le Honduras passe sans Manuel Zelaya à la présidence de la République constitue une victoire pour les putschistes.
En ce moment en Amérique latine, c’est en Colombie et dans la région andine que les enjeux sont les plus forts. Qu’est-ce que Obama propose de nouveau dans ce pays ? En tout état de cause, il ne fait pas preuve de la même délicatesse et des mêmes manières que dans d’autres pays. En Colombie, le militarisme est en pleine expansion, la présence militaire étasunienne est en telle augmentation qu’elle atteint un stade presque irréversible ; et tout cela se passe sous la présidence de Obama.
Le retrait forcé du Commandement Sud de la base de Manta en Equateur a conduit le Pentagone à consolider et à diversifier sa présence en Colombie. Dans le cadre du Plan Colombie, l’armée étasunienne utilise les installations militaires des bases de Tres Esquinas et de Larandia dans le sud, et de trois autres bases au moins. La proposition actuelle consiste à répartir les troupes qui se trouvaient à Manta sur au moins trois bases aériennes et deux bases navales. Les négociations sont sur le point d’aboutir, concernant l’utilisation des bases aériennes de Apiay, de Malambo et de Palanquero et les ports de Tumaco et de la baie de Malaga, sur la côte Pacifique. Rien qu’avec la base de Palanquero, dans le centre du pays, le Commandement Sud compensera largement le retrait de la base de Manta. La base de Palanquero dispose d’une piste d’atterrissage plus longue de 600 mètres, elle peut accueillir 2000 soldats et 100 aéronefs. Enfin, elle permet aux gigantesques avions C-17 de pouvoir atterrir, ce qui n’était pas le cas sur la base équatorienne. Le sociologue et journaliste Alfredo Molano avance l’éventualité que la Colombie puisse autoriser le stationnement d’un porte-avions dans les eaux des Caraïbes ou du Pacifique.
La nouvelle répartition des forces armées étasuniennes va permettre à l’Etat colombien de consolider sa politique sur certaines questions essentielles :
- développer le contrôle territorial dans des régions clefs du pays, notamment celles dont la richesse des sous-sols suscite la convoitise des multinationales ;
- porter ombrage à ces voisins, au Venezuela et à l’Equateur, mais également au Pérou et au Brésil ;
- accroître le contrôle du Pacifique, au vu du développement des échanges commerciaux entre la Chine et l’Amérique du Sud, en particulier avec le Brésil et le Venezuela.
Il ne s’agit pas seulement d’une réponse militaire à la perte de la base de Manta, comme le prétendent certains analystes. Ce nouveau déploiement de forces prétend s’ériger comme une réponse militaire intégrale -qui soit aussi politique et économique- au déclin stratégique de la superpuissance et de la crise qu’elle traverse. En Amérique du Sud, la principale menace stratégique pour les États-Unis repose sur l’alliance entre le Brésil et la Chine, surtout depuis que la Chine a mis un pied dans l’IIRSA (Initiative pour l’Infrastructure Régionale Sud-Américaine). L’IIRSA prévoit des grands travaux d’infrastructures afin de faciliter les flux commerciaux entre l’Atlantique et le Pacifique, d’où l’importance d’avoir des bases sur le Pacifique.
Même si l’argument reste celui de la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme, l’objectif est de repositionner le Commandement Sud comme principal outil de contrôle des États-Unis dans la région. La base de Manta ne s’est jamais donné pour objectif de lutter contre le trafic de drogue. Luis Angel Saavedra, directeur de l’INREDH (Fondation Régionale de Conseil en Matière de Droits de l’Homme) a déclaré que « Manta est aujourd’hui le premier port d’exportation de drogues du pays ». Ce dont il est question, insiste-t-il, c’est de la construction d’une « armature militaire » qui permette le contrôle rapide du Pacifique du Mexique à la Patagonie, et d’articuler ainsi le Plan Puebla Panama et le Plan Colombie.
Afin de se repositionner, la Maison-Blanche n’a pas hésité à renforcer son alliance avec l’extrême droite colombienne, avec le président Alvaro Uribe et l’ex-ministre de la Défense, Manuel Santos, tous deux proches des paramilitaires. Même les plus radicaux doivent aujourd’hui faire usage d’un langage politiquement correct, car cette nouvelle étape l’exige. Le général Freddy Padilla, ministre de la Défense, donne l’exemple quand il assure que la « Colombie ne permet pas la création de bases militaires étasuniennes » et « qu’aucun pays tiers ne sera affecté ». Il va même plus loin lorsqu’il affirme que les négociations de la nouvelle convention se font dans le respect de la souveraineté de la Colombie, que le transit de troupes étrangères ne sera pas permis et que la coopération se limitera aux prêts d’installations colombiennes aux militaires étasuniens.
La nouvelle ère promise par Obama pourrait n’être que des mots jetés en l’air, si dans les faits, le contrôle de l’Empire et l’ingérence ouverte se perpétuent.
Article initialement publié par La Jornada : El estilo Obama y América Latina / Raúl Zibechi, La Jornada, 31 juillet 2009.
Texte traduit en français et publié par info sud télé
http://www.legrandsoir.info/Le-style-Obama-et-l-Amerique-latine-la-Jornada.html
* * *
El estilo Obama y América Latina
Raúl Zibechi
Han transcurrido ya seis meses desde que Barack Obama se instaló en la Casa Blanca. Un tiempo breve, pero suficiente para observar cambios y continuidades en la relación de Estados Unidos con América Latina. Destacados analistas enfatizan los cambios. "Balance positivo", titula Ignacio Ramonet su columna en Le Monde Diplomatique, en la que sostiene que Obama no ha cometido errores graves, mantiene alto nivel de popularidad y ha cumplido sus principales promesas, entre ellas inciar una "nueva era" en las relaciones con América del Sur.
Seguramente la opinión anterior es la predominante aun después de las vacilaciones en relación con el golpe de Estado en Honduras, que ha llevado a otros analistas a enfatizar en las continuidades de la política exterior de Washington. Sería demasiado simplista concluir que no ha habido cambios. Obama enarbola un nuevo discurso con modales más refinados, como pudo verse en su encuentro con presidentes latinoamericanos, incluyendo gestos amables hacia Hugo Chávez, y parece intentar comprender al resto del mundo, como se desprende de su discurso del 4 de junio en El Cairo. Muy distinto, por cierto, de la soberbia del vaquero George W. Bush.
Los gestos y modos no son manifestaciones simbólicas despreciables. La humanidad de abajo ha luchado y lucha por ser reconocida, por su dignidad, que no puede circunscribirse a asuntos meramente materiales. Pero los gestos solos no alcanzan. Es en las zonas y en los momentos calientes donde deben materializarse los cambios, si es verdad que existen. Honduras es un banco de pruebas del que la administración de Obama no sale muy bien parada, pero tampoco puede achacársele apoyo directo a los golpistas. Aún es pronto para saber cómo se dilucidará esa crisis, aunque cada día que pasa sin el retorno de Manuel Zelaya a la presidencia es un triunfo de los golpistas.
En América Latina el lugar que sigue ardiendo es la región andina y Colombia. ¿Qué ofrece de nuevo Obama en ese país? Podría decirse que ni siquiera los gestos que prodiga en otros escenarios. En Colombia el militarismo crece, la presencia militar estadunidense está escalando hasta niveles prácticamente irreversibles y lo hace bajo la administración de Obama.
La retirada forzada del Comando Sur de la base de Manta en Ecuador ha llevado al Pentágono a profundizar y diversificar su presencia en Colombia. A través del Plan Colombia utiliza las instalaciones militares de Tres Esquinas y Larandia en el sur, además de por lo menos otras tres bases. La propuesta ahora es dispersar lo que había en Manta en por lo menos tres bases aéreas y dos navales. Está a punto de finalizar la negociación para la utilización de las bases aéreas de Apiay, Malambo y Palanquero, y los puertos de Tumaco y Bahía Málaga sobre el Pacífico. Sólo con la base de Palanquero (en el centro del país) el Comando Sur equilibra con creces la retirada de Manta, ya que cuenta con una pista 600 metros más larga, puede albergar 2 mil soldados y 100 naves y permite operar a los gigantescos C-17 que no lo hacían en la base ecuatoriana. Alfredo Molano adelanta la posibilidad de que Colombia autorice que un portaviones se estacione en aguas del Caribe o el Pacífico.
La nueva disposición de fuerzas estadunidenses en Colombia le permitirá avanzar en aspectos claves: la profundización del control territorial de las regiones decisivas de Colombia, en particular aquellas que por tener riquezas en el subsuelo son codiciadas por las multinacionales; proyectarse como sombra sobre sus vecinos, tanto Venezuela y Ecuador como Perú y Brasil; e incrementar el control sobre el Pacífico, en vista del creciente comercio entre China y la región sudamericana, en particular con Brasil y Venezuela.
No se trata sólo de una respuesta militar a la pérdida de la base de Manta, como sostienen analistas. El nuevo despliegue pretende erigirse en una respuesta militar integral, o sea también política y económica, al declive estratégico de la superpotencia y a la crisis por la que atraviesa. En Su-damérica la principal amenaza estragética para Estados Unidos es la alianza China-Brasil, es decir, China-América del Sur, que tiene una de sus patas en la IIRSA (Iniciativa para la Infraestructura de la Región Suramericana), conjunto de obras de infraestructura capaz de lubricar el flujo comercial Pacífico-Atlántico. De ahí la importancia de contar con bases sobre el Pacífico.
Aunque el argumento sigue siendo el narcotráfico y el terrorismo, el objetivo es reposicionar al Comando Sur como eje del control estadunidense en la región. Sabemos que la base de Manta nunca se propuso combatir el narcotráfico. "Manta ahora es el primer puerto de exportación de droga en el país", sostiene Luis Ángel Saavedra, director de Inredh. De lo que se trata, insiste, es de la construcción de un "esqueleto militar" que permita el control rápido de México hasta la Patagonia, articulando así el Plan Puebla Panamá con el Plan Colombia.
Para este reposicionamiento la Casa Blanca no dudó en reforzar su alianza con la ultraderecha colombiana, con el presidente Álvaro Uribe y el ex ministro de Defensa, Manuel Santos, ambos cercanos a los paramilitares. Incluso los más ultras aprendieron el lenguaje políticamente correcto que exigen los nuevos tiempos. El general Freddy Padilla, ministro de Defensa, es ejemplo de los nuevos modales, cuando asegura que "no se permite la creación de bases militares de Estados Unidos" y que "no se afectará a terceros estados". Va más lejos; dice que el nuevo convenio que se negocia respeta la soberanía de Colombia, que no se permitirá el tránsito de tropas extranjeras sino la cooperación a través del préstamo de instalaciones colombianas a los estadunidenses.
La "nueva era" que prometió Obama puede quedar sólo en palabras si la realidad sigue siendo de control imperial y de injerencia abierta.
http://www.jornada.unam.mx

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire