Faut arrêter de se moquer de Bernard-Henri Lévy, râle Anne Sinclair
au nom de 35 années d’amitié avec celui qu’Alain Juppé vient de
qualifier « d’affabulateur ».
C’est facile de
rire du « philosophe » à la chemise éternellement blanche, du donneur
de leçons accrédité permanent sur toutes les chaînes radios et télés,
du spécialiste du plagiat, du pourri de fric
un jour de droite un autre proche des socialistes, de l’aventurier
aux plis de pantalon impeccables sous les bombes. Bref, il faudrait
cesser, comme l’affirme la compagne de DSK, de
se partager en « pro-BHL » ou en « anti-BHL » et choisir comme l’a
fait le candidat François Hollande de déjeuner avec le bouffon au lieu
de participer à un Zénith
de la CGT sur les retraites.
M. Bernard-Henri Lévy, faiseur vieillissant, inspirateur de
l’expédition de l’OTAN en Libye, ne réussit plus rien. Même pas son film
« le serment de Tobrouk », un bide retentissant
reposant malheureusement sur une guerre contre une dictature se
transformant en une catastrophe pour des populations livrées à la charia
et aux pires exactions. Il ne fait plus rire le triste BHL
lorsque le président du Niger, Mahamadou Issoufou demande aux
responsables de la déstabilisation de l’ensemble de la région après
l’intervention militaire en Libye d’assurer « le
service après vente », le Mali devenant « l’Afghanistan de
l’Afrique », le sud de la Libye se transformant en base arrière des
djihadistes armés jusqu’aux dents.
Souvenez-vous de BHL transformé en chef guerrier donnant conseils
et directives sur le perron de l’Elysée. Souvenez-vous de tous ceux qui
ont soutenu l’expédition militaire. En fait, BHL
n’est qu’un pion, l’histoire ne retenant dans cette affaire que ceux
qui ont commis la faute (le crime ) politique de s’engouffrer dans une
aventure aux conséquences dramatiques pour
des hommes et des femmes laissés à l’abandon entre les mains de fous
sanglants.
José Fort
L’Humanité

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