dimanche 28 février 2010

La solution au financement des retraites existe

Martine Billard

« Il est normal que, dans une société où il y a plus de retraités, la part de la richesse nationale qui leur est consacrée augmente. Le tabou qui doit sauter est celui de l’augmentation des cotisations patronales ainsi que la taxation des revenus du capital. Il est temps de rééquilibrer la part de la rémunération du travail dans la valeur ajoutée. » Intervention de la Députée Martine Billard à la tribune de l’Assemblée Nationale.

Martine Billard, Assemblée Nationale, 16 février 2010 [1]

Près de six Français sur dix se prononcent contre le recul de l’âge de départ à la retraite au-delà de soixante ans, et plus d’un sur deux est opposé à l’allongement de la durée de cotisation. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

La réforme des retraites de 2003 a provoqué une baisse des pensions avec le calcul sur les vingt-cinq meilleures années et l’indexation sur les prix et non plus sur les salaires.

Vous voulez repousser l’âge de départ en retraite et allonger la durée de cotisation. Toutes ces mesures provoqueront inexorablement une nouvelle baisse des retraites malgré vos dénégations. Or celles et ceux qui, aujourd’hui, peuvent partir à soixante ans sont justement celles et ceux qui ont commencé à travailler très jeunes. Les obliger à travailler plus longtemps serait donc injuste, d’autant plus que, comme le MEDEF, vous refusez de reconnaître l’existence de métiers pénibles, renvoyant chaque salarié à son état de santé individuel.

Cette proposition relève de plus d’une grande hypocrisie : six salariés sur dix sont hors emploi au moment où ils liquident leur retraite et les mesures homéopathiques pour l’emploi des seniors prises par les gouvernements depuis 2002 n’y ont rien changé. Le patronat continue à se débarrasser avant l’âge de la retraite des salariés âgés qu’il ne considère plus assez rentables.

Vous justifiez ce report par comparaison avec l’âge de départ en retraite dans les autres pays de l’Union européenne. Vous oubliez simplement de préciser que la France n’a pas les mêmes problèmes démographiques. La question se pose donc dans des termes différents.

La solution au financement des retraites existe.

Il est normal que, dans une société où il y a plus de retraités, la part de la richesse nationale qui leur est consacrée augmente. Le tabou qui doit sauter est celui de l’augmentation des cotisations patronales ainsi que la taxation des revenus du capital. Il est temps de rééquilibrer la part de la rémunération du travail dans la valeur ajoutée. Monsieur Wauquiez l’a indiqué ce matin comme piste possible.

Monsieur le Premier ministre, allez-vous procéder à ce rééquilibrage ?

Question au gouvernement de Martine Billard, via la fédération des Bouches du Rhône du Parti Communiste Français

[1] Une première version de cette publication présentait à tort Mme Billard comme une Députée communiste. Elue en tant que membre des Verts en 2007, elle a depuis rejoint le Parti de Gauche en décembre 2009. Martine Billard est inscrite au groupe Gauche démocrate et républicaine de l’Assemblée Nationale.

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2990

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