Réunissant ses administrés pour faire valider en sa salle des fêtes
je ne sais plus quel projet foireux, le maire de Springfield, ville bien
connue pour y abriter la célèbre famille Simpson, donnait à ses
ouailles le choix suivant :
Si vous êtes pour... dites « oui » !
Si vous êtes contre... hurlez « mort à l’Amérique ! »
C’est ce que l’on appele en termes de communication une induction
(plus ou moins finaude) ou une question alternative (vachement)
orientée. Bref quand la question détermine le champ de la réponse, y’a
plus trop de suspens quant au résultat.
C’est le principe même de la question rhétorique à la Sarko : Croyez
vous mr Pujadas que je doive laisser en liberté l’égorgeur cannibale
qui découpe en morceaux avant que de les faire rissoler les petits
enfants innocents de nos villes et nos campagnes ?
Bon courage à super David qui tenterait le oui, mais y’a pas de danger.
Maintenant, prenons les derniers sondages, rapport à la fabrication
en présidentiable, du dernier premier ministre à la mode Bilderberg,
l’espèce de Drucker de la politique botoxée, Valls.
Soit une étonnante fourchette faisant le grand écart avec une modeste marge d’erreur de 25%.
C’est vous dire l’extrême fiabilité du truc.
Bref, selon que le sondage sera commandé par vos propres communicants
de la bande à Fouks aux prestigieuses références ( Jospin, DSK,
Cahuzac…) dans cette fabrication du consentement maintenant bien
identifiée ou au contraire par un clan concurrent, le résultat variera
plus ou moins du simple au double, le principe étant au final fort
commercialement de faire plaisir au client.
Ainsi du dernier sondage bidon du torchon libéral dont l’intérêt est
surtout de parquer en son sein les journalistes et experts les plus cons
de France « L’Opinion » où il est démontré dans une interprétation
acrobatique que le français est un libéral qui s’ignore alors qu’on y
constate surtout une grande confusion mentale, un réflexe négatif quasi
pavlovien à certains stimuli rabâché du genre « état providence » et au
final un véritable attachement aux services publics.
Bref, une chose et son contraire. Damned encore raté.
S’il était une photographie de l’état du pays, c’était au moins le
jour des élections. On prenait les résultats, on mesurait l’état de
l’opinion, on projetait les tendances et les aspirations… Aujourd’hui ce
n’est plus le cas. Quand près de la moitié des électeurs s’abstiennent,
que le pire des maires corrompus peut se retrouver triomphalement réélu
avec 25% des électeurs inscrits, ça ne révèle plus grand chose de
tangible, si ce n’est que ceux qui votent encore, sont ceux qui
regardent encore la télé, à savoir les abonnés du déambulateur, les
installés de la zapette et les affalés du sofa.
Pas d’bol.
Mais c’est ce plus grand chose justement, cette part d’ombre
croissante qui pourrait bien un de ces jours nous surprendre, puisque de
moins en moins, mesurable, analysable et donc prévisible, ce trou noir
de l’opinion commence sérieusement à échapper aux commentateurs de la
commanterie officielle et blablateuse.
Ainsi quand un de ces exégètes patentés y va de son « les français pensent ou les français nous disent »
je commence sérieusement à me demander de quoi ou de qui qu’il cause si
ce n’est de lui-même, de son partenaire de golfe ou de son jardinier
sans papiers.
En tant que français, franchement je ne sais pas ce que les français
pensent, je ne sais même pas s’ils pensent quelque chose d’ailleurs, je
me dis juste que dans ce grand jeu de dupes, à force de faire les
questions et les réponses, il se pourrait bien qu’un de ces quatre, l’on retrouve attaché à un poteau, un de ces tristes cuistres.
Ce qui pourrait d’ailleurs sous un angle radical, lui donner enfin un point de vue relativement différent.

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