Gilles Devers
Le scrutin municipal mérite d’être lu avec attention, et il faudra dès demain, regarder ville par ville, et quartier par quartier, ce qui s’est passé, mais pour le coup, l’analyse globale du scrutin simple : un désaveu cuisant et massif de la politique du gouvernement.
À ce titre, les résultats sont profondément logiques. L’abstention est en hausse, le FN fait d’excellents scores (scores magnifiés par la pratique pourave des sondages qui minimisent toujours le vote FN), l’UMP se maintient et progresse quand elle a de bons candidats, et le PS s’effondre. Tous les maires PS sortants avaient bien pris soin de jouer la carte locale, en écartant toute référence au Parti, mais c’est peine perdue.
À Paris, NKM qui était annoncée pour être laminé, sort en tête, même si le second tour ne lui est pas favorable.
À Marseille, Mennucci devait être le signe d’une Gauche conquérante : il est distancé par Gaudin et dépassé par le FN.
À Lyon, Collomb attendait tranquillement son triomphe : en recul sur toute la ville, le voilà contraint à second tour, et obligé de dealer avec ses ennemis de Gauche.
Plusieurs grandes villes PS sont menacées, et de partout, les scores s’effondrent.
L’élément marquant... est une confirmation. Jean Marie Le Pen assurait son succès du côté des vielles peaux bronzées de la Côte d’Azur, mais maintenant la carte d’implantation du FN est celle des villes et des quartiers qui vivent mal. Ca plait ou ça ne plait pas, mais le vote FN est le vote populaire. Et les appels de Ayrault au front républicain ou à faire barrage au FN, comme s’égosillait Bambi, sont juste pitoyables. Le p’tit Valls qui devait sauver la France…!!! Bande de rigolos…
Traditionnellement, le scrutin des municipales, comme celui des présidentielles est le plus raisonnable compte tenu de l’ancrage dans la vie quotidienne. Mais vont suivre dans trois mois les européennes, et dans un an, les régionales. Le scrutin élimine les petits partis, mais pour le reste, tout peut partir en live… Apprêtez-vous à voir le FN bien installé comme premier partie de vie politique française.
Le PS est mort, intellectuellement et politiquement, car il n’a ni pensée politique, ni programme d’action, et il est tenu par des incapables, juste bons à faire des risettes sur les plateaux télé. Le PS tient pour une seule raison : l’argent public, dont il est gavé, et qui manque tant aux forces politiques d’alternance.
Un coup d’œil sur la ville de Saint-Fons, ville industrielle de la proche banlieue de Lyon, qui pendant des décennies a été un bastion socialiste. La maire sortante est Demontès, sénatrice et ancienne première secrétaire fédérale du PS. L’abstention est à 54%. En tête, un liste FN sans étiquette, à 40,13%. La maire sortante est à 27,01 et l’UMP à 14,06. Un massacre pour la Gauche.
Depuis deux ans, le PS tient tout : l’Elysée, les deux assemblées, 90 % des régions, la majorité des grandes villes et des départements. Pour faire quoi ? Un échec économique et social patent, avec l’affichage d’une immaturité politique consternante. Résultat : l’UMP ressort renforcée, et le FN est le parti politique dominant.
Si les leaders du PS avaient une once d’honnêteté politique, ils se barreraient pour laisser la place, devant ce bilan à pleurer. Remaniement, communication revue, plan d’action… de l’esbroufe ! Rien à en attendre, car Hollande est déjà à magouiller pour se faire réélire, et le FN comme adversaire de second tour, c’est pas si mal.
Pour imaginer un avenir à la Gauche, il n’y a pas d’autre solution que se débarrasser de cette bande d’incapables, prétentieux et intéressés, qu’est devenu le PS. L'avenir nous appartient.

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