Quand vient le temps
auteur inconnu
Quand vient l’âge des souvenirs,Coule dans le calice
Un breuvage doux-amer ;
La tendresse,
La nostalgie,
Parfois la tristesse
Et ce dur sentiment
De s’étre trop souvent
Egaré au son du vent.
Heures sombres et lumineuses
Se fondent et se confondent,
Délivrant comme un fumet de pavot,
Formant un tableau surréaliste
Ou un « Guernica »
Sans maître ni pinceaux.
Je rêvais d’être bâtisseur,
Mais ne fus, plus souvent,
Qu’un ingénu démolisseur.
Je croyais aimer,
Je voulais aimer,
Mais ce livre lumineux
Etait bien trop vaste
Pour que j’en parcourus le tout.
La réalité se fond dans l’onirique
Perdant le fil de ce qui est véridique…
Je me voulais libre.
Oh charmante illusion
Qui rejoignit le chaos
Lorsque je compris
Que je n’étais que le jouet
D’un monde conçu
Pour plaire aux puissants.
J’avais foi en un Dieu d’amour
Qui, trop vite, s’abîmât
Dans le fracas des canons,
Des dogmes et rentes,
Puis renaissait,
Monstre exigeant
La vie et le sang
Des pauvres et des niais.
Je croyais, sans doute ni question,
Ce que mes yeux lisaient.
Jusqu’au jour où je compris
Que tout n’est qu’apparence
Pouvoir et jalousie,
Convoitise et folie.
Tu m’avais dit : « pour toujours »
Et tu partis au bout
De sept ans et quelques jours,
Détruisant mes rêves,
Mes espérances,
Volant à jamais
Mes forces
Et mon innocence.
Et pourtant, lorsque
La flamme qui m’anime
Sera soufflée
Et que sa fumée
S’envolera au loin,
Dans l’inconnu
D’un futur incertain,
Je te regretterai,
Toi, la vie,
Que j’ai tant aimée que vomie.
© Jean Dornac
23 août 2009

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire