lundi 7 février 2011

Lettre d’informations « Couleurs Poésies » N° 45

L’éditorial

Nous vivons des temps très particuliers. Je ne sais si c’est vrai, pour vous aussi, mais nous sommes très nombreux à connaître le drôle de sentiment que le temps s’accélère, et pas seulement pour les plus âgés d’entre nous… C’est comme si quelque chose d’important se préparait, quelque chose comme un changement d’ère… C’est bien ce qui arrive en Égypte et semble se préparer dans plusieurs autres pays arabes, après la révolution tunisienne.

La spéculation honteuse et dramatique sur les matières premières dont dépend l’alimentation mondiale, profitant de conditions climatiques catastrophiques, l’an dernier, prépare, elle aussi, de nombreuses révoltes totalement justifiées. Il est inadmissible que des rapaces profitent de la misère du monde pour parfaire des fortunes déjà indécentes.

Il en est un qui ne change pas et, à mon avis, ne peut pas changer parce qu’il est pétri de conservatisme et d’ambitions présidentielles futures. Je parle, bien sûr, de Nicolas Sarkozy. C’est que la place est confortable, très bien (trop sans aucun doute !) payée, et parfaite pour entretenir un ego depuis longtemps surdéveloppé. Cet ego lui fait faire de lourdes erreurs, comme chez tous les malades de l’ego. Ne trouvant pas d’arguments valables pour faire remonter une cote de popularité qui fleurète avec les abysses, il en surajoute sur le sécuritaire et l’indignation lorsqu’un crime est commis par un malade. Il a toujours un urgent besoin de bouc émissaire. Il faut bien qu’il tente de montrer sa différence ! Comme d’habitude, après un fait divers atroce, sa première envie était de faire voter une nouvelle loi, la sixième dans ce domaine, sauf erreur de ma part, en bien peu d’années. Las, ses députés pourtant bien attachés à ses bottes, cette fois, ont renâclé. Ne pouvant, par ce biais trop facile faire plaisir à la France qui a peur, son électorat privilégié, il s’en est pris aux magistrats et plus ou moins directement aux policiers de la région de Nantes où le drame s’est joué. Ils sont tous accusés de négligence et, quasiment, de complicité du crime ! Ils doivent donc être « exécutés » !

Ce qu’il oublie un peu vite de dire, c’est que par sa volonté de plaire aux thèses néolibérales en démolissant les secteurs publics français, il n’a jamais donné les moyens de servir ses obsessions à ceux qui sont chargés de les appliquer. Les crédits nécessaires ne sont jamais arrivés, ils sont aussi pauvres que le flot de paroles présidentielles et sécuritaires est abondant.

Il vient, par conséquent, de réussir à se mettre une large part du monde de la Justice à dos ! Pire même, lui qui laisse entendre depuis toujours qu’il est l’Ami des policiers, il a trouvé le moyen d’en dresser un certain nombre contre lui ! Je dois vous avouer que ce n’est pas sans un certain plaisir que je vois les magistrats se révolter contre les accusations aberrantes du Président. Toute révolte contre ce pouvoir, qui me semble parfois complètement dément, est une espérance qu’on en finisse bientôt avec lui. Nous avons moins de chance que les Égyptiens qui, au pire, n’auront à supporter leur dictateur que jusqu’en septembre. Nous, nous devrons encore subir, au minimum Sarkozy durant 15 mois. C’est long, très long, bien trop long pour la France et ses citoyens !

Ne vous méprenez pas, je ne compare pas Sarkozy à Ben Ali ou à Moubarak. Ici, nous avons au moins les apparences de la démocratie. Nous pouvons encore écrire ce que nous pensons. Même si nous n’avons aucune chance d’être écoutés, nous pouvons encore manifester, ce qui fait toujours du bien au moral. Nous avons encore des médias libres… pourquoi souriez-vous ? D’accord, la façon de présenter les informations n’est pas neutre. Il nous reste internet, certes, c’est déjà ça. Par contre, ne comptez pas manifester contre Sarkozy s’il visite votre ville ou votre quartier. Les citoyens présents sont soigneusement sélectionnés, parmi les adhérents de l’UMP.

Donc, nous vivons encore en démocratie. Mais pour combien de temps ? Et, surtout, quelle est la qualité de cette démocratie ? À mon sens, il existe autant de démocraties différentes que de dirigeants différents. Le mot, certes, est toujours présent, presque partout, mais que recouvre-t-il en réalité ? En France, chaque Président lui donne la couleur qu’il préfère. Ce qui rend le sens de la démocratie très aléatoire…

Avec Sarko, nous avons la démocratie des boucs émissaires, la démocratie dépendante de l’argent et des riches, la démocratie de plus en plus ultra sécuritaire, et la démocratie du bling bling le plus stupide… Vous avez dit démocratie française ?


Les nouveautés de la semaine


Lundi 31 janvier

« La veuve noire », de Jean Dornac
Grinçante, méchante
Jamais elle ne manque
De piquer sa proie
Infligeant son venin
Dans les âmes désemparées

Mardi 1er février

« Poésie de l’Aimer III », de Ode
À la croisée des ogives
Nous nous sommes rencontrés
À la croisée des chemins
Nous nous sommes aimés

Mercredi 2 février

« Ligne de corps », de Michel Bénard
Ligne de corps, fragile beauté,
Se défilant en point d’interrogation
Jusqu’à la courbure des reins.

Jeudi 3 février

« Ode par elle-même », de Luce Péclard
L’Amour chante les Lunes du Printemps
Que le sillon du temps traverse.
Au bouquet bleu de la Nuit,
Je transgresse les interdits
Pour la seule aventure d’Aimer.

Vendredi 4 février

« Conseils au tyran », de Mouloudi Mustapha
Et dire que je t’ai acclamé
Tyran, à toi je m’adresse
Tu n’as jamais su aimer
En dehors de tes forteresses.

Samedi 5 février

« Le rat et les chiens », fable de la Belette
Il y a dans le gang des amis de Mulot
Un Rat d’égout puant qui suinte la haine,
Un des ces animaux qui touchent le gros lot
Dés que pour plaire un peu ils se mettent en scène.

Dimanche 6 février

« Avec les chevaux », de Victor Varjac
Avec les chevaux nous marchions
au rythme de la terre…
nous sentions sa chaleur
qui vibrait sous l’écorce…


Bonnes lectures
Jean Dornac

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