Michel Berthelot
Luc Chatel, ministre de l’Éducation mais pas du bon exemple, ce jeudi 9 écoulé, à propos de WikiLeaks et des 250 000 câbles diplomatiques, invité de Frédéric Taddéi dans l’émission de France 3 « Ce soir ou jamais », se plaint, au même titre que tous ses petits camarades politicards et gouvernementaux, type Hubert Védrine (pour ne citer que lui mais c’est un exemple rutilant !) d’une insupportable violation de conversations « privées » et « intimes », parce que confidentielles, entre diplomates, hommes de pouvoir ou négociateurs, que le public n’a paraît-il pas à connaître.
Rappelons simplement à ce Monsieur qu’il travaille au service des citoyens, qu’il est mis en place par eux et que c’est aussi à eux qu’il a, en l’espèce et en bonne démocratie, à rendre des comptes. Que ces conversations diplomatiques, ou pas, ne sont pas privées, ni intimes, mais réalisées dans le cadre de sa mission au service de l’État et que les électeurs sont en droit de connaître ce qui se dit et de savoir ce qui s’accomplit en leur nom... au moins après coup ! Comme c’est le cas ici. Il a donc tout naturellement à s’expliquer devant ses concitoyens de ses bonnes ou mauvaises actions, contrairement à ce qu’il prétend et dont il s’efforce de s’abstraire en l’explicitant avec cette légère morgue par laquelle il désire vivement se distinguer du vulgum pecus. Et puis il est, semble-t-il, également nécessaire de préciser en dernier ressort à ce retors de la politicaillerie que ses contemporains sont parfaitement conscients que les vocables "raison d’État" et "secret défense" ne sont plus, de nos jours, que prétexte à dissimuler toutes les turpitudes et autres infamies commises par les hommes de pouvoir.
À peine vingt-quatre heures de plus et c’est le Sinistre de l’Intérieur, Triste Hortefeux qui après avoir dérapé sur des rues pentues malencontreusement inclinées, poursuit maladroitement sa glissade dans le caniveau comme dans une bonne grosse république bananière bien de chez nous, c’est-à-dire très empoisonnée au clordécone, en se permettant de commenter, voire carrément vitupérer et cracher sur une décision de justice parce qu’elle concerne quelques uns de ses perdreaux égarés et pervers. Ce qui en démocratie est absolument intolérable de la part d’un tel ministre, et doit être considéré comme une faute grave... Depuis quand des fonctionnaires de police soumis à l’obligation de réserve se permettent-ils de manifester un quelconque mécontentement à l’encontre d’une décison de justice concernant certains d’entre eux reconnus dûment coupables... Ne seraient-ils pas des justiciables commes les autres ?... Alors que précisément parce qu’ils sont policiers ils sont assûrément plus coupables que des citoyens ordinaires : ils exercent une profession dans laquelle on doit se montrer moralement et légalement exemplaire.
Il semblerait donc qu’une trop longue fréquentation de celui-là même qui est parvenu à l’échelon suprême et dont d’ailleurs le comportement s’est révélé à maintes reprises plus que critiquable à bien des égards n’aura finalement pas été un très bon exemple pour eux au point de les conduire, tout bien considéré, au pire, c’est-à-dire sur le funeste chemin de la délinquance.
Michel BERTHELOT


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