Leonardo BOFF
Thierry Pignolet. Édité par Fausto Giudice
On n’a jamais parlé autant qu’aujourd’hui, dans tous les pays et forums, de développement-croissance. C'est une obsession qui nous accompagne depuis au moins trois siècles. Maintenant que s'est produit l'effondrement économique, l'idée est revenue avec une vigueur renouvelée -parce que la logique du système ne permet pas d'abandonner cette idée- matrice sans s'autodétruire. Malheur aux économies qui ne parviennent pas à restaurer leurs niveaux de développement-croissance !
Elles vont succomber, et cela sera éventuellement accompagné d'une tragédie écologique et humanitaire.
Mais nous devons le dire bien clairement : reprendre cette idée est un piège dans lequel tombe la majorité, y compris Benoît XVI dans sa récente encyclique Caritas in veritate consacrée au développement. Cela peut se vérifier presque de manière unanime dans les discours des représentants des 192 peuples présents à la réunion de l'ONU, fin juin. La grande exception, qui a suscité l'étonnement, a été le discours d’ouverture et de clôture du président de l'Assemblée Générale Miguel d'Escoto, qui a pensé plus avant à la logique d'un autre paradigme de relation Terre-Vie-Humanité, subordonnant le développement au service de ces réalités centrales. Pour le reste, on n'entendait pas autre chose : il faut reprendre le développement-croissance, sinon la crise va s'éterniser.
Pourquoi dis-je que c'est un piège ? Parce que pour atteindre les taux minimaux prévus de développement-croissance de 2% par an, nous aurions besoin d'ici peu de deux Terres égales à celle que nous avons. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'ex-président français Jacques Chirac qui l'a exprimé lorsque le GIEC[1] a publié, le 2 février 2007 à Paris, le rapport sur le réchauffement global. Entre autres Edgard Wilson, le célèbre biologiste, et James Lovelock, l'auteur de la théorie de la Terre Gaï [2] le répètent fréquemment. La Terre est en train de donner des signaux évidents de stress généralisé. Il y a des limites qui ne peuvent être dépassées.
Le Secrétaire de l'ONU Ban-Ki-Moon a récemment signalé aux peuples que nous avions seulement environ dix ans pour sauver la civilisation humaine d'une catastrophe écologique planétaire. Dans un récent numéro de la revue Nature, un prestigieux groupe de scientifiques a publié un rapport sur « Les limites de la planète » (planetary boundaries) dans lequel ils affirment que nous sommes arrivés, dans plusieurs écosystèmes de la Terre, au point de non-retour (tipping point) en ce qui concerne la désertification, la fonte des calottes polaires et de l’Himalaya, et l'acidité croissante des océans. Il convient de citer ici, à mon avis, l’étude la mieux fondée des auteurs du légendaire The Limits to Growth (trad.fr. Halte à la croissance ? Rapport sur les limites de la croissance, Fayard, 1973) du Club de Rome en 1972 : D. Meadows et J. Randers. Le titre de leur livre de 1992 donne un signal d'alarme : Beyond the Limits. Confronting Global Collapse, Envisioning a Sustainable Future (non traduit en français).
La thèse de ces auteurs est que l'accélération excessive du développement-croissance des dernières décennies, de la consommation et du gaspillage, nous ont fait connaître les limites écologiques de la Terre. Il n'y a pas de technique ni de modèle économique qui garantisse la durabilité du projet actuel. L'économiste Ignacy Sachs, un ami du Brésil, un des seuls qui proposent un éco-socio-développement, commente : « On ne peut exclure l'idée que, par excès d'application de rationalité partielle, nous terminions dans une ligne d'irrationalité globale suicidaire » (« Forum », juin 2009 p.19). J'ai déjà affirmé dans cet espace que la culture du capital a une tendance suicidaire. Il préfère mourir que changer, entraînant d'autres avec lui.
Les énonciateurs de la vision systémique appellent ce phénomène dépassement et effondrement. C'est-à-dire que nous dépassons les limites et que nous nous dirigeons vers un effondrement.
Serais-je pessimiste ? Je réponds avec José Saramago : « je ne suis pas pessimiste, c’est la réalité qui est désastreuse ». Effectivement : ou nous quittons le bateau du développement insoutenable en direction de ce que la Charte de la Terre appelle « un mode de vie durable » -ce que les Andins appellent « le bien vivre »-, ou nous allons devoir accepter le risque d'être écartés de cette planète.
Mais comme l'univers est fait de virtualités pas encore tentées, espérons qu'en apparaitra une qui nous sauve tous.
Notes
[1] GIEC, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (en anglais: IPCC, Intergovernmental Panel on Climate Change)
[2] L'hypothèse Gaïa, appelée également hypothèse biogéochimique, est une hypothèse scientifique avancée par l'écologiste anglais James Lovelock en 1970 selon laquelle l'ensemble des êtres vivants sur Terre serait comme un vaste organisme (appelé Gaïa du nom du Titan de la mythologie grecque personnifiant la Terre) réalisant l'autorégulation de ses composants pour favoriser la vie (wikipedia).
Source : Extrapolação e colapso do sistema mundial?
Thierry Pignolet et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8569&lg=fr
Thierry Pignolet. Édité par Fausto Giudice
On n’a jamais parlé autant qu’aujourd’hui, dans tous les pays et forums, de développement-croissance. C'est une obsession qui nous accompagne depuis au moins trois siècles. Maintenant que s'est produit l'effondrement économique, l'idée est revenue avec une vigueur renouvelée -parce que la logique du système ne permet pas d'abandonner cette idée- matrice sans s'autodétruire. Malheur aux économies qui ne parviennent pas à restaurer leurs niveaux de développement-croissance !Elles vont succomber, et cela sera éventuellement accompagné d'une tragédie écologique et humanitaire.
Mais nous devons le dire bien clairement : reprendre cette idée est un piège dans lequel tombe la majorité, y compris Benoît XVI dans sa récente encyclique Caritas in veritate consacrée au développement. Cela peut se vérifier presque de manière unanime dans les discours des représentants des 192 peuples présents à la réunion de l'ONU, fin juin. La grande exception, qui a suscité l'étonnement, a été le discours d’ouverture et de clôture du président de l'Assemblée Générale Miguel d'Escoto, qui a pensé plus avant à la logique d'un autre paradigme de relation Terre-Vie-Humanité, subordonnant le développement au service de ces réalités centrales. Pour le reste, on n'entendait pas autre chose : il faut reprendre le développement-croissance, sinon la crise va s'éterniser.
Pourquoi dis-je que c'est un piège ? Parce que pour atteindre les taux minimaux prévus de développement-croissance de 2% par an, nous aurions besoin d'ici peu de deux Terres égales à celle que nous avons. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'ex-président français Jacques Chirac qui l'a exprimé lorsque le GIEC[1] a publié, le 2 février 2007 à Paris, le rapport sur le réchauffement global. Entre autres Edgard Wilson, le célèbre biologiste, et James Lovelock, l'auteur de la théorie de la Terre Gaï [2] le répètent fréquemment. La Terre est en train de donner des signaux évidents de stress généralisé. Il y a des limites qui ne peuvent être dépassées.
Le Secrétaire de l'ONU Ban-Ki-Moon a récemment signalé aux peuples que nous avions seulement environ dix ans pour sauver la civilisation humaine d'une catastrophe écologique planétaire. Dans un récent numéro de la revue Nature, un prestigieux groupe de scientifiques a publié un rapport sur « Les limites de la planète » (planetary boundaries) dans lequel ils affirment que nous sommes arrivés, dans plusieurs écosystèmes de la Terre, au point de non-retour (tipping point) en ce qui concerne la désertification, la fonte des calottes polaires et de l’Himalaya, et l'acidité croissante des océans. Il convient de citer ici, à mon avis, l’étude la mieux fondée des auteurs du légendaire The Limits to Growth (trad.fr. Halte à la croissance ? Rapport sur les limites de la croissance, Fayard, 1973) du Club de Rome en 1972 : D. Meadows et J. Randers. Le titre de leur livre de 1992 donne un signal d'alarme : Beyond the Limits. Confronting Global Collapse, Envisioning a Sustainable Future (non traduit en français).
La thèse de ces auteurs est que l'accélération excessive du développement-croissance des dernières décennies, de la consommation et du gaspillage, nous ont fait connaître les limites écologiques de la Terre. Il n'y a pas de technique ni de modèle économique qui garantisse la durabilité du projet actuel. L'économiste Ignacy Sachs, un ami du Brésil, un des seuls qui proposent un éco-socio-développement, commente : « On ne peut exclure l'idée que, par excès d'application de rationalité partielle, nous terminions dans une ligne d'irrationalité globale suicidaire » (« Forum », juin 2009 p.19). J'ai déjà affirmé dans cet espace que la culture du capital a une tendance suicidaire. Il préfère mourir que changer, entraînant d'autres avec lui.
Les énonciateurs de la vision systémique appellent ce phénomène dépassement et effondrement. C'est-à-dire que nous dépassons les limites et que nous nous dirigeons vers un effondrement.
Serais-je pessimiste ? Je réponds avec José Saramago : « je ne suis pas pessimiste, c’est la réalité qui est désastreuse ». Effectivement : ou nous quittons le bateau du développement insoutenable en direction de ce que la Charte de la Terre appelle « un mode de vie durable » -ce que les Andins appellent « le bien vivre »-, ou nous allons devoir accepter le risque d'être écartés de cette planète.
Mais comme l'univers est fait de virtualités pas encore tentées, espérons qu'en apparaitra une qui nous sauve tous.
Notes
[1] GIEC, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (en anglais: IPCC, Intergovernmental Panel on Climate Change)
[2] L'hypothèse Gaïa, appelée également hypothèse biogéochimique, est une hypothèse scientifique avancée par l'écologiste anglais James Lovelock en 1970 selon laquelle l'ensemble des êtres vivants sur Terre serait comme un vaste organisme (appelé Gaïa du nom du Titan de la mythologie grecque personnifiant la Terre) réalisant l'autorégulation de ses composants pour favoriser la vie (wikipedia).
Source : Extrapolação e colapso do sistema mundial?
Thierry Pignolet et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8569&lg=fr
* * *
¿Sobrepasamiento y colapso del sistema mundial?
AUTOR: Leonardo BOFF
Traducido por servicioskononia.org
Hoy en día en todos los países y foros se habla de desarrollo-crecimiento como nunca antes. Es una obsesión que nos acompaña por lo menos desde hace tres siglos. Ahora que se ha producido el colapso económico, la idea ha vuelto con renovado vigor, porque la lógica del sistema no permite, sin autonegarse, abandonar esa idea-matriz. ¡Ay de las economías que no consigan rehacer sus niveles de desarrollo-crecimiento! Van a sucumbir junto a una eventual tragedia ecológica y humanitaria.
Pero tenemos que decirlo con todas las letras: retomar esa idea es una trampa en la que está cayendo la mayoría, inclusive Benedicto XVI en su reciente encíclica Caritas in veritate, dedicada al desarrollo. Esto puede verificarse casi de manera unánime en los discursos de los representantes de los 192 pueblos presentes en la reunión de la ONU a finales de junio. La gran excepción, que causó asombro, fue el discurso inicial y final del presidente de la Asamblea General, Miguel d’Escoto, que pensó hacia delante en la lógica de otro paradigma de relación Tierra-Vida-Humanidad, y subordinando el desarrollo al servicio de estas realidades centrales. Del resto no se oía otra cosa: hay que retomar el desarrollo-crecimiento, si no la crisis se perenniza.
¿Por qué digo que es una trampa? Porque para alcanzar los índices mínimos de desarrollo-crecimiento del 2% anual previsto, necesitaríamos dentro de poco dos Tierras iguales a la que tenemos. No lo digo yo, lo dijo el expresidente francés Jacques Chirac cuando el IPCC publicó en Paris el 2 de febrero de 2007 los resultados del calentamiento global. Lo repiten con frecuencia el renombrado biólogo Edgard Wilson y el formulador de la teoría de la Tierra como Gaia, James Lovelock, entre otros. La Tierra está dando señales inequívocas de estrés generalizado. Hay límites que no se pueden sobrepasar.
Recientemente, el Secretario de la ONU, Ban-Ki-Moon advirtió a los pueblos de que solamente tenemos unos diez años para salvar a la civilización humana de una castástrofe ecológica planetaria. En un número reciente de la revista Nature, un prestigioso grupo de científicos publicó un informe sobre «Los límites del planeta» (planetary boundaries) en el que afirmaban que en varios ecosistemas de la Tierra estamos llegando punto de no retorno (tipping point) con referencia a la desertificación, la fusión de los cascos polares y del Himalaya, y a la creciente acidez de los océanos. Cabe aquí citar, en mi opinión, el mejor fundamentado estudio de los autores del legendario Los límites del crecimiento del Club de Roma de 1972: D. Meadows y J. Randers. Su libro de 1991 tiene un título que es una llamada de alerta: Mas allá de los límites: colapso total o un futuro sostenible.
La tesis de estos autores es que la excesiva aceleración del desarrollo-crecimiento de las últimas décadas, del consumo y del desperdicio, nos han hecho conocer los límites ecológicos de la Tierra. No hay técnica ni modelo económico que garantice la sostenibilidad del proyecto actual. El economista Ignacy Sachs, amigo de Brasil, uno de los pocos que propone un ecosociodesarrollo comenta: «No se puede excluir la idea de que, por exceso de aplicación de racionalidad parcial, acabemos en una línea de irracionalidad global suicida» («Forum», junio 2009 p.19). Ya he afirmado en este espacio que la cultura del capital tiene una tendencia autosuicida. Prefiere morir a cambiar, arrastrando a otros consigo.
Los formuladores de la visión sistémica llaman a este fenómeno sobrepasamiento y colapso. Es decir, sobrepasamos los límites y nos dirigimos hacia un colapso.
¿Estaré siendo pesimista? Respondo con José Saramago: «no soy pesimista, la realidad es la que es pésima». Efectivamente: o abandonamos el barco del desarrollo insostenible en dirección a lo que la Carta de la Tierra llama «un modo sostenible de vivir» y los andinos «el bien vivir», o vamos a tener que aceptar el riesgo de ser despedidos de este planeta.
Pero como el universo está hecho de virtualidades todavía no ensayadas, esperamos que surja una que nos salve a todos.
Fuente original: el sitio del autor - Extrapolação e colapso do sistema mundial?
Fuente de esa traducción: http://www.servicioskoinonia.org/boff/articulo.php?num=339
Artículo original publicado el 17 de julio de 2009
Sobre el autor
Tlaxcala es la red de traductores por la diversidad lingüística. Esta traducción se puede reproducir libremente a condición de respetar su integridad y mencionar al autor, al traductor y la fuente.
URL de este artículo en Tlaxcala: http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8452&lg=es
AUTOR: Leonardo BOFF
Traducido por servicioskononia.org
Hoy en día en todos los países y foros se habla de desarrollo-crecimiento como nunca antes. Es una obsesión que nos acompaña por lo menos desde hace tres siglos. Ahora que se ha producido el colapso económico, la idea ha vuelto con renovado vigor, porque la lógica del sistema no permite, sin autonegarse, abandonar esa idea-matriz. ¡Ay de las economías que no consigan rehacer sus niveles de desarrollo-crecimiento! Van a sucumbir junto a una eventual tragedia ecológica y humanitaria.
Pero tenemos que decirlo con todas las letras: retomar esa idea es una trampa en la que está cayendo la mayoría, inclusive Benedicto XVI en su reciente encíclica Caritas in veritate, dedicada al desarrollo. Esto puede verificarse casi de manera unánime en los discursos de los representantes de los 192 pueblos presentes en la reunión de la ONU a finales de junio. La gran excepción, que causó asombro, fue el discurso inicial y final del presidente de la Asamblea General, Miguel d’Escoto, que pensó hacia delante en la lógica de otro paradigma de relación Tierra-Vida-Humanidad, y subordinando el desarrollo al servicio de estas realidades centrales. Del resto no se oía otra cosa: hay que retomar el desarrollo-crecimiento, si no la crisis se perenniza.
¿Por qué digo que es una trampa? Porque para alcanzar los índices mínimos de desarrollo-crecimiento del 2% anual previsto, necesitaríamos dentro de poco dos Tierras iguales a la que tenemos. No lo digo yo, lo dijo el expresidente francés Jacques Chirac cuando el IPCC publicó en Paris el 2 de febrero de 2007 los resultados del calentamiento global. Lo repiten con frecuencia el renombrado biólogo Edgard Wilson y el formulador de la teoría de la Tierra como Gaia, James Lovelock, entre otros. La Tierra está dando señales inequívocas de estrés generalizado. Hay límites que no se pueden sobrepasar.
Recientemente, el Secretario de la ONU, Ban-Ki-Moon advirtió a los pueblos de que solamente tenemos unos diez años para salvar a la civilización humana de una castástrofe ecológica planetaria. En un número reciente de la revista Nature, un prestigioso grupo de científicos publicó un informe sobre «Los límites del planeta» (planetary boundaries) en el que afirmaban que en varios ecosistemas de la Tierra estamos llegando punto de no retorno (tipping point) con referencia a la desertificación, la fusión de los cascos polares y del Himalaya, y a la creciente acidez de los océanos. Cabe aquí citar, en mi opinión, el mejor fundamentado estudio de los autores del legendario Los límites del crecimiento del Club de Roma de 1972: D. Meadows y J. Randers. Su libro de 1991 tiene un título que es una llamada de alerta: Mas allá de los límites: colapso total o un futuro sostenible.
La tesis de estos autores es que la excesiva aceleración del desarrollo-crecimiento de las últimas décadas, del consumo y del desperdicio, nos han hecho conocer los límites ecológicos de la Tierra. No hay técnica ni modelo económico que garantice la sostenibilidad del proyecto actual. El economista Ignacy Sachs, amigo de Brasil, uno de los pocos que propone un ecosociodesarrollo comenta: «No se puede excluir la idea de que, por exceso de aplicación de racionalidad parcial, acabemos en una línea de irracionalidad global suicida» («Forum», junio 2009 p.19). Ya he afirmado en este espacio que la cultura del capital tiene una tendencia autosuicida. Prefiere morir a cambiar, arrastrando a otros consigo.
Los formuladores de la visión sistémica llaman a este fenómeno sobrepasamiento y colapso. Es decir, sobrepasamos los límites y nos dirigimos hacia un colapso.
¿Estaré siendo pesimista? Respondo con José Saramago: «no soy pesimista, la realidad es la que es pésima». Efectivamente: o abandonamos el barco del desarrollo insostenible en dirección a lo que la Carta de la Tierra llama «un modo sostenible de vivir» y los andinos «el bien vivir», o vamos a tener que aceptar el riesgo de ser despedidos de este planeta.
Pero como el universo está hecho de virtualidades todavía no ensayadas, esperamos que surja una que nos salve a todos.
Fuente original: el sitio del autor - Extrapolação e colapso do sistema mundial?
Fuente de esa traducción: http://www.servicioskoinonia.org/boff/articulo.php?num=339
Artículo original publicado el 17 de julio de 2009
Sobre el autor
Tlaxcala es la red de traductores por la diversidad lingüística. Esta traducción se puede reproducir libremente a condición de respetar su integridad y mencionar al autor, al traductor y la fuente.
URL de este artículo en Tlaxcala: http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8452&lg=es

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