mercredi 20 janvier 2010

Là où le temps s’est arrêté

Samah SABAWI سماح سبعاوي


Gaza un an après l’opération « Plomb jeté »

Traduit par Pedro da Nóbrega


Ne me dites pas qu’une année s’est écoulée
Nos vies ne se mesurent pas à ce calendrier
Le temps pour nous s’est arrêté il y a bien longtemps
Ponctué ça et là de douleurs et de pertes
Parsemé de quelques moments de trêve
Nous ne comptons sur Noël ou l’Aïd pour fêter
Ni nous trompons nous-mêmes avec une « bonne année »
Nous ne prenons rien pour acquis
D’ici au lendemain, aucune certitude
Notre journée d’hier compose notre présent
Le temps ici s’est congelé
Et une simple année calendaire
Ne rendra jamais compte de nos vies,
De notre misère collective,
De notre soif d’humanité
Ne me dites pas qu’une année s’est écoulée
Notre horloge a stoppé quand la justice s’est effondrée
Etouffée par des décennies de répression
Gardez donc le silence et ne parlez pas du temps
Nous avons trop souffert de l’absence de temps
Nous les mesurons au nombre des étreintes
Notre valeur aux battements de cœur des amoureux
Et toute notre existence par notre résistance
Alors ne me dites pas qu’une année s’est écoulée…


Source : Where Time Stood Still

Sur l’auteure

Pedro da Nóbrega est membre de Tlaxcala, le réseau "dintenrational e traducteurs" pour la diversité linguistique.
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9701&lg=fr

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