lundi 11 avril 2011

Voilà que s’installe le printemps…

Jean Dornac

En fait de printemps, cela ressemble plus à l’été. Nombreux sont ceux qui se réjouissent des températures ambiantes leur permettant, déjà, de se faire « rôtir » au bord de la mer ou de l’océan, voire d’y piquer une tête. Personnellement, je ne peux me réjouir de ces températures qui, telles qu’elles sont, confirment un sérieux dérèglement climatique. Cela n’augure rien de bon pour l’été à venir ni pour ce qui se passera au cours des prochaines années…

Ce printemps-été n’est pas que chaud en températures climatiques. Il l’est également dans le monde politique. Il est chaud-bouillant du côté des prétendants à la charge de Président de la République qui sont de plus en plus nombreux, bien que certains laissent encore planer un doute sur la réalité de leur candidature. Ils agissent comme des « cocottes » aguichantes qui, tout à la fois, attirent et repoussent leurs futurs amants.

Ce doit être également bouillonnant du côté du « château » où il faut de plus en plus d’auto persuasion pour croire en la victoire possible, l’an prochain, pour un deuxième mandat. Lorsqu’on connaît ou que l'on a entendu parler du caractère violent, impulsif et mal contrôlé du candidat Sarkozy, on se dit que les vitres de l’Élysée, ces derniers temps doivent souvent vibrer… La défection, cette semaine, de Jean-Louis Borloo complique encore plus la propagande sarkozienne en vue de sa réélection. On peut, évidemment, douter de la volonté réelle de Borloo de se présenter ; cependant, s’il a une once de sincérité dans sa démarche, je ne vois pas comment il pourra se retirer de la « compétition » sachant que son ex-chef de parti n’a guère d’autre choix que d’appuyer encore plus, toujours plus, sa hargne contre le monde musulman, contre l’immigration, même légale, pour faire les yeux doux aux électeurs du FN. Ces deux-là, Sarkozy et Borloo, s’éloignent de plus en plus l’un de l’autre. Et à mesure qu’ils le font, ils auront de grosses difficultés à se réconcilier sauf à se ridiculiser devant le pays tout entier.

Petit à petit, on se rend compte que les chances de Sarkozy d’être réélu, diminuent. Si, au final, l’an prochain, il trouve comme concurrent dans son camp direct ou proche, Jean-Louis Borloo, Dominique de Villepin et François Bayrou, ce sont beaucoup de voix de droite et du centre droit qui vont lui échapper. Et, à mon avis, après ce quinquennat catastrophique, nombre d’électeurs, notamment du centre, seront ravis de ne pas être obligés de voter pour lui. Car, contrairement à ce que déclarait un peu vite Nadine Morano au moment où Borloo annonçait son départ de l’UMP, Jean-Louis Borloo ne partage pas tout à fait les thèses actuelles de l’UMP. Je crois vraiment que la politique de Sarkozy depuis son lamentable discours de Grenoble en dégoûte plus d’un du côté des centristes, mais également au sein de l’UMP. On sait que, dans ces deux camps, certains électeurs, voire certains élus, seraient même prêts à voter Dominique Strauss-Kahn, ce qui, immédiatement, confirme les craintes des socialistes les plus à gauche, c’est-à-dire confirme la couleur rose très pâle du candidat du FMI.

Le choix d’un Président, l’an prochain, risque donc d’être rude si, par nature, on ne se place pas dans les camps les plus extrêmes. Il y aura sans doute pléthore de candidats, mais ce n’est pas ça qui facilitera le choix de ceux qui voudront voter.

Si l’on n’est ni pour l’extrême droite ni pour l’extrême gauche, que restera-t-il comme possibilités ? Choisir Strauss-Kahn ? Beaucoup de socialistes ou de sympathisants, même s’il est choisi dans les primaires, ne pourront s’y résoudre. Choisir Mélanchon ? Ce ne sera pas plus facile, car si certaines de ses idées sont séduisantes, son comportement, depuis quelques mois, le transforme peu à peu en repoussoir. Choisir Nicolas Hulot, s’il se présente, ne sera guère plus aisé, ses liens avec TF1, ou télé-sarkozy, n’est pas vraiment attirant. Alors qui ? Dominique de Villepin ? Sans doute, celui-ci, s’il se présente, a certains atouts. Notamment la dignité du personnage, en contraste violent avec les attitudes de Sarkozy. Mais beaucoup s’ils lui sont grés, à juste titre, de son discours contre la guerre d’Irak à l’ONU, se rappelleront également de la dure lutte qu’il fallut mener contre son CPE…

Tout laisse penser, désormais, que la lutte sera cinglante, en espérant qu’elle ne sera pas sanglante. Il y aura une vraie bataille de personnalités. Mais il faut espérer que cela se transformera en bataille d’idées dépourvue de langue de bois et de promesses folkloriques.

Si ces candidats, quels qu’ils soient, ne placeront pas en tête de leur programme l’amélioration des conditions de vie et de salaire de la grande masse des Français, des plus jeunes aux retraités, tous ces Français qui souffrent durement, s’ils ne s’engagent pas vers la sortie du nucléaire, s’ils poursuivent la volonté sécuritaire et la politique d’exclusion des étrangers, alors, il est sérieusement à craindre que le pays aille à l’aventure, voire au drame…

Jean Dornac
Paris, le 10 avril 2010

Aucun commentaire: