Monique LauriéCa se passe à coté de chez moi et je suis indignée par l'indifférence de mes concitoyens devant le sort d'enfants étrangers, originaires des pays de l'Est, la plupart musulmans, certains orthodoxes, blancs de peau, normaux comme aurait dit Coluche, mais pauvres...Alors protégeons-nous de la gangrène !.. La 2 et la 3 en ont parlé cet automne mais tout le monde a oublié ces demandeurs d'asile, ressortissants de pays en guerre.
Durant l'été 2010, un bailleur privé a acheté les locaux de l'ancienne maison de retraite de la Gendarmerie de ST.Gratien. Il a fait venir 70 personnes (dont 29 enfants, écoliers et collégiens) auparavant hébergées à ST.Gervais dans des locaux vétustes (contrairement à ceux de ST.Gratien) de la même société.
Le bailleur perçoit de l'État une contribution de 17 € par nuit et par adulte. Au départ, la commune de ST.Gratien refuse de scolariser ces 29 enfants. C'est une pratique contraire à la loi d'obligation scolaire. Deux semaines après la rentrée, et suite à de nombreuses interventions, les 15 élèves du CP au CM2 ont été regroupés arbitrairement dans une classe unique afin d'être testés.
Fonctionnement aberrant puisque ces enfants ont suivi une scolarité ordinaire en France depuis au moins deux ans et disposent des documents officiels indiquant leur niveau de classe. Ils ont été par la suite répartis dans toutes les écoles de la ville parfois bien loin de leur lieu d'habitation. Et pourtant ces enfants ne sont admis ni à la cantine, ni à l'étude, ni au centre de loisirs. C'est discriminatoire puisqu'à ST.Gratien toutes les familles ont accès à ces services municipaux.
La population de ST.Gratien est vieillissante et applaudit les faits et gestes du maire ; par exemple un pharmacien a refusé de délivrer des médicaments à ces détenteurs de la CMU.
Cependant, certains groupes de soutien se sont mis en place : collecte de dons, aide alimentaire grâce au Secours Populaire et aux Restos du Coeur. Mais ce sont des boîtes de conserve que consomment ces enfants qui tombent malades. La cantine constituerait un repas complet. Le samedi 22 janvier, un enfant a été hospitalisé pour cause de malnutrition ; il a été sauvé grâce à un dentiste qui lui a arraché gratuitement plusieurs dents cariées.
- des mères d'élèves ont organisé des cours d'alphabétisation pour adultes ;
- des institutrices ont organisé des aides aux devoirs les mercredis après-midi ;
- une enseignante avait proposé de payer la cantine à cet enfant car elle le voyait dépérir : elle n'a reçu aucune réponse ;
- le médecin d'une mère enceinte, qui est une des rares à pouvoir payer , a demandé l'accès à la cantine pour sa fille ainée scolarisée à l'autre bout de la ville car elle risque un accouchement précoce : il a essuyé un refus.
Pourquoi toutes ces réponses négatives ? Ce serait la porte ouverte à la venue de tous les autres enfants indésirables.
La mairie a toujours eu pour argument que ces gens étaient de passage et n'avaient donc pas besoin des services municipaux ; mais cela fait sept mois qu'ils sont...gratiennois.
Le bailleur a remercié l'ancienne gérante qui n'était pas assez commerciale et l'a remplacée par un nouveau directeur qui a mis fin à tous les réseaux de soutien qui se passaient à l'intérieur de l'établissement. La mairie avait obtenu, grâce à l'aide de la Préfecture, l'interdiction de la venue de nouveaux arrivants. Le directeur, passant par d'autres organismes, a pu faire héberger de nouveaux arrivants sans être dans l'illégalité. De toute façon, les portes étant fermées aux gens de l'extérieur ; on ne sait plus ce qui se passe et les nouveaux enfants ne vont même pas à l'école. Certains sont vraiment de passage : ils restent deux ou trois jours ; d'autres sont là depuis un mois et demi d'après les dires des résidents.
La mairie a fait l'objet d'une saisie auprès de la HALDE. Il fait vraiment bon vivre dans cette bourgade du Nord de Paris !
Monique Laurié

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