Elle avait beau être prévisible, la sanction est sévère. Plus qu’un revers
électoral, c’est une défiance profonde à l’égard de la gauche et du gouvernement
qui s’est traduite hier dans les urnes. Au soir du second tour des municipales,
François Hollande devra tirer des conséquences d’un vote qui s’adresse
clairement à lui.
Mais ces résultats sont aussi la défaite de la politique. Celle du discrédit
de la parole publique, des promesses non tenues et des comportements personnels
douteux. Une part croissante de l’électorat a désormais la conviction que les
politiques mises en œuvre sont inefficaces à combattre la crise, que les
engagements électoraux, de droite comme de gauche, sont chaque fois destinés à
être oubliés. Les affaires entretiennent enfin de forts soupçons sur l’intégrité
des élus. Les chiffres historiques du Front national et la hausse de
l’abstention ne sont finalement que les symptômes d’une démocratie malade.
Les hommes et des femmes politiques - quelle que soit leur appartenance -
doivent prendre aujourd’hui la mesure de cette réalité.
La gauche, devant une défaite d’une ampleur inattendue, va devoir
s’interroger sur le rejet dont elle fait l’objet en même temps que la
désaffection grandissante de son électorat populaire. Quant à la droite, elle
aurait tort de se féliciter de succès en trompe-l’œil.
Entre les deux tours,
chaque parti républicain va se retrouver face à ses responsabilités. À l’UMP
comme au PS, le moment est peut-être venu de redonner un peu de crédit au
discours politique.
liberation.fr

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