"Nous crevons d’être sans légende, sans mystère, sans grandeur." ( Louis-Ferdinand Céline )
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LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.DÉLIVRE…
Il fut un temps où j’achetais des livres …
à la livre. Je passais des heures à chercher un sens à la vie à travers
ceux qui avaient trouvé toutes les éraflures des éraflures des âmes.
Mais avant, il fallait passer par le grand tumulte du "littéraire", des
essais, des arts, des analyses, pour saisir une certaine mécanique enfin
arrêtée. Mais tout bougeait.
Cette période de la vie où toutes ces
légendes mystérieuses, grandioses, encensées nous livraient une partie
du savoir de l’humanité. Une partie des autres est toujours une partie
de soi. On nomme cela une quête. Et avec raison. On quête dans le
cerveau des autres ce qu’on n’ose pas trouver dans le sien, pensant
qu’il faut s’engueniller de tous les mécaniciens des connaissances pour saisir l’essence de ce monde.
Après, il fallait distiller. Pour la
délicieuse quintessence… Il en est qui sont des "passer au suivant".
Avec toute l’honnêteté qu’ils ont. Avec toute la franchise et la douleur
accumulées. Ils vous donnent leur vie en quelques poèmes.
La boue du monde
La Vie, la vraie, c’est comme une
sculpture : il faut s’engraisser de toute la boue du monde pour ensuite
se sculpter. Il faut même qu’elle sèche un peu pour que l’on puisse la
tailler. Sinon, après, nous serions mous et fragiles. La sècheresse a
bien des vertus en autant que l’on puisse l’utiliser. Quand ont songe
que les hommes sont composés de 70% d’eau, une fois en statues érigés,
il restent secs comme des veaux d’or dont parle la bible.
Pivot
Chose surprenante, la "vérité" n’est que
le montage intellectuel de ce que l’on croit après avoir fait son propre
assemblage avec les matériaux intellectuels cueillis au bord des
lignes de livres, de pensées, de personnages grandioses qui pourtant
sont si peu…
C’est simple : la vérité et la certitude
font davantage de victimes que l’ignorance. Ils sont en fait
responsables des 3/4 des malaises du monde. Ce n’est pas le savoir qui a
gangréné notre monde, mais la manipulation des "faux savoirs". Alors,
tout est baigné dans le liquide sirupeux et trompeur de la propagande
politique et économique. De la propagandes des gens abonnés au cervelet.
Il faut un certain savoir pour bâtir une
maison. C’est pratico-pratique. Mais l’autre, celui de ceux qui les
achètent et les vendent, ceux qui jouent aux fins finauds, qui
s’électrisent aux petites réussites est, au bout du voyage, aussi
inutile que d’amener une pépite d’or dans cet autre monde après le
déluge du corps.
C’est là le pivot : une fois qu’on a fait
le tour de toutes les magouilles, même celles des vies ultérieures, on
se calme un peu, avec un sourire en coin et on regarde alentour de soi.
Il en est qui se plaignent de la douleur et des misères des premiers
hommes habitant l’ère glaciaire… Ce que l’on vit aujourd’hui est le
résultat de mailles méchantes et bien tressées de l’homocumulatus.
Drôle de créature!
L’Homme araignée. Le fabricant de toiles
pour vous capturer… en fait, tout capturer. Il a appris à piéger, à
bâtir des pièges économiques. Alors, pourquoi se plaindre et geindre sur
les anciens chasseurs qui broyaient les jambes des bêtes pour manger ?
Et par besoin…
J’ai souvenir de lièvres gelés en hiver, morts lentement par étranglement de fils de laitons placés sur leurs petits sentiers.
Les petits sentiers… Ne sont-ce pas ceux que nous suivons ?
Dessillement
Tout bouge, tout se meut, tout est vie.
… et depuis longtemps, je suis plutôt
étonné des manigances des fourmis, des lueurs invisibles des plantes,
de tout ce qui pousse avec un peu d’eau, un peu d’air, un peu de
terre…et ce qui meurt en hiver, disparaissant sous le gel , comme dans
un beau et grand repos-inspire, pour ensuite respirer sa vie qui est la
nôtre. Souffler !. Cette vie en vert, si surprenante de générosité en
désaccord avec nos propres cupidités "apprises"… On dirait que lorsque
les yeux – ces yeux de chair – voient un peu embrouillé, les yeux de
l’âme s’éveillent et prennent le "relais". Les matins, les petits
matins frileux, quand le corps a fait des noeuds au point de se lever un
peu plus douloureusement, il y a les êtres à découvrir encore, comme si
on ne les avait jamais vus.
Si nous pouvions voir tout le pouvoir
de la tendresse, de la simplicité en début de vie, jamais nous de
donnerions d’argent à ceux qui achètent des armes et tracent des
frontières. Jamais nous ne permettrions d’user de nos sueurs pour tuer
ceux qui usent de leurs sueurs pour bâtir un monde meilleur. Le monde
"meilleur" est celui qui est, existe, et sera toujours. Le pire des
mondes provient de celui qui cachent les humains au profit des
superstructures. Et de par celles-ci. Les aveugleurs…
…
Planthomme
Ce matin, je me suis levé tôt… J’ai fait
le tour du jardin. C’était horrible! Les framboisiers avaient envahis
les rangées de fèves, le compost refusait de composter, les mauvaise
herbes s’approchaient des plans de patates, et les carottes s’étaient
unies en trois rangs pour pousser… De la rhubarbe, des fleurs, des
abeilles, trois pruniers, 30 plants de tomates, des poireaux.
Je me disais que j’allais perdre quelque
"chose"… Mais, étant donné qu’il n’avait pas plu depuis longtemps, tout
le parterre du voisin était jauni par la sècheresse. C’est là que j’ai
compris que la diversité était une force, mais que nous passons notre
temps à cultiver ladite "monoculture sociale". Et c’était là la grande
faiblesse de cette humanité à travers laquelle je serai passé.
Si une plante multicolore, orgueilleuse, haute écrivait ses mémoires… Ce serait comme ici.
Mais les plantes ne savent pas écrire.
Même si l’infime brin d’herbe ne sait pas lire, la pauvre plante
orgueilleuse la regarderait de haut, sûre qu’elle a "créé" la plante,
sans savoir qu’en mourant , l’herbe a engraissé la terre dans laquelle
a pu s’épanouir la belle au moi dormant… Mais la pauvre ne saurait
même pas que le brin d’herbe est totalement ignorant de la "grandeur"
étalée de cette "merveille".
Les odeurs n’ont jamais nourri personne…


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